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BULLETIN
DE LA
r F
SOCIETE DE GEOGRAPHIE.
TOMX VIZX.
COMPOSITION DU BUREAL i>E LA SOCIÉTÉ
POUR 1853-185/1.
Président. M. Hip. Fortoul, ministre de rinstrucliou publique.
„ , ., j MM. GuiGNiAUT, meihbre de Pliislitiit.
Fict-Preside.its.}^ Lepebvre.Duruflk, séualeur.
( MM. Hip. liUCHANOT.
Scrutateurs, | ^.^^.j p^^^^
Secrétaire, M. A. Michelot.
GOMPOSITION DU BUREAU DE LA COMMISSION CENTRALE
POUR 185A.
Président, M. JomArd,
y ice- Présidents, MM. d'Avezac et de là lluQUstn.
Secrétaire générai. M. Cortambbrt.
Secrétaire adjoint, M. V,-A. Malte-Bruit.
Section de Correspondance.
MM. A. d*AblKiaii?. MM. Imbert de! MbtteUttet.
Cailler. Lafond.
Corbelet. Lebas
Oufl >l de Mofra.^. Meissas.
D'Escayrac. Noël -Des vergers.
Ferry. Poulain de Bossay.
Section de Publication.
MM. Albert-Montcmont. MM. Maury (Alfred).
Daiissy. Murel-Fatio.
de Froberville. Piévo^ (Cooslanl).
Gay. de Sautarem.
Jacobs. Sédiilot.
Mauroy. Teruaux-Compaos*
Section de Comptabilité,
MM. Duchanoy. MM. Isambert.
Garuier. Lôwenstern.
Guigniaut.
M
jérchii^iste^bibliothécalre.
Trésorier de la Société.
M. Meignen, notaire, rue Saiut-Uonoré, 370.
Membres adjoints.
MM. D'Eichthal. M. Micbelot.
Hecquard.
M. Noirot, agent de la Société, ru« Christine, 3*
DE LA
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPËIE.
RÉDIGÉ PAR LA S£GTIO£i DE PUBLlGATiON
ET MM. GORTAMBËtiT,
SEGRéTAIR£ GÉNÉRAL DE LA COMMISSION CENTRALE,
' HlALtË-lim, ■
SECRÉTAIRE ADWINT. ^
QUAÎAlÈliiË SÉRIE. — TOME HUITIÈME.
ANNÉE 185A.
lUILLÉT ~ DÉGfeMBR E.
PARIS»
CHEZ ÂRTHUS-BERTRAND^
LitiAXitillt bs tA soCiiTi fie éÉoéB&ii>kiK,
KtiK ■àuTirimu.t, a" ai*.
L1STB DES PRÉSIDENTS HONORAIRES DE LA SOCIÉTÉ
DEPUIS SON ORIGINE.)
MM.
De liAPLACS.
De Pastorst.
De Chatsaubriaxto.
Cbabroi. bx Totvxc.
Becqubt.
Alex, dr Humboldt.
Chabrox. de Crousol.
Georges Cuvier.
Htoe de Neuville.
De DOUDEAUVILLE.
J.-B. Etries.
MM.
L'amiral de Ricirr*
DUMONT d'UrVILLE.
Duc DEèAZES.
De MOZCTALIVBT.
De Barahte.
Le général Pelet.
GUIZOT.
De Salyaxtdt.
topinier.
De Las Cases.
YfLLEMAIir.
MM.
Cuiriii-GRiDAiirE.
L^amiral Ronssiir.
L*amiral de Mackau.
Le Tice»aiDîral Halcav.
Walckenaer.
Mole.
JOMARD«
Le cootre-a^iiii'al Mathiev.
Le vice-amiral I a Place.
LISTE DES CORRESPONDANTS ÉTRANGERS DANS L'ORDRB
DE LEUR NOMINATION.
MM.
H. S. Tahner, à Philadelphie. *
W. WooDBRiDGE, à Boston.
Le It-col. Edward Sabizce, à Londres.
Le docteur Reiicgaztcm, à Berlin.
Le docteur Richarusoit, à Londres.
Le professeur Rapn, à Copenhague.
AiirswoRTB, àEdinbourg.
Le colonel Long, à Louis ville, Ky.
Le capitaine MAcoirocHtE, à Sydney.
Le conseiller de Magedo, à Lisbonne.
Le professeur Karl Rittbr, à Berlin.
Le cap. John Washington, à Londres.
P. DE Anoblis , à Buenos-Ayres.
Le docteur Kriegk, à Francfort.
Adolphe Erman, à Berlin.
Le docteur Wafpaus , à Goellingue.
MM.
Ferdinand de Luc a, à Naples.
Le docteur Baruffi, à Turin.
Le lieut.-col. Fr. Coello, à Madrid.
Le professeur Munch, à Christiania.
Le gén. Alherl de la Mariiora, àXurin.
Fulgence Fresnel, à Mossoul.
Ch. ScHEPFER, à Constaulinople.
Le professeur Paul Ghaix, à Genève.
J. S. Abert, colonel des ingénieursto*
pographes des États-Unis.
Le professeur Alex. Bâche, surinten*
dant du Coast'Survejr^tiUxEiàtM'Vnii,
Lefsius (Richard)y à Berlin.
De Martius, à Munich.
Kiepert (Henri), à Weimar.
Petermann (Augostus), à Londres.
LISTE DES CORRESPONDANTS ÉTRANGERS QUI ONT OBTENU
LA GRANDE MÉDAILLE.
MM.
Le capit. sir J. Franklin, à Londres.
Le capitaine Graah, à Copenhague.
Le capitaine sir John Ross, à Londres.
MM.
Le capitaine G. Back.
Le capitaine James Clark Ross, à Lon<
dres.
rari». -. Inipi ini"! ie de L. BIabtinet,
rue Mignon, 9.
BULLETIN
DU L&
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE.
■léiuolrcs;
IVotice», Doeunients orlglnaaxf etc.
SCR LE PASSAGE DES ALPES PAR ANNIBALs
J'ai en co dioiiicdI sous les yeux les feuilles
d'épreuves que m'a confiées l'aulcur d'un mcmoiri]
encore inéclil sur la ^exata i/uœstio du passage des
Alpes par Annibal ; (jucstion de peu d'intérCl sur un
nuire tliéftire, mais toujours live pour nous autres
monlagnards, dont les pas cl les regards se reportent
constamment sur nos Alpes favorites. L'impression do
ce travail est diflérâc, à cause de la carte qui doit l'ac-
compagner, de manière à ma faire craindre de ne
pouvoir maintenant vous en envoyer que l'analyse ci-
jointe (2) . L'auteur passe rapiJement en revue les opi-
(■] Extrait il'uiie tc-llre ûcdle tic G(^ii«vc à M. Je la Ilui]iieUe, le
3juln 1854.
(g) I.c tiiémoire dont parle ici M. le professeur Paul Chaix et dont
l'niKeur csl M. Cti. Sdiaul), vienc Ac noua parvenir; il a poar liera i
JiéfulatioH de Vouprai/e de M. Jacquti St/ilal, înlitulê: A'ete Ilir le
' les personnes qui
s pnratlnjra/e, selon
DÎons émises jusqu'il prùse
ont traité de celle question,
lui, était celle de "Wliitaker, qui coiuliilsit Aimihal i
Itnlla par le Grppfl Saiqt-pernard: tiimier el Qioslee
l'adoptèrent aussi, je croîs. Je ne puis m'empëcUer
de remarquer qu'il j a eu quelque chose de person-
nel dans la plupart de es opinions différentes, basiïes
sur un séjour habituel des auteurs dans chacune des
localités qui onl participé à l'hunneur de cette espèce
de célébrité. Ttiulefpis j'et^mpts de ce reprocha Celles
des opinions sur lesquelles je suis piéclsi^inent appelé
â porter la discussion en ce mnuient. MM. Deluc et
Melville conçurent la plii^ remarquable, et la Tirent
connaître par une publication qui a eu trois édiiinnSi
dont la première date de 1813. Dès 1820. MM. Wic-
kam et Cramer publièrent leur adhésion motivée à
cette opinion, en l'améliurant par un on deux points
do détails assez plausibles. Ils adoptèrent Roquemaure
comme le lieu du passage du Rliàne ; Vienne, coname
le terme de la marche en amont et sur la rive gauche
du neuve; Vfiisiifa j^l/nbi-ogitm, ce Defla tnnngiilnire
analogue h celui d'Égyple, selon Poljbe, dans ta partie
du dèparlrment de l'Isère compiit^e entre cette rivière
et le Rhône ; Saint-Genix-d'Aoate. comme le point où
les Carthaginois enlrètenl en Savoie; le mont du Chat
(mous Thuotes) , comme le premier point où Annihal,
abordant les montagnes, eut à couibattre les monta-
gnards qui n'en gardaient le passage que durant le
pajsage d'Aiinlbal ei défense île l'opinion île Delue, d'apiés leijutl
jtniiitul a fraii'jhi te Petit Sainl-BernaiJ ; il fsl accompagne d'iine
varie du Feili Saiat- Bernard, et a êié pulilié U Genève eu iSSj; il
contint Sppab'esin-t?. D. L H.
i
jour; la riche plaine de Chambéry, puis, jtis'jd'au
L)our)f rie S^inl-Maunci!, la IltIUg et Inrgs vallée arrosée
pav l'Isère, cnmine l'itinéraire fncila suivi au travers
(les montagnes jusqu'en lieu du 'iernier cnmhiit contre
les monlagnnrds; \(i cul du Pctil Saint-Bernard, enfin,
comme le théâtre de ce combat, et le plateau qui le
couronne, comme le sommet où le général ofiicaiu
campa cleox joors, pour donner aux Iralnards le temps
de le rejoindre. M. Deluo attachait une importance
peut-être excessive à la dëi^otiverte d'une grande roche
blanche el de Sijueleltes d'éléphiinls sur le Petit Saint-
Bernard , et à celle d'un prétendu bouclier d'argent
trouvé, en 171d,parun t'erniier de la terre du Passage,
entre la Tour-du-Pin et les Abrels, à un demi-mille
de la roule de Vienne à CliambtTy, et dans lequel on
crui voir d'abord un bouclier cnrlhaginois, puis un
bouclier votif (1). Mais les meilleurs arguments dft
MM. Dehic, Melvilie, Wick^m et Cramer étaient dans
(i) M. Letronnes'esprimenir
Journal dei (avaiili lie iSig: ' I
ibaBinois) fut rCabonl û.ynaie k
jrctDrc des membre» tie l'Acadeu
avaif pour unique appui le lioi
proiiD» <U ce banclipis dans
qiiHlîKcatiiin (dp bouclier C!
?s iii:ici'ipii<ins. Celle i
el le palmier qu'oji y voil graves,
Il ïDr des mcJailleii carthaginoises. Les anti-
naiiiteniint à rcconnaitre àaai ces prétendus
s \e nom de pinake!, laimi, disci el tympaiia,
ornaient tes buffeli des riclies. Ils j faisaient graver des buJcIs edu-
vont fort coniplii|u(is. témoin le prétendu bunclier de Scipioii. pu
re-'ICj il aemit constaté que ce plaleaii est un bnuelier ïolif cariba-
ginois, qu'un si'inblabte monume-ni pouvant, dans l'i'spacc de deux
niillE ans, avoir été Iranspoilé là de fort loin, ne prouverait pas plus,
aux yeuK de la critique, que les mjdaillei carlhaginoiiei trouvai
■uc le Grand Sajnt-Bernard. •>
( 8)
la coricovdancG de leui' itinéraire avec les disIanceSi
le nombre des jours de maiclic, )cs détails géograplù-
qiies énoiicÉs dons le texte de Polybe; dans l'adoplion
de ce lexte, comme seul digne de confiance, et dans
l'accord de ecl itinéraire avec les convenances de lieux
et de Eaisons qui guident un homme doué de simple
bon sens, et à plus fiirte raison le général chargé de
la conduite d'une nrméc.
Tel n'avait pas été le mode de raisonner du uiarquiB
de Saint-Simon , lorsque, après avoir amené les Car-
thaginois au pied du monlViso, par la vallée de rCha^re»
il suppose qu'ils avaient été égarés par leurs guides,
pour disposer de neuf jours dont il ne savait que faire
lui-même, et qu'il ajoute, en les amenant sur le mont
Viso, pour voir de là les plaines de l'Italie: « qu'il na
sait pas précisément quelle route ils s'étaient ouverte
pour y arriver. » Le moindre devoir d'un commenta-
teur qui émet une opinion neuve, est au contraire de
savoir trouver des arguments à l'appui de cette opinion
(d'autres critiques pourront toujours se charger d'at-
taquer la force de ces arguments) ; c'est un devoir
d'autant plus impérieux, lorsqu'il soutient une vèrilè
qui n'est même pas vraisemblable; lorsqu'il préfère
[pour l'amour d'un discours de rhéteur) une cime
atgué de 11 800 pieds à des passages de ti à 7 000 pieds
et à riiypolhèse si naturelle que les guides d'Annibal
savaient leur méliir, leur chemin, et que c'était pour
cela que la nation des Itisubriens, nation qui était en
rfipports h'ëquenis avec la G:iulc transalpine, sa pairie
originelle, avait fait choix de ces guides pour les en*
voyer jusqu'à l'embouchure du Rhône, à la rencontra
d'une armée qu'elle attendait avec impatience. Lea
(.0 )
Insubrîens, voisins des Alpes, avaient sollicité l'arnvée
des Carthaginois; ils avaient su trouver pour cela te
chemin de Garlliagène ; ils avaient envoyé des f!;uides,
donc ces guides devaient 6trc sftrs; la route pour
arriver chez les Insiibricns devait être directe, et cette
route devait être la meilleure, car elle était choisie avec
d'autant moins d'enlraves qu'Anniiial s'était mis en
marche avec l'appui dos Allobroges, comme avec les
guides des Insuhriens.
En 1S5], M. Jacques Replat, avocat distingué de la
ville d'Annecy, a fait connaître, sous le litre de A^ote
sur le passage d' Aniiibal, une opinion nouvelle dans la
monde littéraire, mais dont il nvuue partager la suH-
darilé avec M. Blanc, notaire à Boaufort, et (jui avait
été préeédemmenl insérée, par M. le comte Vignot,
dans les Mémoires de l' Académie de Savoie, M. Replat
ne conduit pas Annibal jusqu'à Vienne; mais il
l'arrête au bord de l'Isère, c'est-à-dire en dehors du
territoire des Allobroges, malgré ce qu'il y a da
formel sur ce point, dans Polybe cl dans Tite-Live.
\JJnsula Allobivgum est pour lui l'inlervalle compris
entre l'IsèrG et la Drôme, ile à laquelle les hautes
montagnes du Trièves, du Vercors et du Royans ôlenl
toute ressemblance avec le Delta d'Egypte. Celte lie
est cependant si évidemment au nord de l'Isère, que
même M. Letronne, qui conduit Annibal par le mont
Genèvre, ne croit pas pouvoir se dispenser de le faire
enlrerd'abord dans l'intervalle compris entre le Rhône
et l'Isère, quitte à le faire revenir sur ses pas, au sud
de cette derniÈic rivière, pour parvenir ensuite, par
une route bien détournée, dans le Briançonnais, en
remontant le Drac et la Durauce. M. Replat fait au
( 10 )
ccnlrnire remonter it Annilial la
jnsqp
h PoniHiai-i
!(.;
d'Allei
e gaiic
■lie de risère
1(1 et (lu fort
lï. C'est là qu'il place |e premier combat contre
les montagnards, qui ne gardaient pas \\i passnge pen-
dant la miit. Il lui faii ensuite remonter l'autre rive
jusqu'à Albert-ville et CunllHns. Ici commence \tav
ticulii-remenl la portion originale He l'ilinéruire de
MM. Vii<i>''l- Blanc et Itephi t. Ils abandonnent la jurande
vallée de l'Isère, et, pour é|jar{tner û Annibal les moin-
dres détours (le cette vallée, n'imporlo ii quel pris, ils
l'inlroduisint dans la vallée de Beanforl, située entre
Albert-ville et le mont Blanc, au nord-est de la pre-
mière ville. Après y élre entré, il faut en sortir à l'est
pour|i;a|^pcr enfin la grande crËtc 'les K\^es parle che-
nUn le plus court; et celte grande crête, ils la veulent
franchir non au i'elif Saint-Beniitnl, mais au col de la
Saigne, qui dex^end en Iliilie par l'Jllèe-Blnnc/ie, der-
rière le Mont-Blanc. La liauteur du Petit Saint-Ber-
pard est do (3 7flO pieds ( j'ai trouvé celle du col de la
,Seigne de 2 519 mètres, on 7 76i pieds. Pour y parve-
nir, en surlant de Beanlort, M. Bejilat tjiiuve plusieurs
p4^$age8 à l'extrémité orientale de la vallée de Beau-
forl, destinés à le conduire au hameau de Chapiu, qui
est sur le revers méridional du col de la Seignej ce
sont: 1" le col de/n Sniice,îi\a source du Doron, que j'ai
trouvé si étroit et si escarpé que cela semble une folie
d'y songer; 2" le col du Petil-Cormet ou de la Plalte,
aussi nommé la Croix île B'ollaj: il offre une surface de
pâturages assez accessibles; mais il faut, pour y par-
venir, s'élever d'abord à la bauliuir de 1 975 mètres
(suivant la mesure de M. le professeur Favre] et fran*
chir au pr'éalaLle plusieurs gorges étroites dans la
4
A
I
( Il )
vallée de Roselein ; 3° te col fcly, qiis j'ni trouvé éj^ale*
ment de 1 075 mèlres; el h° le col de la Fenêtre, qu}
Ja surpasse en haulonr. Mais ci^s Afux dernlirs pas-
sades, au lien de conitiiire an pieil du i:i)l de la Seigne,
deïicendent d'alioid nu val de Monijoie, ce qui obliga
encore i\ francliir un col plus dilTiciie et plus haut
(/ÔAOpieds), celui ilu Bonhomme, [loui redescendre
ait Chapiu, uù tous ces cliomins cunverfïeiil. M. Replat
considère naturellement le col île la Plalte comme U
route la plus probable et la plus facile de toutes; mais
il ne reparile pas comme absolument improliable
qu'Aqnibal « égaré par ses giiitles n ait escaladé suc-
cessivement le col Joly, celui du Bonhomme et celui
de la Seigne, c'est-à-dire tiw's pnssages difficiles au lieu
d'un seul, le Peut Saint Bernard.
Un de nos concitoyens, qui, par ses nombreux
voyages dans les pasS'ige.s des Alpes, a acquis le droit
lia discuter toutes les opini^tns sans fire soupçonné
de partialité personnelle pour une localilè plutôt que
pour une autre, U. l'avocat Scbaub, a entrepris de ré-
futer la noie de M, Replat. Les amis de M, Scbaub
savent qu'il joint la connaissance approfondie des
auteurs grecs i son goût pour les voyagea alpestres,
et que volontiers il ajoute un de ces auteurs à son
léger bagage de touriste. U est aisé de comprendre
dès lors avec quel avantage il discute contre un adver-
saire qui parait n'avoir eu à sa disposition que des
traductions asseï incorrectes de Polybe. M. Scbaub
'cherché le plaisir d'imaginer pour son
compte une opinion nouvelle sur cette question si
débattue; il s'est borné aux seules autorités bonnes à
consulter, sans chercher i\ en forcer le sens pour lea
( 12)
plier à aucune opinion préconçue, il a fomiè la sienne,
guidé par les noms géographiques, les distances et le
nombre des jours de marche indiqués par Poljbe.
11 a aussi regardé comme une présomplion naturelle
que le général carthaginois , pourvu de guides
expérimentés, était doué de sens commun et d'une
dose ordinaire de prévoyance; que ce n'était pas trop
Btlendred'un Annibal,quc de penser qu'il seraîtguidé
non-seulement par le choix d'une route directe, mais
plus encore par celui d'une route sûre et où il pût
faire vivre son armée,
M. Schauh montre, cl ]c puis oppuyer son opinion
démon expérience personnelle, qu'il n'existe pas dans
tout le voisinage do Ponlcharii une seule montagne
dont la crête ferme lo passage, et derrière laquelle il
y ait une conlre-pontc qui ait pu servir de théâtre au
premier combat d'Annihnl contre les montagnards.
La dislance depuis l'embouchure de l'Isère à Pont-
chara ne s'accorde pas avec Polybe. La vallée da
Beaulurt n'est accessible qu'à son entrée el ne tarde
pas ù être interceptée p,ir des gorges élroiles, des
défilés d'une magnificence sauvage, ainsi que le re-
connaît M. Replat lui-môme, qui conduisent en plu-
sieurs endroits à un chaos de précipices, de roches
sourcilleuses et de culs ùlevés. D'autre part la vallée
de l'isèie, quoique M. Bcplat suppose, très gratuite-
ment, qu'elle devait être autrefois marécageuse et
submergée par la rivière, est large el ouverte sur toute
sa longueur depuis Albert-ville jusqu'au pied du Petit
Saint-Bernard ; sa pente est douce, et sa fertilité per-
met qu'elle soit semée d'un grand nombre de bourgs
et de villages ilorissants.
i
( 1»)
Le Petit Saint-Bernard est un des passages les plus
faciles des Alpes, cl suit, aussi hien quo le col ds la
Seigne, le flanc du Cramant, montagne que Gœlius
Anlipater df'signnit peut-être sous le nom de Civtuonis
Jiigiirn, comme le lieu du passage d'Anuibal, Ces deux
passages difTèrcnl beaucoup; on ne trouve ni au som-
met de la Seigne, ni au-dessous du sommet, comme le
suppose gratuitement M, Replat, aucune plaine de
quelque étendue, tandis que le sommet du Petit Saint-
Bernard est marqué par une plaine de 2 lieues de
longueur, presque partout h un niveau de 900 pieds
inférieur à la crËlo étroite du col de la Seigne. Celle
plaine a dit sufiireà Annibat pour camper, ainsi qu'il
le Gt deux jours pour attendre ses soldats en relard,
sans parler dus trois jours pendant lesquels il fut
retenu plus bas par les neiges qui intereoplaient In
descente sur le revers italien. « Comment croire, fait-
observer l'auteur, que les guides envoyt^'sàAnnilial par
les Insubres, qui étaient ses :tmis et qui attendaient
son arrivée pour résister avec plus de succès aux lé-
gions romaines, comment supposer que ces guides ne
connusscnl pas le passage du Petit Saint-Bernard el
ne sussent pas que, dans cette saison avancée surtout,
c'était la route la plus commode et la seule où une
armée pût encore s'engager sans imprudence?» Il n'est
pas possible d'admettre non plus que ces guides, au
nombre desquels se trouvait un prince des Gaulois
cisalpins, intéressé h sa prompte arrivée fn Italie,
aient voulu, comme Tite-Live le donne à entendre,
égarer Annibal dans les montagnes et qu'il ait été
obligé do s'ouvrir un chemin ù l'aïenturo. Or, M. Re-
plut, après a\olr rejeté «n commençant l'autorité ,
( n )
de TitL'-Live, en osl n^iinil, pimr otiiiniioi- les invrai-
semblaiicos qu'il accuuiiilcà rc{(iii'(lcr coinniG l'ontJét
l'a
Mtlon de cet liiskorien sur la truliis
lidest
« Cet aveu dit M. Ru)
at I
I parait équivalent à peil
i LypolhèsE
près à la coïKlainuutiun de ai^s I
La distance irAlburt-vilIti i^ la vallée d'Aosta, en
reiuoiitnnt l'Isère et ru paasnnt le Petit Sainl-iiernardk
est do 47 lieuËS, duiil 11 9unt à plnt et soot consa-
crées à franchir un toi /l'r/^ne ut facile, haut de 2 176 Ole-
(rcs. D'autie part la disliiiice d'Alburt-vitle au luëoiS
point de la vallée d'Ausla. mesurée liorÎKontaleuiEntt
suivant l'itinéraire adopté par M. Iteplat, serait d«
là lieues, dont trois à peine peuvent être considéréu
comme faciles , lundis (jue le resle est tracé dans un
pays inliospitalier où les Gartliaginoîs auraient eu à
franchir successivement ilea^ ou uiéine trou passages
1res élevés, impraticables même pour les touristes, à
la lin d'oi^tobre, et dont chucun eût réclamé une jour-
Dée entière de niarclie. En vérité un pareil surcroît de
fatigues et de misères imposé parAnnibal à ses propres
soldats, faisait plus que compenser une léduclion de
3 lieues dans la longueur borizoniate de leur marche (l)i
i
ni occupéi du pauage des Alp«i
I canhaginuia passa le Kli6ae
[i) La plupart des savant
par Âmiibal, penienl que
près de Roquemaure, à 3 li
les anciens, de même que les moderiies, ei les premii.Ts souvent fOri
peuexplitit('B,iie <onl puiot d'arcordsUr lelîeu où ilIraversalesAlpei
pour entier en Italie. Tile-Live, suivi par Stribun, Silius Italicus,
Ainni. Marceiliii, le dievalicr Ful^rd, d'AnvIlle, U comiE Fortio'
d'Urb.->n,Giljboti,L[:troane, Barbie du Boc^Be, le e^ui^ral Frëd. Guil-
laume de Vfludoncourl, Delacroix {Stalisliiiite du Jépartcmenl de la
Diimr), Ljdoucetie {Histoire du dépanemeat dct IlauUS:4lpet),
Albaaisde BeauuiDol, legéuéralâaini'Cjr-Haeuaj, font passer Ad*
i
[15 )
Ajnnt été condull, par l'nD^lvsedos ilîHL'iLiiresîiUcr-
bués à Annibal, à inenliDinier souvenl )a vallèû tlo.
BeauTort, il me sera peul-êire pGrruisd'ujoiilei' à celle
lettre, déjà si longue, une d<--srrij)li«il do l'état nntiirel
de ce pays encore bien peu contiu, d'après mes pro-
nibiil p
Pcips Cairo
a Alpei Colltenneif te ii
uillr, Ueeren
F«r-
■Jil'l'i'e. C
, Wliit;ikei-.
I
I
Croalee, par It Grand Saiiil-Bernnrd ; ArfDlli, Itii-liaul, |)iir le Sim-
/irun,'nap<>lEDn,L>r»uia,ileSaU99Urr,d<?Siolliei{;,Milliii,ileCaieaut,
pai' le mont Veiiisi Dt-nina, It' marquis de Saiiit-Siutuii, Jean Miiller,
par le mont t'iso-, Poljbe, Cumeliui Népal, P. iuve, le général
MeUille, DclUc, Lernaire, Wicklinm, Ctainpr, le (>ëiiéral Bi](;mat,
Ch. Schiiub, par le PelM Saint- Beiiearil; Juccguei Rcphii, Blanci IB
comte Vignet, par le cal de la Srljjnc, derrJàie le mont Ulanc.
Nous tpruiineruDS ceiie Imigue iionieiielaluie, qui ml 8an« doule
lijin il'ètri! complète, par la cuiieiusiun d'ime Notice sur le paaonè
d'Annibal, que le gt^ni-ral tJaint-Cyr- Hugues, dont nous u'avons pas
Irouvë le nom L'îtë duns les ouvr.-iges RoDIulléi par nous, a Fail iri'
sent, en i837, dans le Spectateur militaire et qui a été ensuite litée
i part. Ce «avant ofNder {}én^ral, né sur les boi'ds de l'Isère, aprèl
avoir diSGulé et comparu principalement les lecils de Palybe et de
Tite-Live, suivant lui mal interprêlés par Deltic, ainsi que les Opi-
nions des ftrivaiiiS modernes qui nnl traité la question, croit devoir
se réjiumer eu quelques lignes ei il conduit
I* Que pour Gclaireir le point de t'ait du passafje des jllped par
Annibal, il ne faut pas expliquer isclémeul te rfiit de Potybe, ou
selui de Tile-Live, maia expliquer Ie3 deux récits l'un par l'autre, en
:s les Cl
ssible:
ï-Qtt
■en procéi
l,et
s-aidaul de 1
a ïra
isembb
ihce poUf
dicouvri
r la vérité.
ou lroU^
■eqn
'Annibid a p:il
se le Rhône,
Je la rive
droite à
la Qau.he,
. à moiti
édis
lunce de la me
■retJ
le J'I.ère, cesl-ii
dir* prÈs
de Roquei
maure;
3- Qn
e de là, rei
uonlant
;uvB, il e« vei
lu en
quatr.
i marches
vers l'em!
bouuhure <
le l'hÈre
1, en
diï marcbel S
1 l'enl
irée dci
1 Alpes, til
«n quini.
= marches
à Iraveri
Mes
hautes montai; nés
sur les lioiJs du
Pfl, pris
de Turin;
( 10;
près observations, en l'accompagnant des indications
pratiques qui peuvent être utiles aux touristes, et d*un
croquis emprunté A la nouvelle édition de ma carte
de Savoie*
Description de la vallée de Beaujort.
La vallée de Beaufort, située entre Albert-ville et
Chamounix» occupe une superficie de A30 kilomètres
carrés» dans un circuit de 77 kilomètres, en y compre-
4* Que le calcul des marclicâ et des distances e«t tout à fait iiv-
suffisant, si Ton prend le passage au mont Viso, et qu'il dépasse au
contraire les bornes de oc qui est pos&iblc, si l'on suppose le passage
par le Petit et le Grand Saint-Bernard;
5* Qu*on ne peut donc cbercber le passage qu*aux Alpes Cot-
tiennes,''c'est<*à-dire au mont Cenis ou au mont Genèvre; que de ces
routes la première e>t naturelle, vraisemblable, probable peut-être
à quelques égards, qu'elle a été indiquée par Napoléon, adoptée par
MM. Lnrauza et deCazenux, mais qu'elle est, quoi qu'ils en disent,
trop peu d'accord avec Pulybe, et trop en opposition avec Tite-Live
dans plusieurs circonstances essentielles;
6* Que, par une conséquence nécessaire, la route d'Annibal doit
être placée au mont Gjenèvre, suivant l'opinion de d'Anville et de
M, Letronne, mais qu'il faut auparavant lui faire réellement traverser
le pays qu'ont habité les Tricastins, les Voconces et les Tricoriens,
et qu'arrose la Durance; enfin, suivant l'opinion de Folard et du
général Vaudoncourt, qu'après le mont Genèvre, Piiinéraire, au lieu
de descendre dans le vallon de Suze ou de la Duria-Minor, doit se
diriger par le col de Sestrières vers Fenestrelle et le vallon du Qu*
sone, passer à Pignerol, et aboutir à Carignan; dans les plaines voi-
sines du P6, près et en face de Turin.
Tous les détails qui appuient de preuves diverses et nombreuses
cette dernière conséquence, ont été mis sous les yeux du lecteur par
M. le général Saint-Cyr Nugues.
MM. de la Renaudière, Michelet et Durozoir ont aussi discuté le
point du passage d'Annibal. O. L R.
■ (17 )
^f nanl ses dépendances, les chaînes qui l'entourent el
les cols par lesquels on les passe. Le chef-lieu, nonimé
Sainl-Maxime-de-Beaufort, est à U lieues environ à
l'E.-N.-E. d'Albcrt-vîlle; à co point convergent cinq
vallées dont l'ensemble compose le pajs de Jîeauforî.
Ce sonl : l' la vallùe d'IIauleluce, vi-nant d(i N.-E,;
2° la vallùe de la Gîte, venant de l'E. ; 3° celle de
Pontcellatuol ou Ponlcelamonl, venant du S. ; h' celles
de Trécols, et 5' de Roselein , qui du S.-E. débou-
chent dans la vallée de la Gîte. Chacune d'elles donne
naissance à un cours d'eau particulier; laGiLe, au
Doron; Pontcellamot, à V Argentine ; Hauteluce, au
Doiinet ou Petit Doron; les deux autres donnent leurs
noms aujc rivières qu'elles forment. Ces eaux abon-
dantes et liinpidas, réunies dans le voisinage du chcf-
lîeu, vont, ECUS le nom de Doron, grossir la rivière
Arly, qui ne tarde pas à son tour à se déverser dans
l'Isère, en aval d'Albert-villc et de Conflans. Une
route fort modeste remonte le Doron depuis Albert-
ville jusqu'au cbcf-lieu; dans toutes les autres direc-
tions on ne pénètre dans ce pays que par des cols
qui ne sont praticables qu'à jjied ou î'i mulet, et dont
la hauteur approche et dépasse quelquefois 2 000 mè-
tres. On en compte une douzaine. Ce sont: au S,-0.,
la Bàtia, qui tombe d'Arèche ;'ila Bàtia dans la vallée
de l'Isère; — au S., la Louse et le Grand- Corinet. aux-
quels M. le professeur Favre a trouvé une hauteur de
2138 mètres et de 2Î39",6; ils descendent également
de ta vallée de Pontcellamot dans celle de l'Isère en
Iïarentaise. — Au N.-O., le col de la Leizette, haut de
i 770 mètres, conduit, parN.-D. de Bellecomhe, de
Flumet à Ilauleiacc. — Au N.-E., le col delà FentHre
Vni. JUILLET. 2. 2
I . I 'i M
( >» )
et li; col Joly (1 076 inèlrcs) tniitliiiseiil indiiecleiiient
à Chamoiinix jiiir le val lie Mimijoye, — A l'E. enfin,
on pnul airivcr uu Cliopiii, ilnns la Tarenlaise, depuis
BoËeteitn et lu Gtle, ]iar les cols de la Platle ou de U
CroiT-ile-BiolInjr (ll}76 nièlres), el par celui de la
Sauce. Coiiiiui: coiniiiuuicaliunb de l'une de ces vallées
aux voisines, jf citerai le Ckar-de-Mmiliif^ne ou col de
Boudin (voy. la carie), entre Arëcbe el Trèrols, haut
de 1730 mèlies, el celui de l'exlrëiinlé du Plan-de-
t'Eslau, que j'ai trou* é le plus élevé île tous (2 SS?"),
I et qui, de l'exlrÉmilé supéiieure de la vallée de Haute-
iuce, descend à la Clle. On \ arrive également depuis
Roielein par un clieiiiin facile au travers de pàturap;es
I moins ëK'vës que les autres passnges. Le plus dilFicile
^^Ê de luii§ csl peul-élie le cul de la Sauce, et surtout Ir
^^1 goi'^e ëtruile des C'nf^f, pnrlaquelle on y monte depuis
^^B la Gltej mais aucun des cols de ces vallées ne pré-
^^H sente de diHicullés ou de dangers dignes d'ëlre meii-
^^H tionnée, il l'aut un jour eniicr de marche pour se
^^V rendre de Saint-Mnxiiiie de-Beaurori àMoullera dans la
^^H Tarenlaise, soit par le Granil-Cariitet, soit par le col de
^^B la l.ouse ; quatre heures de Beaufort au Cliapiu, par le
^^^ col de la Plalte ; une demi-journée pour passer de la
^H partie supérieure de la vallée d'HaulcIuce.^ la Glle par
^H lePlun-de-l'Ëstau ; du col July un peul, en une heure
^^1 et demie de pénible ascension, escalader la cime du
^^K mont Joly, huule de 2 56<i mètres, tandis qu'on des-
^^H cend en une demi-heure à N.-D. de la Gorge el en
^^H deux heures et demie àConlamin'S. Pour animer au col
^^H de loLeizelle il faut quatre lieuros et demie de marche
^^1 au travers de terres culti>ées et de pâturages inondés,
^^^ et l'on descend en une heure du sommet à Hauteluce.
eluce.
J
( 1» )
Aucune des sommités doot le pays de Beaufoit est
dominé n'appartient ans p]tis hantes des Alpes: ce"
pendant toutes se couvrent He neîpe de bonne heiira
dans l'automne et ofTrent des foimps majestueuses.
Ceci est paiticuiièreniPnt vrai de l'aipuille du Grand'
fond el du Crest-tln-Ré (roi), dont je réserve l'ascen-
sion pour la campagne de cet été. Le mont Joly, la
poinle d'^ni/Ze ei l'aiguille de Bousselette prési'ntent
au N.-E, des sommités aiguës en face du moiit Blanc.
Le liait le jdus curieux peut être de l'orographie de
ces vallées est le massif qui on forme le noyau et
s'élève, sous le nom de Rochers des Enclaves, entre les
vallées d'Hauteluce, de la Gîte et de Buaufort. Là
se trouve un bas
koliiaire doi
es eaux emprison-
F^s n'ont d'issue que par des voies souterraines et
ton! tomber en magniliques et nombreuses cascades
dans la sauvage vallée de la Gll^;. La pointe de iVaieaui
s'élève à l'ouest, et les Itochers des Enclaves, à l'est de
ce bassin, au centre duquel nn trouve les clialets
d'Oulray ou d'Otrai. Tout ce massif est graniliquei
j'y ai trouvé beaucoup de cristaux de quartz et des
échantillons de fer et de cuivre sulfurés. Ce massif
central est au^si formé de schistes lalqueux et j'y ai
ïu del'aolhracile. Telle est en grande partie la forma-
tion géologique des montagnes de Beauforl. De Flumet,
on s'élève au col de la Leizette par des schistes mica-
cés î le sommet du col présente des ai iloises à couches
inclinées au S.-E, ; ces mêmes aidoises forment la
crèle des montagnes jusqu'au col Joly, où elles plnn>
gent dans la même direction. Les ardoises se retrou-
vent encore au col liu Giand-Connet, mais plongeant
BU N, , tandis qu'en approchant de ce col par la vallée
(20)
de Pontcellamoi on les voit plonger au S. Nulle part
ce genre de formation ne prend un développement
plus grand que dans cette vallée et dans le massif de
montagnes qui la sépare de Tlsère à TO. Depuis
Arèche jusqu'à Pelit-Cœur et Gevîns, oq voit de ma-
gnifiques couches d'ardoises à grain fin et luisant, qui
sont en plusieurs endroits un objet d'utile exploitation.
J'en dirai autant de Tanthracite, dont Tcxploilation est
déjà en activité du côté de Petit-Cœur; j'ai vu égale-
ment un commencement de travaux auprès d'Arèche,
dans la vallée de Ponlcellamot. Cette vallée est formée
de schistes granitiques que l'on retrouve au S. du
Cormet et de la vallée de Trécols, tandis que dans
toute la vallée de la Glle jusqu'à Beautbrt, le Doron
s'ouvre un passage dans une gorge profonde composée
de schistes talqueux plongeant à l'E. et au S.
. Chacune des vallées dont se compose le pays de
Beaufort présente un caractère particulier ; le vallon
de la Gîte est sans contredit le plus beau de tous. Le
Doron naît à son extrémité orientale de la réunion
de deux ruisseaux» dans une plaine gazonnée et un
peu marécageuse, au pied des cols de la Sauce et du
Plan-de-l'Estau ; l'un de ces ruisseaux s'échappe de
la gorge élranglée et sauvage des Caçés, et forme une
cascade à l'entrée de ces pâturages où s'élèvent les
chalets de la Gite. En sortant de ces pâturages le Doron
s'engage à l'O. dans une gorge profonde, qui se pro-
longe, sur une longueur de 3 lieues, entre deux parois
verticales de rochers. La rivière n'y forme qu'une
cascade non interrompue, dans presque tout l'inter-
valle. D'autres <:ascadcs tombent sur la rive droite de
toute h hauteur des Rochers des Enclaves; et des
(21 )
Bapins de haute luillc augmentent la teinte sombre de
ce tableau pnriout où l'escarpement des rochers no
Jeur interdit pas iVy prendre racine. Des défilés d'une
magnillcenccëgalement sauvage conduisent le voya-
geur de cette vallée dans celle de Roseleîn.
La Tallée de Ponlcellamot présente dans sa partie
inférieure, en soilnnt do IteauTort, une coupe plus
ouverte. La terre cullivable y est en plus grande abon-
dance et les forëls qui garnissent pitlovesqucmcnt les
montagnes, dominent une succession de champs et
de prairies dont l'aspect annonce la fertililé. Aussi les
hameaux en tapissent les pentes et se groupent autour
d'un assez grand villngc nommé Arèche. La rivière
Argentine forme en ce point une jolie cascade, et les
' Ardoises, ainsi que Tant liraci te, commencent à se mon-
trer là où les roches paraissent h nu. Arèche est à
1 028 mttiea nu-dessus de la incr, ou plus de 300 mé<
I très au-dessus de Bcauforl, Ici on atteint par un seo-
L lier escarpé le second degré de la valli^e, bassin où
les forèls gagnent du terrain sur les cultures et où
des pins gigantesques se dressent au bord des abhncs
BU fond desquels l'Argerlinc tombe en cascades plus
frcquenles. Le troisième cl dernier étage de la valloa
n'est plus qu'un ampl^lhéûtrc de pAturagcs semés de
cbalels, sans habitations fixas. Au centre on aperçoit
la petite chapelle solitaire de Saint-Guérîo ou Ponl-
cellamot, où j'eus le chagrin de briser mon baro-
, mètre, mais que M. Fovie a trouvée de 1526 mètres
au-dessus de la mer. En ce point se bifurquent les
deux chemins du col de laLouse et duGrand-Cormet,
au milieu de prairies et d'ardoises imbibées d'eau et
dont la hauteur est la même (2 1 33 et 2 i39-°.6) d'upiès
r
I
let 4f> i
f 25 j
les lueftiires de M. FuTie. Du liaut du Conuet ^^
eonlempla les monlngnea exceBsîvcment élevées et
lei vastes f^laciers de la Maurienne et de la Tai -eiilaise;
an voit à liur pieil la rîiUe vullée de l'isère, el l'on
descend à Aixine, bourg où plus d'une aDlii|uité
indique l'aocien eiiiplac émeut d'jixima ou forum
Claudii,
La vallée d'Hautel uce est la plus ouverte e| la moins
sauvage du pays do lleaufoit; uiuiiis boisée <[ue les
précëdintes, elIt: est |>lufi liante et plus lertlle; la cul-
ture du froment et du cbanvre y est possible, el les
bois n'y %uicnt ((ue comme le couronnement des
penles cultivées. Les vaclies y sont jolies et de petite
taille, et les moulons donnent une laine de bonne
qualité, A l'Ë. d'Hiiuteluce, la pente droite de la vallée
se homme la Montagne-dela-BueVe, et la pente oppo-
sée, la Coinbe-de-Hevers. La riviète Dvrinet, ou Petit
Doron, naît dans la Coinbe-h-Dian, gorge aride do-
minée par l'aiguille ftuusselette,et par les deux cols dç
laFenëlie etdn Plan-de-l'lisiau. Le Uurinel lonibo par
une cascade de celte combe dans la vallée d'Hiiuteluce,
où il reçoit immédiatement les eaux d'une seconds
cascade provenant d«s eaux du lac de la Girolta. J'uî
visité ce lac alpin élevé de 1.713 mètres, en partis
entouré de p&lurag<!s et en partie encaissé de parois
de roches, tellument sombres, que ses eaux, naturelle*
ment limpides el d'un bleu foncé, en reçoivent presque
sur toute la surface du bassin une teinte violette el
même noire. J'ai trouvé ces eaux à la température de
IS" 1/2 centigr,, l'air étant à 10° ceniigr. le 15 sep-
tembre 1853, à dix heures du matin. De temps en
tamps un canard sauvage vient «n diminuer la soliluds.
( •■
)
I
Ce lac il, du coté du nord, un écoulement, qui. rl'un
saut do plusieurs conlaint'S i!e inèlres, totnl»? le long
d'effroyables escarpemenls d;inB la Coinbe-tle-Revers,
pù il se joint aux eaux du Diirinct.
On ïoil au N.-O. du bourg île SaiDt-Mnxime un lerlre
en forme de pain de sucre, présentant les ruînoa de deux
tours rondes et d'une tour carrée, seules (races de la
féodalité que ce pays ail conservées. Le pnys de Beau-
fort fil, de temps imméujorial, parlii?dLi domaine tem-
porel des anciens archevêques de In Tareiitaise. C'est
A ces prélats qu'était réservé l'homniiige féodal, lors-
qu'en 1220 les princes de la maison de Genève y
Acquirent quelqiirs droits; l'acte qui en fut passé à
Alton, le 31 juillet de la inéaie année, porte que le
comte de Genevois s'engageait, en oulre. envers le pré-
lat, à une redevance de deux prussi'S li'uiles. TiRitefoia
il existait simultanément une fauiille féodale de sei-
gneurs de Beauforl. Béatrix, dernière baronne de
Faucigny,achala, par contrat des cnlendos d'avril 1271,
tous les droits des anciens seigneurs de Beaufurt dans
celte vallée, l'éri^ea en baronnic et l'incorpora â celle
de Fancigny, dont elle suivit dès liu's la fortune, et en
particulier, lorsqu'au milieu du xiv* siècle, ces pays
furent cédés au cuuite de Savoie par ledaupUin Charles
de France.
Lorsque le roi Henri IV, en guerre contre Charles
Emmiinuel 1", voulut s'assurer que ce duc ne poiurait
pas venir, par la voie du Petit Saint-Bernard, inter-
rompre le blocus de la forteresse de Montmélian, il
arriva à Saint-Masime le 10 oulobre 1(500, « suivi, dit
un registre de cette paroisse, d'un grand nombre de
gens d'armerie. » Le 11 il alla visiter le Pas-du-Cormet ;
(24)
la neige qui lonibail le força de se mellre ù couvert
contre un rocher pour dlncr; le 12 il partit.
Il n'y a, comme nous Tavons vu, qu'une partie des
vallées de Beaufort oii lagriculture soit praticable;
mais il existe de belles forets que Ton exploite au
moyen d'un grand nombre de moulins à scies, mises
en mouvement par les cours d'eau. Le chef-lieu en
possède plusieurs. Les habitants sont laborieux, actifs
et sobres; leur extérieur annonce la santé, rintelli«
gence; les femmes ne sont pas dépourvues de beauté,
et leur coiffure ne manque pas d'élégance. Leur plus
grande ressource est l'éducation des bestiaux dans
leurs pâturages élevés; celle de mulets superbes, noirs
et d'un poil luisant; et la fabrication de fromages façon
gruyère qui sont vendus en Piémont ou échangés
contre du riz et du sel. Malgré les travaux auxquels
les montagnards sont astreiiîts, par la fréquence des
débordements de leurs torrents, Tétat des communi-
cations est détestable.
{ 25 )
POPULATION
DE L'ILE MAURICE ET DE SES DÉPENDANCES.
BBCENSBMBNT DV 20 NOVEMbIrb 1B51.
1 • c ■
[Communiqué par M. Eugène de Frobcrville.)
ILE SIACRICE.
Population attachée nu sol : d^origine européenne
ou libre 5i 497
Affranchis. . 48 330
Indiens 77 996
'• — 180823
Militaires 1 62&
Marins • 1 169
Total. ... 183506
Le chiffre de la population, en août 1846» était de
161 089. L'augmentation provient exclusivement des
travailleurs qui ont été introduits de Tlnde dans l'in-
tervalle des deux recensements.
La population du Port-Louis est de A9 909habé»
non compris la garnison.
Le rapport entre le nombre d'hommes et de femmes
est comme suit :
Hommes. Femmei.
D'origine européenne ou libre. 52 A8
Affranchis. . • . • • 56 A5
Indiens. 80 20
( W)
Classification var religions.
D*oriftn0
•a llbr«.
Anglicans. •,.... 092 267 5 OOi
Presbytériens 69 2 71
Indépendants, . . , • M>2 529 11 032
Protestants (non dé-
signés) 2 821 1112 61 3 88i
Catholiques romains. 47 758 A2 283 8 529 93 561
Chrétiens (non dési-
gnés) A89 2AA 819 1052
Maboinétans 182 16 11389 11587
Hindous 10 12 38 816 48^38
Bouddhistes 663 6 572 1 2H
Autres 110 88 4 289 3 487
Non baptisés. .... 896 2 223 1 099 3 178
Croyances non dé- •
«ignées 805 1608 7 925 10 338
: IXuSÉyehêlleê. 6 811 (Mahé, Tlle prineipale, S 641).
"^ llêê jimirantes^ SO. — Archipel au N,-E. de Mada^'
gascar^ 61. — Archipel de Chagos, 884. — Rodriguês,
^96. ^ QaUga. 242. <- Coitivy. 28. Total. • 8 001.
Classification par religions»
Catholiques romains 2 94!^
Prote^laqts 1 314
Non bfi|^tisés. . « » , ^ • <. , • 9 717
B. V*
\ . » <
( 27 ,
napporta, Extrait* «l'on-
vrages, Mélanges, eto.
RAPPORT
ntÉSEHTi K l'eMPEUEUR sur la situation DB l'iLCÂBIB
EK 1853,
PAU H. LE UAHËCHAL VAILLANT , HTHISTBB SB LA fiCBIlBR.
CAnaljïe pur M. ALBEnT-MnsiÉMONT, meinbra
de la Commission centrale.}
Ce rapport, qui ofTie un résumé succinct rie l'his-
toire mililaire, adminiRlriilive, commerciale, indus*
trielle et agricole de l'Algérie pendant l'année 1853,
est précéda de (joelqurs mots sur les obstacles qu'on
a dû vaincre pour atteindre le but qu'on s'i^lait proposé.
La prise de possession de l'AIfîérie pnr la France
date de ltS30. On pourrnit s'élonner que, dans une
période de vingi-qnalre ans, ta colonisation ne se soit
encore établie que sur de petit! espaces, eu égard h
l'étendue d'un pays qui compte 250 lieues de côtes;
mais il ne faut pas oublier que de 1830 à 1839, il n'y
avait pas eu de parti ]ins reUitivement à l'Algérie. Les
uns voulaient l'abandon pur et simple ; d'autrei
l'abandon déguisé sous forme d'occupation restreinte.
Quant à ceux qui demaiidai<>nt la domination, ils ne
savaient uième pas quel système adopter pour l'éla-
blir. En Iti^O, nous ne possédions encore que quel-
ques villes, et notre autorité ne dépassait pas le lieu où
t'étaient «rrAtéei aoi eolonn«8. G« fut alors MuleuMnt
ileuMnt J
L
C 28) 1
que s'ouvrit la conquête de l'Algérie, et elle ne fut
achevée qu'en lS/i7 par la dûfaito et la soumisaloa
d'Abil-el-Kader.
A partir de ce niomenl, l'Algérie commençait l'ère
du travail et de la féconclUé. Aussi l'année 18â8 allait
donner h la colonie un rapide dévclo|ipeinent, si la
révoliilion do février, qui ébranla si violemment la
France, n'eût fait sentir son contre-coup au rivage
erricain, où la vie ne devait revenir qu'en 1851.
Le rapport que nous analysons indique les divers
progrés accotiiplis par l'occupnlion militaire, les amé-
liorations apportées dans la condition des Européens,
les Iravaux effectués, elles résultats obtenus au point
dû vue de la culture et du commerce, ces deux grandes
sources de la licliesso des nations.
Dans les expéditions utilitaires de 1853, on dislingae 1
celle du sud et celle des Babors. Pour comprendre la ]
première, il importe de se rendre compte de la topo-
graphie n^ëmc du pays.
L'Algérie, prise dans son ensemble, depuis la mer,
au nord, jusqu'au désert proprement dit, se partage,
sous le l'apport du sol et du eamelère des habitants,
en deux portions bien cUslinctcs, le Tell et le Sahara.
Le Tell, le pays de la culture et des ruisseaux, com-
prend, à partir de la mer, une profondeur qui varie
de 160 -d 280 kiloniélres ; au delà est la ligne de par-
tage des eaux, puis le Sahara algérien, c'est-à-dire
cette partie du Sahara qui, placée en arrière du Tell,
doit être nécessairement soumise au même pouvoir.
Lagbouat au centre, Géry ville <t l'ouest, Biskra à l'est,
marquent les pointa extrêmes de la limite. Plus loin
s'ouvre la région des oasis, transition entre la terre
( 29 )
[qui
sans élre cultivabh
produit encore certaines
piaules, et l'imniensilè nue, aride eldéserle,
Pour ossiirer notre ilomlnnlion sur le Tell, une pre-
mière ligne de postes avancés fut établie sur la lisière.
On dut sqngcr ensuite à protéger en arrière. Pendant
que le Xcll était tranquille, des agitateurs traTaîllalcnt
le Sahara, et il fallait des expéditions pour chùtiei' les
tribus relielies, comme on le fit à Zaalcha et à Bou-
Saàda, pour arriver bienlât à la prise de possession
de Lagliouat.
L'impression que cette mesure produisit fut consir
dérable. Aln-Madhi, la cité sainte, qui atait si long-
temps tenu en échec Abd-el-Kador, ouvrit d'elle-même
SCS portes, et les tribus s'empressèrent de se sou-
mettre. Cependant te chef de l'insurrection, échappé
au désastre de Laghoual, s'était réfugié avec quelques
partisans à Ouargla, à sept journées dans le sud-est.
Il crut pouvoir, de ce point reculé, inquiéter noi
avant-posles, placés eux-mêmes à plus de 300 kilo
mètres du Tell. Il fut hicnlût traqué et mis en pleine
déroute, réduit à chercher un asile dans les oasis qui
dépendent de la régence de Tunis.
Cette déroule amena la souniissîoD du chef de Toug-
gourt, qui ne se croyait plus eii sûreté dans sa ville,
Ce résultat permit de rejeter la guerre à la limite
même du désert, et depuis lors, le Tell jouit d'une
complète tranquillité.
Ce point étant pacifié, nos troupes ont fait la caoï-
pagncdesBabors, dans cette partie de la Kabylic située
entre Bougie et Djidjelli. Celte campagne, habilement
ixécutée, a aussi amené la soumission des tribus ré-
^Icîlranles , sauf quelques-unes réfugiées dans la
pirtie Ja plus abrupte des montagnes, et où le ftouv(
nour ^^néral do l'Algérie a récemment puvté no^É
t rendi
aimes vicloneusos.
Notre duniiiinlion
trée de l'impôt et
tions. La population ai
pldsfraocliemciil dans
ri«lle3, et l'agricultuie
ai rrconniie a permis la i
I la sécurité aux communîca-
Ijl' s'est d'elle-iliêdio enfçagée
II voie de» aiiiéliaruliuns maté*
l'e.st bii-nlôl ros-eiitie de celU
heui'euse leiidancei les culUiivs se sont pertecliontiéet,
les planliitiniis d'ai'bres et du tubac atigtiieiilées, etl
premiers résiil tilts dunni^s par te coton ont aussi accrn'
le nombre des demandes de graines de la part del
Arabes.
Les divers territoires militaires sont maintenant ré-
gis par les mêmes lois et les mëtiies règlements que
les lerriliilres ciïils. Les premiers pai>s>'nt successive-
ment de la ïone militaire à la lone civile, au fur et à
mesure i^ue la population européenne, se ^roujiant de
plus en plus sur un point donné, justirie par son
extension la d^'penae qu'enlratne l'atitorité cîvije. Une
cour d'appel, 6 tribunaux de première instance,
19 justices de paix, 6 commissariats civils, réunissant,
h leurs attributions administratives, les Tonclions de
jnj^es de pais, composent aujourd'hui l'ensemble de
l'oi-panisation judiriaire de l'Algérie, indépendam-
ment des commandants de place qui rendent Injustice
dans nos postes avancés.
Quelques institutions de bienfaisance ont été éta-
blies sous l'inspiration des besoins spéciaux. Un mont-
de-piété est créé à Alger, afin d'j extirper l'usure qui
s'y pratiquait d'une manière effrénée. Un décret a doté
le pays de caifises de secoui's muluets, puis d'asile*
n
put» u aaue» m
' pour l'urplielir
(51 )
a constitué des luunicip:
ilUéa
I
I
Douvfïtles dans les trois dépaclemcnts d'Alger, Oran et
Cunstaiititie j on a créé de nouvelles roules, «établi des
usines et des télégraphes, tandis qu'on umèltorait les
ports.
On sait que l'Algérie fut jadis appelée le grenier da
Rome, AujuLird'Iiui la Terlilité de cette ïiiste contrée a
permis d'en tirer pour la France d'énormes quantités
de céréales. Les tabacs algériens éclipsent déj.^ ceux
d'Egypte el de Grèce ; les tabacs de Hongrie ont un
goût moins agréable, c^ux de Kentucky ne sont ni plus
fins ni plus combustibles, et ceux du Maryland ont un
défaut d'élasticité et un goût d'amertume que n'ont
point les tabacs d'Algérie. Ainsi, la France trouve à
ses portes des tabacs prélérabics à ceux de Hongrie et
d'Amérique.
D'autrfS éléments de rîcbcsse seront également tirés
de notre colonie d'Afrique; l'industrie séricicole y fait
déjà de grands progrès, ainsi que la culture de la ga-
rance, du colon et l'éducation de la coclienille. Le
commerce des huiles, dus laines et des peaux brutes
y a pris une notable extension. Il en est de même de
l'industrie métallurgique, cuivre do Mouxuia et de
Tenès, mines de l'er de l'Alelik, plomb du ituuiareaU
et de Sètif. etc. Lu pèche du corail se continue dans
les parages de Boue et de la Calle. ËnCn, le domaine
forestier de l'Algérie comprend plus d'un million
d'hectares, el celle belle contrée, qui est dëliiiilivcmcnt
sortie de la période des essais, pourra un jour devenir
l'Inde de la France.
(82)
LETTRE
DB M. LE COMTE d'bSCATEAG k U. LE PRÉSIDENT
DE LÀ COMMISSION CENTRALE.
Beyrout, 5 juillet i354*
Monsieur le Président,
Je viens de lire dans le Bulletin de mars et avril une
lettre de M. A. Petermann sous h date du 25 mars
185A. Ce savant nous fait part dans cette lettre de
l'heureuse arrivée du docteur Barlh à Tenboctou (l).
Je ferai au sujet de cotte lettre deux observations.
La première est relative à la latitude assignée par le
docteur Barth a la ville de Tenboctou , qu'il place a
quelques minutes au nord du 18* parallèle, tandis
qu'elle dépasse rarement le 16« parallèle sur les cartes
les plus récentes (2).
J*ai toujours pensé, quant à moi» que Tenboctou
devait être placée plus au nord. Dans un travail pu-
blié il y a quelques, mois» voici comment je m'expri-
mais à ce sujet :
a S'il est bien établi qu'une ville ( telle que Ten-
boctou) ne reçoit pas de pluies, elle ne doit pas, sur
nos cartes, être placée plus au sud que le 17', ou tout
(i) Nous aTODS dëjà dit que Torthographe Tombouctou est plus
employée, et que celle de Tenboctou (ou Ten-'boktou) ^ dont se sert
ici M, d'Escayrac, est probablement la meilleure. E. C.
(2) Voyez dans le Bulletin de mai i854, p.' 354 ^^ siiiv., la latitude
donnée par le docteur Barlh, des reflexions de M. Jomard relatives
à la situation de Tombouctou.
( 83)
Itm plu:
'. 16-
par
illèle.
(Le D.'s
■ Sniiilnt
page tH , lig.
Je me basais, en émcttaiil cotlc opinion, sur un fiiit
qui est du tloinaino de la géof^rapliie pliysiqiie, el qui
me parait èlre parfaî terne nt élabli, à savoir (|ue les
pluies estivales du Soudan ne dépassent nulle part au
nord le 17' parallèle, el ne présentent déjà que peu de
fréquence sous la lli".
Cependant le Kouara, dans le voisinage de Kabra,
reçoit quelques pluies d'après le docteur Barth; elles
ne tombent que de deux ou trois jours l'un, et ne sont
pas très abondantes ; elles se présentent surtout vers
le mois de septembre (c'ost-ii-dire vers la fin de l'iù-
vernage). Ces cariiclèros sont exactement ceux que
I présentent les pluies estivales entre les 16* et 17° pa-
rallèles nord. On pourrait cependant admettre que
Kabra se trouve au-dessus do ce dernier parallèle, ou
au moins daus son voisinage immédiat, en considérant
que les nuages amenés dans cette saison par les vents
de sud-ouest doivent suivre le cours supérieur du
Niger, et peuvent être entraînés un peu au delà de la
limite normale par les courants d'air qui se meuvent
nécessairement au-dessus de la vallée de ce fleuve. Cette
action des eaux sur l'atmosphère se manifeste d'une ma-
nière appiéciable à la surface de tous les cours d'eau.
Peul-êire cependant la latitude de Tenboctou, el
par suite celle de Kabra , sont-etles portées un peu
trop haut par le docteur BartUf c'est ceque la cunnais-
sance des éléments de son calcul, nous permettra
appr
écier ultérieurement. 11 nous est toutefois lier
I mis de considérer la latilud* de Tenboclou comme
\ égale au moins à 17" 30'.
( U)
Celte première observation me coiuluit à en faire
une seconde.
Tenboctou est plus près de nos frontières que nous
ne le supposions : il n*y a pas de Laghouat à Tenboc-
tou plus de 1 000 milles de 60 au degré, distance que
de bons dromadaires peuvent parcourir en trente ou
trente-cinq jours, les jours d'arrêt et de repos compris.
La France cependant semble oublier entièrement un
objet digne de tout son intérêt, rétablissement de
rapports commerciaux entre le Soudan et TAlgérie (1);
elle n'a que quelques pas à faire et ne les fait pas»
tandis que l'Angleterre, réduite à suivre une route
difficile et longue, fait preuve d'une persévérance sans
égale. Depuis le lac Tcbad seulement, le docteur
Barth a parcouru près de 2 000 milles pour arriver à
Tenboctou , et ce n'est guère là que la moitié de son
voyage. Une telle persévérance devait être couronnée
de succès : c'est ce qui est arrivé. Désormais, les An*
giais sont admis à trafiquer avec Tenboctou, dont ilg
monopoliseront bientôt les échanges, soit par la route
de Tripoli, soit par celle de Mogador, soit par les
bouches du Kouara^ ce qui me semble plus probable.
Veuillez agréer,
Monsieur le président,
l'expression de la profonde considération àtec
laquelle j'ai l'honneur d'être
Votre très humble et obéissant serviteur,
C*" d'Esgayrag de Lauturb ,
Membre de la Commission centrale.
(i) Voyez le Bulletin de mai 1854) page 358.
(35 )
ÉDUCATION PUBLIQUE EN ANGLETERRE.
D'AFIlkS UN RAPPORT ADRESSE, W. \Z JUILLKT 185d, 1
U. LE UIMSTHl'. DK l.'lNSTRVCTJOK PliBLIQUr ET DBS
CULTtS PAIt M. MILNK KDWAnUS, DOYEN l)L LA FACULTi
DES SCIENCES DB PARIS, CHAnct s'u
AHGLETEHnE.
L'Angleterre possùdo aujourd'hui plus de ^â 000
jrdinuires, dunt 15 500 sont entretien
toEalité ou en
I l'ciidc des d,
mers publics
I
ou de liom voionLaii'es, et ilonl 30 500 appartieiini
complètement à rioduatrie privée. A côté de ces
établîsaemenls, où un enseignement plus uu inuios
élëinenlaire se donne ubaque jour à 214^000 en-
fants, on a ouvert aussi, pour les classes ouviières,
23 500 écoles du dimanclie , qui sont suivies par
2A0OOO0 enfants, et 1 500 écoles du soir, qui reçoi-
vent environ AO 000 adultes. En ISôl, époque à la-
quelle ces documents oui été recueillis, la jiopulation
de l'Angleterre s'élevait à 17 927 605 âmes. J.i'S beaux
travaux de statistique exécutés à l'occasion du dernier
recensemi^nt montrent que le nombre total des en-
fants âgés de (rois à quinze ans constitue environ
Jes 2/7" de la population totale, et peut être évalué à
environ 4 900 000. On voit donc que les cufants, com-
plùteraent privés des bénéfices d'une éducation sco-
laire quelconque, nu constituent pas J/10° de cette
portion du peuple anglais; mais que, pour plus de la
moitié des enfants qui fréquentent les écoles, l'ensei-
gnement, même le plus élémentaire, doit être fort
( M)
imumiAvX, puisfiiron n'y consacre qu'une petite partie
fJ'iin sriil (Ion jours ilc la semaine. Si Ton compare i
la piipuliition lolalo c)o TAngloicrrc le nombre des eo-
fafilfi rpii rcçoivonl dans les écoles une instmcUon
riiitiliilionnc, on \oit qu'il correspond à environ 12
pour 100 dos liobilants. I.n plupart des écoles admet*
If-nl n la fois des enfanis dos deux sexes, etlesgar-
r;oiiH y ligni'ont don$ la proportion dVnviron IS pour
Il nllns.
La iIuiVo ntoyonnr de la présence des enfants dans
|f*ii I Infinon ainM ct««l>iifs parait èlrc d'cnTiron quatrs
nnn U%)\f^ f|n;trla, <i il riSultc di-s nnseignements rt-
fUff'illin par {'«'««IminiMiaiion que, dans la plupart de
vvn i^rolod, ronsoicnonu-ni est des plus clénienlainSk
Alitai Rur ÏOO p.^iwm :
MM f)ppi*onn« ni ■' lirr,
iV) A 1^ \ iro.
fti^ i\ roniptor,
V7 l'hidirnt la g ran«mairc Rnçl»ts<:.
h li*^ lAn^llo^ anoTonnrs.
W U'tK niaih^maiioiies.
10 In tnn^iquo.
I !• ui«n\lMN^ i)o«> ^^otiK normale» destinées à
iti '• iii-htntrnr*^ n Ivnnoour aucroentL- d^Niis
•tiiiii'i'* i<n m ronip!« pMioiirr'hui AO, qui,
Il iiii ' ii«-«M\t'i't ('i^ 5>p!'^.'ntwkn< de ]*EItat «t elles
{ 37)
EXTRAIT
d'un rapport a l'empereur» ADRBSSJÎ, le 16 JUIN 186A,
PAR M. LE MARÉCHAL VAILLANT, AU SUJET DE LA
CRÉATION DE PLUSIEURS COMMUNES DE PLEIN EXERCICE
DANS l' ALGÉRIE.
Sire, il entre dans les vues de votre gouvernement
de donner à l'organisation municipale en Algérie tout
le développement que permet et comporte Tétat de la
population civile dans ce pays
La crainle de compromettre une œuvre aussi im-
portante par des mesures prématurées a longtemps
fait hésiter l'administration devant l'application de ses
propres doctrines, et lui a toujours imposé la plus
grande réserve dans ses propositions d'organisation
municipale. *
Je ne m'écarte point. Sire, de ces errements de pru-
dence et de circonspection, en venant vous proposer
de porter presque au double le nombre de municipa-
lités qui existent aujourd'hui en Algérie, et d'ériger
en communes de plein exercice neuf villes dont cette
mesure va consacrer l'importance politique et agran-
dir le rôle dans l'œuvre de la colonisation algérienne.
Voici les noms de ces villes :
Dans la province d'Alger:
Médéah ,
Milianah ,
Cherchell ,
Tenez;
(88)
Dans la province d*Oran :
Mascara ,
Tlemcen ;
Dans la province de Constantine :
Bougie ,
Sétif,
Guelma.
Ferme Itez-moi, Sîre, de vous exposer sommaire-
ment les titres de ces villes à Texistence municipale,
et de vous faire connaître en même temps les bases
et les traits essentiels de l'organisation que je propose
de leur donner.
!• Commune de Médéah.
Grâce à sa position avancée dans la région du Tell,
sur la route la plus directe qui relie le port d'Alger
au Sahara» la ville de Médéah a toujours joui d'une
grande importance politique et commerciale. Sous la
domination turque, elle était la capitale du beylik de
Titery.
Médéah est le chef-lieu d'une subdivision militaire.
L'administration civile y date de 1850, époque de l'in-
stitution du commissariat civil; une justice de paix y
avait déjà été créée Tannée précédente.
Cette ville possède un marché très fréquenté, où
les indigènes apportent en abondance les divers pro-
duits du pays en laines, céréales et bestiaux. La
population coloniale y a trouvé un sol et un climat
propices à la culture de la vigne, et elle s'est empres-
sée de les mettre à profit. Les vins de Médéah ont déjà
acquis une renommée qui contribuera h la richesse
du pays.
( 89 )
La circonspection du district formera celle de la
commune, qui comprendra dès lors, comme sections
ou annexes rurales, les colonies agricoles de Damiette
et de Lodif ainsi que le centre de Mouzaïa^les-Mines.
La population fixe de la commune et de ses an-
nexes s'élève en ce moment à 7 200 habitants, dont
la répartition, en raison de l'origine, s'établit ainsi
qu'il suit :
Français. 2 040
Européens A20
Indigènes musulmans. ... 3 950
Id. israéliles 790
Total. . . 7 200
2. Commune de Milianah.
Milianah est une ville d'origine romaine; des ruines
imposantes attestent son antique prospérité. Assise à
mi-côte, sur un contre-fort du Zakkar, elle commande
la vallée du Chélif et doit à cette position une grande
importance stratégique ; aussi a-t-elle été choisie
comme centre d'un commandement militaire supé-
rieur : c'est là qu'est le quartier général de l'une des
subdivisions de la province d'Alger.
Un commissariat civil y a été institué en 1860.
La fertilité de son territoire, l'un des plus abondam-
ment arrosés de l'Algérie, son marché arabe, son in-
dustrie minotière que favorise la multiplicité des chutes
d'eau , sont pour Milianah des sources certaines et
permanentes de prospérité.
La circonscription de la commune est celle du dis-
trict, et comprendra comme section la colonie agri-
(40)
cole à' JJfre\^iUe ^ fondée sur l'emplacement d'une
ancienne colonie romaine qui florissait à Tombre de
l'antique cité. C'est ainsi que, sur presque tous les
points de TAIgéiie , la civilisation française ne fait
que reprendre, en quelque sorte, à de longs siècles
d'intervalle, l'œuvre interrompue de la civilisation
romaine.
La population fixe de Milianali et de son annexe
dépasse A 600 habitants, classés ainsi qu'il suit:
Français 950
Européens 5A0
Indigènes musulmans. ... 2 630
Id. Israélites Ô20
Total. . . ûôâO
3. Commune de CherchelL
Cherchell, qui, comme tant de villes maritimes de
celle côte, doit su première fondation aux Carthagi-
nois, a été, sous le nom de JiiUa Cœsavea, la capitale
de la Mauritanie Césarienne. Une aussi haute destinée
ne sera point celle de la ville française succédant à la
ville arabe ; mais elle ne s'engourdira point comme
celle-ci dans l'incîolence et la misère, sur les nom-
breux débris d'une époque de richesse et de prospé-
rité. Son port, déblayé et restauré, appelle de nouveau
l'activité commerciale et la spéculation ; car Cherchell
est nécessairement le débouché maritime des produits
agricoles de l'ouesl de la Mllidja et du district de
Milianah.
Cette ville possèdo un marché où se traitent, deux
(41 )
fois pat' semaine, des affaires assez importantes en
besliaui, lainGs et céréales.
Le commissariat civil de Chercbcll, érigé en ISâlt
comprend dans son district les colonies agricoles de
Novi et do Zurich.
La circonscription du district formera celle de la
commune, dont les deus colonies ci-dessus désignées
composeront des sections rurales.
La population fixe de Cliercliell et de ses annexes
dépasse 3 000 hahîlanis, conformément aux distinc-
tions suivantes :
Français 1 550
Européens 350
Indigènes musulnaaas. ... 1 âôO
Total, . . 3 050
h. Commune lie Teiies,
Sur remplacement de la cité romaine de Cartena
Coloiiin, aune petite distance de la ville arabe de Te/ie^,
s'est élovcc depuis 18^3 la ville actuelle que, pour la
distinguer de sa voisine, on a nommée le Noiweau-
Tenez, ville toute française que sa belle position mari-
time au débouclic de la vallée de Cbélif, et les gtics
métallurgiques dont elle est entourée, doivent Faire
jjrandir rapidement en population et en richesse.
Tenez est aujourd'hui le chef-lieu d'un district admi-
nistré par un commissaire civil, et la résidence d'un
juge de paix.
La circunscriplion communale, qui sera la même
que celle du district, comprendra :
1° Le yieux-Teiicz , jadis capitale d'un petit royaume,
(42)
réduite à l'état de pauvre bourgade depuis qu'elle fut
conquise et à peu près détruite par les frères Barbe*
rousse, fondateurs de la domination turque dans ce
pays.
2® Montenotte, colonie agricole de 1818, dont l'ave-
nir est doublement garanti par la fertilité du sol et
par le voisinage des mines de cuivre de rOued-Allelab*
La population fixe de Tenez et de ses annexes dér
passe 3 000 habitants, qui se divisent ainsi qu'il suit :
Français 1200
Européens. . . • • 650
Indigènes musulmans. ... 1 150
Israélites 30
Total. . . 3 030
5. Commune de Mascara,
Mascara, au temps de la régence d'Alger, était la
capitale d'un beyiîk. De nos jours, avant et depuis le
traité de la Tafna jusqu'en 18A1, elle fut le centre du
gouvernement de Témir Abd-el-Kader. C'est aujour*
d'hui le chef-lieu de l'une des subdivisions militaires
de la province d'Oran et d'un district administré par
un commissaire civil.
Mascara, par son assiette, domine ia vaste et fertile
plaine d'Eghris. Indépendamment de l'importance
politique et militaire qu'il doit à cette position, la na«
ture l'a doté d'un grand avenir comme centre com«
mercial et industriel. Le sol et le climat y sont égale-
ment favorables à la culture des céréales, du tabac, de
la vigne et de l'olivier. Ses fabriques de burnous noirs
et de tapis de Kalaà ont une grande renommée dans
(13)
tout le Miigliriab. Il s'y lient, Irois fois par sotnaine, un
des plus considérables marchés A<i la province de
l'ouest.
nd les
i doivent relier Mascara aux
ports d'Oran el de Moslaganem, d'une part, avec plu-
sieurs grands centres de l'intérieur, d'autre part, seront
actievées, sa pi'ospériti^ sera aus^î rapide que certaine,
La circonscription du district formera celle de la
commune, qui aura pour annexes ou sections les
villages agricoles de Saint-jintlré et de Saint-Hippolyte.
La population fixe de Mascara et de ses annexes dé-
asse 6 lOOliabitants et se décompose ainsi qu'il suit:
Français 1 ûâO
Européens 640
Indigènes musulmans. ... 3 500
Id. israéliles 560
Tolal. . . 61A0
6. Commune de Tleincen.
Élevée sur les ruines d'une ancienne colonie ro-
maine, Tlemcen a été ilorissiinle sous les dynasties
arabes el lierbères. Elle élail alors la capitale d'un
royaume qui comptait plus de 600 kilomètres de côtes,
depuis l'emlioucliuro de la Tafna jusqu'au port de
Djidjolli. Les histoires arabes disent des uierveilles de
ses palais, de ses mosquées, de ses grandes écoles.
Ides caravanes de ses marchands au pays des dattes
et de l'or. Elle conserve assez de vestiges de sa splen-
deur passée pour attester la véracité des récils qui
la peuplent de plus de 100 000 âmes au temps de sa
prospérité.
Tlemcen est aujourd'hui le chef-lieu d'une subdi-
(M )
vision militaire de la province d'Oran. Comme insti*
talions civiles, elle ne possède encore qu'un com*
missarial civil et une justice de paix, mais elle verra
bientôt s'agrandir sa juridiction administrative et
judiciaire.
Placée comme en vedette au sommet du bassin de
la Tafna, à proximité des frontières du Maroc, Tlemcen
aura toujours une haute importance politique et mi-
litaire. Cette position n'est pas moins favorable à son
existence industrielle et commerciale; elle lui doit
d'avoir toujours été un des plus grands marchés de la
région du Tell. C'est là que viennent affluer les laines
et les céréales des tribus du sud-ouest, aussi bien que
les marchandises apportées par les caravanes qui font
la traite avec le Maroc.
Des tanneries, des fabriques de haiks et de burnous
y soutiennent la vieille renommée de l'industrie in-
digène. L'industrie européenne y a multiplié, depuis
quelques années, les moulins à huile et à farine, qui
fournissent au commerce d'exportation un aliment
déjà considérable.
La circonscription communale sera celle du district,
et la commune aura pour sections rurales les cinq
villages de Bréa, Négrier, Saf-Saf, Mansourah et Hen^
nny-tty tous fondés, dans son fertile voisinage^ de 18ii9
à 1851.
La population fixe de la commune et de ses annexes
s'élève à 12 AOO âmes, savoir:
Français 1800
Européens 1 000
Indigènes musulmans. ... 7 300
Id. Israélites 2 300
Total. . . 12 400
( 45 i
7. Commune ife Bougie.
Les ^vantnges do la position innrîtime occupée par
la vil!e bci'lière de Bougie n'nviiieut point échiippé à
l'instiocl spéciilaleur des Caiihaginois. Ils j avaient
fondé un de leurs comptoirs les plus importants, sous
le nom punique de Salde, qui fut conservé à la colonie
romaine.
Sous les dynasties arabes et berbères. Bougie était
la capitak' de la province orientale du royaume de
Tlemcen , et devint céU'bre cliez les Musulmans
d'Afrique par ses écoles savantes et [lar la vénération
attacbée à ses mosquées.
Du temps de Léon l'Africain, Bougie, qui était alors
au pouvoir des Espagnols, compliiil plus de 8 000 fu-
milles, toutes enrichies par leur commerce et le pro-
duit de leur agriculture. Le géographe arnbe Edrisi,
plus vieux de quatre siècles, vunte l'habileté de ses
habitants dans divers arts et méliers, et la grande
aisance qu'ilb devaient à leur génie commercial.
Toute celte prospérité s'était évanouie sous la do-
mination des deys d'Alger v\ n'était plus constatée,
quand nous y sommes arrivés, que par des ruines el
de vagues souvenirs. Mais Bougie a conservé ses avan-
tages naturels, qui font de sa baie un des mouillages
les plus sûrs et les mieux abrités en toute saison, et
de son port le grand marché, l'entrepôt nécessaire de
la Pi'tite Kabylic et de la riche plaine de la Medjana,
Aujourd'hui que la soumission des confédérations ka-
byles qui l'entourent peut être considérée ccmme un
fait accompli et irrévocablement acquis. Bougie ne
peut manquer de reconquérir le rôle eommerciid et
(A6)
industriel qui lui appartient. La spéculation, qui
pressent cet avenir delà ville française, y a déjà fondé
de nombreux comptoirs relevant du commerce d'Alger,
de Marseille et même de Paris.
L'installation d'une administration française à Bou*
gie remonte à 1838, date de l'institution du commis*
sariat civil.
La circonscription communale sera celle du district^
qui ne comprend que la ville et une banlieue rurale,
que la conGguration topograpbique a forcé de limitai*
à 1 AOO bectares environ.
La population fixe de Bougie est de 1800 habitaiiy^
se répartissent de la manière suivante :
Français ; 700
Européens • . 580
Indigènes musulmans. • • . iÔO
Id. israélites 110
Total. . . 1800
8. Commune de Sétif\
La jeune ville de Sétif s'élève sur Templaceitient de
la cité romaine de Sitifis, capitale de la Mauritëiilë
orientale, qui lui avait emprunté le nom dé Mauritanie
Sitifienne» Détruite par les Vandales, elle ne s'était pdi
relevée depuis, et lorsqu'elle fut visitée pour la pre-
mière fois par notre armée, en 1889, elle n'était qu'un
amoncellement de ruines depuis longtemps abandon-
nées. Les anciens itinéraires établissent son impor-
tance politique en indiquant les voies romaines qui là
reliaient à Garthage et à Julia^Cœsarea (Cherchell), à
Saldœ (Bougie) et Igilgilis (Djidjelli) sur la côte ber-
bère, à Lambessa et Tebessa vers le sud. Sa position.
I
qui commande la vaste plnine de la Medjana, el rjiii
permet de faire rayonner avec rapidité les colonnes
expéditionnaires vers tous les points d"un territoire
occupé par une population guerrière el turbulente, y
fil asseoir, en 1839, un cnnip à l'abri duquel s'est
bientôt formée la ville coloniale.
L'assielte de Sétif au milieu d'une contrée dont la
ferlilité était devenue proverbiale au temps des Ro-
mains, le débouché que lui oITre A 80 kilomètres de
distance, el par une route déjà praticable au roulage,
le port de Bougie, ses rapports faciles avec les tribus
du sud, lui assignent un rôle important comme niarcbé
inlérieur et lieu de transit.
Cette petite ville possède àé]à un marché hebdoma-
daire très Créquenté par les Arabes, et qui prend cha-
que jour plus d'importance.
L'Arabe Edrisi, qui virait au su" siècle, assure que
de son temps la culture du coton Horissait aux envi-
ions de Sétif. Ce témoignage ne peut qu'encourager
nos colons à renouveler une culture i|ui, à une époque
déjà si éloignée, contribuai! à la fortune de leurs
devanciers; ils tiendront sans doule à prendre un raug
honorable dans le concours que la munificence impé-
riale vient d'ouvrir à l'industrie cotonnière en Algérie.
Ainsi les gages d'un bel avenir ne manquent pas à
la commune de Sétif.
Aujourd'hui chef-lieu d'une subdivision militaire et
d'un district administré par un commissaire civil, Sétif
est deïliné à devenir prochainement le siège d'un
arrondissement administratif.
La circonscription assignée au district sera provi-
soirement celle de la coin
( W)
La population fixe de Sétif et de sa banlieue ci?ilo
6*élëve actuellement, en nombres ronds, à 1 600 habi*
tants ainsi répartis, en raison de leur origine :
Français • • . • «780
Européens 3A0
Indigènes, pour la plus grande
partie israélites àSO
Total. . . 1 600
9. Commune de Guelma,
A distance à peu près égale de Cirtlia (Gonslantine)
età*Hîppone (Bone) , s*é]evait la citadelle formidable de
Siithul, dépositaire des trésors de Jugurtba, et sous les
remparts de laquelle le prince numide fit éprouver
un grave échec aux aigles romaines. Le peuple-roi se
vengea depuis en faisant disparaître le nom et les
monuments de la ville numide, pour y substituer la
colonie militaire de Calama, détruite à son tour par
les Vandales.
Arrivé en 1836 au pied de ces ruines, le maréchal
Clauzel, frappé de l'importance stratégique de la po-
sition, y établit un camp permanent destiné à surveiller
le bassin de la Seybouse, et à préparer la conquête
définitive de la province de Test.
Telle a été l'origine de la ville actuelle de Guelma»
dont la création a été officiellement consacrée par une
ordonnance royale du 20 janvier 18A0,
L'appel fait par celte dernière mesure a l'esprit co*
lonisaleur a porté des fruits si prompts, qu'aujourd'hui
Guelma possède déjà tous les éléments de l'existence
municipale.
( 49)
La nature généreuse du sol seconde merveilleuse-
ment les efforts des colons; aussi le marché de Guelma,
qui se lient deux fois par semaine, donne-t-il déjà lieu
à des transactions importantes sur les bestiaux, les
laines, les huiles et les céréales.
Guelma est le chef-lieu d'un district administré par
un commissaire civil, et le siège d'une justice de paix*
La circonscription communale sera celle du district
et comprendra comme sections de commune les colo-
nies agricoles d! Héliopolis y de Millésimo et de Petit.
La population de la circonscription communale
dépasse 2 500 habitants, et se compose ainsi qu'il suit :
Français 1 650
Européens. /170
Indigènes musulmans. . . . 280
Id. îsraélïtes. . . . • 180
Total. . . 2580
EXTRAIT
I,
D UNE LETTRE DE M. ANGELO TEDESCO, MEMBRE DE Là
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE , A M. LE PRÉSIDENT DE LA
COMMISSION CENTRALE , SUR l'ÉTAT AGRICOLE ET
COMMERCIAL DE LA TURQUIE. ,
Constantinople, 3o mai i854«
^nsicur,
Arrivé ici depuis une semaine, je me suis appliqué
a étudier ce pays du coté financier et commercial.
Doux choses capitales ont frappé mon esprit :
Mil. JUILLET, h. h
(50 j
1° Luc grande rjclie38e du sol;
2* Une inconcevable apatliio dans les habitants du
pays.
Des terrains capables de tout produire, des forèU
vierges, des mines sans exploitation, aucun établisse-
ment pour le bien-être et le confortable, point d'asso-
ciations pour se rallier, s'unir et protéger les intérêts
généraux et communs.
Il n'est pas nécessaire. Monsieur, de sonder le sol
pour vous dire que toutes sortes de productions son^
possibles. Ce sont des terres fortes avec toutes les pro-
priétés physiques désirables. I /appréciation s'en fait
facilement à la simpl(3 vue, et à l'examen des végétaux
produits spontanément ou avec peu de culture.
Voyant ce que la nature fait par elle-même, on se
demande à combien s'élèverait le produit par les
amendements et les engrais. Qu'on juge du parti qu'en
tirerait Télude, avec la classillcaiion des sols suivant
leur base, pour les approprier plus particulièrement
à l'élaboration des substances nutritives et aux travaux
géologiques. Pour les défrichements, les dessèche-
ments, les exploitations de toute sorte, qui appartien-
nent à l'économie rurale, rien n'a été tenté. L'indiffé-
rence pour le rendeuient des terres, des bois et des
mines devait influer naturellement sur le commerce :
aussi n'y a-t-il eu jusqu'à présent que point ou peu
d'exportation : on se contente d'un commerce de tran-
sit, en faisant servir le pays d'intermédiaire et de dépôt
pour les produits qu'il aurait pu fournir lui-f|ême. —
On ignore totalement ce qui est fabrication. — 11 est
facile de s'apercevoir cependant que l'abondance des
mûriers^ par exemple, garantirait une grande impul-
(61 )
siou au comuuercedea soies; que 1^ bon ^narcW de ]^
npain-d'œuvre assurerait des avantages considérables
auif entrepreneurs des filatures. — Malgré l'exemple
de M. Matton, à Smyrne, qui en peu de (emps a fs^U
prospérer un établissement de ce genre, ^occupant
200 ouvriers et donnant AO pour 100 à ses action-
naires , et deux établissements florissants à BroussQ,
personne ne songe ici à nourrir des cocons, ou à i^on-
tejç une seule chaudière. — On peut en dire autant des
oliviers, de la vigne, des grains, etc., etc.
Agréez, Monsieur, l'assurance de ma haute esti<:pe
^t (^q ma considération très distinguée.
Akcelo Tedbsco.
TRAITÉ
GpNGLV BSTRB LKS ÉTATS-UNIS o'aMÉRIQUB BT t'BBfPIRB
DU JAPOIf.
^.anagawa, le a3* jour de mars de l'année de N.-S. J.'>C. 1 854i
et de Kayel la septième, 3* mois et 3* jour.
Les Étals-Unis d'Amérique et l'empire du Japon,
désirant établir entre les deu:|^ nations unQ amitié ço«
iidç, durable et sincère, çint f éso.lu de fixer, d'une
inanière claire et précise, au moyen d'çin traité 012
convention générale de paix et d'amitié, les règles qui»
dorénavant, seront mutuellement observées par les
deux pays. Dans ce but, le président des États-Unis a
conféré des pleins pouvoirs à son commissaire, Matthew
Calbraith Perry, ambassadeur spécial des États-Unis
( ^2 )
au Japon, et Taugusie souverain du Japon a donné les
mêmes pleins pouvoirs à ses commissaires : Hayashi-
dai-Garka-no-Kani, Icio, prince dlsus; Sima-Isawa»
prince de Mima-Saki, et Adono, membre de la com-
mission des revenus. Lesdits commissaires, après avoir
dûment examiné les bases et conventions, sont con-
venus des articles suivants :
Art. !•'. — Il y aura entre les Élals-L'nis, d*unc
part, et l'emjnre du Japon, d'autre part, entre leurs
peuples respectifs, sans exception de personnes ou de
lieux, une paix parfaite, permanente et universelle,
ainsi qu'une amitié sincère et cordiale.
Art. 2. — Le port de Simoda, dans la principauté
d'Iasu, et le port Kakodade, dans la principauté de
Matsmai, sont accordés par les Japonais, comme ports
d'entrée, aux navires américains, et ces navires pour-
ront se pourvoir de bois, eau, provisions, charLon et
tous autres articles dont ils pourraient avoir besoin,
si les Japonais les possèdent; l'époque de Touver*
turc du premier de ces ports a été fixée immédia-
tement après la signature du traité ; le second ne sera
ouvert qu'après le même jour de Tannée japonaise
suivante.
Art. 3. — Chaque fois que des navires des États-
Unis seront jetés à la côte du Japon ou y auront fait
naufrage, les navires japonais leur porteront assistance
et conduiront les équipages à Simoda ou à Kakodade;
là, ils les remettront aux mains de leurs concitoyens
désignés pour les recevoir. Tous articles qui auront pu
être sauvés par les naufragés seront également rendus;
les dépenses occasionnées pour le sauvetage et Ten-
irelien des Américains ou Japonais qui pourraient
(53 )
dh-e ainsi jetés sur les côlos île l'une ou de l'autre
nation, ne seront point nMjiboursées.
Art. h, — Les naufragés et les antres citoyens jdes
Étals-Unis seront libre!) comme en d'autres pays; ils
nedevroiit subir aucun emprisonnement, mais seront
soumis à de justes lois.
Art. 5, — Les marins naufrages cl les autres citoyens
(leshlats-L'nls, ri^sidant temporairement à Simoda ou
à Kakodndo, ne seront pas itoumis aux entraves et à
l'cniprisonnemeiit que K's HullanJais eL les Cliinois
ont ù subir à Nagasaki; ils seront libres d'aller à Si-
moda, partout itù i! leur plaira dans un rayon de sept
milles japonais, dont lo centre est une petite lie dans
le havre de Simoda; celle lie est maïquéo sur la carte
anncsi^c. Ils sgiodI éf^alemenl libres d'aller partout
oi!i ils voudront l'i KakoJadc, dans les limites cjui se-
ront fisées après la visite de l'escadre américaine à ce
I porl.
Art. 6. — Si d'autres explications élaienl jugées
néccssains, ou s'il ost nécessaire do convenir d'una
Liire quelcoiiijue, il y aura un examen attentif des
deux cotés, de manière à en tenir à un ariuugcmenl.
Art. 7. — 11 est convenu que les navires américains
' qui se rendront dans les jiorls qui leur sonl ouverts,
jHiurronl échanger des espaces d'or et d'argcnl, ainsi
que des marchandises contre des marcliaudiscs, eu se
conformant aux règlements l<;mporaires qui seront
établis à cet effet par le gouvernement du Jiqion. Il
esl toutefois stipulé que les navires des États-Unis
iront le droit d'emporter tels articles qu'ils n'auront
I. pas échangés.
Art. 8. — Le hois. l'eau, les provisions, le ch;irbon
(64 )
el les autres niarchandises nécessaires ne seront pro-
curés que par l'agence des fonctionnaires japonais,
commis ad hoc^ el ne le seront d'aucune autre manière.
Art. 9. — Il est convenu que si, dans l'avenir, le
gouvernement 'du Japon accordait à une ou plusieurs
nations des privilèges et des avantages qui ne sont pas
garantis ici aux États-Unis et à ses concitoyens, ces
mêmes privilèges et avantages seront de même accor-
dés aux États-Unis el à ses citoyens, sans discussion
ou retard.
Art. 10. — Les navires des États-Unis ne pourront
se rendre dans d'autres ports du Japon que ceux do
Simoda et de Kcikodade, à moins d'être en détresse ou
d'y être forcés par un gros temps.
Art. 11. — Le gouvernement des États-Unis nom-
liiera des bonsuls ou agents à Simoda après l'expiration
de dix-liuit mois de la date de la signature de ce traité,
pourvu que chacun des deux gouvernements trouve
cet arrangement nécessaire.
Art. 12. — Le présent traité ayant été conclu et
dûment signé, il sera obligatoire et fidèlement observé
par les États-Unis d'Amérique et le Japon, ainsi que
parles citoyens et les sujets de chacune des deux puis-
sances. 11 devra être ratifié et approuvé par le prési-
dent des Étals-Unis, avec l'avis et le consentement du
sénat» el par l'augusle souverain du Japoh. Les traités
ratifiés seront échangés dans les dix-huit mois de leur
signature, ou plus tôt si c'est possible. En fol de qaoi,
iious, les plénipotentiaires respectifs des Étals-Unis
d'Amérique et de l'empire du Japon, susdits, avons
signé et scellé les présentes.
^immk
( 5Ô )
*
TRAITÉ ENTRE LES ÉTATS-UNIS ET LE MEXIQUE,
AU SUJET DE Là LIMITE DES DEUX ÉTATS
ET DE LA COMMUNICATION PAR l'iSTHMë DE TâHUANTjfePEG.
Le président des États-Unis a promulgué, le 30 juiil
1854, le liailé conclu à Mexico le 30 décembre précé-
dent, entre le plénipotenliaîre américain, M. Williani
Gadsdén, el le gouvernement du général Santa-Atinâ;
représenté par S. Exe. M. Manuel Diaz de Bonilla, illi-
nistre secrétaire d*Elal et des affaires étrangères, assisté
de MM. José Salazar y Carregui et le général Mariàno
Monterde, en qualité de commissaires investis d'è
pleins pouvoirs pour cette négociation.
D'après Tari. !•% le Mexique consent à ce que la
démarcation établie entre les deux Californies par
l'art. 5 du décret précité demeure en vigueur ou s'oit
modifiée conformément aux indications suivantes. En
vertu dudit art. 5, la ligne de séparation commencera
au golfe du Mexique, à trois lieues de lerrfe, vis-à-vis
de l'embouchure de Rio Grande, et suivra le milieu du
fleuve jusqu'à l'intersection de ce dernier avec le pa-
rallèle de 31o 47' de latitude nord. De là elle se diri-
gera à l'ouest sur une longueur de 100 milles; après
quoi elle s'incline vers le sud jusqu'au parallèle de
31* 20' de lat. nord, avec lequel elle se confondra jus-
qu'à la rencontre du méridien passant par le lll* de-
gré de longitude à l'ouest de Greenwich.
Elle se prolongera ensuite en droite ligne jusqu'à uii
point du Rio Colorado situé à 20 milles au-dedsous
(66)
du confluent du Rio Gila avec ce fleuve , dont elle rc-
rnonlera le milieu vers le nord jusqu'à son înterseclion
avec la frontière actuelle entre les hlals-Unis cl le
Mexique. Afin de mettre «n exécution cette clause, d^ux
commissaires, nommés par les gouvernements res-
pectifs, devront, trois mois après rechange des ratifi-
cations, se réunir dans la ville de Paso-del-Norte, pour
reconnaître et marquer ensemble sur les lieux la ligne
de séparation ainsi désignée, partout où celte opéra-
lion n'aurait pas déjà été terminée par la commission
mixte créée en vertu de Tacte de 1848. Les décisions
arrêtées en commun par ces délégués seront considé-
rées comme faisant partie intégrante du nouveau traité»
sans avoir besoin de la ralification ultérieure de leurs
gouvernements, dont chacun s'engage à respecter leur
travail, et à n'y porter atteinte, dans la suite, que du
libre consentement de l'autre partie conlraclanle.
D*après Tart. i, la teneur des art. 6 et 7 du traité
de Guadalupe ayant été supprimée en grande partie,
en raison de la cession de territoire faite dans le
premier article du traité actuel, ces articles sont abo-
lis; les autres stipulations qu'il renfermait sont rem-
placées ainsi qu'il suit: «Les navires elles citoyens des
États-Unis pourront aller et venir librement dans le
golfe de Californie, soit pour se rendre dans leurs pos-
sessions situées au nord de la ligne de démarcation ,
soit pour les quitter, pourvu que ce passage ait lieu
par le golfe et par le Rio Colorado, et non par terre,
à moins d'obtenir le consentement exprès du gouver-
nement moxicain. » Les dispositions et restrictions du
7* article de l'acte de IShS no sont maintenues, rela-
tivement au Rio Bravo dcl Norte, que pour la partie
(57 )
de ce fleuve située au-dessous de rintersection du
parallèle de 31' â7' 36" avec la ligne de séparation que
Tari. 5 de la convenlion précédente avait placée dans
le milieu de ce fleuve, en remontant à partir de son
embouchure.
L*art. 6 rend applicables au lerriloire nouvellement
cédé les stipulations des art. 8, 9, 16 et 17 du traité
de Guadalupe, concernant les droits des personnes et
les propriétés civiles et ecclésiastiques.
Le 8* article se réfère à raulorisaiion accordée le
5 février 1853 par le gouvernement mexicain, à Teffet
de construire un chemin de fer cl de bois à travers
Tisthme de Téhuantépec. Les deux gouvernements
s'engagent à ne pas mettre d'obstacle au transit, par
cette voie, des marchandises et des voyageurs apparte-
nant aux pays^ respectifs. Les biens et les personnes
des citoyens des Étals-Unis ne paieront pas de droits
plus forls que ceux imposés à d'autres étrangers. Nul
intérêt dans l'entreprise ne pourra être transféré à un
gouvernement étranger. Il ne sera exigé des voyageurs
ni passe-ports, ni saufs-conduits. Les effets en transit
circuleront libres de tous droits de douane. La malle
des Élals-Unis traversera l'isthme sans être ouverte;
le cabinet de Washington prendra des arrangements
particuliers avec celui de Mexico pour le prompt
transport des troupes ou des munitions entre les deux
océans. Lorsque le chemin sera achevé, un second
port d'importation, outre celui de la Vera-Cruz, sera
ouvert à l'endroit où il viendra aboutir au golfe du
Mexique.
( 68)
LETTRE DU DOCTEUR VOGEL.
itR L*HIST0IRE NATUllBLLB DB l' AFRIQUE CENTRALE;
Insérée dans le Literary Gazette.
(Traduit de l'anglais par M. Cortambert.)
...C'est réellement une terrible région. Celui qui
croirait y rencontrer l'abondance tropicale, serait bien
désappointé. Dans Tesnace de cinq semaines, je n'ai
pu, avec lous les soins possibles, réunir que soixante-
quinze plantes différentes. Les forêts ne consislent
généralement qu'en acacias (de deux espèces) et en
tamariniers; les palmiers ne commencent à se mon-
trer qu'à 50 milles au N. de la rivière Yeou. 11 n'y à
pas un arbre , pas un buisson , qui ne soit hérissé
d'épines. Peut-être la terre présenle-t-elle un aspect
plus riant après la saison des pluies; en ce moment,
presque toutes les plantes herbacées sont brûlées par
ie soleil, car le thermomètre s'élève souvent au-dessu^
de 100 degrés (Fahr.), même au commencement de
février.
Nous souffrons beaucoup du manque de fruits et de
légumes; nous n'avons guère que des tomates, des
oignons, des melons; les indigènes mangent, il est
vrai , une sorte de baie, mais on n'en donnerait pas
même aux troupeaux en Europe. Les bestiaux et la
volaille sont, en revanche, très abondants et à bon
marché , et offrent presque l'unique aliment qu'on
puisse se procurer. Un mouton coule 18 pence, et l'on
a un énorme bœuf pour 6 shillings , une poule à peu
près pour rien. Nous nous nourrissons surtout de vo-
( i
)
l
iaillc, car la viande de bnucherie ne se coiisene sans
se gâter qu'un juur uu un jour et demi au plus.
Le sol serait propio à toute sorle de culture, s'il y
avait une population assez industrieuse pour en tirer
parti. L'indigo, le colon et les melons viennent sau-
vages. Le riz et le blé pourraient être abondamment
récoltés. Le premier est d'une excellente qualité, mais
si rare qu'on ne peut l'obtenir que comme un présent
du sultan. Les liabitants, an lieu de se livrer à l'agri-
culture, prL'fèrent enti-pprendre des -escursions de
pillage dans ics contrées mvironnanles, et enlever des
esflaves. principaloment des enfants de neuf à cIoueb
ans, qu'ils écbangent avec lâs marcliands arabes et tib-
bous contre les quelques objets qui entrent dans leurs
besoins, c'est-à-dire des calicots, des burnous, du sel^
un peu de sucre. Dans ces écbanges, un jeune esclave
de dix atls est estimé enviiun 15 sliilliugs; une jeûna
le â^e, l'i puu près 1 livre Klerling.
TilIe du mëu
Le lac Tsad n'offre pas une eau pure et belle, mais
il a une apparence m arec âge use, et ses rives sont in-
festées du moustiques, véritable lléau pour les hom-
mes et l(:s chevaux. Je suis obligé de dormir près du
lac dans une huUe de chaume toute remplie de fumée,
faut y entretenir tlu i'eu la nuit entière pour
chasser ces insectes. Kôuka, située à7 milles anglais à
l'ouest du lac, a moins de cuusins, mais les mouches y
it innombrables: il est vrai que la nature parait avoir
pourvu à la destruction de ces diptères par l'existence
de deux petites espèces de lézards, quicourenl parœil-
liers sur les uiurs avec une ïncrovable rapidité, et dé-
vorent les insectes aiec une extrême promptitude.
Les arbres tont couverts de caméléons. Les scarabées
et les
papi
Ions sont loti l'fii
; je n ai pu r
ïspÈces des premiers j et, parmi les der-
niers i je n'en ai recueilli qae dix ou douze, dont uns
seule grande. En revanclie, les fourmis et les termites
sont innombrables; ces insectes dévorent toutes les
étoffes , si l'on n'a la précaution de les fermer avec le
plus ^rnnd soin. Ils ont malheureusement pénétré dans
un paquet de plantes du désert dont j'avais fait une
collection, et les ont anéanties. Il y a enfin une grande
quantité de serpents venimeux cl de scorpions, ainsi
que de crapauds, dont plusieurs onl quatre ou cinq pou-
ces de diamètre. Les éléphants l'I jesliippopoiamcssoiit
1res communs vers le lac : j'ai souvent vu ensemble vingt
ou trente de ces derniers i^acliydermes. Les lions cL les
léopards sont plus rares; je n'ai pas vu de lions, mais
j'ai entendu leurs mugissements, et j'ai rencontré tout
récemment un beau type de léopard. J'allais le tirer
à Ironie ou quiiranlo pas, lorsqu'il m'aperçut et se
sauva dans un impénétrable fourré d'acacias. Les san-
gliers [P/tascochorriif') sont très nombreux, et se creu-
sent des terriers dans lus bois. Il y a aussi beaucoup
d'antilopes et parlicidièfemcnt de gazelles. Les buffles
sauvages fréquentent les bords marécageux du lac, et
sont U'i^s recliercUés pour leur chair et leur peau;
mais la cliasse en est dangereuse. Uji buffle que j'avais
blessé avec une balle, revint sur nous tout à coup,
îiLtaqua mon monde qui déjà se félicitait de la victoire,
tua deux chevaux et blessa un de mes hommes très
grièvement; un autre, que nous ronconlrfLmes sur
la route à environ cinquaule railles de là , se jeta i'i
travers la caravane, «1, voyant sa marche arrêtée par
la longue lile des chaincaux , se précipita sur l'un
1
I
(01 )
d'eux, k' rcmersa, cl le bicsiia si dangereusement que
nous fûmes obligés d'abatlre ce pauvre oninml le len-
demain. ^
Les dames noires de ce pays ;irraiij;ent leurs clia^
veux en ti'csses innunibraliL's, employant pour cela
une qiianiilé incroyable do beurre, et elles rassem-
blent le toul au milieu de la tête, au moyeu d'un
peigne, ce qui donne à leur coiffure l'apparence
d'un casque de dragon. Quelquefois elles disposent
leur chevelure en petites boucles autour de Ili lèle, de
manière !i imiter assez bien la foruic, lu dimension et
même, par suite de la graisse qu'elles y lueLtent, la
consislance de nos copeaux de menuisier. Elles pei<
gnent leurs dents de devant en rouge, leurs dents ca-
nines en noir ; en sorte que leur bouclio ouverte offre
presque l'aspect d'un échiquier. Elles se teignent le
corps, et jusqu'aux bras et à Ea ligure, avec de l'indigo,
et offrent ainsi dans tout leur être une teinte bleue très
extraordinaire.
EXTRAIT
d'oHE lettre adressée, le 12 AVBIL lS5i), PAR U. J. uin-
cou, A H. DELIASSE, INGÛNICUn DES UIHKS, SUH UN VOYAGE
DEPUIS LES U0I4TAGNES ItUClIEUSES JUSQU'a SAN-FHAN-
CISCO.
Le gouvernement des LtaU-Unis ayant décidé que
trois expéditions se rendraient dans Iii Caliruriiie en
traversant le continent américain, un jeune Français,
M. Jules Msrcou, membre distingué de la Société' géo*
logique de France, a été altaclié ;'i l'une de ces expé-
( 02 )
diiions en qualité do géologue. Parli du fort Smilh,
dans TArkansas, il vient d'arriver heureusement à San-
Francisco, aprèi^ avoir passé par Albuquerque; c'est
We la première de ces villes qu'il écrit à son ami et
collègue, M. Delesse. D. L. R.
« Enfin^ me voici arrivé à San-Francisco, et» à vous
dire vrai, cela n'a pas été sans peine ; passer tout
l'hiver à voyager dans la Sierra Madré et les hauts
plateaux du Rio Colorado» c'est un peu dur, pour pe
pas dire plus.
» Partie le 10 novembre d'Albuquerque (Nouveau'^
Mexique) , l'expédition a marché constamment à l'ouest»
en se tenant, autant que possible, aux environs du
85"® degré de latitude. Après quatre mois et 12 jours,
nous sommes arrivés de nouveau dans un pays habile
par des blancs, au Pueblo de Los Angeles. C'est avec
infiniment de plaisir, je vous assure, que l'on arrive
dans un pays habité et où Ton trouve tout le comfort
dont on a été privé si longtemps; du reste il était
temps, nous n'avions plus rien à rçanger: partis d'Al-
buquerque avec trois mois et vingt jours de provisions,
nous avons été six semaines à demi-ration et mêm^
on parlait de tuer des mulets pour s'en nourrir, lor$que
nou9 avons atteint le pied occidental de la Sierra
Nevada. D'Albuquerque au Rio Colorado, nous som-
mes venus assez lentement, faisant des stations et
explorant à droite et à gauche ; souvent très occupés
à nous préserver du froid, de la neige, el à trouver de
l'eau et du fourrage pour nos animaux. Décembre et
janvier ont été très froids ; le thermomètre était tous
les matins de 10 à 25 degrés centigrades au-dessous de
glace ; vera le uiilicii ilii ji
( OJ )
lin i
Il I
lac
I
mais te soir ramenait la ^olue ; et nous n'avions i'iei\
de mieux à faire que de non s blollir'autoiir do grands
feux ou bien dans nos lils de peaux de bison et de
couvertui'(<s de laine. Nous n'avons jamais eu beau-
coup de neifte, généralement de 6 pouces à 1 pied;
cette neiRC, du reste, nous a beaucoup servi, car par
son moyen nous avions du l'eau dans des Irous de
roclies oii il ne doit pas y en avoir dans toute autre
saison del'aiinée. Quoique celte marclied'Albuquerqiie
au Bio Colorado ail été lente, nous avons cependant
perdu, dans relie partie du voyage, toutes nos voilures
et nos fourgons; nous avions cbargé toutes nos cai.'^se;,
malles, etc., sur nus mulets, plusieurs jours avant dç
traverser le Rio Colorado.
» Nous avons traversé le Rio Colorado le 28 février;
celte opération nous a pris tout le jour et le dernier
radeau a passé lorsque la nuit était tombée depuis une
fleini-bcure; ce passaj^e est asseï diiricile ; nous y avons
perdu plusieurs moulons, deux ou trois radeaux ont
chaviré, et une ])arlie des objets qui se trouvaient
dessus ont élé jierdus ; ce qui a été sauvé était mouilla
et dans un état pitoyable. La mallo de voire 1res
humble servileur, mon lil, ma selle, étaient sur un
des radeaux qui ont chaviré j et pendant deux jours
J9 n'ai fait que sécher au ^oleil ou au feu mes vète-
menls, cartes, noies, etc.. Du reste, les indiens du
Rio Colorado ont élé très amicaux avecnoas, et, sans
Içurs sttcours, nous aurions eu plus de peine a traverser
le fleuve.
» Partis le 2 mars du Rio Colorado, nous avons tra-
versé le désert Californien sans nous arrêter, jusqu'au
( «i )
22 mars, jour de notre arrivée à Los Angeles. Duni
celle dcrniéi'G marche nous taisions de 8 A 15 licui
par jour, avec des aniraniu fatigués, voslani
deux jours sans eau, ou avec de l'eiui saluée cl peu di
fourraf;o, pour ne pas dire pas du tout,
1) A Los Angeles, nous avons vendu tous nos mulets^'
selles et autre attirail de voyage; puis nous somices
Tenus nous embarquer à San-Ped 10, pour Sa n-Francisco,
oi!i nous sommes arriv(^s le 27 mars. Il y a âOO milles
de Sau-Petlro à San-Francisco ; el, comme la mer est
assez mauvaise dans ces parages, il élaît curieux de
voir la presque lolalité de nos hommes et de nos
oflieiers malades, el inecipahles de se tenir sur leurs
jambes, eux qui venaient de traverser par lerre loul
le continent amc-ricain , aprts avoir supporté toute
sorle do fatigues et de privations. Pour moi, iléjù vieux
voyageur, le mal de mer n'a plus prise sur moi, jo
soignais mes compagnons.
s Tous les officiers de l'expédition, après Être reslés
quatre ou cinq jours à San-Francisco, se sont embar-
qués sur le vapeur du 1" avril, pour New-York; je
suis resié seul ici avec l'otlicier d'arlilleiie qui com-
mandait notre demi- batlerie d'escorte : nous partirons
ensemble par le vapeur du 16 courant. Je n'ai pas
voulu quitler la Californie sans visiter les mines, et
j'arrive d'une excursion dans la vallée du Sacramento
et à la Sierra Nevada; je vous avoue que, quelque éton-
nant que vous paraisse San-Francisco, on n'a pas vu la
Californie tant que l'on n'a pas vu les mines; c'est la
chose la plus extraordinaire que j'aie rencontrée si
mon chemin ; et j'en suis encore un peu abasourdi
l'heure qu'il est. Imaj^inez-vous qu'il n'y a pas le plus
i
( 65 )
petit ravin, la plus petite colline, qui n'ait été boule-
versée, perforée ; que l'eau y a été accaparée par des
spéculateurs, qui, au moyen d'immenses réservoirs
et do canaux, la conduisent dans toutes les direc-
tions de la Sierra ; malheureusement à un prix très
élevé pour les mineurs, car 2 pouces d'eau coûtent
1 dollar par vingt-quatre heures : ainsi lés travaux ne
s'arrêtent ni jour ni nuit; il n'y a que la saison
sèche qui empêche le lavage. * Je vous enverrai de
Washington une courte notice sur ce que j'ai vu aux
mines et dans la vallée du Sacramento.
» Je vous envoie quelques latitudes et longitudes que
nous avons déterminées, mais ne les regardez que
comme approximatives, car les computations ne sont
pas encore faites. ». . ■ . . ,
Pueblo de Zuni
Leroux Spring au pied du
grand volcan éteint de
San-FranciscoMountains
Embouchure du Bill Wil-
liam Forkdans leGrand-
Colorado
LATITUDE.
LONGITUDE OUEST
DE GREBNWICH.
35« h'
108" 55'
35» 16'
111' 29'
34" 18'
114* 10*
VllI. JUILLET. 5,
(6fl )
iVouTelleft géographiques.
RUROPE.
DéCOUVBRTRS ABGlW^OLOGIQUBS SIGNAL^RS PAR M* NORL
DBSVERGER8.
Noire confrère, M. Noël Desvergers, a écrit, en
mai 1854 , une lettre remarquable à M. J. de Witte,
correspondant de Tlnstitut , sur des découvertes ar-
chéologiques en Italie : il y mentionne particulièrement
le temple de Diana nemorensis, que M. Pîetro Rosa croit
avoir retrouvé sur les pentes du cratère du lac de
Nemi, et des fouilles récentes faites dans les catacom-
hes de Rome .
VOYAGR DR MM. BLAN ET SCHLOTTMANN DANS LES ILES
DU NORD DE L*ARCHIPEL.
Le premier secrétaire de l'ambassade prussienne,
M. O. Blan, et le pasteur attaché de cette ambassade,
M. Schlotlmaon , viennent de faire une expédition
scientifique à Samothrace, à Ténédos et à Imbros.
Ils rapportent, dit-on, un riche butin scientifique.
Leurs principales découvertes sont: i" celle d'un mur
cyclopéen qui entourait un sanctuaire très ancien, et
qui est d'une architecture très remarquable ; 2* celle
d'un temple, siège central des mystères, avec tous les
bâtiments annexes; 3** celle de la grotte géryntique,
où l'on sacrifiait des chiens à la déesse sans nom;
(67)
A° celle d'une grande quantilé de reliefs des époquçs
les plus diverses de Tapogée de l'hellénisme; 5° celle
d'une trentaine d'inscriptions grecques inédiles ,
d'une trentaine de monnaies grecques, et de quatre
médailles phéniciennes. Un rapport détaillé sur les
résultats de cette expédition sera adressé à l'Académie
royale des sciences da Berlin par M. le professeur
Gurtius.
AFRIQUE.
CBiATION DBS VILJLAGES DE CHÉBU £T d'aÎNSMARA»
Par décret impérial du 21 juillet, un nouveau village
a été créé , en Algérie , sous le nom de Chébli , em-
prunté tout à la fois à l'un des haouchs formant son
territoire, et à un produit célèbre de la contrée, le
tabac dit chébli, dont la régie recommande spéciale-
ment la culture. Ce village s'élève à 8 kilomètres
environ du bourg de Bouifarick, dans une position
salubre , sur la route médiane de la Mitidja , vers la
rivière Harrach. — Un autre décret impérial détermine
la création d'un autre village, nommé Aïnsmara, à 16
kilomètres de Gonstantine , sur la route de cette ville
à Sétif.
N0YJTBLLB8 DB M. LIVINGSTON.
Une lettre adressée par un commj^çant de Gassange
(dans la Nigritie méridionale) à son correspondant de
Smnt-Paul de Loanda (Angola] , et datée du 13 avril
185A» annonce l'arrivée récente du docteur Livingston
(68)
dans celle parlie de TAfriquc ausirale. Nous ne tarde-
rons pas, sans doute, à recevoir diivcteinenl la rela-
tion du courageux voyageur, dont nous avons inséré
une lettre si intéressante dans le Bulletin du mois de
mai dernier (l. Vil de la h* série, p. 364).
MOVYRLLUS DE MM. ANDEBSON , WAHLBERG ET VîCTORIX.
On Ht dans un journal de Stockholm du là juillet:
« Nous venons de recevoir des nouvelles de trois natu-
ralistes suédois qui explorent l'intérieur de l'Afrique,
MM. Anderson, Wahlherg et Victorin. Le premier était
de retour au Cap , après une absence de seize mois
de cette ville , et il commençait à rédiger en anglais
la relation de son long voyage ; M. Wahlberg se
trouvait aux monls C4amarones, sur le golfe de Biafra,
et M. Viclorin dans le district de Saint-George, situé
sur la côte orientale de la colonie du Cap. Tous les
trois, en dépit du climat et des immenses fatigues
qu'ils avaient éprouvées, jouissaient d'une excellente
santé. »
NOUVELLES DIVERSES.
M. Th. Dickerl, conservateur du muséum d'histoire
naturelle de l'université de Bonn, a exécuté des reliefs
de plusieurs pays intéressants, surtout sous le rapport
géologique : l°la région de Mosenberg et le lac de
Meerfeld, dans l'Eifel ; 2° les bains de Bertrich et leurs
environs, près de la Moselle ; 3° le lac d'Uelmen et
(69 )
ses environs, dansl*Eifel; â» Tile de Palma, dans les
Canaries; 5* Tîle de TénériHe. Le même a exécuté le
relief de Thémisphère visible de la Lune» à réchelle de
gQQ^QQQ pour les dislances, et jôôVôô P^"^ '^^ hauteurs.
Ces reliefs sont exécutés avec des feuilles de cuivre
minces.
Dans une de ses dernières séances, TAssociation
scientifique américaine a entendu M. le professeur
Bâche présenter les résultats d'observations faites sur
les marées parles ofliciers du CoastSiuvey^ à San Diego,
San-Francisco et Astoria, sur Tocéan Pacifique. Il en
résulte que, des deux marées qui ont lieu en vingt-
quatre heures, Tune est beaucoup plus faible que
l'autre dans ces parages, au point qu'il ne paraîtrait
presque y avoir qu'un flux par jour. Tandis que, sur la
côte de l'Atlantique, la marée se meut dans une direc*
tion à peu près parallèle à la côte, elle arrive, du côté
de l'océan Pacifique, à peu près perpendiculairement
sur le rivage.
On annonce la mort tragique d'un des voyageurs les
plus zélés et les plus intrépides, M. Vaudey, vice-consul
de Sardaigne en Nubie. Il est mort à Guadacor, viU
lage de la tribu de Barry, sur le fleuve Blanc. La cause
en est, dit-on, la fatale inadvertance d'un homme de
sa suite, lequel avait oublié qu'il avait chargé son fusil
avec du gros plomb. En faisant le salut d'usage , il
blessa quelques enfants; un fut tué sur le coup. A la
suite de ce malheureux accident, il s'éleva une lutte
{ 70)
ûchnrncc entre les voyageurs et les indigènes. M. Vau-
dcy el une quinzaine des siens reslèrenlsur le terrain.
Nous venons aussi d'apprendre avec un profond sen-
timent de douleur la perte de M. le général Carbuccia,
membre de la Société de géographie, mort à Gallipoli.
Nous consacrerons, dans un des prochains numéros
du Bulletin f des détails biographiques à cet estimable
el savant confrère, ainsi qu'à MM. Rochel dHéricourt,
l'amiral Roussin et Beautemps-Beaupré,dont la perte
est venue vivement affliger notre compagnie cette
année.
E. C.
(71 )
Actes de la Société.
EXTRAITS DES PROCÏiS-VERBAUX DES SfiAKCES.
I
I
Séance du 1 jirillet 4854.
PnéstDËDCE DB U. JOMIBU,
Sont présents à la séance, et introduils par M. de
la Roquettu, MM, le docteur Oppei-t, inciubre de 1b
cummission scientifique de Baliylonie ; Plrelï, de Ber-
lin, doclenr en philosopliie, adressé ]>ir M. Kiepert,
correapondanl de la Société, et Becciird, de Berlin ,
docteur en pliLlolugie.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu cl
adopté.
Il est donné lecture de la correspondance :
M. Tedesco écrit de Conslantinuple à la Société
pour lui exposer diverses considérations snr l'état
physique et moral de la Turquie.
M. de la Roquette communique une lyllrc de
M. Kiepert, accompagnée d'un envoi de curies com-
))renant plusieurs parlit-s de la Turquie d'Europe et
delà Turquie d'Asie.
M. Jomard communique une loltre de M. ie docteur
Cuny, médecin français en É|;yple, qui demandi; le
patronage de la Sociélé pour un voyage qu'il désirn
entreprendre au Darfour, avec l'espoir d'être nommé
nièdecin du sultan de ce pays. Il voudrait parliculiè-
rement, ou que la Société de géographie intercédât en
sa faveur auprès du gouvernement du vice-roi d'Egypte
( 72)
jîour qu'il lui fût alloua, dans le but de celle explora-
lion, les sommes qu'il dit lui être ducs par ce gou-
vernement; ou que la Sociélé mit à sa disposition une
somme suffisante pour Texéculion du voyage projeté.
La Commission centrale applaudit au zèle de M. Cuny
comme voyageur, et elle suivra ses découvertes et ses
explorations avec intérêt, s*il entreprend son voyage ;
mais elle ne saurait s'écarter de son règlement et de
ses précédents, cl, aj)rùs avoir entendu des observations
de MU. de la Roquette, Maury et Corlamberl, elle
déclare que la Sociélé ne peut faire aufre chose que
d'accorder une récompense à M. le docteur Cuny, s'il
réussit à faire des découvertes qui répondent aux pro-
grammes qu'elle a publiés. Quant aux recommanda-
tions au[)rès du vice-roi, clic ne peut s'en charger,
parce qu'elles s'écarteraient enlièremenl de ses atlri-
bu lions.
M. Cuny a joint à sa lettre un mémoire sur le Dâr-
four, d'après des documents fournis p*ar des négociants
fouriens. Le secrétaire général lit une partie de ce
mémoire, qui est renvoyé à l'examen préalable du
bureau.
On donne lecture de la liste des ouvrages offerts.
M. d'Avezac annonce l'envoi prochain , par M. le
conlre-amiral Smylh, de l'ouvrage intitulé the Méditer^
ranean,
M. Corlambert fait hommage d'un exemplaire co-
lorié de sa Carte générale des célébrités de la France^
dont un abrégé, sous le titre de Carte élémentaire ^ a
été déjà offert dans la séance du 23 décembre 1853.
M. Morel-Falio, au nom des sections de complabi-
ilé et de publication, fait trois rapports verbaux : le
' la
riplic
ouverte [loiii* le monu-
nt en l'honneur du iieulen anl Bellot, et pour lequel
il conclut que In somme recueillie soit iminëtHQlLTncnt
envoyée au comité central de Roclieforl, chargé de ce
monument; — le second, complètement fnvornble à
la demande adresséo par M. le professeur Porrey, pour
que sa circulaire relative aux Iremblemenls de terra
Soit insérée dans le Bulletin ; — le troisième, sur la
demande de la Société zoologique d'acclimatation et
de la Société d'émulation de l'Allier, relativement à
l'échange de leurs publications contre le Bulletin de
la Société; le rapporteur déclare que cet échange est
approuvé par la section de publication. La commission
adopte les conclusions du rapporteur.
M, d'Avezac ilemande que M. Cunnoly soit invité à
faire connaître l'état de son travail sur Benjamin do
Tndèle, et à l'envoyer incessamment, afin qu'on en
fasse l'examen et qu'on puisse l'insérer dons le recueil
des Mémoires. 11 sera prié de joindre, si cela est pos-
sible, une carte l'i son ouvrage.
M, Corlambcrt lit un rapport sur l'ouvrage de
M. Fraissinet, intitulé : le Japon, hisloire, description, etc.
Ce rapport sera inséré au Brilletin. — M. Jomard fait
vemarqaer, au sujet de cet ouvrage, qu'il se trouve un
asseï grand nombre de Japonais qui savent très hieo
le hollandais, que la cbancGllerie, particulièrement,
connaît parfaitement cette langue, et qu'on l'apprend,
au Japon, dans plusieurs écoles; que le souvenir de
Napoléon I" y a facilement pénétré, et qu'un des
riches personnages de Nagasaki s'y est fait un cabinet
de portraits, bustes, livres et autres objets rappelant
ce grand homme.
( -i )
M. All'retI Maui*y Hjuule quelques luuls sur ce sujet)
il fait observer que l'on npprend nu Jupon non-sauli
ment le bollanilais, mais le français et l'anglais,
qu'on y u vu. dans les mains de quelques-uns d<
principaux indigènes, des ouvrages français, entre aa-'
très la Hevue des Deux-Mondes, et mëcne la MécaniqiM/i
céleste de Laplace.
M. le docteur Oppert, revenu réceiament de l'OrienU'i
met sous les yeux de la Société un plan manuscrit
remplacement de Babylone ; il entre dans des dévelo]
pemenis étendus sur ce Iravail, sur les dimensions qdô'
devait avoir cette ville, sur le cours de l'Euplirate, etc.
11 annonce l'achèvement prochain d'une carte beau-
coup plus considérable contenant, outre Babylone,
tout le territoire avoisînant. M. Oppert est prié de ré-
diger les communications qu'il vient de faire, p<iur
qu'elles soient insérées au Bulletin.
M. le président communique une notice anglaise sur
riiistoiie naturelle de l'Afrique centrale, par M. le
docteur Vogel. M. MoreUFatio en donne, séance tenante,
une traduction verbale.
M. de la Roquette annonce que la souscription ou-
verte en Angleteri'u en l'honneur du lieutenant Bellot
peimet d'élever au bord de la Tamise un beau mo-
nument de granit, et qu'il restera encore environ
SOOOOfr. , destinés à la famille de ce jeune marin.
M. Morel-Fatio apprend à la Société que les Anglais
résidant en France ont, de leur côté, eu l'idée d'offrir
au Mubée de Marine, au Louvre, en l'honneur de Bellot.
une inscription monumeulale qui rappellera les ser-
vices et le dévouement de ce courageux navigateur.
J
( 7S )
Séance du 21 juillet 186A.
PRiSIDBNGB DB 11. JOMIBD,
Le procès -Yerbal de la dernière séance est lii et
adopté.
Il est donné lecture de la correspondance :
M. Alfred Maury, qui exprime ses regrets de ne
pouvoir assister à la séance , adresse de la part de
M. Th. -Henri Martin Y Examen d'un mémoire posthume
de M, Letronne et des questions relatives aux anciennes
mesures de la Terre. M. Sédillot est prié de rendre compte
de cet ouvrage.
La Société impériale et centrale d'agriculture adresse
plusieurs billets pour la séance générale qu'elle doit
tenir le 23 juillet.
M. Sédillot fait hommage à la Société de son Histoire
des Arabes; M. Cortambert est chargé d'en rendre
compte.
M. Jomard prései^te, de la part de M. Lejean, une
feuille de la Carte de la Bulgarie que publie ce géo-
graphe.
M. d'Avezac offre, au nom du contre-amiral Smyth,
l'ouvrage intitulé the Mediterranean y dont M. de Cas-
telnau est prié de rendre compte.
Il est donné lecture de la liste des autres ouvrages
offerts.
M. Cortambert communique un mémoire de M. Bu-
nou, intitulé : Nomenclature des rues de Paris appliquée
à V étude de la géographie de la France^ de V Europe ^ etc.
Il émet l'avis qu'il n'est pas possible d'adopter le pro-
jet, proposé par l'auteur, de faire un changement
(76)
complet dans les noms des rues d'une ville comme
Paris, et que le plan* ingénieux sans doute et accep-
table pour une ville nouvelle où Ton aurait à créer la
nomenclature, n'est pas praticable pour une cité aussi
ancienne et où Tbistoire et les babitucles ont imprimé
aussi profondément leur caractère. Après quelques
observations de divers membres, qui, loin d'admettre
un cbangement radical dans les noms des rues de la
capitale, expriment le regret d'avoir vu disparaître de-
puis quelques années un grand nombre de noms bis-
toriques, la Commission centrale décide que le projet
de M. Bunou ne sera pas pris en considération.
(77 )
OUVRAGES OFFERTS
DANS LES SÉANCES DES 7 ET 21 JUILLET 185/i.
OUVRAGES.
EQROPE.
Titres des ouvrages. Donateurs,
The Meditenanean, a Memoir physical, liistorical and nauiical, by
rear-admiral William Henry Smyili. Londou, i854. i vol. iri-8".
M. le contre'amiial Smtth.
Géographie du théâtre de la guerre, accompagnée de trois cartes:
Baltique, Danube, mer Noire; et ornée des plans des principales villes;
par M. V.-A. Malte-Brun. Paris, 1864. 1 vol. in -18.
M. V.-A. Malte-Brum.
ASIE.
Histoire des Arabes, par M. Sédillot* Paris, i854. i vol. in*ia.
M. Skdillot.
MÉMOIRES, RECUEILS ET JOURNAUX PÉRIODIQUES.
Annales du commerce extérieur. Mai 1854.
DtBECTION DE i/aGR. ET DU COM.
Bulletin de la Société géologique de France. Juin i854.— Revue de
rOrient et de l'Algérie. Juin et juillet. — Revue coloniale. Mai. —
Bibliothèque universelle de Genève, et Archives des sciences phy-
siques et naturelles. Mai. — Bulletin mensuel de la Société zoolo-
gique d'acclimatation. Mai et juin. — Annales de la propa{];atioii
de la foi. Juillet. — Journal des missions évaugéliques. Juin. •—
Journal d'éducation populaire. Juin. — L'Athenseum français, n" 24
à 28. — The Journal of the Bombay branch of the royal asiatic
Society. Janvier. — Zeitschrift fiir allgcmeine Erdkunde. Mars et
avril. Les Éditeurs.
MÉLANGES. j
Nouvel abrégé de géographie physique, politique^ commerciale et
historique, présentant Pétat du globe au milieu du xix^ siècle.
Paris, i853. 1 vol. in-8*. Les Frères des écoles chrbt.
(78 )
Titres des ouvrages. Donateurs,
Rapport sur les travaux de M. Alexis Perrey, relatifs aux trembfe-
ments de terre. Brocli. in-4'- L'Institut de Frakce.
Examen d'un mëmoire posthume de M. Letronne et des questions
relatives aux anciennes mesures de la Terre. Broch. in-S^*.
M. Th.-Henri Martik.
CARTES.
Titres des cartes. Donateurs.
General-Karte von der europaischen Tûrkei, nach allen vorhandenen
Originalkarten und itiiierarischen UlFsmitteln. Berlin, i853, 4 ^*'*
— Rarte von Klein-Asien. Berlin, i854- 2 feuilles — Die Eupbrat-
Tigris-L^nder, oder Arménien, Kurdistan und Mesopotamien. Berlin,
1854. 4 feuil'es. — Karte der Kaukasus*Lander und der angriîn-
zenden tiirkischen und persisclien Provinzen, Arménien, Kurdistan
und Azerbeidjan. Berlin, i854. i feuille. — Hoben-Verhaltnisse
des Westlicben Hochasiens. Berlin, i854- i feuille.
M. Henri Kiepert.
The physical Atlas, a séries of illustrations of the geographical dâf-
tribution of natural phenomena. A new and enlarged édition.
1854, 1" livr. M. A. Keith JoHNSTOK.
Carte générale des célébrités de la France. Paris, i854- i feuille.
MM. EUG. BT RiCli. GORTAMIERT.
Carte de la Bulgarie d'après les itinéraires et les relevés les plus ré-
cents. i854, !'• feuille. M. G. LEJEâP.
( 70 )
BIBLIOGRAPHIE GÉOGRAPHIQUE {Suite W).
(Voyez aussi les ouvrages offerts à la Société. )
ASIE.
Carte de la Turquie d*Asie, par M. Dufour. Paris, i854*
Carte de TAsie Mineure, par M. de Tchihatclieff. a* édition.
Journey through Syria, by Van de Velde. i854.
L'empire Chinois, faisant suite à l'ouvrage intitulé: Souvenirs d'un
voyage dans la Tartarie et le Tibet. Par M. Hue, ancien mission-
.naire. Tome I, in-8°. Avec une carte. Paris, i854.
AFRIQUE.
Vie en Abyssinie et trois ans de séjour dans ce pays, par M. Parkyns.
Londres, i853.
• AMÉRIQUE.
Bartletts Narrative of Explorations in Texas. 3 vol. 1864.
Reisen in Nordamerika in der Jahren i85a und i853, von M.Wagner
und C. Scberzer. i^ter Band. In-8°. Leipzig, 1854.
Exploration of ibe Valley of the Amazon, by lient. John Lewis Hern-
don, of ihe United States navy. With map and plates. In- 8*.
Washington, i854*
Voyages dans les glaces du pôle arctique, à la recherche du passage
du nord-ouest, par MM. Hervé et de Lanoye. In- 16. Paris, 1854*
Le passage du nord, par John Lemoinne. In-S**. Strasbourg, i854.
OCÉANIE.
Nouvellc'-Calédonie, par M. Brainne. In- 16. Paris, i854«
GÉOGRAPHIE ANCIENNE ET HISTORIQUE.
Normandie souterraine, par M. Tabbé Cochet. In-8°. Paris, i854.
Les Marches de l'Ardenne et des Woëpres, ou le Barrois, le Wallon
(i) Voir le Bulletin de juin.
(80)
et le pays de Gliiny, ctudiés sur le sol, dnns les rlmrtc t et les noms
de lieux ; par M. Jeantiti. a vol. in-8°. Nancy, i854«
Dcoouvorte d'une ville gal'.o-romnine, dite Landunum. Examen des
fuuillcs, par MM. Mi(;nard et Lccoutant. In 4% •'^vcc i3 plannlies.
Paris, i85/{.
Etudes de {^éoj'jrapliic ancienne et d'eihnojrraphie asiati<pic, par
M.Vivien de St. -Martin, t. Il, in-8'. Pari«», i854.
Voyages et missions du P. Alexandre de Rhodes, de la compagnie
de JésuS) en la Chine et autres royaumes de POrient. Nouvelle
édition, in-8°. Paris, i854*
Types of mankind ; or EihnoIo{;ica1 Rc$earclie.<i bascd upon the
ancient monuments, )iaintin(irs, etc., of races, and upon iheir
natural, (çeograplncal, pliilulogical and bihlical hi^tory. By J.-G.
Nott and Geor{je R. Gliddon. (Ouvrage enrichi d'extraits des
papiers inédits de Samuel-George Morton^ et d additions de
MM. L. Ayassiz, W. Ushcr et H. S. Paticrson.) i vol. Philadelphie,
1854.
(Il se trouve, dans le numéro du 27 mai de V Athenœum français^ un
article important de M. le haron d'Ëckstein sur la position det
rc{^ions de Cousch et de Chavila de la Genèse, ainsi que sur les
fleuves Hiddekel, Pischon et Gischon de l'Eden].
Nous offrons, dans ce numéro, le portrait du lîcule-
ûant Bellot, dont la biographie, par M. de la Roquelle,
a été donnée dans le numéro de novembre et décem-
bre 1853, tome VI de la quatrième série du Bulletin.
I
BULLETIN
DE Ll
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE.
AOUT ET SEPTEMBRE 185ÎI,
Blémolres,
Notices, Oocniuents originaux, etc.
NOTICE SUR LE DAR-FOURfl).
ET SUR LES CARAVANES QOl SE RERDENT DE CE PAYS
EN ÊGTPTE, ET VICE VEB3A,
I.E D'
Cir. CUNY.
Il hou
it= Élïpl..
(ÈCHITE A
t854.)
'endant un séjour que je viens de faire ù Assiout,
en me préparant à un voyage au Dar-Four. que des
circonstances diverses m'ont empêché d'entreprendre,
j'ai recueilli des djellabs (2) les renseignemenis qui
(l) Consulte! le Voyage au Darfaur, par le chcykli Mohammed-
ebd-Omar-el-TounEy, réviseur en chef à l'i^cole Je médecine du Caire,
traduit de l'arabe par le docteur Perrop...; prûce'dé d'une préface
conlcnnnC des remarques sur la r^on du Nil-Blanc supérieur par
M.Joriiard; ouvrage acconipagné de cartes etileplaDchei. i volume.
(i) Négociants qui, pnu
;enl il travers les déser
s d'un pays à un autri
m pie.
n celui d'un associé, Irans-
' de l'Afrique les marclinn-
( '■
'■ )
suivenl, renseigiiemeuls que j'ai lieu de croirt
car les djeliabs, me regardant déjà comme tiQ des
leurs, n'avaient aucun motif de réserve en conver-
sant avec moi. Je transcrirai ces notes telles que je les
ai recueillies, en y ajoutant cependant les observations
que j'ai eu occasion de faire pendant les sept années
que, par ma qualité de médecin en chef, j'ai été obligé
d'avoir des relations avec les djeliabs pour faire vacci-
ner leurs esclaves.
LeDar-Four est borné à l'est par un désert de quatre
à sept jours de traversée qui le sépare du Cordufan (1)
et autres contrées de la vallée du Nil; au nord également
par un désert, mais d'une immense étendue, le désert
libyque, qui s'étend sur quelques points jusqu'au litto-
ral du la Médlierranée ; à l'ouest, c'est encore le désert,
non plus sec et aride par tout, mais oûVant de dis tance en
distance des herbes propres aun animaux, des arbres, et
de l'eau pour la commodité des caravanes. Les mon-
tagnes de Dar-Mara forment les limit<-s sud du Dar-Four
proprement dit; mais au dclù de Dar-Mara, il existe
encore d'autres provinces qui dépendent du Dar-Four
et s'étendent très-loin de ce côté-là. A udelù des savanes
situées à l'ouest du Dar-Four, on rencontre le Jlorgou
et d'autres Etals dépendants du Dar-Four.
Le climat du Dar-Four est sec et très salutaire: la
maladie qui y cause le plus de ravages est la variole,
qui là n'a encore rien perdu de son intensité première,
et enlève presque tous les individus qui en sont atteint
d'autant plus qu'ils sont très mal soignés. Quand a
(,) On
1 KorJofun
(83 )
1 des chalei
s liiibitaTits c
I
supportable
Inutile
l'équaleur,
rive la saison
moins qu'en Égyplo : elle y es
moins éloiiiFante i ce qui s'oxplî
plateau sur lequel s'étend le Da
que, vu son plus grand voisini
djellabs regrettent pendant l'hiver, lorsqu'ils sont
Egypte, les douceurs de cette saison dans leur pays.
Les Arabes nomades M'gliarbé (1), qui habitent la
lisière de la vallée du Nil dans le désert llbyque, de-
puis le Fayouin jusqu'à Monfalout, au nord il'Assiout,
font un commerce d'échange de chevaux et de ju-
ments d'ËgypIe contre des chameaux que leur amènent
des Arabes de l'intérieur de l'Afrique à une station si-
tuée dans le désert, sur la route d'Assiout au Dar-Four,
et que l'on appelle Bir-MalébL, ou Djébel-Nalroun : le
premier nom signifie puits d'eau salée, et le second,
moutagne de natron (2). Cette station est la cinquième
depuis Assiout, et de là jiour se rendre au Dar-Four,
il n'y a plus que onie journées de marche de chameau,
que l'on fait d'une seule haleine, si iea caravanes ne
préfèrent passer plus à l'ouest par El-Mejdoub. Outre
les Arabes des tribus d'Egypte, les Terhouné, les
Amâlmé, les Djahémé, les Ujoazî, etc., qui se rendent
directement à Bir-Maléhh par le désert, en passant par
les oasis libyques (3) à l'ouest de l'Egypte, il est à
en effet, de véritablea MoglieLioB, qui, traversa ut île
: désert libjqUG, sont vfnui s'eubEîr en Egypte.
u cat an L-arbonale de «lacle el quelquefois delà soudé
serl à blanchir les toiles-, à faiie les lessives, etc.; le»
tous les Soudaiiiens le EDiileiil nu tabac qu'ilâ lienitenc
iliauellemeiit daoa la boDchi:.
(3) Les DSijis de Tbèbes el celles situées plus au iiorrl.
( 84 )
observer que d'aiilres nomades, entre aiilrcs des Bî-
charis el desAbabdés, vont iï cette slalion, en parlant
d'une aulre 1res voisine d« ^îl el qu'on apj^elle Sclimê,
laquelle est la troisième d'Assîout au Dar-Four. Ces
derniers n'y vont guère que dans le Lui de s'y pro-
curer du natron, qui ne leur coûte là que la peine
de le ramasser et de le charger sur leurs cliameaux.
Quant aux Bédouins de la moyenne et de la liaulc
Egypte, ils ne vont ii Bir-Maléhh, ou Djéljel-Natroun,
qu'une seule Fois par année ; ils partent vers la Cn de
juillet et ils sont de retour vers le mois de janvier
de l'année suivante; leur expédition annuelle dure
ainsi environ six mois. Comme Bir-Maléhb n'est point
habité, les Arabes d'Egypte conviennent avec ceux de
rinlérieiir de l'Alrique ilu jour de l'année où ils s'y
rencontreront, et, après s'être accordés sur l'époque
de ce rendez-vous, qui a toujours lieu, du reste, dans
le mois de septembre, ils jurent sur le Coran d'y être
fidèles, ce qui ne manque jamais d'arriver, les Arabes
étant toujours très exacts à tenir leurs serments.
Les Arabes d'Egypte, ne pouvant dépasser ce point ''
pour s'enfoncer plus avant dans J'intérieur de l'Afrique,
échangent là leurs juments et leurs chevaux contre
de jeunes chameaux, chargent ces derniers, ainsi que
ceux qui les avaient apportés, de natron, et s'eQ
reviennent ainsi dans leurs tribus : cette coutume
d'échange commercial a existé de tout temps, et l'oa^
ne sache pas que la bonne foi ait été violée de pai
ou d'autre, et que jamais il y ait eu des querelles suî<
vies de combats, quoique tous se rendent là bien
armés. Les Arabes d'Egypte n'emmènent avec
que des chevaux, pour en faire commerce.
i
ae
1^
Iil3^^
{86 )
joignent, rarcmenl, quelques armes, quelques tupis
ou quelque autre matière d'échange; mais ceux de
la Nubie qui vont à Bir-Mal^lih par la station Sélimè
font un commerce d'échange beaucoup plus compli-
qué et plus actif a?ec ceux de l'intérieur de la Libye,
selon ce qui m'a été rapporté : car je ne puis parler
avec certitude que des premiers. Q^ant aux Arabes de
l'intérieur de l'Afrique, avec qui ceux de l'Ëgyple et
de la Nubie font le commerce d'échange àBir-Maléhh,
ils sont pour la plupart soumis au roi du Dar-Four
ot sont de la Iribii des Bnqaras; do celle des Kaba-
biuhcs, etc. Cependant on m'a assuré qu'il en venait
non-seulement du Borgou, mais qu'il en venait de tous
les points du désert libyque : il y en a parmi eux
(m'ont assuré les M'gbarbé ] qui sont aussi blancs
qu'ciix-mémos. Comme nous avons dit que les Arabes
d'hgypie etjjeus de Nubie ne j'ouvaient pénétrer au
delà de Bir-Malébb, dans l'intérieur de l'Afrique, il
n'est pas inutile de relater que des nomades soumis
au Dar-Four se réunissent souvent en caravane, ayant
un khabîr nommé par leur sultan, et viennent en
Egypte y vendre du natron qu'ils ont piis à Djébel-
Nalroiin, ainsi que quelques aulicsobjclsderiniéiicur,
comme plumes d'aulrucbe, praux de panthère, etc.,
clquelqucfois des esclaves en très pelil nombre. Ces ca-
ravanes sont toujours très pauvres, c'est-à-dire qu'elles
n'apportent pas de riches marchandises avec elles ;
celle qui esl arrivée celle annte, et dont le klmbir s'ap-
pelle Lazouga , n'avait que quinze charges de dunls
d'élé])haut, la seule marchandise de grande valeur.
La même station de Djebel -Nalroun renferme aussi
des mines de sel, les gçulcs rjiii en fournissont i tout
(86)
le Dar-Four et à beaucoup d'autres Ëlatscle l'intérieur;
ètYoilà pourquoi on l'appelle aussi bien de ce premier
nom que de celui de Bir-Maléhh, que l'on devrait tra-
duire, non point par puits d*eau salée, mais bien par
station du sel. Car l'eau que l'on trouve là en très
grande abondance a, dans une montagne, une source
si considérable, qu'elle forme un petit ruisseau» et elle
est d'une légèreté et d'un goût délicieux. Gomme il est
facile d'en juger par ce qui vient d'être dit, ce lieu est
très fréquenté, puisque c'est le point central où se
réunissent les Arabes d'Egypte et ceux de l'intérieur
de l'Afrique ; que tous vont là pour s'y pourvoir soit
de natron, soit de sel, et que de fréquentes et nom-
breuses caravanes y passent en descendant du Dar-
Four en Egypte, et vice versa : aussi les nomades de
l'Egypte, ceux de la Nubie, chacune des diverses
tribus de l'intérieur de l'Afrique orientale, y ont-ils,
soit à la mine de natron , soit à celle de sel, des en-
droits particuliers, désignés chacun par leur nom,
où ils doivent, d'après l'antique usage, séjourner et
camper sans se permettre d'en dépasser les limites.
Quoique cette station soit très fréquentée et qu'il s'y
trouve de l'eau excellente et en très grande abondance,
elle n'est point habitée par des Arabes complètement
fixés : chacun n'y reste que le temps nécessaire à ses
affaires et en part. De là au Dar-Four il y a onze jours
de marche de suite, sans puits, sans station et sans eau,
quand on prend la route qui y conduit directement
et que Ton ne voyage pas à l'époque des pluies inter-
tropicales ou bien quelque temps après; bien entendu
qu'alors on trouve des réservoirs naturels d'eau
de distance en dislance, et dans des vallées dont la
I
(87)
position est coiiDue des guides de caravaoes. Quand
les chameaus ne sont point trop épuisés par la traver-
sée d'Assiout à Bir-Maléhh, les caravanes franctiissent
toujours cette distance en ligne directe ; dans le cas
contraire, et quand elles ne peuvent faire autrement,
elles dévient un peu à l'ouesl et passent par El-Mejdoub,
où habitent en permanence des Bédouins soumis au
roi du Dar-Four. Cr lieu est à siï jours de Bir-MaléhU
et ù six du Dar-Four : en y passant, un n'allonge
presque pas sa route ; mais les djellabs l'évitent autant
que possible, car les habitants les soumettent à une
contribution forcée et dont le chiffre ne leur est point
escompté à la douane qui est perçue d'eux par le sul-
ian du Dar-Four.
En montant d'excellents dromadaires, on pourrait
arriver d'Assiout au Dar-Four dans une douzaine de
jours; quand on fait cette traversée sur des chameaux
chargés, on arrive au bout de quarante-cinq jours.
Mais, quand la caravane amène un grande quantité
d'esclaves, on met le double pourfaire la même quan-
tité de chemin; c'est pourquoi les caravanes venant
du Dar-Four reslenl toujours environ quatre-vingt-dix
jours en route, et leur arrivée est, de cette manière,
toujours sue d'avance par les négociants de l'Egypte,
qui en sont avertis par les djellabs venant de l'intérieur
de l'Afrique et se rendant en Egypte parle cours du I\il.
Voici, en allant du nord au sud, les noms des sta-
tions du désert où les caravanes, se rendant direc-
tement d'Egypte au Dar-Four, trouvent de l'eau, et
où elles se reposent quand il y a nécessité; ce sont :
J." Ùèri» et Moqés, le premier, village, et le second,
simple station, à peu de dislance l'un de l'autre.
{ 88)
dépcudaïUs tous deux do ]a Grande Oasis, que Tod
a])pelle maintenant El-Khargué (1); 2* Cheb (alun)»
où se trouvent des mines de sulfate d'alumine et de po-
tasse ; 3* Sélirné, dont j'ai parlé et où se rendent direc-
tement les nomades de la Nubie pour aller dans
l'intérieur; A* Léguyé^ dont il n*y a rien à dire ; 5® fi//--
Maléhh ou Djébel^Natroun, que nous avons fait con-
naître en détail. De h\, on se rend directement à Qôbé
(Kobbé), dans le Dar-Four, qui est la ville des djellabs^
c'est-à-dire celle qui leur est assignée pour demeure
et la seule place de commerce d'où ils ne peuvent point
s'écarter, si ce n'est pour aller au Fâcher ou à Dar-es-
Sultan, à la demeure royale quand ils y sont appelés,
ou qu'ils y vont pour des réclamations. Nous avogs
déjà fait observer que si les chameaux, en revenant
d'Egypte, sont par trop harassés et trop affaiblis pour
pouvoir faire les onze jours de marche de Bir-Maléhk
à Qôbé, les caravanes inclinent un peu à l'ouest et
passent : 6® par El-Meydoub, où sont iixés des Arabes
fouriens.Les intervalles qui séparent les cinq premières
étapes sont de quatre à cinq jours de marche; celui
de Bir-Maléhhà Qôbé est de onze journées do marche
continue.
Les djellabs sont trës^mal vus par les habitants du
Dar-Four; mais le sultan les protège à cause des re-
(i) La sortante, parce qu'elle est plus voisine que Tautre de
rÊgyple, et que c'est par elle que l'on sort du désert pour arriver aux
terres cultivées ; — la Petite Oasis est appelée maintenant £1 Dakh'lc
(l'interne), parce qu'elle est plus dans l'intéiieur du désert que
l'autre. A la première, on anivc d'Assiout en trois jours et demi; il en
faut sept pour atteindre la deuxième. Ch. Cuky.
Ël-Kliargéli (ou Kliargué) sijjniHe proprement Yextérienre^ par op-
position à la I*(jt te Oasi;>5 qui s'appelle Vintcricure, E. J.
I
I
( 89)
Tenus que lui procure le commËrce qu'ils font, soit en
exporlalion, soit en impurtation. L'empire du Dar-
Foiir n'est pas li'ès étendu par Itû-mëme, il n'u que
dix-neuf jours de inarclie de l'est à l'ouest, et vingt-
deux du nord au sud ; mais, parmi tous ks États de
l'inléi'ieur de l'Afrique, il est le plus puissant, du
moins au dire des djellabs. Le Borgou ou WaJày lui
paye tribut, ainsi qu'une liés grande quantité d'autres
souverainetés takrouriennes , telles que celles des
Fellalab, de Dar-Mara, de Dar-Fougara, de Dar-Sala, de
Dar-Ëunga, de Dar-Goula. deDar-Uaghcrmi, etc. (I). Il
compte aussi parmi ses vassaux nue grande quantité de
différentes tribus arabes. Il arrive souvent que cesLtats
tributaires se révoltent et refusent de payer au Dar-
Fûur la redevance annuelle àlaquelle ils sont soumis;
pour éviter les guerres et les expéditions qu'occasion-
nent do pareils événemenls de la part des nomades,
qui sont très puissants, la cour fourîennc a recours au
système politique de Macliiavel, et entretient parmi
eux des jalousies et des disaensùins perpétuelles, qui
les empêcbenl do s'unir pour faire une guerre qui ne
pourrait manquer d'être terrible pour le Dar-Foiir:
c'est pour les mêmes motifs politiques qu'un les laisse
libres et presque indépendants, et ils ne sont soumis
qu'à de très faibles contributions,
(0 riou=
de ceuc :
isserlion relative
laa
tribtll
Lque
payeraient au Da,
r-Four les
FdUuh,
le BaglicrHii, «
lOUS
a>oti
s quelque raison
de [leiiser
qu'il dter
id un peu trop I;
' puiMan.
■edu
sullan fourie.1.
E. G.
L'empi
Ire lies FKlIalah
est,
auJQ
uid-|>
ui, non- seule ment
inde>eu.
àmt, ma
Udes plus puias
anis
cid.
«pi.
1! vastes de l'Afnq
ue;3ado-
s'i-st l'ieiidue am
r un
yian
d nui
inL're de coulré^^.
E.J.
(90)
Le sultan Hussein-Mohammed (1), empereur actuel ^
du Dar-Four, est un prinoe bon, généreux, ti-ès humain
et o<! condamnant un coupable à la mart qu'à la der-
nière nécessité; surtout il traite les élrançers avec
toutes sortes d'égards. Le sultan Chérif, roi actuel du
Borgou, étant miilheurciix et poursuivi par ses com-
pétiteurs au trône, vint, après bien des malheurs et
des adversités, se réfugier près du sultan de Dar-Four:
il en fut bien accueilli et fut replacé par lui sur le
trône qui lui appartenait; c'est depuis cette époque
que le Borgou est iribulaire du Dar-Four. Cependant
le sultan Chérif, se montrant en ceci peu reconnais-
sant envers le sultan Hussein-Mohammed, envoya, il y
a quelques années, des cadeaux à la Sublime Porte
pour en obtenir l'envoi de fondeurs de canons, d'ar-
muriers et d'autres industriels. Son ambassade, qui,
entre autres présents , était chargée d'offrir à S. H.
Abd-el-Medjid des diamants d'une grosseur prodi-
gieuse, a eu un plein succès, et maintenant il se pré-
pare à secouer le joug de son bienfaiteur et à renou-
veler, peut-être avec succès, une tentative qu'il avait
déjà essayée en vain il y a quatre ou cinq ans.
AuDar-Four, le trône est héréditaire, et il est, d'après
la loi musulmane, transmis à l'alné de la famille en
ligne indirecte : ainsi le petit-fils d'un souverain décédé
peut succéder à son grand-père, au préjudice de son
oncle, Ëls du défunt, si ce dernier est moins âgé que
lui : comme, en Egypte, Abbas-Pacba, pelit-âls du
grand Mohammed-Ali, a succédé à la vice-royaulé, aa
(1) Il prend te titre d'Emir-ei-Mo
lire qui n'apparticill qn'uu légitime
prince des craymils,
iroph&te Mo-
*
\
(91 )
préjudice de Said-Pacba, parce que ce dernier était
moÎDS âgé qu'Abbas-Paclia. Cependant, aa Dar-Four,
le rni désigne quelquefois son successeur de son vivant
et le choisit parmi ses fils, ses pelits-fils ou môme ses
neveux: pour rlonner lieu à un pareil choix, il faut
être doué de qualités émincnles et supérieures,
ou avoir pu gagner toute l'aiTection du prince ré-
gnant. Mais, au lieu d'assurer la paix A l'Etat, ces
mesures sont au contraire les moliFs de très graves
I troubles. Il arrive aussi que le successeur au trône
■ doit sa place à des intrigues ourdies dans le harem
par sa raère i et, par l'autorité dont jouissent les eunu-
ques des femmes royales, ils proclament sultan un
des nis ou parents du défunt, sans qu'il y ait droit.
C'est ainsi, à ce que l'on m'a rapporté, qu'en cachant
pendant plusieurs jours lamort du sultan Mohammed,
Hussein, un de ses fils, qu'il avait eu d'une esclave
abyssine, a pu régner à ta place de sou aîné, Fourien
pur sang, qui obtint des troupes do Mohammed-Ali-
Pacha pour aller reconquérir son trône, mais mourut
au Cordufan d'une manière subite. Le père du sultan
actuel du Dar-Four passait pour être sanguinaire.
Le gouvernement du Dar-Four est assez semblable à
celui qui existait en France du temps de la féodalité:
chacun des princes fouriens possède une étendue plus
ou moins considérable de pays, qui, ft sa mort, est
transmise à ses héritiers : les redevances en nature que
chaque vassal offre au sultan lui servent à solder ses
officiers et à faire des cadeaux aux personnes dont il
veut récompenser les services. Le sultan ne se réserve
jamais la moindre portion de ce qu'on lui apporte, car,
d'après les usages et les lois de l'empire, il doit pour-
L
(92)
voir à son entretien cï à celui de sa maison particu*
lière, au moyen dos revenus de ses propres terres et
des pays qui lui viennent de ses ancêtres; il se croirait
déshonoré d'employer c\ son usage particulier la
moindre des choses qni lui ont été apportées en cadeau
ou sous forme de contribulions. Si les ressources four-
nies par celte voie pour payer Tarmée et les autres em-
ployés de l'État ne suffisent pas, le monarque leur cède
une quantilé,*proportionnelle à leurs services,de charges
de minerai de cuivre qu'ils revendent aux djellahs, les-
quels en font l'exportation dans les régions de l'ouest.
Il est à remarquer que les fiefs qui appartiennent aux
princesses et aux grandes dames nobles, ou issues de la
tige royale, sont tous gouvernés par des eunuques do
leur maison, ce qui explique le grand pouvoir de ceux»
ci à la mort des souverains du Dar-Four.
La population du Dar-Four se divise en prêtres de
la religion musulmane, qui est celle de l'Ltal, et
d'après laquelle la justice est rendue et le peuple gou-
verné ; en soldats, qui deviennent, la plupart, labou-
reurs après la guerre terminée ; en laboureurs propre-
ment dits, qui ne s'occupent qu'à cultiver les terres
et à nourrir les bestiaux; en djellabs ou négociants,
la plupart nés hors du Dar-Four et faisant le commerce
parles caravanes; enfin en Arabes nomades, à la fois
pasteurs, guerriers et cultivateurs. Les prêtres, que
Ton appelle en arabe faqirs, féquis^ iniamsy oulémas^
jouissent de plus de considération que toutes les autres
classes. Quand il s'agit d'appliquer les rigueurs de la
loi contre un coupable, ce sont toujours eux qui, au
nombre de plusieurs centaines, et formant un jury
presque selon les règles de l'Europe, cmellcut les avis
I
(!)3 )
par sulto (lesquels !e sultan prononce ia senlenCft et
Cil ordonne l'exécLilioTi, qui a lieu iminédialeraent. Le
palais del'empereui' Fourien, que l'on appolle Dar-el-
Siillan , ou bien El-Fncher, est excessiiemcnl vasle;
il n'en sort qnc les vendredis <le cliaquc semaine pour
aller faire sa prière à une mosqui^e qui en est éloignée
d'environ une demî-lieue. Quand on ae croit ïictîinc
do quoique injustice de la part des agents de l'autorité
et que l'on n'a pu pénétrer en personne jusqu'à son
trône, c'est ordinairement lorsqu'il se rend à la mos-
quée qu'on l'interpelle à haute voix cl en étendant le
bras droit en l'air ; on lui crie : Selam alik, ia émir el
moumen'm ! [Que le sahit soit sur vous, û prince des
croyants!) Aussitôt qu'il a entendu la voix d'un plai-
gnant, il s'arrête, el, sous l'abri du vaste parasol qui
le défend h peine contre les ardeurs d'un soleil tropi-
cal en plein raidi, il écoule iiatiorainent les réclama-
tions qui lui sont Tailes, Cet usage de pouvoir ainsi
approcher le sultan est d'une origine qui se perd dans la
nuit des temps, d'après le dire des djellabs, mais qui,
selon toute probabilité, n'est point antérieure àl'isla-
misnic dans ces contrées: quoi qu'il en soit, le sultan
ne fait jamais la sourde oreille, et il n'oserait refuser
d'écouter les plaintes qui lui sont fuites alors.
Lorsqu'il est dans son palais, il est beaucoup plus
difficile d'approcher de sa personne, surtout s'il se
tient dans le divan intérieur, où n'entrent jamais que
les favoris intimes et où il est gardé par plusieurs cen-
taines d'eunuques, dont on fait monter le nombre
i\ mille six cents. Dans le divan de l'extérieur, où
sonljugéealcsgraudes affaires administratives el autres,
les oulémas et les grands fonctionnaires sont admis
ez près
négoci
1 pora
onne du
mnia les djeltabj
;ociaals s'en trouvent louj
l'exception de quelques privilégiés : ils se ticoneat
dans un aiUidivan, doiil le sol est plus bas que celui où
sont les vizirs et les oulémas placés prés du souverain.
Oo approche du suitnn de la luéme manière que
l'esclave approche de son maître, en rampant.
Quand quelqu'un est admis en présence du sultan,
il s'avance en riimpant sur le ventre, et en grattant
la terre avec la main droite, appuyé sur son coude
gauche; il espose ainsi ses raisons. Le sultan Hussein
est âgé d'environ cinquante ans : il règne depuis une
quinzaine d'années; il a des idées de progrès et de
civilisation,
11 existe, au Dar-Four, des mines de cuivre dont le
minerai renlerme dix pour cent d'or, d'après l'expé-
rience qui eu a été laite par la maison cojHe Cbéuoudé,
d'Assiout, qui l'envoja à l'analyse d'un chimiste du
Caire. Surian-Ohénoudé passe au Dar-Four pour
être le plus riche et le plus respectable des négociants
d'Egypte; u'étaitia seule maisonqui faisait des aR'aires
autrefois avec les djellabs: elle est si bien vue et en
si grande considération près du sultan, qu'il avait en-
voyé prier le chef de la famille de lui envoyer un de
ses enfants, lui promettant d'avance pleine hberté pour
son culte et lui laissant môme la l'acuité d'amener
avec lui ses idoles et les ministres de leur culte. ( Le
sultan, à ce qu'il parait, ne fait point dedilTérence entre
un idolâtre et un chrétien; il ressemble en ceci à
beaucoup de Turcs et d'Arabes de l'Egypte et de
la Syrie, chez qui existe ta même erreur.) Comme
l'étiquette de la cour fourienne ne permet pas que le
J
I
(95 )
sceau impérial soil apposé sur un ordre aans qu'il
soit rigoureusement exécuté; coinmc aussi cet ordre
ne peut être donné à un élrun^cr et probitblemenl
encore moins à un cbréticn, le klialjîr (clief de cara-
vane) avait apporté le cachet lui-même, comme signe
de la mission qui lui était donnée de faire venir au
Dar-Four un fils de la maison Cliénoudé. La propo-
sition ne fut point acceptée.
Il existe aussi au Dar-Four des mines aboudanles
d'excellent fer, des mines d'antimoine, de zinc,
d'or et d'argent, dont nulle n'est en exploitation. Les
djellabs transportent à grands frais de l'iigypte tous
ces métaux, à l'exception cependant du fer. que les
Fouriens savent travailler grossièrement pour en faire
des armes et des instruments aratoires. On commence
aussi à savoir travailler le cuivre d'une manière très
grossière, car les djellabs achètent encore en bgypte
beaucoup d'ustensiles de ménage fabriqués avec ce
métal: mais beaucoup moins qu'il y aune demi-dou-
zaine d'années. Quant au cuivre que l'on l'açouno au
Dar-Four même, on en fait des vases de forme sémi-
spbérique, semblables au guéças de bois de l'Lgypte
que l'on exporte à l'ouest, au Wadây, etc. Comme ce
minerai renferme, ainsi que je l'ai dit, beaucoup d'or,
les djellabs en font quelquefois la contrebande et l'ex-
portent brut ailleurs que dans le Takrour ; mais ils
ne peuvent guère cependant en sortir de cette manière,
si ce n'est dans les ballots du gomme ou de tamarin
que les caravanes transportent directement du Dar-
Four en Abyssinie.
Je demamlais un jour à un djellab pourquoi il trans-
portait (lu zinc au Dai-Four, puisqu'il y en a des mines
( 90 )
si abondantes: il me répondit, en homme persuadé de
la vérité de ce qu'il avançait, que le sultan ruinerait
le commerce des djellabs, s'il permettait Texploitation
des mines de zinc ou de tout autre métal, qui se trou-
vent dans ses États; qu'il lui convenait de leur laisser
ce moyen de bénéfice, puisqu'ils étaient les seuls in-
struments et entremetteurs du commerce d'importation
et d'exportation. Si le sultan , ajoutait-il, n'avait les
djellabs, qui irait lui vendre ses dents d'éléphant,
ses gommes, ses tamarins? qui irait lui chercher en
échange les belles choses de la Perse et de l'Europe?
Les djellabs sont en effet des négociants pour leur
propre compte, ou desagents-colporteursde commerce,
au moyen desquels les produits bruts de l'intérieur
de l'Afrique peuvent arriver jusqu'à nous; c'est aussi
par leur entremise que ces mêmes régions centrales
de TAfrique nous offrent un débouché très considérable
pour les produits de notre industrie manufacturière.
J'ai dit que le fer du Dar-Four est d'une excellente qua-
lité, comme je m'en suis convaincu en examinant les
armés qui se trouvaient entre les mains des djellabs :
il est surtout très tenace et d'une grande malléabilité.
Quand une caravane est arrivée à Cheh, venant du
Dar-Four, le chef en détache un courrier pour en pré-
venir le gouverneur général de la haute Egypte : celui-ci
envoie inimédiatement un kachef (inspecteur) et un écri-
vain qui se rendent àBéris, et c'est à cette station, qui
est un village de l'oasis de Thèbes, soumise à l'Egypte,
qu'a lieu l'enregistrement des esclaves et des marchan-
dises de la caravane. Les négociants d'Assiout, afin de
gagner les bonnes grâces du khabir, ne manquent pas
de lui envoyer là divers cadeaux, qui consistent surtout
I
(1)7 )
en un tarboitclie (1). un tijublii^ on cnflsn (2), en sou-
liers et atitvcs Têlemenls! ils y joîgnonl îiiissi prcsquo
loujoars (juRlqucs provisions da boiiclie. Plus la cara-
vane Gst considiïvable, plus le kliabir reçoit lio cadeaux;
car c'est lui qui exécute la vente de tous les objets
qui appaiticnnenl aux divers individus qui couiposcnt
la caravane. Quelques négocïanls du Caire ont des cor-
respondants à Assioiiti ceux-ci proviennent leurs
patrons, qui viennent en personne si la caravane ap-
porte beaucoup de riches marcliundises, ce que l'on
sait au juste et assez vile par les livres du douanîm- [3)
envoyé àliéris; et. avant son arrivée ad Rif [continent),
tous les négociants sunt réunis à Assiout, disposés fi
se faire une concurrence des plus acharnées.
A l'arrivée du kbabir dans la vallée du Nil, lui et
tous les djellabs louent des maisons à Assiout, où ils
font transporter leurs marchandises ; leurs cliaineaux
sont envoyés chez des fellahs avec lesquels ils sont en
relation depuis longtemps, afin d'ùtre mieux nourris
que dans le désert pendant quelques jours; kba-
birs et principaux djellabs sont occupes à recevoir les
visites de leurs amis les négociants; puis, à un jour
donné, ils vont faire une visite on corps cl eu cérémo-
nie au gouverneur-général delà Haule-Égyplc. D'après
le même principe qui faisait autrefois dire au sultan
de Constaûlinoplo, par ses chambellans annonçant la
visite d'un ambassadeur de n'importe quelle cour eu-
ropéenne, qu'a la porte sublime do son pnlais élait
(i) CiiloUe rouge.
(i)Esprcsd.:.uniq.ieûuve.l
(3) Du Llclicf.
VIII. AOUT hT SKPTIÎI
( 88)
1 roendiant franc ii
1 et n'étant pas velu dé-
cemment, afm que S, H. pût avoir un molli* plausible
de l'iiire la charîlè à un tijinour {\), à un //nftV (2),
d'un caftan et d'une pelisse avec accompaj^oeoienl
peut-être d'unu tasse de café, d'après ce même prin-
cipe, le gouverneur général d'Assiout fait donner au
kliobir et aux principaux djellabs, qui ont dû user
leurs linljits par une si longue IraversÈo dans le désert,
un caftan et quelquefois une pelbsse, A chacun suivant
son rang et s:i fortune. .
En dcc'Iarant Alger vill« libre de cominrrce, c'est-à-
dire une ville où les djellabs n'auraient à payer aucune
douane ; en lespréveniinLde celte nouvellt?dispi)silion.
en les traitant avec honneur eldistinciion à leur arrivée,
en fa^^ant droit au^i réclamations du ^Arté/ren faveur de
ses iljellabi contre Ips négociants spoliateurs, on par-
viendrait facilement à attirer dans notre colonie du
nord l'c l'Afrique toutes les nombreuses caravanes
qui, des vasli'S pajsdu Takrour, se rendent vers dif-
férents autres points du littoral de la Méditerranée.
Pour les djellabs, la dislance, me disent-ils, n'est rien^i
cor en vojage ils ne dépensent presque rien pour leur
entretien, et rien du tout pour la nourriture des clia-
meuux. A rubjcclion que je leur faisais que la vente
des esclaves était impossible à Alger et que c'était un
article iuiporluntde leur commerce, ils me prouvaient
le contraire on me faisaut observer qu'il en mourait
beaucoup en roule ; que maintenant ils coûtaient lrè&
ciicr dans l'intérieur de l'Afrique et se vendaient à
CO CLrécien.
(i) InGdèle, iiialAirc!
à
(99 )
très hoTi marché aux lieux où on les transportait,
outre \o cliiffre énorme de ilouane que l'on paye pur
lë(e Han3 divers paya; que, s'ils faisaierj! 1c com-
meri^e d'esclaves, c'était pluiôt par esprit de prosély-
tisme musulman et pour arriicher des idol&lres au
culte de leur féticlie», et leur Taire connaître îe vrai
dieu et son prophète, que dans l'espoir de gagner do
t'argeitl; qu», du re.'^tc, si. dmis leurs transactions avec
les Takrounens, ils se trouvent parfois dans la néces-
sité d'accepter des nègres en payement d'éctiangc, ils
trouveraient riicilemeni à les revendre sans iktIû dans
h route du Takroui à A%ir,soit à Ghai, soit àGli'da-
coès ou ailleurs, à des néf^ocianls qui iraient les re-
vendre dans des pays où la vente d'esclaves i-st enriire
permise.
A l'arrivée do la cara\ane ilu Diir-I'oiir ii Assiout,
tous tes individus qui en l'ont partie remettent foitrs
armes au clief, qui les lient eu magasin jusqu'au jour
du départ, où il les rend à chaque djellab; ces armes
consistent en lances, massues, sahres, boucliers de
cuir: je ne leur aï jamais vu d'armes à feu ; mais on
m'a assuré qu'ils les cachent à Mugaa, station qui se
imuve près de l'oasis de Thèlies.
Pour régler la marche de la caravane, c'est-à-dire
indiquir l'heure des haltes, l'endroit où l'on campera
la nuit, l'heure de )a levée du camp. etc. le kbahir
a droit de se faire suivre d'an énorme t:mi-tam ; c'esl
Son embtJime de toute-puissance, ou, si l'on veut, l'in-
sigDd de son grade et de ses fonctions. S'il désire
reoflre des honneurs à quelqu'un qui vient lui rendre
visite quand il est dans le désert, deux de s<.-a nègres,
( 100 )
à soD ordie, fi-appuut Bur ce tambour il'airaln, DVaÇ]
deux baguettes qu'ils tiennent dans chaque ninintl
une mesure musicale qui n'a rien de clésogréablst
Ct'3 lam-lam sont pnrfois d'une énorme dimcnsion|?
ifs ressemblent à la moitié d'un globe creux dont l'otlvj
verlure est formée par une peau très forte et très bien;
tendue.
S'o'i toujours vu les khabirs et les principaux djellftl
montés sur des chevaux pour traverser le désert: le|
individus moins l'icbea se sorvent d'ânes; les plill
pauvres et les domesliques ou esclaves vont tantôt^
pied, [anlôt sur des chameaux chargés. Quant aa|J
esclaves à vendre, ils vont tous à pied, petits et grands*
mâles et femelles: aux yeux des djcUabs, ce ne soBi
que des brutes, qu'ils mènent au marché et qu'ils foB^I
aller tant que leurs jambes peuvent les soutenir; bieitl
heureuses encore ces paiiives créatures, quand clleyl
ne doivent pas être chargées do quelque lourd far^il
dcau sous le poids duquel elles Iravcrseiit ainsi laf
désert.
Pendant les quaraote-cïnq jours que dure la Iraver*
séo de retour d'Egypte au Dar-Four, ou celle d'envî-tl
ron quatre-vingt-dix jours que dure le voyage pouri
venir en Egypte, avec l'embarras et les repos obIigé$4
des esclaves, les chameaux n'ont à manger que les
quelques rares brins d'h<irbe qu'ils trouvent près des
puits ou stations dans le désert. Les hommes doivent
faire leur provisions de nourriture pour tout ce lonj
espace de temps, tant pour eux-mêmes que pour le
personnes de leur suite ; quant à l'eau, ils en trouvenU
aux stations qui ont été désignées plus haut. Pour lat
( 101 }
ânes et les chevaux, on se contenle de prendre îles
féveroles eu du duurali pour leur nourriture. Lc3 pro-
visions de boucbe pour les hommes consistent en
farine, en beurre salé, en dattes, en vîando dessé-
chée , en chetélé (1) pour assaisonner le riz, les viandes
ou les lentilles; quelques riches marchands ont des
biscuits; mais la plupart, pour remplacer le pain, pé-
trissent, à chaque halte du soir, de la farine avec de
l'eau, et font cuire celte pâte sur une plaque sphérique
detûled'un diamètre plus ou moins grand, graissée
debeurre i chaque gâteau et sous laquelle on allume,
pour la chauffer, du feu de fiente des animaux de la
caravane qui a passé à cette station auparavant; il
arrive aussi qu'en attachant un sac sous la queue des
animaux pour en recueillir les excréments, l'on fait
ainsi provision de combustible pour la route : la cha-
leur que l'on éprouve dans le désert fait que bien vite
CCS matières sont desséchées et peuvent servir à faire
du feu.
Lorsque le djelJab fourlen, que le sultan a investi
de la dignité de hkabir, est reconnu pour être un
homme juste et capable, et qu'il jouît d'une bonne
réputation parmi les négociants ses compatriotes, tous
s'empressent de faire leurs préparatifs de départ, afin
de pouvoir se joindre à la caravane qui va être confiée
à ses soins et qu'il va commander et diriger en toul.
Le- titre de kliabir (2) est donné par le sultan à la fa-
veur et à la protection, mais toujours celui-ci reçuil,
(l) Poivre d'Espagne, poivre rouge [Capsicum ,.
(a) Suivant que lekhabirjouii de plusou me- ' "" "
il est porteur d'une lirllre-paletile du roi, plu;
pour lui, qui lui coufis des pouvoirs plus ou n
s étendu s.
f ÏOÎ )
(lu futur rliorde cuiaviiiie, des piésenls plus ou moiii|
considérables. Un« fois que lu caravane esl de retoul^
ou Dar-Four. du lieu où «Ile litait allée, l'aiilurilé da
kliabïr cesse avec ses fonctioiia, tt il ne lui resle qu'ua;
titre, que, par palilesse, l'on reiel avant son nom daiw.
In conversjit'iun : ce n'i^st plus qu'un négociant couiUM
tout autre i cependant, s'il s'est bien conduit pendant
son kliahiral, c'est un tnolif pour qu'il soit noiamé
chef d'une autre ou de plusieurs autres caravanes sulisè-
qui'ntesj plus il afaitentivrde revonusde douanes dan»,
tes magasins du gouvernement, plus il est cens^ s'âtr«.
Lien conduit j rli? sorte que, lont en ayant â ménager,
les marcliands qui se cunfieut volontairement ù sa ju-^
l'idiction, cl en no les soumeLlant pas à de trop forteft
conlribulioDB, il doit en même temps veiller à prépa-
rer, piiur la cour du sultan, la plus grande quantité
possible de cadeauK et de marchandises ; car au Dar-,
Four l'usage de l'oret deT^rgent monnayé est encors i
inconnu, et tout se paye en nature, de iiiëme que loutr
le commerce n'a lieu que par voie d'éclian^e,
Il faut que le khabir (i) soit un liomme équitable,,
parce que, dans le désert, il eserce presque les mêmes
pouvoirs <;u'un général d'armée, et il peut arriver sou^
venl qu'il soit .juge et partie toutàlarois,carila à se pro»
nnncer sur des cas où, parmi les plaignants, il compte
bien souvent ou un de ses parents, ou un de ses asso-
ciés, ou bien un de ses amis intimes, 11 faut, en outrCf
qu'il suit très habile dans le commerce ; car c'est lui qui
I
(i) si un djellab prévoll cjuë le kh.ibir ie ciiniluiia mat à son égarit, ■*
il preiia la toute «lu Nil, au lieu de celle du désert, l-I devient s
maitre de ïnire ce qu'il veut de set» marchaiidisea.
l
(«OS)
vend eu gi'u» tomes lesmarcliaiiilises de la caravane à
la fois, ou cliaque article séparé m en l, au même négo-
ciant ou bien à plusieurs négnciantsdifféren ts. el il vend
ainsi nou-seulemenl les ariîcles 1501 appartiennent au
eullan ou A lui-même en particulier, mais aussi toos
ceux des marchands qui composent la caravane; auJ
parmi les djellabs ne peut vendre séparément ce qUi
lui appartient : c'est uu droit réservé au khabir. L'on
conçoit uiaintenanl que les motifs qui engagent les
négocianls d'Assioul à se montrer si généreux envers
le kbabir, proviennent moins du désir d'en recevoir
eux-inèmes des présenls que de celui de se le rendre
favorable dans les transactions qu'ils pensrot devoir
faire avec lui. Mais, depuis une dizaine d'années, les
khabirs et les tljellabs sont devenus beaucoup plus
clairvoysiHs, par suite de la grande concurrence que
se font entre eux les négociants qui se présentent pour
acheter les marcliandises de la caravane, el, ([uoii^ue
l'on fasse avec eox des gains encore très considérables.
ependant il n'est plus possible de les tromper, comme
cela avait lieu aulrefois, sur la qualité, le prix et le
poids des marchandises qu'ils livrent, ni sur la qualité
et la valeur de celles qu'ils reçoivent en échange de
leurs produits hriilsi en 1851i ils ont commencé par
exiger d'être payés intégra leinenl en argent comptant,
afin de t'hoisk par eux-irgmes, et chez les négociants
qui les leur céderaient à meill eur prix, les marchandises
destinées à être transportées au Dar-Four; il est bien
probable que d'ici à quelques aimées, chaque djellab
i aussi la liberté do vendre à qui bon lui semblera, et
au prix qu'il voudra lui-même, les divers articles dont
il est le propriétaire. Caries vices du système actuel
( 10& )
sont trop visibles et trop contraires aux intérêts des ]
particuliers pour qu'il soît besoin de les ênumèrer; il I
sulTu'a Je rappeler que des caravanes apportent queU^
quefois pour plus d'un million de francs de dents d'élé-;
pbant seulement; c'est un seul népiociant qui doit lei ]
acheter; il ^ en a très peu qui soient miilionnai
et, par conséquent, il y a très peu de concurrents:']
si CCS dents d'éléphant avaient pu ôtrc vendues pwl
parties fractionnées, par chacun des djcilabs, selon l
son bon plaisir, elles seraient certainement vendues J
bien plus cher.
Quand tes caravanes qui viennent du Dar-Four ne i
sont point composées de djeUabs dont la profession- j
est le commerce, mais qu'elles ne renferment que des ■]
Arabes nomades, elles sont alors toujours très pauvres; [
elles n'apportent presque que du natron qu'elles pren-*
nent à Bir-Maléhh, des plumes d'autruche recueillios |
dans le désert, un peu de gomme, et, quand elles ont de;
dents d'éU'phant, elles ne font que les colporter pai
commission pour le compte des djellabs ou de leurs^
correspondants d'Assiout. Au retour, ces caravanesiij
ces Bédouins fouriens prennent surtout des lapis et Irèafl
peu d'objets manufacturés. Comme tous les nomades, t
CCS Arabes sont fiers et indépendants : ils apportent! I
aussi très peu d'esclaves. Quand deux caravanes de-T
djellabs et d'Arabes s'unissent et marchent ensemble,
il y a toujours un khabir pour les Bédouins, malgré \
leur pauvreté; ils ne consentiraient jamais à être act-'l
ministres par d'autres que par des individus de leur i
race.
Quant aux caravanes de djellabs, qui passent la plus. I
grande partie de leur vie à traverser les déserts dsjf
( 105 )
l'Afrique pour faire le commerce, elles exportent du
Dar-Four des dénis d'éléphant en grande quantité;
des esclaves des deux sexes ; du tamarin ; de la gomme
arabique; des plumes d'autruche ; des cuirs maro-
quinés très bien tannés, de couleur rouge et jaune;
des peaux de tigre, de panthère; des donls de rlii-
Docérosj des chasse-mouches faits avec les crins de la
queue de la girafe; des caurbadje (1); du chich'mé,
graine qui, réduite en poudre, forme un collyre sec
très usité et avec avantage en Egypte ; de la pulpe du
fruit de baohab, qui, dissoute à froid dans l'eau, forme
une boisson très rafraîchissante dans les dyssenteries
aiguës et dans les fièvres inHammatoires; quelques
animaux rares de l'intérieur de l'Afrique, comme des
nerruches, des singes, etc. En échange de retour, ces
Hàravanes prennent en Egypte et importent au Dar-
'Four des cotonnades grossières ou toiles grises de
coton qu'on fait peindre à Assioul, moitié en bleu
clairet moitié en hieu foncé, après avoir divisé en
neuf movceaux ces pièces de toiles, dont la longueur
est d'environ soixante piks chacune : ces morceaux
servent, auDar-Four,de monnaie pourle petit commerce
de détail. Les caravanes importent aussi des morceaux
d'ambre troués pour pouvoir être enfilés et réunis en
colliers, en hracelels ou suspendus dans les cheveux;
des morceaux de corail rouge, destinés aux mêmes
usagesi du niei-ci/ie; du clièbé, espèce de lichen qui vient
de l'Europe et dont les Fouriens font usage dans les
aliments. Dans les achats d'objets nécessaires à la con-
■aommadon alimentaire, ces deux derniers articles
Etion ali]
f 106 )
servent de petile lounnaîc; les djellalis l'omploi
au lieu de paille ou de toute aiilre matière, pour bcx
r les bals de lei
I faut ajoute]
lametiux.
tissus do soie; des corHonDetsde laïuème substancâ/'
des rasoire ; du ferblanc ; de l'élain ; du sînc ; de )'an-
tîinoinc; dfrs verruteries j de la quincaillerie de toute
espère; des selles nullement brodées d'or sur veloiu'S
rou^e, vert ou bleu, que Von fabrique à Assiout (1);
des essences; des paifuinB; du auci'e riifriDi'-; du papier;
du vinaigre et, en seeret. de l'eau-devie, etc.. eW,
Autrefois le» djellabs pr<-nai«ïil Ions ces articles à
Assiout; mais inainteDitnt ils vont jusqu'au Caire et
même }u^qij'à Alexandrie acheter les articles, qui y
sont moins chers qu'fi Assiout.
Au&si, (juand la caravane osl coin posée d'un nombre
coiiiûdérable île djellalis . el4e reste près d'utit.' année
pour le voyage, avec reloiir d'Egypte au Dai-Four.
C'esl pourquiii les djellabs à leur aise fool voyager
avec eux leurs lemmes et leurs petits tnfaols, iiièuie
ceux qui sont encore à la uianielle. Je n'ai jamais vu
de kbabir qui ac fût accompagné de sa lamille,
et c'est de toute nécessité pour lui, car il est presque
toujours occupé d'alTaires, suit pour sou compte per-
sonnel, soil pour celui de la caravane; il doit tous les
jours recevoir à sa table tantôt l'un , tantôt l'autre,
faire presque à cbaquc instant ofl'rir le café aux nom-
breux visiteurs (jui viennent le saluer à tous moments
de la journée ou bien lui parler d'aHaires. Les Arabes
I 041 srllei, dont le prix e
.ellier^ du Caire éialciu veni
i
(107)
liemades ne se croiiiiit pas tonus à uu aussi grand luxe
du représentation, et la plupart <lu Umps ils voyageât
même sans teritepoui' s'abriter du soleil et du vent^
et 11 plus forte raison sans leur /larim ou rainîUe ; ils
rcslenld'oilleiirs peu de temps en Egypte, eln'iuiîteQt
point les d)i:llabs, qui, aussitùt qu'ils sont arrivés,
toucnl des maisons, oii ils habitent pendant tout le
temps (ju'ils passent à vendre ce qu'ils ont a[}]iorté,
et A aciieler, en échange, les objets qu'ils devront re-
porter dans leur pays; ils ne quittent ces maison^
que quelques jouis avant de se mettre en route pour le
désert, tandis que les Arabes ne viennent jamais liabi'
1er en ville. Par suite du séjour prolongé di'S djollubs
dans la capitale de la Haute-Éj^ypLe et de leurs rela*
tions de voisinage avee ses liabitants, il est arrivé sou-
vent qu'ils onlliui par se niaiier avec des Égyptiennes,
qu'ils emmèiienl à l'époque do leur retour dans leur
pairie. Les parents de l'épouse vont souvent voir leur
fille, malgré la longueur de la route. J'en ai connu
plusieurs exemples. J'ai eu aussi Qcca^ion d'observer
que des rellabs égyptiens ont quitté leur belle vallée
du Nil pour s'enl'uir au Dar-Four. Quand ils ont été
oubliés des foneliunnaires turcs dont les violences tes
avaient forcés de s'expatrier, ou bien, quand ces l'onc-
tionnaires ne résident plus dans le lieu de leur domi-
cile, ou enfin, loiscju'uprès un long laps de temps ils
ont l'espoir de n'être (dus reconnus que de leurs amis
et de leurs parents, ils reviennent en Egypte j faire le
commerce, de même que les djellabs. et jouissent des
mêmes droits, malgré la dilTéreoce de eoulenr.
Des chrétiens coptes d'Assiout sont aussi allés
s'établir ^u Dar-Four. Le sultan bUjsseÎD -Mohammed
I
(108)
accueille très bien tous les lilrangcrs qui voiil se rifl
gier chez lui. Le Dar-Four est un pays où l'on vit
heureus, que les djellnbs eux-mCmes l'appellent
el-Khaîr (terre du bonheur). Quand un individu
trodoit au Dar-Four sous n'importe quel prétexte (
pour n'importe quel motif réel, il y est retenu prisdnl
nier s'il est soupçonné y être venu pour espionner
le pays; quand, au contraire, il est bien avéré que
son voyage n'a d'autre but que le commerce ou toute
autre cause qui n'a nul rapport à la politique, il jouit,
comme étranger , d'une protection toute spéciale.
Parmi les djellabs, on trouve, comme je l'aï déjà dit,
des Egyptiens, mais aussi des habitants de la pénin-
sule Arabique et raètne des Indiens.
L'illustre Mohammed-Ali-Pacba, vice-roi d'Egypte,
avait envoyé au sultan du Dar-Four une ambassade
chargée de lui remettre de riches présents ; elle était
composée d'environ une vingtaine de personnes; elles
furent regardées comme des espions, ce qui pouvait
bien être (carie vice-roî avait songé plusieurs fois à
conquérir le Dar-Four), et elles forent toutes retenues
prisonnières. Cependant elles furent bien traitées et
moururent toutes de leur mort naturelle, i\ l'exception
de ceux qui, ayant voulu s'échapper, furent atteints
dans le désert et massacrés par les soldats envoyés â
leur poursuite. 11 y a quelques années, un médecin du
Uedgiaz alla au Dar-Four et j guéritle sultan d'une fièvre
intermitlenteiilenfultrùs généreusement récompensé,
et, se trouvant assez riche, il voulut s'en retourner en
Arabie. Le sultan le retint par de nouveaux cadeaux
et de bons procédés, qui ne firent qu'augmenter le
désir qu'avait ce médecin prisonnier de retourner
J
( 109 )
dans sa patrie, afm d'an \oinv à son aise au milieu tlea
siens. Voyanl qu'il ne pouvait venir ;i bout do ses des-
seins, il écrivit à son souverain, Je chérif de La Mecque.
Celui-ci est en très grantle vénéralion au 0ar-Four,
où règne la religion musulmane dans toute la purelâ
primilivc du Coran; il écrivit au sultan fourien pour
le prier de lui renvoyer le médecin en question ; ce
qui fut accordé. Entré très pauvre au Dar-Four, il en
sortit avec des richesses très considérables.
Tout étranger sera toujours Lien reçu par le sultan
du Dar-Four; mais, s'il est soupçonné être venu pour
prendre des notes sur le pays, pour l'explorer sous le
rappiirl poliliquo ou géographique, il sera retenu par
le roi, et cependant bien traité; si, au contraire, il est
venu pour le commerce, il aura la protection du gou-
vernement, mais i! sera environné de dangers de la part
des djellabs, surtout avant qu'il ail pu pénétrer jusqu'aux
pieds du tronc ; ils sont très jaloux et très soigneux de
conserver le plus longtemps possible pour eux-mêmes
les bénéfices énormes qu'ils font dans le commerce
des objets d'importation el d'exportation j ils crai-
gnent de voir quelque étranger devenir le confident
du sultan , el lui ouvrir les yeux ; voilà pourquoi ils
feront toujours leur possible pour empêcher les négo-
ciants européens du Soudan égjplicn de pénétrer jus-
qu'au Dar-Four (1) ; et toutes les fois qu'un Européen
ira dans ce pays, il sera dépeint au roi comme venu
(i) Lca iljellnbj ne font jifesque plus d'affaires dans le Soudan
c;;j'plien depuis ijuc, sain la proleLtion de Moliaiumcd-Ali-Paclia, lel
Euro|M;iMi3 unt pu libretnent j faiic le cominci'ce : ils reJautenl la
a pour. k Dar-Four. , ,
(110 )
pour espionner te pnya , afm qn'ïl loit mal consîdM
et retenu prisonn'iRr. Cepcndiint . comme le sultan est
animé du plus vif 'léait de faire jouir ses peuples des
bienfails tie la civilisation , comme il en ciiercbe
tnos k's moyens, et qu'au Cortiufan il y a des né-
gociants de toutes les uRlions qui désirent et espè-
rent doubler leurs Ijénèfices en allant au Dar-Four, il
est à espérer (ju'un jour ce pays sera ouvert au cum-
merce libre pour tuus ; dès lors, k-s voyages (tana
toutes les parties dn centre de l'Afrique ne préseii>
teroDt |ias plus dt; diiTicultés que ceux du Sennàr
et des autres provinces souditniennes cuuquises à U
civilisatiou par les armes do l'iminorlel Mohamuictf^
Aii-Pacba.
En 4861, Abbas-Piicha écrivit au sultan du l>ar-F«iip
pour le prier de peruietlre le passage des caravanes
par la roule si courte et ai facile qui va de Qôbé,
capitale du Uar-Four, à Dongola-el-Qédiui (sur le Nil)
afin de laciliter les moyens de communication et de
commt ice entre lesdeuxjiajs. La lettre aviiit étéreuiisâ
à M. Alexandre Vaudey , vice-consul de Sardaignc à
Kbartum , qui l'avait sollicitée et obtenue du victt-roi
d'Égjplt'. Feu M. le docteur Retz, consul d'Autriche
aussi à Kbarlum, en obtint plus tard une semblable;
mais ni l'une ni l'autre ne produisirent l'elTet désiré,
toutes le» autres restèrent sans réponse. J'ignore si 1
djellabs eurent assez d'inlluenco près du sultan poui
lui persuader de brûler les cadeaux qui lui étaient
ïoyés par MM. Vaudey et Retz, comme ils l'avaienl
(ait longtemps auparavant pour ceux qu'avait eO'
voyés, par l'ambassade retenue prisonnière, Mobam'
med-Ali-Paclia; ils avaient fait entendre à leur sou
J
( m )
Teraîn que ces objets étaient empoisonnés et ne
manqueraient poinl de causer la moit à la personne
qui en ferait usage. Quoi qu'il en soil. la route de
Dongoia au Dar-Four demeure fermée au commerce
et à toute espèce de voyageur. Il y a peine de mort
pour tout individu, pour toute caravane qui passe-
rait par ià pour se rendre d'EgyplP ou Dar-Faur, ou
vice versa. Les Arabes Kababiclies. qui fréquenlunt
ce désert, et l'Iiahiient même en quelques endroits,
ont reçu, à cet égard, des ordres de la plus grande
sévérité : sous quelque prétexte que ce soit, ils ne
peuvent jansais faire suivre cette route h n'importe
quel vojageur. En 1850, la sœur du roi de Dar-Four
se rendit à La Mecque en passant par Assiout avec
la caravane du kbabir Kunn. Pour reiourner dans
sa puirie en revenant du pèlerinage, elle passa de
Suuakio, port sur la mer Rouge, à Rliarlum, de là
aU'Cordufan, et suivit le chemin d'EI-Obéiit au Uar-
Four.
Puisque je viens de parler des Arabes KababicUes,
dont les tribus nombreuses et guerrières couvrent une
grande partie des abords du Dar-Four, je rapporterai
lui qu'il m'a été assuré, et de bonne source, qu'au
nord de cet empire, ii existe dans une oasis occupée par
eus les ruines d'ane aiH'ienne ville qui avait environ
trois lieues d'étendue en tous sens : il j a encore des
colonnes debout et d'autres r^estes de beaux munif
ments, qui attestent qu'autrefois il a existé en cet
endroit une civilisation très avancée.
On trouve aussi dans ce» parages le tarlouck,
plante souterraine sans feuille, qui ne révèle son exis-
tence dans les sables du désert par aucun signe exté-
(m)
rieur ; son fruit ou sa rcuille (car je no la décria (
d'api'J^s ce qu'on m'en a dil ) i
nble h I
fruit
du figuier sycomin'e, lirnl jiar aa forme oxlOrieure
que par l'inlurieur, et renrenno une grande quiintilé
de petites semences all^cInJcs à une pulpe; !a tige ou
racine ressemble à dea grains de grenade rouge ; toute
la plante cunlicnt un suc rouge d'une saveur très
astringente; elle est employée dans les dyssenleries;
on s'en sert aussi pour tanner les cuirs. On trouve
cette plante sous les acacias {mimosa nilotica) qui pro-
duisent la gomme arabique, et que l'on appelle sntU
en langue arabe. Dans le désert situé entre Dongola et
le Dar-Foiir, il y a beaucoup d'acacias et d'autres
arbres épineux.
Suivant les circonstances des saisons et de leurs in-
térêts, suivant qu'ils sont plus ou moins bien traités
par le gouvernement d'Egypte ou par celui du Dar-
Four, les cLcikbs kabaLichcs se montrent dépendants
tantôt de l'une, tantôt de l'autre de ces puissances,
c'est-à-dire qu'ils proGtent de toutes les circonstances
favorables pour se montrer rebelles, aujnurd'liui aux
Égyptiens, demain aux Fouriens, parce qu'à chaque
réconciliation nouvelle ils reçoivent une nouvelle
pelisse d'honneur et un nouveau caftan d'amitié «
non compris d'autres cadeaux, comme café, armes,
indiennes, etc.
Le voyageur gui pourra avoir assez d'habileté pour
se faire passer pour un Arabe nomade, se disant au-
jourd'hui membre de telle tribu, et plus tard de telle
autre, suivant celle avec laquelle il se trouvera, sera
celui qui pourra rendre les plus grands services à la
géographie de l'intérieur de l'Afrique ; car partout eiy
I
l
(US)
deçà de l'équateiir il trouvera des Bédouins. Mais il
est très difficili! de parvenir à prononcer l'urabc avec
la mËine nccenlualion qu'eux-mêmes. Pour n'exciter
ni tes soupçons, ni la cupidité de ces peuples peu
civilisés, le voyageur ne devrait avoir avec lui d'autres
lichesses que quelques mcdicomeots qu'il administre-
rait à des malades, ce ijui lui procurerait partoutune
généreuse hospitalité, Corams il devrait avoir avec lui
quelques ÎDstrumonts pour des observations astrono-
miques, il devrait les faire passer pour des instruments
de chirurgie ou même de médecine astrologique, dont
il reste encore des traces parmi les Arabes.
Il existe au Dar-Four un préjugé relatif i'i la durée
éternelle de cet empire : on suppose queles armes à feu
□e peuvent avoir d'effet contre lui, et qu'elles no pren-
draient pas même feu, quelque bien chargées qu'elles
fussent, si elles étaient destinées à le détruire ou & lui
nuire. Un effet aussi merveilleux a lieu par la vertu pro-
tectrice du sabre du khalife SidnaAbouhèkr, que les rois
du Dar-Four prétendent posséder, et au moyen duquel,
uon-seutement ils sont invulnérables, mais leurs do-
maines mêmes sont inattaquables. Il paraîtrait cepen-
dant que les armes à feu destinées à la chasse ne perdent
pas leur propriété do bien tirer quand il s'agit de so
procurer du gibier, car Cheikh- el-Haggi-Khaled-e 1-Az-
rak (1) m'a acheté cette année un fusil à deux coups
et à piston ; le khabir avait en outre un pistolet à cinq
coups.
Toute innovation n'est pas toujours bien acceptée.
Il y a environ dix-huit moisj des djellaba, ayant été
(i) Ces! un paieol Je Cli«iLli-Sa!ah, s
VIII. &OIIT BT SSFTKlinnK. ^
lirodu.ulla
( 114 )
témoins de la ))ro(ligieusc fertilité des lapins ,
jtransportérenl de TEgyple dans leur patrie un mâle et
une femelle qu'ils offrirent en cadeau à leur souve-
rain. Comme tout le monde sait, ces animaux se
creusent des terriers. Après une longue délibération»
il fut avéré et jugé que les djollabs n'avaient apporté
avec eux ces animaux que dans des intentions crimi-
nelles, et pour faire miner les fondements du palais
du roi : tous les individus faisant partie de la caravane
qui avait apporté ces lapins furent mis en prison ; leur
détention préventive dura sept mois, au bout desquels
ils furent libres , bien lieureux encore , me dirent-ils ,
d'en avoir été quittes pour si peu et de n'avoir pas été
condamnés à perdre la vie.
C'est un fait avéré et dont sont pleinement convaio-
eus tous les habitants de l'Egypte, Turcs, fellahs»
Copies et autres, que dans le Soudan existent les sor-
ciers les plus habiles, les enchanteurs les plus extraor-
dinaires. C'est au Sennâr, pays actuellement soumis à
l'Egypte, et parmi lesFellatah, nation du Takrour, que
se rencontrent les mages les plus instruits. Cheikh-
Mohammed-es-Sennary,dontle nom indique l'origine,
et qui habite la ville de Kéné, est réputé et craint pour
avoir le secret de métamorphoser ses ennemis en ani-
maux» en plantes, etc., suivant la vengeance qu'il désire
excircer contre eux.
Il parait certain , du reste, que, parmi les Fellatab,
il existe des corporations de sorciers, ou mieux, d'es*
çamoteurs très habiles, et par conséquent très capa-
bles d'en imposer à un vulgaire aussi ignorant que
l'est celui du Takrour ; leurs tours d'adresse peuvent
passer là pour de véritables sortilèges. Le mallem
r
( ii5 )
Surian-Chenoudé, riche négociant copte crAssiout»
dont j'ai déjà parlé, et qui est sans cesse en relation
avec les négociants de Tintérieur de TAfrique, m'a
assuré que dans son divan il avait vu un escamoteur
fellatah se changer devant lui en chacal» puis en loup.
Tout ce que j'ai pu dire à ce Copte pour le dissuader
de croire aux sorciers fellatah n'a fait qu'ajouter à sa
première conviction.
De tous les peuples soumis au Dar-Four (1) , le3 Fellar
lah seuls savent ej^ploiter les mines de métaux ; c'est
dans la corporation de ces sorciers que l'on rectcontre
ces ingénieurs des mines. Pour pouvoir arriver à être '
initié dans la science et les secrets de ce corps, il y a
à faire de trèis longues études, pendant le cours des-
quelles le néophyte reste enfermé dans des cavernes
ou souterrains; il n*en sort qu*au bout de plusieurs
années, lorsque, après avoir subi des épreuves très
sévères, il a été jugé, par ses maîtres, digne de Tinia-
tion et de faire partie du corps redouté des mages.
Quoique les sorciers fellatah se disent musulmans»
les fervents sectateurs du prophète arabe les regardent
comme des idolâtres, les appellent kqfirs^ et ne leur
accordent ostensiblement leur estime ou leur amitié
que par suite de la crainte qu'ils en ont ou par suite
du besoin qu'ils croient en avoir; car ces sorciers
savent aussi écrire des talismans , des paroles mysti-
ques dont l'effet est d'une vertu extraordinaire : ainsi,
il y en a qui mettent ceux qui les portent à l'abri, soit
(l) Nous avoûs déjà fait remarquer que M. le docteur Cuny noui
parait se tromper en plaçant les Fellatah parnai les peuples soumis
au Dar-Four. E. C,
{ 116 )
ilos scorpions ou ili-s serpenls vonliuoiis, soll lies ballo!
des llèches, des coups de sabro, de lance, eic, suivai
que le crédule inipétiaol a pi'L^fâré iiii ou tel autrff^
heggueb (écriture de lalisiiian) puur ëcliappt
tel autre danger) l'on peut ainsi conjurer et défier tous
les accidcDis possibles de la vie, quimd on porte sur soi
des lieggucbs pour tous les dangers auxquels on peut.-]
être exposé. Il existe dans le Cordufan un cheikh qinj
possède le secret d'un talisman si puissant, que sî
même on le faisait porter à un animal , à une chèvre
par exemple, les coups de sabre les mieux appliqués
ne parviendraient jauiais â lui faire la moindre ëgrati-
gnure. Inutile de dire qu'un pareil talisman ne sï
délivre jamais que pour une somme assez ronde, f-\\
dont ledit cheikh a soin de se faire régulièrement
payer une bonne portion d'avance.
Les quelques Fouriennes que j'ai pu voir sont bien
faites et même assez jolies. Les femmes d'origine libre
et sans mélange avec la race nègre ressemblent beau-
coup aux Abyssines par les traits de la figure, paf1
la couleur et la manière de s'habiller : elles onti
comme ces dernières, la peau excessivement fine, si,
chatojeuse el si douce, qu'en les louchant on croit
passer la main sur une étoffe du velours le plus
fm et le plus moelleux. Du reste, comme dans tous
les pays musulmans, elles ne sont considérées que
comme des servantes et des esclaves, en un mot,
comme des êtres inférieurs à l'homme ; j'ai connu des^
musulmans qui vont jusqu'à nier une ùme cheï la
femme; cependant, au Dar-Four, elles sont plus esti-
mées que les fcllalis en Egypte et aussi plus libres.
En 1851, je suis allé plusieurs fois chez le djellab Inka,
1
(117)
frère du kliabir diî la caravano do cette annéo et tous
deux fils du ministre du commerce : la femme d'Inka
ne se retirait pas i'i mon arrivée et même elle ni'a
parlé plusieurs fois : elle avait assez d'empire sur
son seigneur et maiire pour lui persuader de venir ma
demander pour elle tel ou tel objet qu'elle n'avait pas
osé solliciter elle-même.
L'inslruction est aussi répandue au Dar-Four qu'en
Egypte et mfime davantage parmi les djcUabs : car,
toute proportion gardée, j'ai toujours vu plus de Fou-
riens que d'Égyptiens sachant lire.
Les esclaves de l'un et de l'autre sexe ne s'appro-
chent jamais de leur maître, soit pour lui parler, soit
pour le servir, qu'en rampant sur les coudes et les
genoux; quand ils se sont assez approchés et qu'ils
viennent pour rendre quelque service, ils se dressent
sur leurs genoux; si, au contraire, ils vont faire quel-
que rapport sur un travail fait, ou pour prendre quel-
ques ordres, ils demeurent étendus tout de leur long
sur le ventre, s'appuient sur le coude gauche afin
d'avoir la tête un peu relevée, et grattent la terre avec
la main droite , sans se mouvoir de la dislance res-
pectueuse où ils se sont placés.
Quand unFourîen vous a dît: hahnba,aI(hoii el hénât
achra (soyez le bien venu, frère des dix filles!), vous
êtes devenu son ami ; quant aux Bédouins, en général,
de toutes les localités possibles, vous pouvez croire à
leur parole, comme à ce qu'il y a de plus sacré, quand
ils vous auront fait un serment par cette formule :
harrein !
Au Dar-Four, les dîmes ou contributions sont à
leu près volontaires ; il n'existe nulle administration
(118)
régulière; le t'eimier d'un village, qui n'appartient à
aucun prince feudataire, dépend des domaines de
rÉtai; il ne donne au sultan que ce qu*il veut bien
offrir: il n'y a rien de taxé; le Coran seul lui ordonne
de donner la dlme de ses revenus. Ces villages ou
fermes sont rarement donnés à des personnes qui ne
sont pas originaires du Dar-Four; cependant un riche
djellab, nommé Edrîs-el-Mahaly, de Dar-Mabas, en
possède un qui lui a été accordé par le sultan aciuel.
Le principal revenu de TÉlat consiste donc dans la vente
des esclaves faits à la guerre; dans les douanes perçues
sur les caravanes à leur départ et à leur arrivée ; dans
les douanes sur les objets d'exportation à leur sortie
du Dar-Four, et autres droits sur les objets d'impor-
tation à leur entrée dans le pays'; dans l'offre des
dîmes que le Coran seul rend obligatoires ; dans la
vente des dents d'éléphant et autres matières brutes
provenant de ces dîmes. Il y a bien (juelques règles
pour la perception des droits de douane; mais, comme
il n*y a pas de registre, l'individu chargé par le sultan
d'aller faire l'inventaire des marchandises que Ton
exporté ou que Ton importe, s'acquitte très mal de
cette commission ; il s'entend avec le khabir de la ca-
ravane, dont il reçoit des cadeaux, que ce dernier se
fait rembourser au centuple par les djellabs : puis il
va faire son rapport au roi, comme il l'entend, et sans
crainte d'être contrôlé par personne; de sorte que les
revenus de l'État sont gaspillés par cet officier en
société avec le khabir et les djellabs.
Quand une caravane est de retour au Dar-Four, elle
a souvent intérêt à cacher quelque événement au sul-
tan, comn?e des demandes qui lui seraient adressées
( 119 )
(l'Egypte, des offres qui lui seraient faites, des exa-
gérations dans le prix des objets qu'on lui rapporte,
le recèlement de quelque riche cadeau qui lui serait
envoyé et que les djellabs ne veulent pas lui faire voir,
parce que le prix ou la beauté de ce présent éclipserait
les cadeaux moins riches qu'ils lui ont destinés; ou
bien l'assassinat ou l'empoisonnement de quelqu'un
dont elle redouterait l'indiscrétion près du roi; etc.
Alors le khabir, avant leur entrée au Dar-Four, assem-
ble tous les notables de la caravane, et, pendant qu'il
jouit encore de sa dictature provisoire, il leur fait jurer
tous, les uns après les autres, de faire telle ou telle autre
déclaration et de forcer les gens de leur dépendance à
parler dans le même sens. Ces serments ont toujours
pour but l'intérêt général des djellabs et aussi de tenir
toujours le sultan dans leur dépendance en lui cachant
la vérité sur tout ce qui pourrait leur nuire.
Il y a souvent des troubles à la mort des sultans :
ceux-ci sont enterrés à plusieurs journées du palais
qu'ils ont habité ; il paraîtrait que c'est dans une pro-
vince d'où est originaire la famille du sultan.
Dar-Marah , État dépendant du Dar-Four , est
situé au nord de cet empire et gouverné par un eu-
nuque, ce qui fait supposer qu'il appartient à quelque
princesse fourienne: c'est un pays de montagnes dont
les habitants ignorent presque tous la langue arabe
et ne parlent que leur idiome particulier; il ne faut
en excepter que les personnes qui sottt instruites
dans la lecture du Coran. Aucun Fourien , pas même
le sultan , ne peut pénétrer dans ces montagnes.
Les prodiges que racontent les djellabs de la ferti-
lité, de la beauté, des richesses, des mines d'or, des
( 120)
monuments antùjues, que l'on trouve dans celte
forlun^o, sonL incroyables et surpassent tout ce que
l 'imagination peut enfanter de plus mervoîllcux. Tout
en avouant que jamais aucun d'eux n'a pu franchir les
limites de cet Eden enchanteur, ils s'extasient surtoal
lorsqu'ils parlent de la bonté du miel, de l'escellenci
des fruits et en général de tous les produits qui
arrivent. Nul étranger n'a jamais pu s'apjirocber dS'
ces montagnes, qui renferment tant de richesses ex*
traordin aires: elles ne sonL connues que par leurs ha-
bitants eux-mêmes, car elles sont gardées de loulM']
paris par de vigilantes sentinelles qui en interdisent
l'approche à tout individu qui n'y est pas né ; il faut de
toute nécessité être du Dar-Marab pour pouvoir y en-
trer; l'eunuque qui gouverne ce pays n'en sort plus
une fois qu'il y a été introduit. Tout autre téméraire
qui oserait en franchir les limites serait impitoyable-
ment mis à mort par les montagnards indigènes. De
ces montagnes sorlentdes sources abondantes, formant
de peliles rivières, dont les unes s'écoulent A l'ouest,
d'autres au sud-est et formeifl bien probablement
des affluents au Nil blanc. Les produits cxlraordinairea
que les habitants du Dar-Marah apportent en tribut
au sultan de Dar-Four, dilTèrenl luut-à~fait par leurs
rares qualités, à ce qui lui est offert de plus beau par
ses autres États, S'il ne pénètre point- dans ces
montagnes, ce n'est point parce que la force lui
manque, car il a une armée d'environ 80 000 hommes
à sa disposition; mais ceci tient à un ancien pré-
jugé hèrédilaiie dans la famille royale, préjugé dont
on n'a pu m'expliquer ni l'objet, ni l'origine.
I
. Aualyscs, Happeras, Extralls d*c
vraies, llélauge«, ete.
- Tbe GnmiiEi.L expédition in seabco op sir Johh
FnAKKLIM ; A PEBSOKAL NABUATIVE BT ElISHA KeST
KA^E. Niiw-YonK, 1853. (Expéditiom de Grihnell a
LA nECHuncuE DU CAPITAINE Franklin; eécit pbrsoknel
Id'ElISDA KliHT KaNE, DOCT]^ on -médecin aux hTATS-
I Uhis.) Un ïoi. in-8°.
II, — Journal »'n« votage aux meus polaihes, exécute
A LA niiCBERCUE DE SIH JoUN FoANKLIN , BK 1851 ET
1852; PAR J.-K. Bellot, lieutenant de taisseab
DE LA maeinë française. Un Toi. în-8'. Paris, 1854.
(Anatyia de M. ALsEnT-MvN rÉuoKT, incmbre
de U Commùsion centrale.}
Nous comprenons dans la même analyse les deux
ouvrages dont nous venons d'offrir les titres, parce que
les deux expéditions dont ils rendent compte avaient eu
lieu vers le mâme temps et aux mêmes régions. Nous
donnerons préalablement un rapide aperçu des voyages
qui ont été elîectués aux mers arctiques dans la vue
. de trouver un passage maritime de l'est à l'ouest au
Y nord de l'Amérique (1).
Observations prêiiminaircs.
Préoccupés de ces détours immenses qu'il fallait ac-
fc complir pour aller de l'Europe, soit aux grandes Indes
(i) On peul pour l'inlelligen
lord-ouesl publiée i
in d'octobre
( 122 )
en doublant le cap de Boune-Espérance, soit aux pa-
rages nord-ouest d'Amérique et vers la Chine ou le
Japon en doublant le cap Ilorn, de célèbres naviga-
teurs ont cherché bien longtemps des routes nouvelles
qui pussent abréger les distances, et rendre la traversée
à la fois moins pénible et moins dispendieuse.
Déjà le cap de Bonne-Espérance a pu être évité, et,
au lieu d'environ quatre mois qu'il nécessitait, pour
atteindre le Bengale et la Malaisie, on a réduit le trajet
à un mois en traversant ristimic de Suez et en gagnant
par la mer Rouge la mer d'Oman ; déjà aussi, on a
pu renoncer à doubler le cap Ilorn, navigation dange-
reuse qui exigeait souvent cinq ou six mois, et l'on a
su, en moins de trente jours, passer des côtes de
France à celles de laCalifornie, en franchissant l'isthme
de Panama, où existe aujourd'hui un chemin de fer.
Voilà de merveilleux progrès, sans doute; mais la
marine et la géographie en attendaient do plus grands
encore. En effet, depuis environ trois cents ans on
cherchait une communication plus directe et plus
courte entre le nord de l'Amérique et le nord de
l'Asie; en d'autres termes, il s'agissait de trouver un
passage reliant le détroit de Davis, dans l'océan Atlan-
tique, et le détroit de Behring, dans le Grand océan.
L'Angleterre n'avait pas cessé d'envoyer des expédi-
tions à la découverte de ce passage appelé nord-ouest;
d'intrépides marins s'étaient aventurés dans les glaces
polaires, pour s'y frayer une voie abrégée d*un océan
à l'autre; nos derniers temps ont vu John Ross« Parry,
Franklin et d'autres se distinguer successivement dans
ces explorations si périlleuses ; le dernier même n'en
est pas revenu; et c'est en allant à la recherche de l'il*
(12S)
lustre et malheureux Franklin que le myslérieux pas-
sage a été trouvé ; au capitaine anglais Mag-Clurb est
due cette découverte ; son lieutenant Gresswell a rap«
porté, en 1853, par le détroit de Davis, les dépêches
de son commandant, avec lequel il était entré dans lâ
mer Glaciale par le détroit de Behring.
Essayons d'indiquer sommairement la part de gloire
de chacun des explorateurs de ces régions glaciales,
en nous bornant, toutefois, aux découvertes prin-
cipales.
Dans ces tentatives courageuses qui ont eu lieu pour
trouver le passage maritime tant désiré, au nord de
TAroérique, nous voyons qu'en parlant de l'océan
Atlantique, le premier succès fut obtenu en 1585 par
l'Anglais John Davis, lequel découvrit le détroit qui
porte son nom. Nous voyons ensuiteHenri Hudson nom-
mer merd^Hudsonldi portion de mer où il périt en 1611;
et Bais n, en 1616, découvrir et nommée d'abord la
mer de Baffin^ puis le détroit de Lancastre^ ce dernier
par 74© 20' de lat. nord. Quant au détroit de Behring^
qui joint la mer Glaciale au Grand océan, il fut dé-
couvert en 1722 par le navigateur de ce nom, lequel
péril dans le trajet. Cook pénétra dans ces parages en
1779, et nomma le cap G/^cé-VRolzebue les revit en 1815
et 1818, et pénétra beaucoup plus loin à l'est, où le
capitaine Beechey, de 1825 à 1828, signala de même
son apparition , si fructueuse pour la géographie.
En 1818, John Ross explore toute la baie de Baffin,
et pénètre, lors d'un second voyage, en 1829, jusque
dans le golfe qu'il appelle golfe de Boothia. et où il
note la véritable position du pôle magnétique septen-
trional.
( 124 )
De 1819 à 1827, le capitaine i.\irry continua ,1
relèvcmcnls ilos cùics do IVat ù l'ouest, sur une étendu*-
ti'ès considérable qui s'arrêtail au cap Gairy, pendant
que de l'ouest ^i l'est le capitaine Franklin faisait les
siens, qui devaient aboutir vers le cap Turuagain, par
68' de kl. N. De son côlé, le capitaine Ross avait, en
résumé, reconnu toute la jiortion de lu côte située
entre 72° 30' et 69° de lat. , entre 89° et 99° de longil.O,j
et il ne laissait plus sur les cartes qu'un espace blaoc
de 500 milles anglais.
Ces dîlTérentes esplorations avaient clairement
prouvé que le passade nord-ouest devait être cherché
audelàde 7i'de lat. N.Le capitaine Panj, aujourd'hui
amiralj avait poussé ses hardies excursions jusqu'au
82* parallèle. Il avaitf en 1819, franchi le détroit de
Lancastre et découvert le détwit de liarroiv , pour
arriver ensuite à la terre ou ile Melfille, dernier point
connu le plus rapproché du pûlo arctique.
C'était, en quelque sorte, pour le capitaine Parry,
avoir accompli en 1827 la moitié du passage nord-
ouest, par l'est, comme à son tour le capitaine Mac-
Clure allait, vingt-quatre ans plus lard, achever l'autre
moitié par l'ouesl, tout en cherchant les traces de
John Franklin, qui, parti d'Angleterre en 18/15, n'avait
point reparu.
Cette expédition du capitaine Mac-Clure, partie en
1850, apriis avoir doublé le cap Horn et toucLé aux lies
Sandwich, était arrivée au détroit de Behring. Elle se
composait de deux vaisseaux: V Entreprise et l'Investi-
gateur; le dernier seulement a fait la percée par la mer
de Behring et enlte le point extrême qu'il a atteint par
l'ouest, sous le commandement du capitaine Mac-Clure,
J
( Î25 )
et le point exirêmc .ittinnt par l'est (l'Ile Me! ville), sous
le commandEiiiient deParry et de ses successeurs, il est
resté un certain espace obstrué par les glaces et qu'on
a dû francliir à pied ou en canots de caoulcliouc. C'est
une sorte d'isthme de glace qui reste encore à couper
par les explorateurs futurs.
C'était en prévision du succès delà tentativedu capi-
taine Mac-Clure, par l'ouest, qu.'un autre bâtiment, le
Herald [le IIéraut),fut envoyé par l'autre côté du conti-
nent américain, c'est-à-dire par la Laie de SafFin et le
détroit de Lancaslre, vers la terre ou lie Melville; le
succès couronna cette entreprise audacieuse : en effet,
après trois années de navigation et d'efforis, l'inlré-
pidc marin Mac-Clure rencontra sur les glaces, à un
point où nul autre avant lui n'était parvenu, un déta-
chement du Herald qui venait au-devant de lui; de ce
point il envoya par l'est un de ses olDciers, le lieute-
nant Cressweli, que nous avons déjà nommé, avec tes
malades de son équipage, s'cnabarquer sur le bâti-
ment qui était venu de l'est à sa rencontre; et lui,
alors, retourna vers l'ouest à son propre navire, Vln-
vestigateur, bloqué depuis deux ans dans les glaces,
d'où il n'est pas encore revenu. Ses dépêches arri-
vèrent bientôt en Angleterre, où l'on put enfin an-
noncer au monde savant la solution du grand pro-
blême, c'est-à-dire la découverte et l'accomplissement
du passage !ioril~ouest.
Quelques détails relativement à ce trajet ne seront
pas sans intérêt peut-être pour nos lecteurs, surtout
en ce qui concerne les points géographiques touchés
dans le voyage et les coulumes des Indigènes de cet
contrées déshéritées de ta nature.
(126 )
V Investigateur ^^'Awi atteint Tllc John ou Jones» une
(ribu crEsqniinanx lui apporte du poisson et des ca-
nards qu'on échange contre un peu de tabac. On
gagne ensuite une autre terre ou lie» où d'autres in-
digènes accueillent les hommes de l'équipage , en
levant les bras au-dessus de la tôte et en frottant leur
nez sur le nez des Anglais. Ces sauvages, qui avaient
d*abord caché leurs femmes, les amènent avec eux et
apportent des provisions de poisson et de venaison,
non sans dérober adroitement plusieurs objets aux
étrangers.
Le capitaine Mac-dure vient d'explorer les côtes de
TAmérique russe ou la terre des Grands-Esquimaux;
il va maintenant pénétrer dans les glaces, vers des lieux
jusque-là inconnus. 11 veut cependant gagner la terrô
de Banks t découverte en 1819 par le capitaine Parry.
A sa grande surprise, il trouve le 6 septembre 1860
une terre considérable et en prend possession en la
nommant terre de Baring^ en l'honneur du premier
lord de l'amirauté. Cette région était la partie méri-
dionale de la même terre de Banks dont la partie
septentrionale est déjà indiquée sur les cartes. ^
Le capitaine Mac-Clure, continuant sa navigation vers
Test, trouve bientôt une terre nouvelle, qu'il désigne
sous le nom de terre de Prince- Albert; c'est la suite et le
rivage septentrional du pays déjà connu sous le nom de
Woïlaston et de Victoria, Il entre dans un canal qu'il
nomme détroit du Prince de Galles^ et qui communique
avec ledétroitdeBarrow» lequel communique lui-même
avec le canal de Lancasire, puis avec la mer de Baffin»
puis avec le détroit de Davis, et enfin avec l'océan
Atlantique. C'était ainsi un des passages du nord«
(127)
Mais une glace permanente barrait ce passage étroit,
et il fallut revenir vers le sud, où la mer était encore
libre. Toutefois, on hiverna dans ces parages, d'où
l'on ne sortit qu'au bout de neuf mois» en juillet 1851.
Enfin, après des recherches et des excursions péril-
leuses, soit en traîneaux, soit en canots, le capitaine
Mac-Clure parvint sur le rivage du détroit de Barrow,
et le passage était trouvé.
C'était le 26 octobre 1851. Les compagnons du capi-
taine montent sur une éminence à l'extrémité de la
terre nouvellement nommée terre du Prince Albert, et
y dressent un mât, auquel est attaché un cylindre de
cuivre, contenant l'avis de la découverte. On retourne
au navire à travers mille dangers; on ne met que dix
jours à faire 180 milles sur la glace, et l'on remonte
enfin à bord.
Par une curieuse coïncidence, à cette époque, M. Mac-
Clure , avec ses compagnons explorateurs, se trouvait
seulement à 20 milles du lieu où venait d'apparaître
un détachement arrivé de l'est par le détroit de Davis
et qui, en poussant ses recherches dans la terre nou-
vellement appelée terre du Prince Albert, laquelle est la
continuation de la terre Wollaslon, s'était ainsi avancé
dans le détroit de Barrow. Une autre fois, le vaisseau
ne s'était plus trouvé qu'à 25 milles de l'embouchure
du canal qui doit joindre le détroit de Barrow; mais
le courant polaire qui charrie les glaces dut lui faire
rebrousser chemin pour prendre une autre direction,
et chercher une voie nouvelle.
Nous avons dit que la terre appelée terre de Baring
avait été reconnue pour être Texlrémîté méridionale
de la terre de Banks, séparée elle-même de la terre de
(128 )
Melvîllc par un bras de mer. C'est en faisant le tour
de rile pour arriver à la pointe de Banks, que le
capitaine Mac-dure comptait loucher au bras de
mer ou canal communiquant avec le détroit de Bar-
row» afin de renouveler alors la tentative du pas-
sage. Pour résultat, il reconnut que la terre de
Baring était la plus fertile et la plus habitable de ces
contrées sauvages; elle abondait en gibier de toute
espèce, en canards, oies, daims, bœufs musqués. Mais
une fois lancé de nouveau dans les glaces de la pleine
mer, les périls recommencent , et le bâtiment risque
à chaque instant d'être écrasé comme une coquille de
noix, entre deux ice bergs ou montagnes de glace.
Après avoir achevé le tour de l'Ile Baring, le vaisseau
entre bien dans le canal qui mène au détroit de Bar-
row, c'est-à-dire à la terre promise; mais il ne lui est
pas encore donné d'accomplir le passage, la glace
venant lui opposer une barrière infranchissable. Du
rivage où l'on s'arrêta, on pouvait toutefois distinguer
au loin à environ 60 milles la terre de Melville.
Le capitaine Mac-Clure passa l'hiver de 1851 à 1862
dans une baie qu'il dota du nom de baie Miséricorde^
parce qu'elle servait de refuge à son bâtiment; et au
printemps il s'aventura de nouveau sur la glace, en traî-
neaux, avec sept hommes de l'équipage. Enfin il arriva
dans l'Ile de Melville, à l'endroit où Parry avait planté
sa tente en 1819; et l'inscription qu'il y laissa lui-
même servit plus tard à révéler son existence à l'expé-
dition qui allait arriver de l'est par le détroit de Bar*
row» et, ainsi que nous l'avons dit plus haut, tendre la
main au brave Mac-Ci ure, venu de l'ouest.
Ces notions préliminaires mises sous les yeux de
( 12!1 )
lecteurs, nous pouvons îi présent esijiiitser les
ttravaux de l'cxpétliiion Grinnell ol ceux lUi lieule-
Tnant Bellot.
EXPiolTION CniKNELL.
Celte expédition américaine envoyée à la recherche
I de sir John Franklin, dont un généreux citoyen de
New-York avait fait les frais, et (\m fut mise sous le
commandement du lieutenant de Haven , à Ijord du
navire le fleiCHc {délivrance), auquel était adjoint le
midsbipraan GrifTin, à bord du bâtiment V^dçance,
quitta le port de New-York à la fin de mai 1850, et
= atteignait, le 23 août suivant, le port Léopold par
74" lat. N. à l'entrée sud-est du détroit de Barrow. Ce
détroit présentait alors une masse compacte de glace
gui s'étendait le long des câtes septentrionales de la
terre du North-Somerseï, baignée à l'est par le pas-
sage du Prince-Régent et â l'ouest par le détroit de
Peel, On trouva au nord la mer ouverte et l'on put ga-
gner l'Ile Beechey.
Le 25, on était près du cap Riley. On pénétra ensuite
I dans le canal Wellington, que l'on suivit jusqu'à la
pointe Innis, vis-à-vis de la passe Barlow. On trouva sur
cette pointe Innis les débris d'une hulte d'Esquimaux.
Ce furent les seules traces qu'on rencontra de ces
indigènes depuis les rivages du détroit de Lancaslre.
On avait trouvé à l'Ile Beechey trois lombes de mate-
lots de l'équipage des deux navires perdus, Erehus
Bod Tenor, de sir Jobn Franklin, qui y avaient passé
Ileiir premier biver.
Le 28 aodt on atteignit le cap Bowdeo, au nord du
VUl. AOHT P,T sr;PT]',»iniiK. 4. 9
el
t 130 )
Cc>|i Inois. Le 5 sojitettibt-e, oo |)i^iiélrait di
Bnrlow, où l'on jiul mettre en sûtetè les Hcuxvaisseai
que luenaçaient les gl»ces floUfiiiles. On était aîi
vers le sud-est de la lerre Coniwallia. Le 9,
l'Ile Grinin , oii les glaces empêchèrent l'expédil
d'avAiicLT davantage.
Lorsqu'elle put ëlre dégagée, elle reprit sa navigS'
lion lers le canal Wellington, au nord duquel elle
aperçut bientôt, par 77* de lat, N. et 95° de long. O. de
Grcenwîcli, une assez grande terre que le commandant
du Resciie appela terre Griiinell , en l'iiunneur du phi-
lanthropique et digne auteur de l'expédition. Cette
terre étnit aussi, vursle même- temps, découverte par le
baleinier anglais Penny, lequel lui donna le nom de
teri-e du Prince-Albert, ayant à l'est le mont FrnnkUn.
En octolire et novembre, les doux navires, bien que
souvent ballottés par un vent très variable, ne sortirent
point du canal Wellington j seulement un put s'avan-
cer peu à peu au sud-est vers l'ile Btechey. où l'on
demeura quelque temps, pour cingler ensuite vers le
détroit de Lancaslre et regagner la baie ou mer d«
Baffin,
Le 19 mai 1851. on revenait vers le sud devant (é
cap Searle, et peu de jours après ou était près du cap
Walsingbam et du détroit de Davis. On rentrait Ife
10 juin en pleine mer par 65° 30' de lat. N.
Le 1" juillet, on atteignit l'établissement danois de
Proven, et le 8 on étail à celui d'Lppernavik. Le 10,
on retrouvait la Hotte des baleiniers, et le 17, le yacht
le Prince- Albert.
Le 6 sejitembre on quittait Ilolsleinberg et le cap
Farrwell, extrémité méridionale du Groenland, pouc
J
I
( isl)
feutrer le iboia suivant dans la rade de New- York.
Tel est, en peu de mots, l'ilinéraire suivi jiarl'L-xpé-
dition Grinneil, Quant à la relation du docteur Kent-
K.ane, elle roule principalement sur les incidents du
voyage, sur les plié no ni eues physiques observés, sur
la composition et la décoc] position des glaces polaires,
sur les aôîmâus qu'on rencontre dans ces légions
arctiques, etc.
Le docteur Kane rend compte du bois flottantqu'on
trouve au détroit de Davis cl dans le voisinage du cap
Farewell. Le grand contre-courant qui, dans le nord
de l'Atlantique borde le Guif Slreaui, va du nord-est
au sud-ouest, dévie au cap Farewell et est emporté
brusquement le lung de la côte occidentale du Groen-
land vers le nord. C'est ce qu'ont observé tous les na-
vigateurs danois, et ce qui, du reste, est conûrmé par
l'accumulation des glaces aux parages sud-est de la
terre groenlandaise ; ces glaces proviennent éù-
deniinent îles niers du Spiuberg, ainsi que le bois
flottant qu'elles entraînent avec elles, et aux époques
de l'année où les eaux supérieures du Groenland sont
désobstruées, ces glaces remplissent les Gords ou baies
3e la côte sud-est. Ainsi les établissements de llaai-
river et de Juiiani:sliaab , sont pendant les mois d'été
en état de blocus, à cause des invasions des cbamps
déglace du sud ; tandis qu'à iiolsteioberg et vers le
nord la terre se trouve pariaitenient accessible aux
navires. Grâce à ce long trajet accompli par les troncs
que les fleuves sibériens versent dans la mer Glaciale,
les rivages du Groenland, entièrement dépourvus d'ar-
bres, sunl, de la surle, alimentés en buis de cbaulTage
et de construction.
( 132 )
Le tloclenr Kanc tlonne quelques (iélaiis :
séjour dans la baie Disco et sur les établissemenla de
pèche des baleiniers. U s'étend également sur la for-
mation des glaces, sur les trains de ces mouvantes
accumulations boréales, sur les /!oes ou glaçons flot-
tants, à bord desquels voyagent souvent les renards et
les ours blancs, etc. Maïs nous retrouverons avec plus
de précision et de clarlé les mêmes développements
dans le livre du lieutenant Bellot, dont nous allgi
maintenant nous occuper.
I.IBIITB1Î4I(T DELt-OT.
0^^^
Avant de parler de ce voyage aux mers polaires, il
n'est peul-ôtre pas sans intérêt de dire quelques mots
sur ta personne du voyageui*.
Joseph-René Beltot naquit à Paris le 18 mars 1S26;
mais sa famille s'étant fixée en 1831 à Rochefort, il
s'est regardé avec assez de fondement comme enfant
de celte dernière ville, à laquelle, d'ailleurs , il a dû
sa première éducation et son entrée dans la uiarine;
son père, simple artisan ou vétérinaire et marécbal-
ferrant, chargéd'une nombreuse famille, n'eût pas eu
les moyens de faire donner à son fils l'instruction
propre à développer ses heureuses facultés.
Au sortir du collège, Bellot fut placé à l'école na-
vale de RocheTort, aux frais de la municipalité, et il
obtint, en 18^3, le grade d'aspirant. Il partit alors
pour les mers de l'Inde et en revint deux ans après,
élève de première cla&'ie, il n'avait pas encore vingt
I
( 133 )
Le l"novembie 18A7,il était proiii
.•ad.3 d"en-
vaisseau, e\
:t il s'embarqua, le 23 juillot IS^S,
pftur la corveLte la Triomphante, qui se rendait à la Plata
et en Océai
. Il€
rk
a comiuander pour la pre-
mière fois le quart, c'est-A-dire à diriger pendant un
temps le bâtiment, d'après la route indiquée par le ca-
. pitaine. Le 20 septembre 1860, la Triomphante était
\ de retour à Rochefort.
C'est alors que Bellot, dans la crainte de rester
[longtemps inoccupé ou sans avancement, à cause du
I grand nombre des oQîciers de son grade, et de ne
pouvoir venir eCGcaccment et assez tôt en aide à sa
famille, eut l'idée de partir pour les explorations arc-
tiques et de s'offrir à lady Franklin, qui faisait préparer
h ses frais une nouvelle expédition à la recherche de
son infortuné mari.
Le 7 octobre 18S2, le Pnnce-^lbert revenant dea
mers arctiques rentrait dans le port d'Aberdeen, en
I Ecosse, sous commandement du capitaine Kennedy.
[Bellot, qui était parti comme enseigne de vaisseau
[ sur ce bâtiment, apprît à son retour sa promotion au
grade de lieutenant de vaisseau.
Le 10 mai 1853, il reparlait pour Londres et s' em-
barquait sur le Phœnix avec le capitaine Inglefîeld,
pour retourner aux mers arctiques, d'où il ne devait
plus revenir.
Le 14 juin il se trouvait en vue du cap Farewell,
extrémité sud du Groenland, et le 12 août suivant il
arrivait à la baie Erebus et Terror. C'est là qu'il en-
treprit la fatale excursion où il allait disparaître à
jamais dans une large crevasse de glace flottante , ne
laissant pour témoin de sa Irtste fia que la canne dont
( 13i ) ^
il élail armé, à j-ieu de distniK'e iki cap Ëciwclen, dailfl
le canol He W' Ilingtoii déjà cilé plus haut. m
Ainsi périt ce jeune et brave officipr, qui ne dev^i»
qu'à lui-même son ranj; daps la marine, qui, à bo|^'
^^liul en mnr,avail gagné la croix de la Légion d'hoa-
neur.ce prixMontlnon de l'armée, devantIUladugascar,
)far une action d'éclat. Bellnt a été l'objet de regrets
universels en Angleterre, aussi bien qu'en France et
apftonl dans Ifi, ville de Rocbefort, qui doit lui élgver
i)n iponuinent. Suivona-le maintenant dans sa naviga-
tion aiijt mers polaires.
Les dernières lettres du capitaine Franklin, datées
dg, 26 juillet 18Û5. étaient p.nrlies de l'estrémité nord
deln.baiedeBaOin, par, 74° âS' de lat. N,, et (t8" 15' de
long, 0, du méridien Greenwich (qui est à 2° 20' 24"
à l'ouest de celui de Paris). Ifranklii) avait des
vivres pour, Irois ans,, sans compler les ressources
qjfe la chasse et 1^ pêche pouvaient lui fournir,
(^omme en 18^8 on était sans nouvelles de cet offi-
cier^ ii'fis expédilions furent envoyées au devant de
lui: revenues sans résultat, elles furent, en 1850 et
i65i , remplacées par d'autres qui prirent le même
chemin, et c'est-dans une de ces dernières que s'en-
gagea Bellot.
Après, avoir dépassé le cap Farewell, l« l^âtiraenl
entrait le 22 juin dans les i^laces et s'y frayait un pas-
sage dans la direction de l'établissement danois d'Up-
pernavik, le plus, septentrional sur la côte ouest du
Groenland, pour y prendre des chiens et fies traîneaux
esquimaux. On arrivait le 12 juillet à cet élablisse-
menl, qui sert d'entrepôt à l'Iiuile et aux, Fourrures des
animaux que tuent les Esquimaux du voisinage, el
J
( 135 )
que viennenl chercher tous les ans des nuvires dauois.
Il comple seulement quelques centaines d'individus,
la plupart métis, provenant du rapport des naturels
avec la race blaoclie. Quelques magasins, une petite
chapelle desservie p^ir un ministre luthérien, la cbé-
tive maison de Ijoîs du gouverneur, et des huiles de
terre composent le village, dont les habitants partagent
avec leurs chiens la nourrilure qu'ils peuvent se pro-
curer.
En sortant d'fjppernavick.le Pn/Jce-^/iart rencontra
la flotte des baleiniers, lar^uelle avait trouvé au nord
les glaces impraticables et revenait au sud. L'escadre
arctique avait reconnu sur l'Ile Beechey des traces cer-
taines de Franklin, notamment trois tombes avec des
inscriptions datées de 18A6.
En quittant cette escadre de baleiniers, le navire
remonta jusqu'à l'entrée de ta bain Metville, fameuse,
dit Bellol, par les désordres qui s'y produisent cliaque
année, et f]ui ont fait donner le nom de l'once-du-
Diable à un pic remarquable, peu éloigné de la côte.
Au sortir de la baii: de Disco, le bâiiment luuiba au
milieu des montagnes tlottanles de glace, dont quel-
ques-unes avaient plus de 200 mètres de haut. Cette
baie est pour ainsi dire le chantier où se forment et
d'où sont lancées ces masses énormes, à cause des
glaciers dont elle est bordée, et dont les Iles flottantes
ne sont que des fragments qu'en détache l'action de
11a chaleur et de la pesanteur. La même cause, agis-
sant, dit notre voyageur, sur les montagnes de glace
(l't'e bergs), détruit souvent leur équilibre par l'altéra-
tion de leurs formes, et ces masses imposantes se bri-
HZ.
tuuiln
( 13(i )
;rscn[ subilemenl i
■ cl Ici
au milieu des vogues qu'elles fonl jaillir à une grande
hauteur.
Après vingt jours d'eCTorls infruclueus, on rcvini
vers le sud, et, le 2i août, on atteignit la finie de Pond,
par73°de lal. N., sur la partie occidentale de la merde
Baffin. On essaya eusuits d'avancer vers le nord, mais
les glaces y mirent de nouveau un insunnonlnbl^'j
obstacle. Elles entouraient le navire; il fallut hiverner.
Les vêtements de peau, les mocassins ou les bolles en
peau de phoque des Esquimaux formaient ceux dea'
hommes de l'équipage, et le pemmican, préparalioa
indienne de viande contenant sous un petit volume
une grande quantité d'éléments nutritifs, était devenu
la nourriture exclusive de chacun. On se mit à entre-
prendre des excursions en traîneaux jusqu'au port
Lèopold; on était exposé à une température de hh
grés centigrades au-dessous de zéro, au risque d'at-
traper des /rost-liîtei- ou gelures partielles, et de gagne)
le scorbut.
On se préjiara, dans les deux mois do juin et dS'
juillet, ù sortir de cette prison de glace, en sciant u]
canal dans les glaçons; et le 20 août, le Prince- Albt
rencontra vers le chenal Wellington un navire de l'ei
cadre de sir Belchcr, envoyé au commencement di
1852, pour explorer les mêmes parages. L'expédition
revint en Angleterre avec la certitude que Franklin
avait dû se diriger vers le nord de ce chenal.
Il nous reste à tirer quelques notes du journal de'
Bellol.
Près du cap Farewell il avait eu occasion d'observer
quelques-unes dea habitudes du phoque. Lorsqu'il est
i
( 137 }
drujiède amphibie, il \
irde et ne boni
igc pas ;
1 peut le prendre el le luer au moyen du chant.
e beri;.
I montagnes qc glace sont souvent,
dit Bellol, d'une proHigÎPiise hauteur. Quand on a tu
une fois de cette glace, ajoule-t-ii, il est imjiossible de
]ii confondre désormais avec d'autres, k cause de la
différence de couleui- el de forme; celle d'eau douce
ayant la couleur et la transparence d'énormes mor-
ceaux de cristal , tandis que l'autre est d'une blan-
cheur éblouissante.
La nourriture des Esquimaux de la cote ouest du
Groenland consiste principalement en phoques; ceux
des lies ont de plus la ressource des oiseaux et de leurs
oeufs. Hais quelquefois la rigueur de la température
oblige ces animaux l\ chercher un climat moins rude, et
l'imprévoyance de ces Indiens les décime alors cruelle-
ment; ils vont jusqu'à se dévorer les uns les autres; le
capitaine du Priiice^Albert avait vu un vieillard qui,
dans l'hiver, el faute d'autre chose, avait mangé sa
femme et ses deux enfants.
Le type de physionomie des Esquimaux des deux
sexes est le même, dit Bellol, que celui de l'Amérique
du sud : yeux bridés, cheveux noirs, longs et plats ; les
femmes les portent retroussés à un chignon sur le
sommet de la tète, comme les Chinois, mais sans
tresses derrière: de doubles cottes en peau de phoque,
I disposées de façon que les cùles sans poils se touchent
et puissent ôtre graissées, des culottes et une casaque
avec un capuchon, le tout en peau de phoque, for-
ment l'accoutrement des deux sexes. Ainsi, pour le
dire en passant, toutes les parties du phoque sont
I
( 188 )
ulilisées, et cet animal doit être divinisé par les Esqui-
maux. La casaque des reinmes difTëre seulement par
une queue retombant devant etderrière, et leurs boites
août, pour les élégantes du moins, en cnir tnnné et
teint en couleurs éclatantes avec bigarrures de peaux,
de différentes couleurs. Les femmes portent les en-,
fants sur le dos dans une pocbe ménagée dans la casa- (
que. L'intérieur de la bulle est Torl sale, et les dehorft
sqpt gardés par les cbiens. A.u fond de la butte, une
feraoïe presque nue allaite un entant nu, qu'elle tient
d'une main, tandis que de l'autre elle veille sur queir
quea peaux qui formant ses vêtements. Deux lampes,
où lirùle une buile fétide, éclairent et écliaulTent l'ap-
paj-temcnl. Point d'ouveituro qui laisse échapper la
fum^e, elle soct par un s«ut trou près de l'entrée.
Le mot esquimau sif^aifiQ mangeur de poisson cru, il,
a été donné â cette pauvre peuplade qu'il faut plutôt
noïamar Hitskie, par les Indiens qui, au nord de l'Amé-
rique, leur ont fait et leur font encore souvent la
guerre. Les Esquimaux consiflércnl ce sobriquet comme
une insulte, même sur la côte de Groenland, où l'on,
comprend la langue qui est parlée sur la côte du La-
brador.
La pèche fie la baleine a inspiré au lieutenant Bellut
plusieurspBges fort intéressantes, dont nous e:itrairoiuk
« Li->3 baleiniers naviguent presque toujours deux pai^ \
deux, à cause d'accidents dans la régiun des glacea.
L'un lies bommes placés ou vigie à la tète du màt ûr-_ ,
gnale une baleine : vite, «Ite, armez les embarcations!,
et, les rapides pirogues toujours prêtes sur les côtés du
ifavire sont mises à la luerj elles ont d'avance leurs
(13»)
>s de pêche
I
harpons et leurs lignes de pêche soigneusement
paies. Hardis rameurs, que vos bras vigoureux oe se
ralentisaerrt point, car la victoire est à celui qui le
premier a pu harponner le célacé, elle canot, comme
un coursier intelligent , semble animé de l'acdeur
commune, il fend l'uiide et Inisse derrière lui un long
sillon d'écume; le patron, sur qui repose toute la
manœuïre, armé d'un long avirnn, le guide aven ha-
biiet<^ ; debout, à l'avant, est le harponneur, épiant le
momenL où l'animal lui présente une partie quel-
conque de son corps; le harpon, est laacé; une larf;e
nappe rougeâlre couvre la surface de l'onde. Uourralil
bien louché ! Mais attention maintenant et ne nous en-
dormons pas sur nos lauriers, car jusqu'ici il n'y a
point eu lutte, mais attaque seulement; l'iiiofTensif
blessé plonge dans l'abîme, et, poussé par la douleur,
il poursuit avec une elTrajanle vitesse une (course fré-
nétique vers des régions où il croît éviter son ennemi.
De. temps en temps il remonte à la surface ])our res-
pirer, et fait jaillir des flots d'écume et de sang! de
nouveaux harpuns le forcent fl replonf^er et à reprendre
celte. course; à chaque blessure un nouvel ennemi
s'attache à ses flancs, il il ï}'.es\. pas rare de voir une
baleine traîner ainsi trois, quatre, cinq embarcations,
pour lesquelles ce moment est plein de dangers, car
la rapidjlé avec laquelle elles volent sur la mer est
telle, que. les lignes, des harpons prennent souvent feu
et qu'on est obligé de les arroser constamment; enlîn.
épuisée par ses efForls, Ift b.ileine meurt, et elle est
apienée le long du bâtiment. »
Bellot rapporte les elTets étonnants, non de mirage,
l^afEt, de la réfraction polai^Q autour même de l'iqçii-
( i/io 1
vidu pendant l'iûvemaj^e. En se prumcnant on croyait
meltre le pied sur un moniicule, et l'on tombait au
contraire plus bas; on croyait avoir à sSuter d'un
hummock (monticule glacé) de quelques pieds, et l'on
faisait un saut de dix pîeds. Un jour, on vit, comme
l'avait observé le docteur Kane, quelque cbose ayant ,
l'image d'un bomme très grand, 8 pieds au moins;
on s'approcha, et c'était un oiseau. On avait vu distinc-
tement l'homme étendre ses bras et les rapprocher
comme drapant un manteau, et c'était seulement l'oi-
seau qui battait des ailes.
En visitant le port Lèopold , Bellot ne néglige pas
d'en décrire la situation. La baie est formée par un cap
important, le cap Clarence, qui s'avance vers l'est ,
puis au sud, et est relié à la terre de l'ouest par udo
langue de terre compai^alivcraent très basse; la ]
se trouve à la ciolsiërc des grands débouchés du dé-
troit de Ëarrow, du détroit de Lancaslre, du canal /
"Wellington et du passage du Kégent ou Regenl-înietj
les quatre vents semblent s'y être donné rendez-vous, .
et la brise du nord surtout, s'engoull'rant dans l'es-
pèce d'entonnoir qui l'orme la léte de la baie, y souffle i
toujours avec furie, quelijue légère qu'elle soit en de-
hors.
La navire, franchissant de l'est à l'ouest le détroit
de Barrow, arriva au nord du détroit de Peel, et trouva
au sud du cap Walker un autre cap, auquel le capi-
taine Kennedy avait donné lenonideca/j Bellot, sur ■
la partie orientale de l'Ile Russell. '
Cette découverte appartenait au premier voyage de
Bellot dans les mers arctiques. Il n'en fit pas clans le
second, car ce digne ofUcier, arrivé en juin 1853 au
( illl )
cnp Farewcil , en reparlait aussitôt pour ntteindrc le
8 août suivant k baie Erebus and Tenvr, par 75" de
lat. N. et 93" de long. 0. , d'où il partait le 12 cUi même
mois pour l'excursion dont nous avons parlé et dans
laquelle il devait trouver la mort.
LES CHEVAUX ARABES DE SYRIE,
Pin U. MAZ01LI.IBB, VICE-CONSUL DK FQ&NCE A TARSOCS.
BUOCH. IS-S", PARIS, 1854.
(Comple rendu par M. ConTiïiBERT. )
I
11 ne nous appartient guère de porter un jugement
sur l'ouvrage de M. ftlazoillier, après l'approbation
qu'il a reçue de M. le général Daumas, juge si excel-
lent en hippialrîque, ainsi qu'en beaucoup d'autres
choses. Nous nous bornerons à signaler les points les
plus saillants de ce petit travail . qu'on lit avec beau-
coup d'intérêt, elqui, au sujet des chevaux, jette quel-
ques nouveaux traits de lumière sur les mœurs des
Arabes, ces meilleurs cavaliers du monde. On suit avec
curiosité l'éducation de ce jeune poulain arabe, au-
quel son maître donne de bonne heure du lait de cha-
melle mêlé à celui de sa mère ; à celui-ci on substitua
ensuite complètement le premier, parce qu'il donne,
dit-on, plus de force à l'animal et l'endurcit contre les
fatigues. Quand il est parvenu à l'âge d'un an, on com-
mence à le faire monter par un enfant ; à deux ans, et
même avant, il est déjà dressé, La meilleure nourri-
ture des chevaux, suivant M. MazoilUer, est de l'orge
(142)
elde la paille, et il conseille bcmcoup, àcause de cela,
tte rèpamlri: en Alpérie lu culture de l'orge.
Les Bédouins comptent neuf races principales des
tncilleiirs chevaux arabes : l" iesSag/ai^-i, très élégàhts,
minces et très maigres, (l'une légèfeléexlraordînaifè.
2° Les Hamdunië.
3° Les Abaian.
h" Les Em-Arkoub.
6° Les iXimeh ( c'est-â-dire gazelles)
6* X^zsMaannaqui (c'est- à-dire long cou).
1" Les Kahilai-ei-Âdgiouz, infatigables à la course,
mais moins beaus à la vue que les races précédentes.
8' Les Lijel/é (c'est-È-dire grands), dislingués par
leur haute taille et parleur patience à supporter la
faim et la soif.
9" Les Traïfé, très forts et très propres à résister à
ta fatigue.
M. Mazoillier présente d'iiiléressanls détails sur les
qualités de chevaux arabes ; il signale plusieurs traits
de l'intelligence et de l'attachement de ces précieux
animaux. » Lne d^s qualités esseoiieUcs du chcvai de
race, diL-il, est de s'arrfiter net lorsque son cavalier
tombe, et, lorsqu'il est blessé ou mort, de le ramener
à son camp, si le hasurd a pu le maintenir en selle. Un
jour de bataille, un Wahabi, blessé giièvement, tomba
de cheval, et son pied resta engagé dans l'étrier; la
jument s'étala immédiatement à plal-veiilre pour le dé-
gager, et, cela fait, le saisit par la ceinture et le porta
ainsi jusqu'au milieu des siens. Une fois arrivé de la
sorte, le cavalier fut pansé , et il C-lait déjà en conva-
lescence, lorsqu'on vint lui apprendre que la jument
avait avorté et qu'elle en était morte. Sa douleur fut
À
telle
qu
il en moi
urut 1
( U3 )
l-naème quelques joi
1
I
Un lion cheval distingue si bod cavalier est bon ou
tnauvais, s'il est intrépide ou lâche, si même il est
d'un rang supérfeur ou inférieur ; en tous cas, le che-
val fait son devoir et son possible; il s'inquiète aussi
d'être bien harnaché . la jument surtout; est-ce par
coquetterie naturelle au sexe ? il serait dillicile de le
dire. Toujours est-il que l'Arabe, qui comprend ce
goût, attache à la tête de son cheval de petites ciialnes
I d'argent auxquelles il suspend des pièces de mdine
' métal, afin que cela fasse en marchant un léger 'bruït
qui flatte sa monture. »
lazoillier a présenté aussi quelques considéra-
lions sur l'âne et le midet de l'Orient. Il s'y trouve
, deux espèces d'âne : l'àne de Chypre et celui de
I Sagdad et d'Egypte.
Les ânes cypriotes sont quelquefois aussi hauts qu'un
cheval, ont beaucoup de force et se font remarquer
' par la longueur de leur sabot. Ils sont généralement
truns; les meilleurs d'entre eux sont les lioirs.
L'âne de Bagdad et d 'Egypte, beaucoup moins grand
^^ que le cypriote, est précieux par la rapidité de son
^^L itmbte ; sa couleur est presque blanche.
^^ft Le mulet est préféré à l'âne, comme monture, par
^^ les grands personnages de l'Orient ; il list certain qu'on
ne peut trouver d'amble jdus doux et plus commode
que celui de cet animal. C'est en Syrie que se trouvé
la meilleure espèce; il y vit fort vieux et on le voit fré-
quemment atteindre quarante ans, quoique travaillant
^^ toujours.
^H M. Mazoillier termine ce travail ea exprimant son
^B regret de ce que les chevaux arabes, si excellents,
( li'l )
3 élé itilit
1 Fi-
' i-ancei
il on eïiiliquc les causes <Ie la manière suivante :
i( Lorsque la civilisation commençait à déveiopper et
à féconder la France, elle abandoilnait les Arabes,
qui, déjà vaincus parles Turcs, perdaient tout à la fois
leur gisyro, leur puissance et leurs lumières. Depuis,
cette nation descendit de plus en plus dans l'avilisse-
ment et l'ignorance. Un sentiment de vive antipathie
lui estresté contre l'Europe, et sur toul contre la France,
depuis les guerres des Croisades, et, de leur côté, les
Français ont eu longtemps les plus grandes préven-
tions contre les Arabes. Il en est résulté un éloigne-
ment réciproque, qui faisait rejeter par une des deux
nations tout ce qui était adopté par l'autre. Aussi
voit-on une opposition absolue entre le costume, les
mœurs, les usaj^es, l'ameublement, la vie intérieure,
le travail et l'art militaire des deux peuples. Pendant
longtemps donc, il sufQsait qu'une méthode fût prati-
quée par les Arabes pour qu'en France on fit tout le
contraire. Nous l'avons emporté sur beaucoup de
points, mais ils ont conservé l'avantage sur certains
autres, et notamment pour ce qui concerne les chevaux.
Cette supériorité s'étend chez eus à tout ce qui se rat-
tache k rhippiatrlque, c'est-à-dire le choix des races,
l'élève et l'éducation du cheval, et aussi l'équitation.
B Malheureusement nos voyageurs , persuadés de
l'idée que les Arabes étaient des barbares, n'ont que
rarement pénétré au milieu des Bédouins, et, quand
ils y ont pénétré par hasard, ils ont dédaigné cette
question, pensant qu'ils n'avaient rien de bon à leur
emprunter là dessus. C'est ainsi qu'on peut expliquer
comment il se fait que la France soit restée prî<
I
(145 )
jiiaqu'i'i présent de la race tics cliovaux arabes. Mais,
quoique dtUéié, le bienfait ne sera pas perdu puur
toujours, grâce à la baule intelligence et à la persévé-
I rance que le général Daumas a apportées au service
de celte cause qui intéresse si vivement noire palrie.n
NOUVEAU VOYAGE DU D' KRAPF DANS L'OUSAMBARA;
D'après son joumat publié par le Cliurch Miuionary
Le docteur Krapf se trouvait en mars 1862 à Fouga,
capitale de l'Ousanibara. Le roi Kméri le reçut fort
bien, et l'autorisa à fonder un établissement de mission
Hur le mont Tongbé. Il s'y procura quelques rensei-
gnements sur les Ouadoé, peuples qui habitent au sud
du pays des Ouaségoua, et qu'on lui avait dépeints
■ comme cannibales; on lui dit que les Ouadoé domi-
saient autrefois sur tout le pays entre les monts Ngou
et la côte de Bouyénj, d'Ouindé et deSadan, en face de
Zanzibar; qu'ils se repaissaient, en effet, de leurs enne-
mis; que les musulmans de la côte, irrités de leurs
crimes, se sont enfin réunis pour les accabler.
ILe docteur Krapf ne put être admis à une audience
de Kméri, qu'après lui avoir offert ses présents, car un
élrangei' ne saurait aborder le roi les mains vides. IL
le dépeint comme un liomme d'une boDté faible , aux
yeux vifs et pénétrants, et livrant néanmoins sa con-
fiance à des magiciens musulmans. Ces imposteurs
(,)VoïeU.s,nM.
VHI. AOVT
.'los d'.iDÙi lit s-epteniiirt
'.T si!p'ri;unRii. 5.
10
( lâa )
qui viennent de la côt<s infestent le pays, et exploitent
les Oiiasanibara. Ceux-ci sont des fumeurs continuels.
Ils se marient plus tard que les Ouanika ; le jeune
homme donne aux parents de sa future un présent de
cinq à six moutons ou chèvres ; les liens du mariage
sont plus sérieux que chez les Ouanika, qui se sépa-
rent de leurs femmes pour le plus frivole motif.
M. Krapf a beaucoup entendu parler, dans ce voyage,
du peuple Masaî, placé dans l'intérieur, et qu'on dé-
peint comme puissant et redoutable pour ses voisins.
Au nord de ce peuple, il y a, dit-on, un lac im-
mense, près duquel habite la nation des Mao, qui
est bien disposée pour les étrangers. (Sont-ils identi-
ques avec les Omao mentionnés dans le journal du
voyage du docteur àTOukambani ?)
Pendant son séjour à la cour de Kméri, le mission-
naire obtint des renseignements intéressants sur le
peuple ^/a, appelé Ouassi par les habitants de FOu-
sambara, et qui ne parait être qu'une fraction d'une
tribu occupant autrefois une grande partie de l'Afri-
que orientale. Il est répandu dans l'intérieur au-delà
du Djagga (où on les appelle Ouandourobbo), dans
le pays de Kinika et dans le Bondei. Les Ala^ adroits
archers, sont de pauvres gens inofTensifs, ne vivent q^ue
de chasse, et parlent un idiome particulier. Les Ara-
bes prétendent qu'ils sont originaires de l'Arabie.
Notre voyageur a entendu dire à un Souahéli, revenu
d'un voyage de commerce à Kapoutei, le principal éta-
blissement des Ouakouafi de l'intérieur, qu'il avait vu
une montagne blanche à sa droite, c'est-à-dire au N.-E.
de Kapoutei; c'est probablement le Kénia ou Kirénia.
Les langues de Paré,.d'Ounghénou et deKizoungou,
( 10 )
d'une part, gI celles de Djîigf;a, d'Aroutlia, deKtihé. di
l'a
nt de
laLogief
Dire elles; elles
I
I
.paraissent loulea appartenir -S un groupe général.
Le kikouaij en diffère enliârement ! les OuakouaH
s'appellent, dans leur propre langue, Logôliî. Ils nom-
menl les Ousaniliara Eidonio, c'esti-à-dire les nionla-
gnards;les Ouaseguua, ^/we^; tes Mas^, Klmangati;
le peuple de Paré, Barrakangu.
Le docleur Krapf rapporte un curieux usage au sujet
des esclaves et des criminels : il y a plusieurs villages
où un meurtrier peut se réfugier sans crainte d'être
poursuivi; il en est de luèiiie dés qu'il a touché la
personne du roi. Si un esclave fugitif est entré dans la
.maison d'une fernuie ou d'un, uniant du roi, eL qu'il
■in t touché l'un des personnaj^es ro^aux^ il est libre;
'Mul&œent le pris que son maître l'a payé doU être
restitua par le vendeur.
Après avoir olitenu de Kiiièri l'autorisalion d'éta-
blir une mission au mont Tungbé , M. Krapf reprit la
ruule de Rabbai. Eu sortant du pays montagneux de
Fouga, il' aurait pu, au dire de son guide, atteindre
efi quatre jours l'embouchure de laPangani âBuuyéni,
par un pays plat et une route directe et facile, n travers
'la région des Ouaségoua; mais, d'a|irè3 le conseil île
son guide, il pi'éféra la route des montagnes de Bou-
deî, pour éviter les demandes- importunes de présents
que font les chefs Ouaségoua. 11 traversa le village de
Mombo, vitdes cantons riches en bananes et en cannes
à sucre, parcourut la belle vallée de Kérenghé. fran-
chit la rivière Louengbéra ( NgUôra ) , puis le désert de
Kérenghé, couvert de hautes herbes, la montagne de
Handei, et arriva au village de ce nom, puis à celui de
( US)
DjoumLî, et jjnrvinl enfin à Pangani, b&lî an milieu tte^
plantations de cocoliers, Je liï el de mais, et composé
principalement de cabanes en pieux couvertes de
feuilles de cocotier, mais où un petit nombre de mai-
sons en pierre s'aperçoivent cependant çà et là. 11
s'embarqua pour Mombaz, où il aborda le là avril 1852,
et quelques jours après il se trouvait à Kî sou loti liait
où la nouvelle maison des missions a été bâtie.
LA BOURSE DE LONDRES,
PAR JOHN FRANCIS ;
rn&DVIT DE l'anglais PAR M. LEFBBVBB-DDRUFLÉ, SÈNATEUH»
&NC1EK UINISTRB DES TRAVAUX PUBLICS. 1 Vol. in-8°.
Paris, 185â. {Analyse sommaire par M. Albert-
MoNTÉMONT, membre de la Commission centrale.)
L'un des objets de la géograpbie politique est dw
faire connaître les richesses des pays lointains , pou!
amener des échanges avec la métropole et augmenten
ses capitaux, ressources sans lesquelles un pays , quel
qu'il soil, ne saurait faire ûeurir son agriculture etsoa)
industrie. Tel est le service qu'ont rendu et rendenQ
tous les jours, aux Llala de l'Europe, le commerce «
la grande navigation. C'est surtout l'Angleterre qui 4
marché dans cette voie de prospérité linancièrc, qui a
eu tant d'inlluence sur ses progrès en agriculture.
Personne n'ignore qu'il se fait, en un seul Jour, à la
Bourse de Londres, à la Bourse d'Amsterdam (1),
(J) Cor
ic je demindaii un jour I iiii linnqiiier it'Amiilerdiini
À
f d'iiiimeiisL's
allai
( U9 )
S (Iwnt la base est dans les produits
;s m archanilises d
lide de ces capitaux que l'on Toit s'accomplir des
-éprises colossales, auxquelles, saos ce secours, on
n'eût jamais songé. D'une autre pari, des spéculations
hasardeuses ont amené quelquefois de graves consé-
quences, contre lesquelles la prudence ordonne de se
prémunir. Il n'est donc pas sans intérêt pour les lec-
teurs français de prendre connaissance d'un nouveau
livre publié en Angleterre, et qui a fait sensation à
Londres. Celte intéressante publication vient d'être
transportée dans notre langue par un ancien ministre
des travaux publics et du commerce. M, Lefebvre-
Duruflé, membre de la Société.
La Bourse lie Londres est un essai anecdotique,
historique et moral qui, sans descendre dans les pro-
fondeurs de la science, mais aussi qui, sans en né-
gliger l'exactitude et les principes fondamentaux, a
pour objet de faire passer dans l'esprit du plus grand
■ nombre la connaissance générale des choses, d'y sus-
citer de sages réflexions, et de réveiller ou d'entre-
tenir dans les cœurs les sentiments honnêtes et les
instincts généreux.
L'auteur anglais caractérise lui-même son livre dans
^^ les termes suivants: «Réunir les incidents les plus
^^t remarquables qui se rattachent à la dette nationale ;
^^L présenter le tableau anecdotique des causes qui l'ont
^^m rendue nécessaire, et celui des corruptions qui se sont
^H accrues avec elle; retracer ses principales phases;
aEfaiia) allaient bien, si la Bourte a'
[ La journée a été niédîoei'e, on s fait poui
il élé bon
it réponilil •
160 )
i-odii
> par les loteries; raj
ont enlravé.
khi
ippelei
l'éta-
peindre los i
les (litricullés
bliasement des cliemins de ler ; signaler aux yeux
du puLtlc les déceptions de ces l'iuprurits insensés;
grouper enfin toutes ces matières autour des opérations
Je la Bourse : tel est le sujet de ce livre. I,a Bourse de
Londres, ajoute l'auteur, est un tableau populaire d©
la puissance financière de l'Angleterre, que l'c
cherché h rendre l'IIS fois intéressant et inslructif.
Tel est le but que s'est proposé H. Francis. Le tra-^*
ducleur a eu aussi le sien, il lui a semblé qu'en pré-
sence de la fitïTre d'argent qui travaille notre époque,
et que sous l'influence de la fureur de spéculation qui
pénètre chaque jour pliis avant dans les divers rangs
de la société, il serait utile et bon de présenter à la
France le tableau de ce même fléau chez une nation
voisine.
L'Angleterre en est aujourd'hui à son vingt-huitième
milliard de dette ; elle y fait face par l'immense dé-
veloppement do son industrie et de ses entreprises
commerciales, et par l'étendue de ses conquêtes. Il ne
faut pas se le dissimuler, dans tous les pays et dans
tous les siècles, comme l'observe M. LeFebvre-Duruflé,
c'est toujours au travail qu'incombe la tâche de répa-
rer, à ta sueur de son Tront, les erreurs ou les folier
financières.
Dans une savante introduction, M. Lefebvre-D uni-
fié passe en revue ces épidémies morales qui se manî-'
Testent chez les peuples et qui les envahissent à certai-
nes époques, comme le font la peste et le choléra, et
qui ne disparaissent qu'après avoir fait, comme cerf
fléaux, d'innombrables victimes. De ces maladies d<t
4
( m )
l'esprit et du cœur humain , la fièvre d'argent est sans
contredit une des plus funestes et des plus incura-*
blés. En 163A, se produisent en Hollande toutes les ex-
travagances de la tulipomanie ; en 1Ô9A , l'Angleterre
voit surgir la fureur de la spéculation que termine la:
catastrophe de Texpédition de l'isthme de Uarien. En
1718, la France est envahie parle système de Law et
la compagnie du Mississîpi. En 1769, point à Londres
Tère des Nababs ou gros négociants revenus de llnde
avec d'immenses richesses. En 1772, éclatent des ban-
queroutes et la rage des loteries ; et en 1845, la mono-
manie des spéculations de chemins de fer, qui, depuis
n'a fait que s'augmenter.
Ainsi que le remarque si judicieusement M. Lelebvre-
Duruflé, il a fallu de longues années et une lutte
acharnée des bonnes passions contre tes mauvaises,
des vrais principes financiers contre les plus déplora-
bles aberrations de l'agiotage, pour faire proscrire les
loteries et jeter la lumière sur les emprunts.
On échapperait à bien des projets ou calculs péril-
leux, si l'on se rappelait ces vérités si simples et si
dignement reproduites par l'un de nos plus célèbres
économistes, J.-B. Say, savoir: que le crédit n'est rien
autre chose que la faculté qu'un individu, une com-
pagnie ou une nation ont de trouver des prêteurs;
que pour être prêteur il faut avoir des capitaux, c'est-
à-dire des valeurs liquides, réelles, immuables^ mises
en réserve et disponibles ; qu'on ne peut pas impuné
ment substituer à ces valeurs immuables, des valeurs
variables et susceptibles de dépréciation, à ces valeurs
liquides et réalisées, des valeurs litigieuses et d'une réa-
lisation lente ou incertaine, des valeurs à recouvrer et
( 152 )
dont on n*cst pas absolument maître, à des valcui^
mises en réserve et immédiatement disponibles, w
Quel empressement, ajoute M. Duruflé, les peuples
ne mellraienl-ils pas à seconder les gouvernements
dans leurs efforts pour éviter les emprunts ou pour
les réaliser sans sacriGces, si chacun avait toujours à
la pensée ces autres axiomes de M. Say, que les em-
prunts faits parles gouvernements, quelques cas bien
rares seuls exceptés, ont pour résultat inévitable la
destruction du capital emprunté, et qu'ils appauvris-*
sent un État, puisqu'ils le grèvent d'une rente et le
privent de toute la valeur du principal qu'ils consom-
ment!
LE ZÉITHUN DU TAURUS.
M. Victor Langlois a donnée dans la Revue de VO"
rient ^ d'intéressants détails sur les populations armé-
niennes du Taurus. Il a décrit, entre autres territoires ,
le Zéithun t pays élevé et formant un plateau situé
entre 3i* et 35** de latitude et entre 38* et 39» de longi-
tude; les limites en sont, au N., le Taurus cataonien ;
au S., le versant septentrional des montagnes dont la
base est baignée par le Pyrame; à l'O., le Karmès-
dagh et, à TE., le cours du Pyrame. Les plaines du
Zéithun sont désignées par les noms d'Archiche-Ova
et de Suthaly-Ova. Des afQuents du Tekir-sou ar-
rosent ce territoire , qui est d'une fécondité remar-
quable. Protégé par des remparts de rochers, et ne
pouvant être exploré par les étrangers, que les habi-
tants repoussent, le Zéithun est très peu connu. Le
( 153 )
père Indjili, abbé des Mekhétaristes de Venise, était le
seul qui jusqu'à présent eût donné quelques rensei-
gnements sur le Zéithun, dans sa géographie en langue
arménienne, imprimée en 1806 au monastère de
Saint-Lazare. D*après les témoignages que M. Langlois
a obtenus , dans son voyage en Cilicie, de la bouche
de Zéithuniotes et des moines du monastère patriar-
cal qui avaient habité le couvent de cette contrée , le
Zéithun se composerait de 3000 maisons arméniennes
et de 20 maisons turques seulement. Les habitants ,
laboureurs, forgerons et marchands, sont imposés, sur
les registres de l'impôt provincial , pour 30000 pias-
tres (de 6 à 7000 fr. ); mais, comme le pacha d'A-
danaet deMarach, de qui ils dépendent nominalement,
les a chargés de protéger les caravanes des voyageurs
se rendant à Marach par un défilé situé dans le voisinage
de leur territoire, ils sont censés s'acquitter, au moyen
de cette protection, de la somme imposée.
Le Zéithun n'est plus ce qu'il était avant l'occupation
de la Garamanie par les Égyptiens. Les beys turco-
mans de la tribu de Kussan-Oglou, qui, d'accord avec
les Arméniens, résistèrent aux armes d'Ibrahim-Pacha,
se sont rendus suzerains des tribus arméniennes du
Zéithun et d'Hatchin, dont les territoires sont enclavés
dans les États de Kussan-Oglou. Ce chef profita de la
retraite des Égyptiens et de l'anéantissement de Tart-
inée ottomane à Nésib et à Ronieh, pour affermir sa
domination sur les tribus arméniennes et turco-
manes du Taurus; il se réserve particulièrement le
droit de sanctionner l'élection des quatre aghas cbré*
tiens du Zéithun.
( lU )
INSTRUCTION PUBLIQUE DE LA FRANCE.
Circonscriptions académiques établies par le décret
impérial du 21 août 185A«
f
SIÈGES DES ACADÉMIES.
DÉPARTEMENTS
COMPRIS DANS LES ACADiVICS.
Aix.
Besa&^obi.
Bordeaux.
Gabv.
Glermort.
DuoR.
.Douai.
Grenoble.
Basses-Aines.
Bouches-du-Rhône.
Corse.
Var.
Vaucluse.
Doubs.
Jura.
Haute-Saône.
Dordogne.
Gironde.
Landes.
Lot-et-Garonne
Basses-Pyrénées.
Calvados.
Eure.
Manche.
Orne.
Sarthe.
Sei n e-In férieure.
Allier.
Cantal.
Corrèze.
Creuse.
Haute-Loire.
Puy-de-Dôme.
Aube.
Côte-d*Or.
Haute-Marne.
Nièvre.
Yonne.
Aine.
Ardennes.
Nord.
Pas-de-Calais.
Somme.
Hautes' Alpes,
Ardècfae.
Drôme.
Isère.
'
( «6»)
C 16(5 )
TÂT DES SCIENCES CHEZ I.ES JAPONÀIST"
Dans la dernière séance de la Société des scieni
naturelles de Bono, M. de Siebold. l'auteur de ce grani
ouvrage sur le Japon, que tout le monde connaît, a
un mémoire sur Vhtnt des sciences chez les JaponattJ'
Il commence par faire voir comment les sciences
les artspénélrèrentducont'mentd'Asie parla prcsqu'l]
Korai (la Corée) dans le Nipon (Japon), sous le
vert de la religion et de la morale de Confucius,
date de cette aurore litléraire doit Qtre fixée de l'aj
219avant J.-C.à l'année 510 de l'ère clirélienne. Dj
le principe, les indigènes croyaient reconnaître quel
que chose de divin dans les formes étranges et incoi
nues des objets qui se présentaient à leurs regarda'
ainsi une racine difTorme, une pierre extraordinaire,
tm crapaud bizarre, etc., causaient leor étonnement
et leur respect. Les nobles et les riches, qui soignaient
leur précieuse santé, allaient chercher eux-mêmes les
herbes salutaires importées de la Chine et recomman-
dées par les médecins; ce qui fait comprendre cette
phrase insérée dans les annales de Nipon, sous la
date de 611 : « Aujourd'hui le mikado (souverain) a
fait, avec toute sa cour, une chasse aux herbes. » L'ou-
vrage d'histoire naturelle en langue chinoise, Pen-tsa,
imprimé vers l'an 1107, servit de modèle aux savants
de l'empire Japonais,
La collection de manuscrits concernant l'histoire na-
turelle rapportée cnEurope parM.de Siebold, se monte
à plus de cent, comprenant quelques centaines de VO'
lûmes. Afin de donner aux membres de la Société uaj
ug^^J
( 167 )
idée exacte do
ûlal d<
les sciences
au Japon , l'auteur
fit passer sons leurs yeux un choix de livres, de dessins
et de manuscrits, entre autres une carte de l'empire,
indiquant toutes les montagnes et les volcans, due à
l'artiste Bunlsjo, qui s'amusa, durant sa vie, à visiter
et à dessiner les innombrables élévations de terrain
dont ce pays est parsemé. Les savants géologues qui
assistaient à la séance ont beaucoup admiré ce travail.
Fendant ce temps, M, de Sîebold leur raconta que les
Japonais avaient adopté autrefois le système de leurs
voisins, d'après lequel les objets de la nature sont di-
yisés en pierres, herbes, arbres, insectes, poissons,
mollusques, oiseaux et mammifères. Les anciens livres
pour le peuple sont conçus, disait-il, d'après l'ancienne
méthode chinoise.
• Mais les naturalistes actuels connaissent les systèmes
^K des savants d'Europe; celui de Linné, par exemple,
^H*^ést Fort ré2>andu, et l'édition du célèbre botaniste, par
^H llouthyn, est entre les mains d'une fuule de Japonais
^H 'instruits. Dans ces derniers temps même, on a traduit,
^H 'BOUS la direction de M, de Siebold, la Florajaponica de
^^ Thunberg, et on l'a éditée avtc les gravures sur bois.
Ses élèves ont, de concert avec les plus célèbres natu-
ralistes de l'empire, fondé, à Owari, une société qui
a fait paraître trois volumes de dissertatioDS,
Parmi les livres et les dessins de botanique présen-
tés à la Société, on s'est arrêté surtout à un dictionnaire
d'histnire naturelle contenant les dénominations en
chinois et en japonais de 5 300 objets, sur une des-
cription, ornée de gravures fidèles, de toutes les plantes
utiles, sur un calendrier des fleurs, sur des monogra-
phies des plantes qui ne servent qu'à l'ornement, et
( 468)
sur un livre très remnrquablij de loutea les productidil^a
à feuille» bigarrées {foliU iiatiegatis). On admini aussi
liâKLicnup une /lore d'une lie des Kouriles, composée
par le oiôdecin impérial P&gurag;awa ; enrin. pour
terminer, l'auteur déploya une vaste carte représentant
lamine d'or de Kinsan, avec la manière de fouiller
U sol pour en extraire le précieux minerai, ainsi que
les ouvriers qu'on y emploie.
[Jnurnal général de l'Instruction pitbliquat^
NATURALISATION DE L'IGNAME-PATATE
DE LA CHIKB.
La Dioscorea japoiiica importé en France par M*.
Miinligny a été mis en expérience au jardin des plantes,
et de \à a passé cliei plusieurs horticulteurs, qui l'ont
faitligurer avec avantage dans nos expositions d'agri-
culture. M. Uecaisue, professeur de culture au Muséum
d'histoire naturelle, a étudié avec soin ce tubercule;
il le considère comme nouveau pour les botauisles, et
il le qualiGe du nom à' igname-patate, qu'il croit mieux
approprié, à ses caiaclères. De l'avis de M, Decaiiine,
dont nous résumons les ubscrvutiuns sur ce sujet
aucune des plantes préconisées depuis quelques an-
nées, comme devant remplacer la pomme de terre,
ne saurait entrer en comparaison avec l'igname-patate.
Pour qu'une plante nouvelle ait chance d'entrer dans
le domaine agjicole, elle doit remplir certaines con-
ditions sans lesquelles la culture n'en serait pas pro-
fitable. Il faut d'abord qu'elle soit déjà domestiquée
^u«e I
( 159 )
Rlpielque part et qu'elle s'accommode du climat. Il faut
jile qu'elle passe, en peu de temps par toules les
phases de son développement, afin de ne pas entraver
les assolements dont la marche doit être régulière; et
enfin, chose indispensable, que ses produits aient une
valeur vénale, soit sous une l'orme, soit sous une
autre. Si celte plante esl destinée à l'îilîm enta lion de
l'homme, il faut encore que son produit ne heurte pas
tes goûts et les habitudes culinaires du pays où l'on
essaye de l'introduire. L'igname do la Chine satisfait
à toutes ces conditions: elle est domestique depuis ud
temps imméiuorial ; elle est parfaitement rustique sous
notre climat ; sa racine est volumineuse, riche en nia-
lière tiulritîve, déjà mangeable crue, d'une cuisson
facile, soit dans l'eau, suit sous la cendre, et sans autre
iBveur que celle de la fécule. C'est un pain tout fait,
rau même titre que la pomme de terre, et mieux que
Rpatate. {Journal général ilcV InitructioK publique.)
EXPÉDITION DE L'AFRIQUE CENTRALE,
PUBLIÉE PAU U. AUC. PETEHUANN.
(aRUISB Ftn H. iOUlBO.}
La Société de géographie a reçu, il y a quelque
temps, de son correspondant, M. A. Petermann, un
ouvrage relatif à l'Afrique i;en traie et du plus liant
ÏQlérôti cet ouvrage résume les découverlea faites par
l'expédition Ricbardson pendant les années 1851 et
suivantes; il se compose de trois parties : 1" relation
abrégée de l'expédition ; '1° une carte des pays de
l'Afrique du nord, entre Tripoli et El Ghàt; 3° une
irte dos
( lao )
itîs (lo l'Afrique centrale.
iud du làl
Tsad (ou Tclind) tlu 15* degré au ô" degré nord. Une
e de l'e
ieinbJc des n
r les (1
planche d
vojugeui's contient leurs portraits. La nouveauté du
sujet a engagé la Société à donner, dans son Bulletin,
un extrait de cette dernière carte en la réduisant à
moitié; c'est un travail dont s'est acquitté avec soia
M. Malte-Brun ; poui' l'intelligence de cette carie, je
donnerai une analyse de l'ouvrage entier et je la ferai
suivre de quelques remarques. Le titre est : -^/i account
oftke jirogress of'the expedilion ta central AJnca, per-
formed by oi-der of Her Majesly's foreign office iinder
M'i.' Richardson, Barth , Oveiweg and Vogel , in tke
years 1850, 1851, 18&2 andX^bZ, consisUng o/ maps
and illustrations , n-ith descriptive notes, constructed and
conipiledjrom officiai and private materials by Aagustuê
Peterinann (1).
La relation sommaire des explorations des différents
voyageurssecoraposedequatorzegrandes pages in-folio
à deux colonnes, en caraclères très serrés; elle est pré-
cédée d'une courte introduction dans laquelle M. Au-
guslus Petermann fait connaître au lecteur que le
comte de Clarendon a mis à sa disposition les maté-
riaux originaux et la carte envoyés, en 1853, par le
docteur Barth, auxquels le savant géogra|>be a ajouté
les documents parvenus en Angleterre aux époques
précédentes; et il fait remarquer modestement que la
publication complète des journaux du docteur Barth
pourra, seule, un jour, donner une idée juste de l'ex-
pédition et de ses résultats ; de manière, dit-il, qu'on
ne doit considérer la présente publication partielle
(i) Loniloii, iS&4,in-fnlia
J
( 161 )
! comme un avanl-goût de la future relaliou, un
fragment ofTeit au lecteur pour satisfaire la curiosité
et l'empressement que le public a témoignés à ce
sujet depuis l'origine du voyage.
Personne n'ignore que James Richardson, avant
l'entreprise de 1849, avait fait remarquer sou intelli-
gence et son dévouement dans un premier voyage en
Afrique, heureusement accompli : il avait visité, en
1846 et lSA7,Mourzouk, l'oasis de Gbât ftGhadamès.
Deux savants allemands , Henri Burtli et Adolphe
' Ovcrweg, lui furent associés sur la recommandation
du baron de Humboldt et des professeurs RiHer, Rose et
Encke : le premier comme historien, antiquaire et phi-
lologue, le second comme naturaliste elpiincipalement
( géologue.Ceus-cl se mirent en route dèsle 2 février 1850,
1 se dirigeant sur les monts GUarian, laissant à Tripoli
, James Rîcbardson occupé des préparatifs. La chaîne
vdu mont Gharian est élevée de 2 0O0 à 2300 pieds
. anglais au-dessus du niveau de la mer. On n'aperçoit
pas de formation volcanique avant celte partie de la
chaîne qui est au sud de Tripoli. La haute montagne
de Tekut, haute de 2 800 pieds, est un vaste cratère
» éteint. Ils trouvèrent le pays, vers hi mer, d'un aspect
riche et fertile, planté d'o!ivi(,-rs, de figuiers et de dat-
tiers, avec une végétation luxuriante : cependant ils
éprouvèrent, une fois, un froid de 2ti degrésFahrenheit,
environ 3 degrés et ^ ceoligr. au-dessousde zéro. A
I cette même époque, l'eau gela à iVluur/ouk à un doigt
d'épaisseur (1).
■(.;
dans
(i) A une lalltude plus inévidionals
, dans ta taule Égypie et eu Nubie, il
•ur les grands plateaux, (
VIIJ. AOUT ET SBPTEMBKP,.
J_
( 102 )
Lq seconde excursion est coIIp des lioux voy
réunis celU- fois ft M. Rîrliiudsiin, l'ntre Tripoli et {
merj^ou, d'avril 1850 A ianvier Jijlôl! elle corn prend ^
tiil liésert. r.
de aU cunmeaux, avec hi
au Bornou et au Mnnda
directe de Mourzouk, mi
coinpi
lucoup de noirs relournant
I, On no Buivit pas la route
3 on 60 porta à l'ouest, par
Air, jusqu'à Kano, te giniid marclii^ du Soudan. Apriis
avoir visita quelques antiquités romaines, on travsrsa
le grand désert de Hamada, de 110 milles géogf. d'é-
tendue, plateau élevé de 2 000 à 2 600 pieds; enfin on
revint sur Mourzouk le 6 mai. Le chef louaiik, Natîla
{l'ami lies Ânghih], le même qui avait conduit à El
Ghftt, Uudney et CJapj)£rlon en i%'2,h , vint riijoindre
l'e:ipédilion. On sait que le Fcxian, comme tous les
territoires fertiles du Soudau, peut douni^'r deux ré-
ooltes ]tar an, blé et mais; on a donc lieu d'être
étonné que ce pays ne renferme quu 26 000 habitaalB.
Entre Mounouk et El Gliâl, dans la vallée de Uélisaai'éli,
sont des rocUers sculptés, aussi curieux qu'ancians,
que les voyageurs ont comparés aux bas- reliefs
d'Egypte, et qu'ils croient appartenir à l'Iiisloire de
l'antique Libye; plus loin, ils découvrirent un cbemiti
taillé dans le roc, des souterrains avec des sièges prati-
qués àe chaque côté, et Dne sorte de tunnel. Ce qui n'est
pas moins extraordinaire, c'est le PaiaU des démons,
consistant en montagnes qui ont l'apparence de châ-
teaux en ruine, objet de la superstition des habitants,
qui redoutent môme d'en approcher. Le désir de voir et
d'observer ce curieux aite a, plus lard, coûté la
9if. Vuyes ud mémoire si
lu par mai a l'AcadétBie
(163 )
I.BU chef de l'expédition. Le iiiallieureuxJameslticbard-
I ion resta seul dans ces lieux désolés, séparé d'Overweg,
let il succomba à la chaleur, à la fatigue, à la soif.
I Selon les Toiiariks, on ne peut vivre plus de rlouze
I heures, quand on sa perd dans le désert et qu'on
I manque d'eau ; lui avait souffert pendant vingt-huit
Ib«upe8 cette hnirihlc torture de la soit jusqu'à boire son
I propre sang. On avait été deux jours à |i? chercher;
a Touarik onfin l'avait découvert à 8 nii/ies ilit cnm^
!wi»e/it, épuisé , sans niouvonitnl, couché sur le sol.
■ dans la même position depuis vingt-quatre heures. Il
■ put, cependant, être ramené, placé sur son chameau
|el arrivur à Ghât dans un triste état.
1 n'y a plus de dattiers passé Gassawa, deux jours
uiest de Mourzouk. On connaît l'oasis de Gliât par
'oyage du docteur Oudney : elle n'u que 3 milles
ftd'élendue; la ville chef-lieu est petite. On ne voit pas que
I voyageurs nient recueilli là des notions touchant
^Hdiome libyen, dont cependant il y existe des fragmenta
éprils, et qui est parlé par les TouariksdeGhât, beaucoup
plus que l'arabe (1}. Il est vrai qu'ils ne sont resléi h
Ghât qu'une semaine. Sortis de cette oasis, ils entraient
dftns nne terre totalement inconnue aux Européens.
Il faut lire, dans la correspondance de Ricliurdson.
l'impression causée sur leur esprit par cette situalinn
nouvelle. Nul chrétien, avant eux, n'avait foulii ce pays ;
fanatisme, ignorance, climat, tout étail à redouter pour
mx. Les pillards Touariks attaquèrent ou menacèrent
I passage Je J, KicliarJaun à farU, l<iriji|ti'il voulut
Jar qaelqUM noies pour son voyage, j'aTaîs, riitre
, donnd îles indicnljonii lauclinnl Mt inl^mSHnl
C 164 )
continueilemetil leur i
ils atleij^nircnt lalatitudc des pluies tropicales (1) et bi«
!.Apri
n des épreUTÇI
ifit le rova
B d'Air ou Asben. Là i
Dt:itLeintSé!ouIjyéb,i
lesatlcndail:avanlqu iIsciissëdI :
troupe de cent hommes, provoquée par les marabouts,
s'opposn à leurpaHsage à moins qu'ils n'enibriissassent
l'islamisme. Après bien des tribulalious, il fut convenu
que le sultan En-Moor prononcerait sur leur sort. C'est
un prince puissant, il les prit beureusemcnt sous sa
protection et leur envoya une escorte. Le A de septem-
bre, il les reçut en audience et accueillit leurs présents,
mais les laissa sans provisions, exigeant au contraire
mille dollars; une nuit des voleurs les attaquèrent.
Enfin , lUcbardson fut admis ù lui proposer un traité
d'amitié cl de commerce avec l'Angleterre, qui fut
accepté. Lu séjour fut assez prolongé à Tintellous pour
se livrer It plusieurs observations sur le langage des
natifs et les autres sujets de recherches; pendant ce
temps, le docteur Oveiweg faisait de ta médecine, et
le docteur Bartb faisait une excursion à Agliadez,
capitale d'Air, à six journées de In. Le 2 novembre on
se mit en route pour le sud.
Le pays que traversa le docteur Barth est remar-
quable par la plus riche végétation et les plus char-
mants passages. La citlture y est soignée. La chaîne
deDoi^cm a à 000 ou 5 OOOpiedsde haut. La ville d'Aglia-
dez a 7000 ou 8000 habilanls,c'était une ville florissante
au temps deLéon l'Africain avec 50000 à 60000 habi-
tants; on y parle le dialecte emghedesie, le même
(i) ao dfgrës selon la caret de M. Pet.
bla parlée ti
,,.= „. pim
■S cominejttent fi le f.iit
( 165 )
L qui est parlé à Tombouctou. L« docteur Baitli l'ut liîen
[ traité par h nouveau sultan qui lui donna clos recom-
lloandations pour le Soudan. Il a rapporté de ce
I Voyage dans le royaume d'Air, si peu connu, une foule
[ d'observations nouvelles et curieuses, dont une partie
inlionnéc dans la relation que j'anaivse eu
l ce monienl. Le royaume d'Air a environ 4 dcfçrés
d'élcndue au sud du 20° degré de latitude, et 3 degrés
Là l'est du li^ degré à l'orient de Paris. La population est
liTalui^e à 6i 000 habitants; celle d'Agbadez à 8 000.
I Le pays peut mettre en campagne 15000 hommes de
guerre. Le point central de la chaîne de montagnes a
une élé?ation de 5000 pieds: on l'appelle le mont
Dogem. La constitution géologique est de granit et de
jrès, traversés dans le sud par des cônes de basalte.
Ce climat est sain; la saison pluvieuse dure du milieu
d'août au commencement d'octobre. La pluie tombe
rarement la nuit, les averses viennent généralement
l'après-midi; la matinée est sèche et chaude. Le doc-
^^L.teur Richardson, dans sa correspondance, décrit
^Brd'une manière pittoresque un violent orage qui eut
^^Klieu, le 30 aoùl, à Tintaghoda, et lel que les habitants
^^•li'en avaient pas vu de mémoire d'houjme. ii Jusqu'ici,
^^pdit-il, nous avions à combattre la chaleur et la soif;
aujourd'hui, il Faut lutter contre les torrents et les
inondations. » On cherchait à se prémunir par des
digues contre les eaux débordées; mais les Ilots les
» renversaient et les surmontaient; le docteur, retiré
Bvec sa caravane sur une sorte d'Ile, observait pendant
ce temps le caractère et les dispositions des Africains,
fort peu soucieux de ce déluge pour leur compte, mais
■ assez contents de voir les infidèles punis de leur au-
1
( 166 )
dnCL' i>or /n vengeance liiii'ne. Les eaux s'élevaient
monienl en momcni. Il en était venu à calculer
combien (i« poncea il Ben fnlliiit que les voyafçeurs.j
fussent noyca, en combien de (i?ni^s serait atti
par les (lois ce nomliie de pouces, puis si i'oii poun
g&gnei' la rive à lu iiii|^e, ubaiidonnant tous les bagaj
de l'expédition. Enfin, lu crue s'arrëtu et l'expéditioa
fut sauvi^^G, Il faut lire dans récrit de Kicliardson, que
cite M. Pelerrnann, la description de cet épouvantable
orage, niosi que toutes les remaïques rclalives au cli-
mat, aux vents régnants el aux antres pliénomënes mé-
téorologiques. La publicûlion complète de ces observa-
lions sern d'un faauL intérël pour les physiciens, comme
pourlesgéograpbeset lesnatLii'fllistes.quîy trouveront,
en outre, de.s détails sur les arbres, les fruits, les vé-
gétaux, les divers oiseaux et les autres auimuux d'Air.
Partis, le 12 décembre 1850, du campement de Tin-
Teggana, les voyageurs arrivèrent ù un grand rocher
élevé de 1 600 piuds au-dessus du sol, ibrmè de grès
que surmontent des prismes réguliers de trachyte à
qualie ou six faces, di; 2 à 5 pieds de diamclre: le
désert où ils mercbaieiit est quelquefois couvert de
débris de loves gl de scories volcaniques.
Leur entrée dans le Soudan coïncide avec le com-
mcnceuient de l'année 1851. Ils trouvèrent alors force
provisions: moutons et bœufs, autruches, gaielles et
girafes, leur étaient noienés en abondance; la chair
de ce dernier animal ressemble â celle du hœul'. Les
indigènes sont fori occupés à la cliasso des girafes.
Le 7 janvier, on campa à Tagelal, dépendant de Da-
mergou, pays limitrophe du Bournou : la capitale
est Olaloal, par envii-on là degrés ^ de latitude. C'est là
J
qu'il fiil
( i«')
que les voyiigoui
B Hé|»a feraient
pour es(]lorei' le Soudan le pitis possible, eD prenant
Kouka pour point do rondeï-ïous; Ricliardson se tliiî-.
^eait sui' Zindei';IJarlli, sur Kalcbna (ICachnali) etKano;
Overwefî, sur Gouber al Marîndi,
Le troisiëiue voyage est celui de RicliardBoni de Da-
merf^ou ù Li)(;urutua. il traversa une iiiimensa (otèt
qui sùpare le paye du Damerguu au Bnurnoii; ell^ a,
20 milles (;éo)^r. d'éleiidua, Kinder eiil une grande villo
bien situëei où Al. Ricbardson reçut le muillsur accusil.
CfttU province a appartenu altcniallveuigtit au pays d^
flou&sa et à celui de itoi-Quu ; anjourd'ltui lilje d^peoij
du dernisr. Ziiider i^st le cbeMiuu i le pays cul lui-liie,
mais il esi peu cultivé ; la pupulation pst d'humeur
indolente el ne liiu poinL paili de la ricliessa du sol
Richai'dsou a ubservii iivec grand soin , a ï^indei' , la
ti'îsU quefilion de l'o.^clavuge : k Kano, le grand map-
ahé (J'i^sclaves, dus niitiiers de ces luullicureuK soDt
écbangés contre loutue sortes do maieiiândisus de
I l'Amérique, ariiidâ. puu.lre, rliuui . Étoiles, etc.;
U'auti'e pari, un voit â luut inslant des scènes sangui-
UBires: sur un seul point, le voyiignur a conslalé qu'il
aavait, louG les an», deuxàlivis cents exécnliuns capi-
PMlufl- 2ind^ compte, selon lui. 10 OÛO liabilanis et
liinâ force iiiililaire de âOOO cavaliers, avec h 000 ou
1^ 000 archers. Jl n'y a que lu conquête, dit-il, qui
glisse mettra u» tenue ù ces airocités. Le S lévrier, il
se dirigea à l'est sur Kouka. Gusnmaiia ust le derniei-
endroit où il ail éci it son jnuriiul, le 21 février ; il suc-
combait le h mars à Cngurutua, •\ six jours de Kouka>
détail des dernière instants ila l'inJorUiné toya^eur
^té terit pai' le docttur Bar*!^-
...-Jà
(16S)
Quatrième excursion, — Voyage du docteur Barth4
Damergou à Kouka par Kano. A partir de Tagelal, Il
voyageurs s'étaient séparés. Le docteur Barlh se por|
direclcmonl au sud-ouest sur Kalclma chez les Fell^
tali, de là à Kano par une roule plus :'t l'nuest c
celle qu'avait suivie Clapperlon. Celte ville, dit M. i
termann, est le Londres du Soudan. liarlh y dein^o:
loul le mois de février, et put réunir beaucoup d'il
formations sur le pays du Houssa. Le territoire de Kaw
est des plus fertiles et admirablement cuilîvé. Sachi
la langue delloussa, le docteur Barth a pu interrof
les habitants sur tontes espèces de sujets. Le sultd
actuel de l'empire des Fellatab, résidant à Sakatou, j
ben-Bello (Hla de Bello), a le litre d'émir cl Monmenid
il peut mettre en campagoe 10 000 liommes de i
lerie, et au-dessous de lui sont douze autres .
tans, gouverneurs de provinces, qui possèdent jusqi
S0 700 cavaliers. Le plus puissant est celui de KaOJ
qui en possède 7 000. Les autres résidences sont celtn
de Yakoba, Zegzeg, Yola dans l'Adamaoua: Had^H
Katchna, KaCagouni, Mesaur, Naenawa dans la pM
vînce deMarmarj Sbera, Boberu et Dauia. Il raut4
ajouter lu résidence de Bakura, province de Zanfsrrfl
dont ie gouverneur, parent d'Ali, a les mêmes droil
et possède 3 000 à iOOO cbevaux, el encore le;
importantes provinces de Nou fi et Yauri; mais celles-^
ne payent pas tribut au sultan de Sakatou. La rén
dence d'Yauri est à Afasa, celle de Noufi à Ladi ; l'a
cienne, du nom de Rabba, a été détruite par les F^
latab en ISAS.
Le 5 mars, Barlh partit pour Kouka. C'est en roull
qu'il apprit la mort de Richardsun, et il fit toute fa
I
{ 169 )
pour se rendre sur les lieux, recueillir les papiers de la
mission et se mellre en mesure de la continuer; puis
il arriva, le 2 avril, â Koiika, y trouva des lettres
d'Europe etun excellent accueil du cheikU deBournou.
La mission était dans une fâcheuse situation : ses res-
sources épuisées i\ Kano, Richardson mort avec des
dettes, Overwegalisent, il y avait de quoi décourager
l'homme le plus énergique ; mais son zèle enthousiaste
et sa force de caractère le soutenaient dans cette cruelle
épreuve. Le 23, en attendant le docteur Overweg, il Gt
une excursion le long du lacTsad, jusqu'à Anf;ournou,
la moitié du temps dans l'eau jus-ju'à la selle de son
cheval. Du côté du fiournou, le lac n'est qu'un marais
dont la partie niivigaliie est le profond canal qu'y a
creusé la puissante rivière du Schari. Enfîn , le 7 de
mai, Overweg arrive à Kouka, et les voyageurs con-
vinrent de leurs explorations ultérieures.
Cinquième escursion. — • Voyage d'Overweg de Da-
mergou à Kouka. Le docteur Overweg, afin de visiter
Gouber et Mariadi, pays indépendants entre Dnmergou
et Sakalou, su porta plus à l'oueit que les précédents
explorateurs. Celte partie de son journal de voyage est
malheureusement dans un état tel qu'il est bien diffi-
cile d'en tirer parti. Le chef-lieu de Mariadi et Gouber
est à 1 3° â6' de lat. nord, 6° 20' de long, est de Paris
(100 milles géogr. E.-N.-E. de Sakalou). Les habitants
sont restés païens, exception presque unique dans
cette partie de l'Afrique. lia ont secoué le joug du sul-
tan des Fellalah , environ quinze ans après la con-
quête [qui date d'un demi-siècle), et toutes les forces
du sultan ont échoué devant leur résistance; au con-
( tTO )
tVBire, ils «e «ont einjiBrés de la province de ï^amfra||
ces liorames sont de race énergique el inlellif^eDlai^
OverWeg, sacLant leur langue, a ctuilié leur pays, leuriln
usages, et leur a fait apprécier la civilisation euro»4
penne : ces gens comprenaient tout, excepté qu'nA I
homme ne pAt avoir qu'une femme. Coiuino médecioy.^
Overweg était fort reclierclié, mais la couleur de softJ
teint inspirait de l'aversion , et les enfants , dès qu'itAT
l'apercevaient , poussaient des cris de frayeur Atfl
fuyeient. Enfin le doclenr arrive le 25 mai à Zinder| f
c'est lù qu'il apprit la mort de Ricliardson, et la mala* *
die de Barth à Kano ; heureusement il le retrouva hiefà j
portant à Kouka, le 7 de mai.
Sijiome excursion, — Voyage du docteur UartU
Yola, du 29 mai au 22 juillet. Ce voyage est le pli
imporlant parmi Iouk ceux de l'expédition. C'est
première fois iju'un Européen a mis le pied dans
pays d'Adamaoua, connu de nom seulement, et doi
les vit! es. encore plus inconnues, erraient, pour ainsi
dire, sur la carte d'Afrique, Le dacleur Barlb partit
avec un kashella nu capitaine donné par le clteikli d«
Bournou, et Mailem Kaheiy d'Yakoba, qui avait long-
l«liipe résidé Â Yakoljat ainsi que plusieurs servileursi
On traversa ries pays rîclies el peuplés, le district d'Uje,
leplusl'erlileet le plus beau du Bournou, dit le docleuri
les villes de Mabaiii, Kasukula, Maidu^uri , Yeri-
nifii'i, etc. Les MargUis, liomints belliqueux, sont res-
tés païens, ils adorent des rociiers. Quand un vieillard
, meurt. Ils célèbrent une fête; si c'est un jeune bomme,
ils se livrent à la daule>ur. Le pays renferme d'épaisses
f«rèts> oi «bundsDt les élépbanls> Â Lje. Je docteur
I
-( 171 )
aperçut la belle chaîne du Mandara. On se rappelU
la description qu'en a donnée le major Denfaam:
selon le docteur Barth» on a cru, à tort, qu'elle se di-
rigeait de r£.-S.-£. au N.-N.-O. Il détermina la posi*>
tion du mont Mindef (Mendefy) : c'est une sommilé
nue d'une hauteur considérable; le granit est le sol de
toutes ces montagnes, et elles sont couvertes d'arbres
jusqu'au sommet. Les voyageurs traversèrent plusieurs
affluents du Cbari, cette grande rivière qui se décharge
dans le lae Tsad. Le pays est peuplé, les habitants sont
idolâtres. £n entrant dans l'Âdamaoua par le nord^
le premier endroit que trouva le docteur Barth est un
lieu du nom d'Uba (1) ; à partir de ce point, le pays
iBSt couvert des plus riches pâturages, qu'animent
d'innombrables bestiaux. Les habitations sont bâties
avec plus de soin et de solidité qu'ailleurs, à cause
de la longue durée de la saison pluvieuse. La po-
pulation est dense : toutes les trois ou quatre heures»
on trouve de grandes villes, et entre elles des villageB
qu'habitent les esclaves, chargés de tous les travaux»
sujets des Fellatah, et qui sont une sorte de seigneurs
féodaux; le moins riche de ceux-ci possède au
moins deux ou trois serf^. La richesse du pays con-
siste également dans le nombre des bestiaux et dans
celui des esclaves, pour ainsi dire sans distinction ;
avec l'tvoire, qui est â très bon marché, les esclaves
(i) Dans )a carte de M. Petermanu, Uba est à plus de 5o lieues
du point où est inscrit le nom de TAdamaoua (ou Fumbina), et la
rivière Benué les sépare; ce qui ferait croire qu^Uba, et itoéme tous
les lieux qui soùt au midi, appartiennent à un autre royaume que
«^i-là; mois on n*à cm pouvoit- faire amcutie correctioii dans
la fédmctioD de U tarte.
( 172 >
forment le principal article de commerce. Ontruuveu
très grand nombre d'éléphants dans l'Adaraaoua J
dans le paya de Borsn silué a douze journées a
Saraw, à 60 railles d'IJba, est un très grand marché
le plus f;riinil de toute cette partie de rAfrique central^
pour l'ivoire. Avant Bactli, nul étranger n'avait \i9tljf
ce pajs; il fut reçu partout avec unp extrême bîenveî
lance; on le prenait jioiir un être supérieur, « I,e joi
le plus important de tout mon voyage, dil-il dans a
lettres, fut le 18 de juin, alors que j'aperçus la rivièfl
Bcnué, àTaepe, lieu où elle se joint au Faro.Cepoïfl
est silué par 9° 2' N. et M» E. Grcenwich (11" hO' 1
Paris), autrement ii 255 milles géogr. sud de Koukdi
et /il5 milles en ligne flirecle nord-est du confluenl
de la Tcbadda avec le K.otiara. » Le Benué est sum]
nommé la source des eaux, il a 5 mille de large et 9 4
11 pieds de profondeuc (dans les basses eaux],
deux rivières ont un courant rapide. A leur jonctidOi
le fleuve court vers le Kouara. La source du Benin
est, dit-on, à dix journées sud-est d'Yola, et celle du
Faro, à sept journées. Les deux rivières sont pleines de
crocodiles; elles inondent au loin le pays pendant la
saison pluvieuse, la crue s'élève à hO ou 50 piedaf ■
le maximum de la crue esta la (in de juillet: elle restej
stalionnaire quarante jouis. Le voyageur arriva à Yul^
la capitale, le 22 juin : bi ville a 2 ~ milles dans un s
J mille -J dans l'autre. Malbcureuscment les lettres d
recommandation dont le docteur Barth était ported
ne lui procurèrent pas un bon accueil, et il fut fort
do quitter Yola après le qualriè[ne jour.
Le pays entretient d'innombrables troupeaux dad
de magnifiques prairies. Il parait qu'il y a de l'or daq
(173 )
l'Adamaoua. qui lire,iiit-ori, soa nom Ju MQllemÂdnma.
père du sultan actuel. Les plus IiuuEgs montagnes, dit
le docteur, ne sont poiiil couronnées de neige, même
la plus haute de toutes, l'AIantika, qui parait excéder
j" 10000 pieds.
I revint à Koiika le 22 juillet, après une absence de
I deux mois environ. C'est avec raison que M. Peter-
t- inann considère cette excursion de l'Adamaoua comme
Ela plus importante du voyage ; en eETet elle nous révèle
l'esisteDce d'une grande rivièit; qui donne la clef d'un
L problème géographique. On avait pu s'attendre à celte
rdécouverte, mais il était nécessaire que la conjecture
WSÙX changée en certitude par un témoignage cfe viiu.
Septième e:£cuisioii. — Le docteur Overweg au lac Taad,
î juin au 8 aoûl. On se souvient que l'espédi-
Elion avait transporté, à dos da chameau, de la Médi-
f terranée à Rouka, un Laleau démonté. Le Bouraou
Pétant en guerre avec ses voisins, Overweg ne pouvait
explorer la rive orientale du lac Tsad; il se décida à
visiter les lies du lac. La barque fut remontée ù Ma-
duari, à la grande surprise des habitants, qui ne ces-
f Baient d'en admirer la construction. Gomme on la
fiançait à l'eau, arrivèrent deux barques des insulaires
Biddoumas; ceux-ci accompagnèrent le docteur dans
son exploration. Les étroits canaux qui séparent ces-
Iles sont remplis de roseaux et d'iiippopolames qui
rendent la navigation difficile. On remarque des Iles
I flottantes couvertes de roseaux, La profondeur du lac
), est de 8, 12 et là pieds; en quelques points, de 6 pieds
[ seulement. Du côté du Ouàday et du Kancm, les
l rîves ont moins d'eau que du côté de l'ouest. Les
( l'i )
Biddoumas sont en guerre avec le Ouaday. PendaniQ
la marche ilii bateau anglais , les indigènes le i
vaieni rjnelqucrois à k nage. Ils sont oxoellenls na-l
geurs. La grande Ile de Gouiia contient à elle seglfli
six villages. Les eaux du lai- Tsad sont des eaux (/oueetA
Selon les saisons, la profondeur, les limites du lac et]
sa forme, comme le nombre des lies apparentes, VEt«kl
rient beaucoup : celle sorte d'arcliipel est comme i
labyriulbc inextricable. Il est rempli d'Uippopolami
gui, selon le docteur, sont noirs du côté du Bournou
et d'un brun clair de l'autre côté. Il rédoit la dimen-
sion de 180 milles, donnée au lac par le major Den-
liam (de l'est à l'ouest), à 60 ou 80 milles; on pour-
rait objecter l'observation même d'Ovenveg, que les
différences des saisons et aussi des inondations peuvent
expliquer l'assertion de Denbam; reste à accomplir le
tour entier du lac pour trancher la question.
Les Biddouitias sont idolâti'es; ils sont restés indé-
pendants de leurs voisins musulmans, toujours en
guerre avec eus, jamais conquis : c'est une belle et
forte population, de couleur noir de jaia ou brun
foncé, à traits réguliers, à pommelles saillantes, le ne£
à pointe arrondie. Ils sont vêtus de robes noires. Les
deux sexes sont décemment habillés, portent des
sandales, des colliers de perles blanches ou rouges, et
jolis bracelets d'ivoire. Los femmes ont une coif-
fure singulière, de lô pouces de long, (jui s'étend
bonzontalement derrière la tête, à peu près comme
deux ailes de papillon. Leurs armes sont des lances.
Ils ont un langage qui leur est propre, mais ils ont
emprunté des mots de l'arabe aux gens de Kancm qui
vivent parmi eux.Leursbarques sont faites de planches,
(47J)
et longues de AO à 50 pieds» ou moins, et ils en ont de
plus petitesfàilès de roseau; toutes sont sans voiles; ils
lesfontaller àTaide de perches qui peuvent atteindre le
fond du lac; ils se servept du^^i de très petites rames.
Le docteur Overweg a été très bien reçu et bien traité
par ces insulaires.
(La suite au prochain numéro.)
' 1 ti 1 1 i . i . I
(176)
IVouTelles géographiques*
EUROPE.
CANALISATION D£ l'eURIPE.
Une loi, votée par la législature grecque à la fin de
la session de 1853 a autorisé Texécution des travaux
nécessaires à la canalisation et à Télargisseraent de
TEuripe, c'est-à-dire du détroit qui sépare Tlle de
Nègrepont du continent. La partie la plus étroite de
ce canal, près de Khalcis, n'ayant que 14 mètres de
largeur sur 2 de profondeur, est impraticable. Mais
il serait facile d'augmenter ces dimensions et d'ouvrir
ainsi un passage aux navires. La dépense nécessaire
pour la canalisation de TEuripe, l'établissement à
Rhalcis d'un pont tournant, destiné à joindre Nègre-
pont au continent, et la construction des phares et
signaux indispensables, est estimée à 108 000 fr.
AQUEDUC DE SYRACUSE.
Des fouilles pratiquées à Syracuse ont amené des
découvertes très importantes. On a prétendu que l'Ile
d'Ortygie avait été autrefois reliée à la Sicile par une
communication sous- marine. Des travaux récents,
exécutés sous la direction du prince de Saint-Elias et
de M. Cavallero, viennent de faire reconnaître d'une
manière certaine l'existence d'un aqueduc qui s'en-
fonce en terre à une profondeur de 110 palmes et
se trouve à 16 pieds au-dessous du niveau de la mer.
La merveille des temps modernes, le tunnel de la
( 177 )
Tamise» perdrait son prestige, si dans les temps les
plus reculés les Syracusains ont pu faire arriver Teau
sous leur port jusqu'à l'Ile d'Ortygie.
ASIE.
VOYAGE DB M. BURTON BN ARABIB.
I
Dans la séance du 19 juin de la Société géogra-
phique de Londres , sir G. Wilkinson a présenté
l'analyse du voyage à Médine et à la Mecque accom-
pli, aux frais de la Société, par le lieutenant R. Burlon,
de Tarmée des Indes. Parti de Soulhamplon en
avril 1853, le lieutenant Burton passa par l'Egypte,
se travestit en Arabe , et prit ses mesures pour par-
courir la terre sainte des musulmans, rigoureusement
interdite aux chrétiens. Il a visité la mosquée de
Médine, pris l'esquisse de la ville et des environs, vu à
la Mecque les cérémonies des hadjl , levé le plan de
la Kaaba, et il est revenu en Egypte avec le titre de
hadji, sans avoir soulevé sur son compte le moindre
soupçon.
AFRIQUE.
NOUVELLES RÉGENTES DE l'eXPÉDITION DE l'aFRIQVB
CENTRALE.
(Extrait de la correspondance de la Société de géographie.)
Les dernières nouvelles du docteur Barth étaient
datées de Tombouctou, 5 octobre 1853; il croyait quit-
ter cette ville vers la fin du même mois, ignorant en-
core, et l'arrivée du docteur Vogel à Kouka, et les pré-
VIII. AOUT ET SEPTEMBRE. 7. 12
(178)
paratifs de rexpëdition qui devait remonter le Kouara
jusqu'à la Tcliadda. L'expédition était supposée devoir
atteindre cette embouchure vers le commencement du
mois d'août, remonter la rivière, recueillir les voya-
geurs sur le Benué et les ramener en Angleterre. Les
événements ont changé touffe» ces prévisions. Le com-
mandant de l'expédition projetée, le capitaine Be-
croft, est mort, et le docteur Barth a été retenu à Tom-
boiictou ; on a de ses nouvelles datées de cette ville
le m décembre.
L'infatigable voyageur a toujourà continué d'être
protégé par le cheykh £1-Bakaï; mais la guerre allu-
mée entre les tribus a mis obstacle à son départ. La
tîlle était dans un état complet d'anarchie. Un émir
fellatah avait ordonné qu'on lui amenât le voyageur
mort ou vif; mais, à la date du là décembre, il avait
cessé ses persécutions, et cependant le départ du doc-
teur était encore retardé. La température s'était beau-
coup refroidie, et le thermomètre avait baissé à 10 de-
grés au-dessus de téro.
lï parait que les Touariks, cette race indépendante
et dominatrice, non-seulement dans les oasis du Sa-
hara, mais dans les grands marchés voisins du désert,
comme Tombouctou entre aatres, sont aujourd'hui
plus disposés à entrer en relations de commerce avec
les Européens : les Anglais auront la gloire et le mé-
rite d'avoir ouvert ces communications; il appartient
peut-être à ïa France d'en partager les avantages en se
mettant bientôt en rapport avec les princes africains
qui commandent dans les principales villes du midi et
de l'est du Sahara. Elle a, pour parvenir à ce but, deux
voies également profitables et praticables : celle de la
( 179 )
Sénégambie el celle dt l'Algérie ; les circonstances sont
favorables; la Fiance a payé assez cher sa conquête
d'Alger pour chercher un dédommagement dans les
profits du commerce africain. Il n'y a pas que le pays
I fellatali qui forme en Afrique un puissant emjiire; il
' existe autour du Sahara de riches royaumes, riches par
la fertililii du sol, par la variété des productions, par
le nombre des habitants, avec lesquels il serait possi-
ble de nouer des relations.
Quoiqu'il soit impossible de deviner ce qui sera ar-
rivé au docteur Barlh depuis le, lu décembre dernier,
( s'il aura été rejoint par le docteur Vogel, ou s'il aura
i au-devant de lui; si ce dernier, aierli de l'excur-
)n de Barth à Tombouclou ( il ne l'était pas au 20 fê-
ler); aura renoncé i!t tous ou à quelques-uns de ses
L projets (1) et cherché , avant tout, à entier en cotn-
munication avec Bartii, on peut cependant conjectu-
rer, avec vraisemblance, que les deux intrépides voja-
L.geurs n'ont rien négligé pour avoir réciproquement
des nouvelles l'un de l'autre, el aussi que le navire
de M. Mac Gregor Laird aura pu, n:algi'é la crue des
' eaux, rcinonlor le Kouara, sous le commandement
d'uo autre officier, remplaçant le regrettable capitaine
Becroft, avec les docteurs Baikie et W. Bleck, attachés
à cette importante expédition. Chacun attend les nou-
I Telles ultérieures avec une curieuse anxiété; mais, en
i Attendant, nous apprenons, par les dernières lettres
[ du docteur Barth, qu'il a pu dresser deux caries im-
t portantes : l'une coihprend une grande partie du Sa-
, de Kuuksj qui
i lacTïodi aller
G prtpai-i
( fSO)
Lara occidenlal, le désert de Raliaydé et Sansand^^
depuis l'océan Atlantique jusqu'au mdridien de Tom-r
bouclou.et du Niger (Kouara) aux frontières duMaroc.fl
L'autre carte embrasse la partie moyenne du KouaraJ
au-ilessous de Tomboiictou avec ses nombreuses ramt-^]
Tications, partie de son cours jusqu'à présent tout à faîtr
inconnue, ainsi que divers Etals distribués le long de
ses rives. Puissent ces documents arriver bientôt à la
connaissance des géographes et remplir les lacunes de
la carie d'Afrique I Puisse surtout l'inlrépide et savant
voyageur revenir parmi nous, sain el sauf, et recueillir
le fruit de ses glorieux travaux (1)1
JoMARD.
(i) Dans one de tes lellris, le docteur Earlh manlfe-ilalt IVipnir
(le ccl^rcr avec ms compalrLates U Nocl de iBSâ. Ces JioavelleB se
trouvent dans ia Gothùische Zeitvtig Ju 1 1 leplembre iSS^-
Il résufle d'une dépéctii? duj^nuverneur |>énéral rie l'Alf^érie (jn'an
indigène, qui B qultlc Tambouctou dans les preniiers jours de juin,
n déclaré y avoir rencontré <1eiiX Européen) revéïuii du cosIduif
arabe : l'un csl d'une taille au-des9U!i de la moyenne, à la barbe
blonde, et se sert ordinairement d'un lorgnon à verre bien; l'aalre,
un peu moio! grand, a la barbe châtain nn peii foncé. Il est pro-
bable que ce» deux Européens soiil les dacleuis Barth et Voj;el, et,
rait de ces dcu» voyageurs. D'après le lénioifinage de cet Arabe, ils
«ont sous la protection du dief kh des Touareg, liomuie puissant et
redouta, qni possède plusicuia maisons à Tombouclau, dont l'une a
i\é mise â la diapositîon des Tovageurs. On sait, d'ailleurs, dans \»
ville, qu'il) soiil cbréliens, el leur présente fait le sujet de conicr-
iHtiODd dont l'esprit peu bienveillant ne saurait se manifeator à l'm-
conlre de la volonté exprimée par le puissant chef qui les pi'olé^.
(181 )
»
KOUÏSLLKS DU D' OàVIII LIVIRGSTOK.
(Extrait de In correaponilance de la Société de géographie.)
Le révéreûd Livingaton (le courageux vojageur à
qui l'on doit la découverte du grand lac de l'Afrique
australe, le lac N'gami) ïienl d'arriver heureusement
à Saint-Paul de Luanda, le 31 mai dei'nier, après avoir
traversé l'inlérieur du conliuent; ce pénible voyage a
duré deux ans. Il avait quitté le cap de Bonne-Espé-
rance au mois de mai 1852, et d'abord atteint, au
delà du lac, le fleuve Zambèze, après huit mois de
voyage : c'est là que le Qeuve se dirige au nord, puis au
sud. Il y avait visité Sékéiétou, fds de Sébituanè, prince
puissanl;était resté huit mois près de lui, très bien traité
par ce chef, qui montra le désir de nouer des relations
de commerce, et donna au docteur toutes facilités
pour se rendre à la côte ouest. Celui-ci partit de la
rivière Cbobé en novembre 1353; il remonta une des
branches du Zambèze, dans le pays de Balanda, dont
le souverain est Mateamvo, le plus puissant chef de
celte partie de l'Afrique; le docteur Livingston en reçut
l'accueil le plus amical. En avril de cette année , le
docteur arriva à Casaange, non sans avoir éprouvé de
grands obstaclesdela part des indigènes, à mesure qu'il
approchait du territoire portugais. Le docteur a pu faire
un grand nombre d'observations astronomiques, qui
servirent à déterminer avec exactitude la position des
points les plus importants de toute cette longue route.
Il est arrivé à Saint-Paul, fatigué et malade; aussitôt
son rétablissement, il fera hommage au président du
gouvernement provÎDcial d'Angola de ses observations
[182)
toucliant le commerce avec l'iDléneur du con^eal
Ces nouvelles sont tirées du Bulletin officiel tl'Angt
22 juin. E. S.
NOrVELLKS DIVERSES,
M.Vnsiliev, professeur à l'université de Kii£an,anciei
membre de la mission russe à Pé-king, a présenté àei
nièremeiit à la Société impériale géographique >
Russie une collection de caries offrant la géographied
l'ancienne Cliine.
Le nombre de ces cartes est de douze, dont la pr t^
iniére est \o. tableau de la Cliîne depuis l'époque |
plus reculée jusqu'à la réunion des pays cliinoïs 4
un seul empire, vers 221 avant J.-C; la demitm
montre l'étendue dos provinces sous les Youen ou la
dynastie mongole (de 1280 à Î568}. M. Vasiliev a em-
ployé, pour te travail, de nombreux documents qu'il
a consultés à Pé-king.
La Société impériale géographique de Russie a
cidé, et a Fait approuver par le izar le 7 juin,
expédition scientifique pnurl'esploralionde la Sibérie
orientale. Celte expédition a principalement pour hul
d'étudier la partie de Ja Sibérie qui se trouve entre
rirkoul, la Lena et le Vitim, la chaîne des monts
lablono! et la ligne de frontières sud. Ces limites pour-
ront pourtant, suivanl les circonstances, être dépas-
sées vers la Daourie, L'expédition ne pourra toutefois
explorer le Kamtchatka qu'autant qulelle aura reça
reçu I
(188)
des fonds pour cette destination, et qu'elle pourra
s'adjoindre les habitants. Le principal objet de cette
entreprise est l'étude de ces pays sous les rapports
astronomiques, topographiques et géognostiques. On
n'enverra d'abord que la section mathématique de
I
l'expédition; la section physique partira dés qu*on
aura reçu les sommes promises à cet effet par le
comte Tchapski, et réuni les personnes propres à
en faire partie. Cette section mathématique de l'ex-
pédition doit se composer: 1* de l'astronome, qui
sera en même temps le directeur et le chef de l'ex-
pédition; du candidat de philosophie M. Schwarz;
2* de quatre géomètres; 3* d'un dessinateur, et du
nombre nécessaire d'interprètes, de guides, etc.
L'expédition doit être terminée en trois ans. Pour
icouvrir les dépenses, on a, quant à présent, en caisse,
S7 500 roubles , auxquels viennent encore s'ajouter
80 000 roubles provenant de dons particuliers, et une
allocation annuelle de 200 roubles, donnée par le
Jardin botanique impérial. A son retour à Saint-
Pétersbourg, le chef de l'expédition devra, avec le con-
cours des autres membres de la Société, disposer pour
^impressiap tous les matériaux qui auront été recueil-
lis. Il devra aussi, pendant le cours de Texpédition,
repdre comptç aussi souvent que possible des progrès
et des résultats de sa mission, tant à la Société géo--
graphiqoe qu'au gouverneur général de la Sibérie
orientale.
Nqus ay^ns p^rlé àé\h (^Htietm de mai 186A, p. 381)
(jg réitd)^li^^m(9nt d'MP télégraphe électrique destiné
C18J)
à relier la SpcEzia k la Corse, la Corse h la Sardaif^
et la SnrdaignG à l'Afrique, par Malle; c'est i
Bon que le câble électrique, que l'on place en c
ment clans la Méditerranée, doit rejoindre l'Afrique
de là, les fils traverseront la rade de Tunis et abouA
ront à Cartilage, d'où ils gagneront nos possessiei
d'Algérie,
Les frères Schiagintweil, de Berlin , se prëpareal
une eipédition dans l'Asie centrale, dans lebut
faire, pendant plusieurs années, des observations
la climatologie et la môléorolopie des montagnes
L l'Himalaya, comme ils en ont déji^ fait dans les AIpi
Us emportent un nombre considérable d'inslrumeal
dont le pris s'élève à environ 25 000 francs. Ils di
vent s'embarquer it Londres le 3, septembre, et të
rendre ù leur destination par la voie de la Méditerra-
née. S. M. le roi de Prusse veut bien contribuer aux
frais de cette expédition. [Gazette de Cologne.)
D'après un décret impérial du 31 août 485/1, la
conservation des cartes et plans à la Bibliothèque im-
périale est séparée de celle des estampes, et prend le
litre de département des cartes et collections géogra~
phiques: M. Jomard en est le conservateur. Voici quel-
ques-uns des termes du rapport de M. le ministre de
l'instruction publique relativement à cette modification
dans le service de la Bibliothèque. » Au moment où
des luttes lointaines appellent nos armées et nos
flottes, où les relations de notre commerce D'oot plus
(185)
de limites que celles du globe, tous les intérêts se
réunissent pour nous commander de seconder le pro«
grès des sciences géographiques. En faisant des col-
lections qui s'y rattachent l'objet d'un département
unique, placé sous une direction spéciale, Votre Ma-
jesté voudra donner à ces études un encouragement
nouveau, et jeter en même temps les bases de ce musée
de l'ethnographie et des voyages, dont les premiers
éléments ont été déjà réunis, dont le plan sera coura-
geusement poursuivi par un vétéran de la science, par
le dernier survivant (1) de ces explorateurs illustres que
l'auguste fondateur de votre dynastie avait conduits en
Egypte. »
Nous ajouterons que le département de la géogra-
phie à la grande Bibliothèque, et la Société de géogra-
phie, sont deux institutions nées presque en même
temps, et qui se complètent mutuellement. Celle-ci
provoque et encourage les découvertes; celle-là en
rassemble les résultats. La science avait également
besoin de l'une et de l'autre. -
(i) L'un des derniers survivants.
E. J.
(IW)
AeéeB de la Société.
pXTRAfTS DES PpOCÈS -VERBAUX DES SÉANCES.
Séance du A août 186A.
Pp^SipBNGE DB M. JOMARD.
[je procèshverbal de la dernière séance est lu ei
adopté.
Il est donné lecture de la correspondance :
M. Bardin, auteur de plans-reliefs et de dessins pro-
pres à Tétude de la topographie et destinés à former
un cours complet d'enseignements topographiques,
annonce que son puvrage est presque terminé, et prie
M. le président de faire exan^iner sa collection par la
commission qui a été nommée dans ce but. La com-
mission est invitée à se réunir, et à présenter un rap-
port sur les travaux de M. Bardio. lin des commissai-
res, M. Morel-Fatio, étant absent de Paris, M. Jacobs
est désigné pour le remplacer.
M. le comte d*Escavrac écrit, de Beyrouth, à M. le
président de la commisison centrale, au sujet de la
lettre de M. Aug. Petermann , insérée dans le Bulletin
de mars et avril, et dans laquelle sont annoncées l'ar-
rivée du docteur Barth à Tombouctou et la détermina-
tion de la latitude moyenne de cette ville (18° 3' 30").
Par des considérations tirées des pluies estivales,
M. d'Escayrac est porté à croire cette latitude un peu
trop élevée ; mais il admet que Tombouctou est bien
plus rapprochée de TAlgérie qu'on ne le pensait, et il
( 487 )
ajoute qifplques reiQarq.ues sur la possibilité et l'utilité
d'établir (Jes relation^ c|e cooimerc^ entre l'Algérie et
}e Soudan. La lettre de M. d'Escayrfic est renvoyée ^
ponaifé du Bulletin •
Op cpmuiuDiqi^e la liste des ouvrages offerts. Parmi
ces ouvrages, se trouve la Description du royaume de
Siam par Mgr. Pallegoix, dont M. Al|)ert-jV[ontéo)ont
est prié de rendre conspte.
l|. Albert-Montémont présente un poi^pte rendu
' du rapport de M. ]e maréchal Vaillent à TEf^p^rpur
[|pr la situation de TAlgérie en 1853.
M. Lourn^and fait ren^arquer que, dan^ c^ compte
rendu, il est question de lieues, que c'esfjine désigna-
tion un peu vague, et qu'il serait préférable d'eippipyer
toujoqrs, dans les ouvrages français, les {cilopètres pu
1(Ç3 myrianiètres. MM. de la Roquette, Joqiard, d'Ave-
?fic, Oppert el Alfred Maury ajoutent que|qpes obser-
vations , dont les principales copclusions ont été :
1° Qu'il est à désirer, en effet, qti'oïi emploie générale-
ment, dans les mesures itinéraires, le système métri-
que, dont la clarté, la simplicité et l'extrême avantage
ne sauraient être mis en doute ; 2° que cependant on
ne peut rejeter tout à fait l'emploi de mesures qui,
comme la lieue commune de France ou le mille géo-
graphique, entrent en nombre exact dans un degré du
cercle divisé en 360 parties, nombre qui , d'après
M. Oppert, a été établi pour la première fois par
les Babyloniens; que l'astronomie, la géographie
et la géométrie ayant conservé le système duodécimal
j)our la division du cercle, il est très convenable
aussi de se servir des mesures qui, telles que les lieues
et les milleS; ont un rapport direct avec ce système ,
( 188 )
pourvu qu*on ajoute une qualification indiquant de
quelles lieues, de quels milles, on entend parler;
i*" qu'il serait utile de rechercher la cause de Tétrange
diversité d'étendue qu'offrent les différents milles»
très grands en Allemagne et en Suède, très petits en
Angleterre , etc.
M. Jomard annonce la mort, à Gallipoli, de M. le
général Carbuccia, membre de la Société, au moment
où il allait prendre un commandement dans l'armée
d'Orient. L'assemblée s'en montre vivement affligée.
M. Gortambert, secrétaire général, est chargé de faire
une notice sur le très regrettable membre que la
Société vient de perdre.
M. Jomard fait hommage à la Société , pour son
musée, de feuilles et de fruits de cédron, qu'il a reçus
de Costa-Rica, plante que les Indiens emploient pour
se préserver de la morsure des serpents et d'autres
animaux venimeux. Une note sur cette plante sera in-
sérée dans le Bulletin.
( 189 )
OUVRAGES OFFERTS
DANS LA SÉANCE DU k AOUT 185A.
OUVRAGES.
ASIE.
Titres des ouvrages. Donateurs,
Descriplion du royaume Thai ou Siam, comprenant la topographie,
histoire naturelle, mœurs et coutumes, légi.slaiion, commerce, in^
dustrie, langue, littérature, religion, annales de Thai, et prëcit
historique de la mission. Avec carte et gravures. Par Mgr Pallegoix,
ëvéque de Mallos, vicaire apostolique de Siam. 3 vol. in-ia.
Paris, 1 854* Mgr Pallegoix.
MÉMOIRES, RECUEILS ET JOURNAUX PÉRIODIQUES.
Nouvelles Annales des voyages. Mai-juin 1 854* — Revue coloniale.
Juin et juillet. — Bulletin de la Société géologique de France.
Février-Avril. — Bulletin de la Société zoologique d^acclimatation.
Juillet. — L'Athenaeum français, n° 29 de 1854. Les ÉniTEORs.
BIBLIOGRAPHIE GÉOGRAPHIQUE.
(Voyez aussi les ouvrages offerts à la Société.)
OUVRAGES GÉNÉRAUX.
A Manual of natural history for the use of travellers, hy Arthur
Adams, Balfour, and Ch. Barrow. In-12. Londres, 1854*
Bevolkerungswissenschaftliche Studien, etc. ( Études sur la science
de la population, tirée^ des documents belges), par J.-E. Horn.
Tome 1". Leipzig», i854.
Note sur la possibilité de démontrer le mouvement de rotation de
la Terre par les phénomènes que la force centrifuge produit à sa
surface, par Tom Richard. In-S**. Paris, i854.
EUROPE.
Notice historique et statistique de Dôle, par A. Rousset. In-8*.
Besançon, i854-
Recherches sur la ville de la Bassée et ses environs, par E. Mannier.
In 8*. Paris, i854.
( Idd )
Histoire de Beaune par Rossignol, avec planches et carte. In-S**.
Beaune, i854.
Dictionnaire géo(];rap]iique du département de la Lozère. Mende, 1 854-
Itinéraire descriptif et historique de l'Allemagne da Nord, in-ia;
et Itinéraire de Bade et de la Forét-Noire, in- 18, par Ad. Jouane.
Paris, 1854.
Nouvelle description (];éométrique de la France, ou Précis des opé-
rations et des résultats numériques qui servent de fondement à la
nouvelle carte que publie le Dépôt de la guerre, 3* partie, par A.
Seytier. Formant le t. IX du Mémorial du Dépôt de la guerre, ln-4".
Paris, 1854.
Schweizerland. Natur und Menschenleben, von Aur. Bacidens. in-S".
Leipzig, i853.
À personal iiarrative of n tour o^niilitary inspection in various pâtts
ofEuropeanTurkey, performed froinAugust to November l853,in
Company with the military and scientiBc commission under gène-
rai Prira. In-8°. Londres, 1854-
Carte Figurative de Texportation de la houille anglaise en i854, par
M. Minard. i854-
Plan de Kronstadt, dressé d'après les documents anglais et russes les«
plus récents. Paris, Garnier frères, i854*
Tableau historique, politique et pittoresque de la Turquie et de la
Russie, par Joubert et M0rnand.Gr.in-4* avec 3 cartes. Paris, i854*
Tableau de l'Europe orientale, ou Recherches historiques et statis-
tiques sur les peuples d'origine slave, magyare et roumaine , par
N.-A. Kubalski. ln-8. Paris, 1864.
Du Danube au Caucase. — Voyages et littérature, etc., par X. Mar-
mier. In- 18. Paris, i854.
Fraser's Turkey anciens, and modem. In-8*'. Londres, i854-
Kazan, the ancient capital of the Tartar Khans, with an account of
the province to which it belongs, the races which form its popu-
lation, by Ed. TracyTurnevelli. 2 vol. in-8*'. Londres, 1864.
Journal of a résidence in the Danubian Principalities in the au-
tumn and winter of i853, by Patrick O'Brien. ln-8'*. Londres,
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Mémoire sur l'île d'Egine, par M. About, membre de l'école fran-
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La Grèce contemporaine, par M. About. in-i6. Paris, l854«
Ëecueil de 37 itinéraires dans la Turquie d'Europe, par Aimé Boue.
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Carte de la ville d'Odessa et de ses environs, depuis le cap Fontaine
jusqu'à Otchakov, par J. Corréard. Paris, i854<
Siid-Russland und die Tiirkischen Donau-Lander in Reisenschilde*
ruu^en von U. Oliphant, etc. In-8^ Leipzig, i854.
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Mouiit Lebarion, a ten years résidence, from i85i to r852, deséri-
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Coi. CburchïR. 3 vol. in-8*. Londres, i853. Avec carte.
Reise nach Ostindîen iiber Palsestina und iEgypten, von Juli 1849
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AFRIQUE.
Carte hydVbgraphîqueL de la basse Egypte et d'ù'ne parti'e d'e Fistl^me
de Suez, par M. Linant de Bellefonds. 2 feuilles. Paris, iS5^.
Madeira, ils climate an^ scenèry, by Rob. "White. fn-S**. Londi^és,
Carte du che'tnin de fer rfé la ligne centrale du Tell, avec rattachée
à la côte, dressée pâV O. Mac-Carthy. faris, 1 85*4.
AMÉRIQUE.
Wanderungen zWifschdn Budso a und Mississippi^ i85f'-l852, von
M. Busch. In-8*. Stuttgart, i854.
hicidents of travel in ceniraf America, by John Lloyd Slepheiïâ. Ri-8".
Londtes, i854-
Central route to the Pacïfic, from the valFey of fhe Mîâsisdp^rî to
talifornia, etc., by Heap. rn-8'*. Washington, i854.
The hiistoi^y of Yucàtà'À fi'om ils diïcovèry to the close of the tViV'».
certtury, by Ch.St-John Fancôurt. ln-8'. Avec carte. Londi^es, i854.
A Narrative of travels on' the Anlazon and rio Negro, by Alfred R.
WalFace. In-S". Avec carte. Londres, i853.
Le Pilote côtier des États-Unis, de E. et G. WilK Bhittt, traduit de
l'anglais par Ch.Piycard, lieutenant de vaisseau. In-8". ^aris, i85'/f.
Voyage d*une femme att Spitïberg^, par M"* Léonie d*Aunet. lu- 16.
Paris, i854- (Bibliothèque des chemins de fer.)
Tweûty-seven years in "West Canada, by unaj'oi^ StrilcUand. iti-S^,
Londï'es, i854>
The Ligue of the Ho-dé-no-sau-nee, or Iroquois, by Lewis H. Morgan.
In-8^ Boston, i854.
(IM)
Californi.-i, Hew-Meiioo, Teias, Snnora, and Chihuahua ; b«ing J
perton»! iinrraTive of exploralinlK ami iririclpnta ronneclcd > '
the Dniled Slalel nnd Mcxic^Bii Itounilary miiiniUsion, bj J. Bhi
aell Barllcil. 2 vol. in-S". Avec nxrie. PUa.ldphie, i854.
Beisen in Mexico indenJ*lireD 1845-1846, ton Cari BartliolomH
Keller. In-8°. Avea j cartra. Leipii);, i853.
TravelB in central America, etc., by E.-G. Sqaier. a vol. ia-R*. N
Yoik, 1854.
Tbe West lodies bcfore and lince slave Emancipation, by JoA
Davy. In-8*. Londres, 18S4.
RïisB nacti Hrusilien, durch die Provinzen von Bio- de- Janeiro
MiiiaB-Geraes, vun D' Hermann ntirmeiilcr. Id-S". Avec c
Berlin, 1854.
Braxit, ihe river Plata and ilii! F:ilklaiid islanda, nilb tbe "KpiPÊ
Horn roule to Au^lralia, by Will. Hadfield, In-S". Londrei, 1854, "
Voy»ee en Calirornie et dam l'Ui^j'on (i8ïl-i&5ij, par M. de Saint-
Amant. In-8% avec î caries. Paria, 1 SSj.
rich U\:
e,pl..ri
ladelpliip, 1S54.
iiree years' cruiso
dres, >B54.
OCEAHIE,
ads notes. Londr
e eïpeJllioii du.
I of Ch. Wilki
i, vol. XV: the geographical
bj Cb, Pickerin{>. In-4*. Pbi-
1 AuHralia, by R. Edm. Malone. In-B°. Lon-
eAuslraliaFelii, or Port Pbilip district of Kew-Sou
Wale»i,by William Westgarib. In-8°. Edii>bour^, i853.
^btoire de la première miMion cnlboliquu au vicariat de Mélanés
par Léopold Vri^uel. In-8°. Paris, 1854-
GÉOGRAPHIE ANCIENNE ET HISTORIQUE.
modernes, par
Voy»ee'""a anciens et modernes, par M. Ed. Charton. Tome I",
voyageurs anciens, depuis le v' jiccle avant J.-C. insqu'à la fin dn
IV' siècle de notre ère. In-g°. Paris, t854.
Eiaroen des recherches faites j usqu'à ce jour sur la mansion romaine
Segora, par M. Lpoq Fnye. ln-8°. Avec
RemBr(|aes sur la dénomination leltiqut
l'Alsace, par A. Stœber. In-S". Colmai.
Histoire des Berbères, par Ibn-Khaldoiin, traduite de l'arabe pir
M. le baron de SInne. ln-8°. Tome 11. Paris, 1854.
Voyages d'Ibn-Bnloulab, texte ar.ibe accnmpa(;né d'une traduction
par C. Defrémery et le docteur Sangnlnelti. Tome If, in-3°.
Paris, 1B54.
Claudius Plalemy and the T^IIf, and the aiitbenllclly of the moi
tains of tbe Moon, by W. Uesb. Cooley. ln-8". Londres, 1854.
f c)uelijue
1854.
BULLETIN
I
I
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE.
OCTOBRE 185Ù.
iléiiiolres,
Notice», Docaïuenta originaux, elc.
L
DIVERSES INDUSTRIES CHINOISES,
PAH U. RENARD,
Manière d'imprimer.
Les Gliinois, sans avoir de caractères mobiles, ont
cependant une méthode d'imprimer très prompte, car
un seul ouvrier un peu exercé i^>eat Caire de deux â
trois mille épreuves par jour.
Ce travail s'exécute de la manière suivante:
L'imprimeur a devant lui, sur une table, une plancbe
de bois gravé; il tient dans sa maîn une brosse double,
dont l'un des côtes est de soie de porc souple, et l'autre'
côté, de soie plus roide, est imprégné d'encre. Il passe
cette brosse sur les caractères, les noircit régulière-
ment, puis il place une feuille de papier sur cette
planche, et promène le côté propre de la brosse sur
la feuille, qui, étant ainsi mise en contact avec les ca—
raclëtes, se trouve être imprimée.
fin. octobue. i. a
( 194 )
Les principaux boutiquiers de Canton ont tous de
ces imprimeries écononjiquos, et ce sont les coulis de
la maison qui, dans leurs moments perdus, font Toffice
d'imprimeurs ; ces marchands se procurent ainsi, à des
prix excessivement bas, des adresses qu'ils répandent
à profusion, et des annonces; chaque feuille de papier
qui sert à envelopper la marchandise , porte en gros
caractères, à Tencre de couleur, Téloge pompeux du
magasin qui vous a vendu.
C'est par ce procédé si simple que les Chinois im-
priment cette foule d'imageries ordinaires, qui se dé-
bitent pour un prix si modique dans les endroits les
plus passants des villes; une bonne partie de ces
images, qui représententdes batailles, des réjouissances
pubHques, des singsons, etc., reçoivent, à la planche,
un coloris commun ; c'est là le seul genre d'estampes
que l'on peut se procurer en Chine, car l'art de la
lithographie y est jusqu'à présent resté inconnu.
Du rabougrissement des arbres.
Les Chinois aiment beaucoup les arbres nains. Les.
arbres fruitiers, orangers, pommiers, poiriers; les
arbres des forêts, cyprès, ormes, arbres des pagodes;
les bambous, enfin, sont rabougris par les cultivateurs
et par les jardiniers, qui, lorsqu'ils sont bien chétifs,
bien tordus, les font colporter dans les rues; quand
ila offrent une parfaite ressemblance avec la nature
souffrante, ils obtiennent souvent des prix très élevés.
Pour avoir des arbres nains dont les fruits arrivent
à maturité, les Chinois s'y prennent de la manière
suivante : quand les arbres sont en fleurs, ils choisis-
( "S )
senl les branches qui, pac leuix coiilunnilés DHturcllea,
offrent de capi'kieux conluuis, ils enlè>eiii adroitc-
menC, en forme d'anneau, une largeur d'environ UQ
pouce de l'Ocorte, puis B|iplii|ucnl en cet endroit une
bonne motte de terre végétale, qu'ils iiiaiiilicnnenta\ec
de la paille et des brins de rotins, et ils arrosent de
temps en temps, ayant soin de ne jamais hiisser sécher
complètement ; des racines ne lardent pas alors à
pousser, et quand les fruits sont près d'être mûrs, on
enlève la branche entière, on taille celles qui sont trop
longues (lu inutiles, et ion place ce petit arbre duos
UD pot de fleur pour le laire T<^ndre>
Pour obtenir des arlires iiniiiant les vieilles fui-ôts, on
opère de la uiëniu munière que ci-dessus, et, quand
les branches ont pris racine, on les place dans des
pots carrés, très peu piol'onds, et l'on recouvre lea
racines avec de petits morceaux de terre glaist; ; les
cyprès et urbres des piigodes n'ont même besuin que
de petits cuillous; un ajoute de l'eau en quantité ré-
gulière, de manière à ne leur donner qu'une nourri-
ture cbélive, on les taille ensuite et l'un arrête la sève
en brûlant l'endroit incisé. Pour imiter les loupes,
les lichens, enfin ijne ëcorce raboteuse, on fuit avec
. la pointe d'un canil' de petites incisions, on enduit ces
endroits de sirops ou de miel; les fourmis ne lardent
pas à arriver et entament Jes [lurtiiis où il y a du
sucre: c'est ainsi que les Chinois obtiennent de vieux
arbres en miniature ; ces arbres rachitiques ne pro-
duisent que quelques rares el petites feuilles ; cej)en-
dant, sans beiiucuup de soin, ils sont susceptibleis de
nvre très longtemps; il n'etit pas rare d'eu voir qui
ont jus({u'& cioquaale ans d'exlsleoce.
( 186 )
Ces arbres servent à orner les pagodes, iea boud
ques , et les appnrlemenls des Chinois de touJ
condition.
Fabrication du verre à Ctinton, optique, i
'e luneltM'tM
Les fabricants de verreries it Canton sont très nom-
breux, mais les fabriques sonl peu considérables; le
travail s'opère dans les arrière-boutiques, où l'on trouve
de deux à dix fourneaux, dont un petit nombre soi
allumés.
Les principaux objets fabriqués sont des verres k
vitres, des lustres de verre très ordinaires, des globes
et verrines pour lampes, des gobelets, de petites
bouteilles ou flacons pour essence, des jouets d'eD-
fants, etc. Les brus des lustres, ainsi que les glaçons,
sont de verre fondus non taillés ; les gobelets, les Ter-
rines pour lampes, ont les bords usés, car ils ne se
servent pas de la cisaille; ces objets sont soufQésdans
des moules et cassés au renflement.
Pour faire du verre, ils mettent dans un creuset de
terre, de forme cylindrique 50 cattys de plomb,
50 catlys de sable ot 17 1/2 cattys de salpêtre; on mé-
lange bien le tout dans le creuset qui se trouve scellé à
la partie supérieure d'un petit fourneau, et l'on chauffe
à l'anthracite.
Du reste, les proportions vaiient suivant les fabri-
cants que l'on visite : ainsi d'autres mettent iO cattys
de terre que l'un trouve dans la province de Canton,
lOcattys de salpêtre, 60 cattys de blanc de plomb; il faut
7àScaltysdecbarbondeUou-kouang pour faire 1 picul
de verre ; pour faire du verre plus blanc ou du cristal,
ive
-4
J
(187 )
ils augmentent la quantité de blanc de céruse, et
aouvent ajoutenl du groiȔl.
Quand le plomb qu'ils eni|>loieDt est trop doux, ils
ajoutent un peu de chaux bien pulvérisée: cette chaux
est faite avec des coquilles.
Pour faire le verre à vitre, l'ouvrier prend une canne
de fer, d'environ 1 mètre de longueur, sur 45 millî-
niètres de diamètre, il plouge sa canne à trois reprises
dilTérentes dans la matière en fusion, et, après l'avoir
allongée et unie en ovale, en la roulant sur une planche,
il la replonge une dernière fois et ramène une plus
grande quantité de matière ; il monte alors sur un
tréteau placé sur le bord d'une fosse creusée en terre,
dans le Fond de laquelle il y a do l'eau, et, souflliint de
toute la force de ses poumons, en reprenant de l'air
par les narines, il parvient à former un manchon de
forme ovoïde ayant souvent jusqu'à 2 mètres de lon-
gueur; un enfant, avec un éventail, refroidit le manchon
à la partie fixée à la canne. Lorsque l'ouvrier s'aper-
çoit que ses eOorts deviennent inutiles, et que le man-
chon n'augmente pitis de volume, il le transporte avec
précaution sur une espèce de civière à quelques pas
de la fosse, il jette un peu d'eau froide sur ta partie
qui lient à la canne, et d'une secousse il la détache.
Quand les manchons sont refroidis, ils sont débités
au diamant, en carreaux de plusieurs dimensions;
les parties les plus courbes forment des carrés plus
petits, parce qu'ils ne pouvaient pas se redresser au
four.
Ce redressage s'opère dans un four cbautl'é au bois,
et maintenu chaud avec du charbon de bois; l'ouvrier
met une feuille de verre sur une plaque ou carreau de
(108 )
terre cuîte; celle plaque est snspenHue par des fils de
fer, et peut entrer et sorïir du fourneau h volonté i
avec un crochet de fer il soulève les coins de la feuille
de verre lorsque la chaleur la fait s*aplatir, et en fait
sortir Taîr qui se trouve pris enlre elle et le carreau:
quand ello a acquis une surface bien plane, il la re-
tire du four, et, une fois refroidie, elle est coupée sui-
vant sa taille.
Les verres à vitres en feuilles minces, de 15 centi-
mètres de hauteur sur 10 de largeur, jusqu'à 45 cen-
timètres de hauteur sur 35 de largeur, valent 11 taêls
le picul; les verres jaunes, verts, violets, etc., valent
le même prix.
Pour colorer le verre en vert, les Chinois emploient
une pierre verte dont le nom est sia-louk, et qui vient
de la province d*Yun-nan ; pour colorer en bleu, ils
emploient le smaitz, qui se réduit en poudre Sous
meules, et aussi une pierre noire appelée en chinois
ak-stia, qui vient de He-nan, province de Kouang-loung;
pour colorer en violet, ils emploient une pierre ap-
pelée en chinois ma-ung-slia, qui vient de la même
province; enfin, pour colorer en jaune, ils emploient
une pierre rouge appelée en chinois sang-lsu: elle vient
de la province de Kiang-si.
Les verres à vitres se vendent ordinairement dans la
dimension de 55 centimètres de longueur sur AO de
large.
Le verre cassé se vend aux ouvriers 2 taêls 8 masses
le picul; il en vient beaucoup par navires anglais de
Bombay.
Le groisil s'emploie rarement au commencement de
Topération, mais bien en addition à la matière en
( 199 )
fusion pour remplacer le vide qui s*opère dans le creu-
set pendant le temps de la fabrication.
Nous avons vu traiter du groisil de la manière sui-
vante: on en remplit un creuset, on met en fusion
toute la masse; quand il est bien liquide, on dispose
une bassine d% fonte au bas du fourneau» on la rem-
plit d'eau froide, on met à côté une terrine également
pleine d'eau, et un ouvrier, avec une grande cuiller de
fer, qu'il mouille chaque fois avant de la plonger dans
le creuset, en retire la matière fondue et la laisse
filer d'un peu haut dans la bassine; à mesure
qu'elle tombe, un apprenti muni d'une petite pelle de
fer concasse les morceaux et les fait égoutter dans un
tamis de tresses de bambous; il jette dessus de l'eau
fraîche que la chaleur fait évaporer; ce groisil de pre*
mière fusion a une belle couleur vert-émeraude; il est
ensuite remis dans la bassine de fonte que Ton place
sur le fourneau pour opérer complètement le séchage.
Il parait que ce même groisil, étant soumis à une
seconde fusion, forme un beau verre blanc ; c'est ce
que je n'ai pas vu, mais il m'a été affirmé par le fabri-
cant que le verre de première fusion, fait ou non avec
du groisil seul, était toujours refondu afin d'obtenir
un verre blanc; ainsi le verre à vitres blanc est fait avec
une matière fondue deux fois.
Les globes de lampes de dimensions courantes va-
lent de 2 à amasses la pièce, non dépolis; le polissage
s'opère à la main avec Témeri. Ils sont fondus dans
des moules cassés au renflement et usés ensuite.
Les petits flacons de verre pour essence sont fabri-
qués d'une manière très expéditive ; les ouvriers sont
placés devant un petit four d'environ 60 centimètres
( 200 )
de hauteur : ils ont des tubes de verre doul ils mettent
Textrémité en fusion, en les plongeant dans la matière;
ils les retirent et soufflent, puis ils balancent les tubes,
ce qui rend les globules ovales; ils le placent alors
dans le petit moule, soufflent de nouveau, puis cassent
le tube à une hauteur voulue ; le col du ilacon a donc
le diamètre du tube de verre employé : ces flacons
ne sont point usés à la partie cassée.
Les jouets d'enfants sont fabriqués de la même ma-
nière ; les Chinois emploient pour cela des tubes de
verre très minces; ils soufflent, et forment une boule
qu'ils aplatissent ensuite. En soufflant et en aspirant
dans ces petites boules, le fond fléchit et rend un bruit
assez sonore. Les ouvriers fabriquent ainsi une grande
variété de modèles.
Les creusets employés dans les verreries sont fabri-
qués à Canton avec une terre argileuse.
Les lustres sont, comme je Tai déjà dit, de verre com-
mun; les branlants ont toutes sortes de formes: ce sont
généralement des plaques ovales avec quelques des-
sins. Aux jours de grandes fêtes, comme au nouvel
an, il la fête des lanternes, à celle de Ta-lsiou, fête du
feu, ces lustres se voient dans les rues en immense
quantité; la nuit, avec toutesleurslumières, ils forment
un fort joli eUet.
La fabrication du verre est restée inconnue aux
Chinois jusqu'au temps de l'empereur Kang-hi, où
nos missionnaires, qui à cette époque jouissaient de
quelque faveur à la cour de Pékin, enseignèrent les
procédés alors employés en Europe.
Les Chinois fabriquent à Canton beaucoup de lu-
nettes, qui sont généralement très ordinaires, et l'on
I
(201 5
peut dire que pour cet article ils sont restés dans
l'enfance de l'arl.
Les lunettes chinoises ont des yeux très larges, ronds,
de â à 5 centtmèlies de diamètre; les plus ordinaires
sont en rolin, et les brandies sont remplacéespar deux
petits cordons qui viennent s'enrouler aux oreilles;
quelquefois même ces cordons ont à leur extrémité
un petit poids de plomL pour les maintenir sur le nez
en équilibre; viennent ensuite les lunettes de cuivre
argenté, de Fer, de corne, d'écaillé et d'argent, dont les
branches se reploient à charnière; les lunettes d'acier
sont fort maiivaises;les Chinois ne parviennent pas aies
tremper convenablement, elles ouvriers, reconnaissant
en ce genre leur infériorité, n'en fabriquent que fort
peu; les Chinois civilisés portent des lunettes d'Eu-
rope, mais ils ont de la peine à s'accoutumer à la pe-
titesse des yeux ovales, qui ne garantissent pas assez
■ la vue.
t Les verres des lunettes pour la classe pauvre sont de
verre fondu; beaucoup sont colorés en vert, bleu,
jaune, etc. : les Chinois de ia classe aisée veulent ab-
solument des verres de cristal de roche, auxquels ils
attribuent le mérite de consei-ver plus longtemps la
Tue, et leur premier soin, en achetant une paire de
lunettes d'Europe, est d'aller clicz un de leurs opticiens
en faire changer les verres. On trouve chez ces mêmes
I fabricants de grandes quantités de cristal de roche : les
' morceaux ont souvent de là » 20 eenlimètres de dia-
mètre sur une longueur proportionnée ; le cristal de
roche se trouve en abondance dans le Vou-tchang-fou
(province de Hou-kouang), daos le Kiang-sî et dans
[ beaucoup d'autres parties de la Chine.
( 202 )
Les lunettes chinoises se renferment dans des étuis
de papier chagriné noir, so fermant à gorge; ces étuis
sont ornés de lacets et de glands de soie, et ils se portent
suspendus à un bouton sur la poitrine par-dessus les
vêtements.
Les lunettes sont un des articles de Paris qui peu-
vent trouver un grand débit en Chine : elles sont in-
dispensables à une bonne partie du peuple, surtout à
la classe pauvre, qui vit sur l'eau, et qui est accablée
de maux d'yeux; il les faudrait sans verre, et les yeux
d'un diamètre très grand.
Les opticiens de Canton nous ont paru fort peu nom-
breux, et surtout fort peu avancés dans leur art: car
pour la plupart du temps ils se bornent à la fabrica-
tion des verres de lunettes.
Le cristal de roche se tire en grande quantité du
Kiang-si ; malheureusement la plupart de ces cristaux
sont enfumés.
Pour débiter le cristal de roche, les ouvriers se ser-
vent d'un archet, auquel est fixée une corde très mince
formée de deux fils d'acier bien trempés; ils mouillent
souvent, et ont soin de ramener la boue qui s'échappe
de la rainure.
Les boutons que portent certaines classes de manda-
rins sont de cristal de roche; ils sont usés et arrondis
sur une roue de bois avec l'émeri.
Les sculpteurs chinois fabriquent beaucoup de petits
groupes, statuettes, cachets, etc., en cristal de roche;
ces objets viennent généralement de Sou-tcheou; les
prix en sont souvent très élevés.
Les cachets de cristal de roche et autres servent à
tous les marchands, aux acheteurs de tissus, etc., et ils
( 208 )
ont toujours bien soin d'apposer leurs cachets soit sur
les marchandises achetées, soit sur le papier, ce qui
remplace leur signature dans un marché.
Moyen employé par les Chinois pour décalquer.
Les peintres copient à Canton beaucoup de litho-
graphies, gravures et peintures européennes; ces objets
sont rendus avec une grande exactitude parle procédé
suivant.
Les artistes placent sur le dessin un verre de la di-
mension du sujet ô copier, et au pinceau, avec Tencrede
Chine, ils en suivent régulièrement tous les contours; ils
humectent ensuite une feuille de papier qu'ils placent
sur le verre en appuyant légèrement; ils obtiennent
ainsi plusieurs épreuves correctes, mais renversées :
pour obtenir des épreuves dans le même sens que le
modèle, ils retournent leur verre et suivent les mêmes
traits avec le pinceau; la transparence du verre leur
permet de le faire encore très exactement. Il ne leur
reste plus alors qu'à appliquer les couleurs, les om-
bres, qu'ils sont aptes à saisir.
Pour dessiner leurs divinités, ils commencent par
former un premier trait avec une espèce d'estompé de
papier, dont ils font brûler le bout à une lumière ; ils
ne se servent en aucun cas de crayons noirs.
Raffinage du salpêtre.
Les Chinois, quoique recueillant beaucoup de sal-
pêtre chez eux, en tirent cependant de grandes quantités
des Européens, qui peuvent leur en fournir à meilleur
( 204 )
marché; c'est un arlicio monopolisé jiar le gouverne- i
ment, et quelques mandarins seuls peuvent en vendre,'
mais les cuntrebandiers savent en frauder la plus<]
grande partie.
En raffinant ce salpêtre par le moyen BuÏTanl,
obtiennent de beaux cristaux très blancs.
Ils ont un fourneau construit en briques réfrac-
taires, placé dans un courant d'air, et pouvant re-'
cevoir deux bassines de fonte rondes et concaves.
Ils mellenl dans chaque bassine 50 cattys de sal-'
pètre , 4 à 5 catlys de navets coupés en tranches, puis 1
de l'eau de source, de manière à remplir la l>assine|^
ils chauffent avec du bois, font bouillir et rédui
Un ouvrier qui surveille l'opération remue le touïl
en tournant, et enlève avec une écumoire les saletés quî<V
surnagent à la surface; de temps à autre il introduitir
un peu de colle forte et d'eau de source.
Quand il juge que l'opération esl terminée, c'est-à^l
dire que le salpôtre réduit est sur le point de prendrÇfl
il le verse dans une terrine de terre, dans laquelle iti
a soin d'introduire un bout de ficelle afin de retirée^
plus facilement le pain quand il sera Ijgë.
Ces terrines sont ensuite placées avec le salpêtre
dans un endroit sombre, sur du son de riz.
Pour obtenir des cristaux plus grands, il faut recom-i
mencer l'opéraiion.
Etaniage den glaces à Canton.
On étame à Canton une très grande quantité de j
glaces minces, dont les verres ont été fabriqués dans 1
les fau1>ourgs de la ville même; les Chinois étanient'l
aussi les glaces fortes qui viennent d'Europe, et quaJV
( 205 )
jusqu'à ce jour ils n'oul pu encore réussir à fabriquer.
Pour élanaer les glaces mÎDces, l'ouvrier est placé
defaot une table à plan incliné et à rebords élevés;
vers le milieu de celte table est fixée une planchette
maintenue dans une posîlîoti horizontale; celte plan-
chette a juste la dimension des places à élamer.
L'ouvrier commence par frolter ses mains avec un
peu de blanc ; il place une feuille d'ëtnin sur la plan-
chette, puis, prenant de la main di'oitG le mercuro que
l'inclinaison de la table force à se rassembler près de
lui, il l'êlale sur toute la surface de la feuille; quand
le mercure a bien pénétré l'étain, il en prend de nou-
veau une plus grande quantité et reciiarge la feuille; il
place ensuite par-dessus une feuille de papier, puis
enfin la glace, et retire immédiatement la feuille de
papier; le mercure, se trouvant alors en contact avec
le verre, s'y attache et y reste fixé. Un apprenti saisît
]a glace, et, avec un petit morceau de bambou , tt
enlève les ébarbures de la feuille d'étain ; il la place en-
suite sur champ, dans une boite, pour la laisser égout-
1er et sécher; enfin un autre la nettoie avec un peu
de blanc. Toutes ces diverses opérations se font en un
clin d'oeil.
Les ouvriers qui louchent ainsi le mercure sont
sujets à être pris de tremblements; mais, dans un pays
où la Uanspiralion est abondante, les effets du mercure
m'ont paru moins violents qu'en Europe; cependant ces
hommes nous demandaient lo moyen de s'en garantir.
Dans ces mêmes magasins on trouve de fort jolies
lanternes de bois sculpté, avec peinture sur verre de
beaucoup d'effet ; dos tableaux représentant des pay-
sages, des chasses et des portraits de dames aux petits
( 206 )
pieds; puis une foule de petits miroirs de verre
de modèles très variés et excessivement minces ; mais
la glace est toujours garantie du choc, car tantôt ce
sont deux petites portes qui se ferment à charnière
et qui sont lixées par un petit crochet, tantôt la glace
est renfermée entre deux planchettes en forme de
livre : d'un côté est la glace, et de l'autre un paysage
ou un sujet peint sur verre, représentant souvent des
immoralités révoltantes.
Fabrication de jouets, statuettes et idoles.
La fabrication des jouets d'argile , des statuettes,
des idoles, etc., occupe un grand nombre d'ouvriers
en Chine.
Pour fabriquer les jouets d'enfants avec la terre, ils
s'y prennent de la manière suivante :
Les ouvriers modeleurs choisissent des sujets de bois
sculptés, sur les(|uels ils prennent des empreintes; ils
égalisent avec soin les jointures de ces empreintes, les
font sécher à l'ombre^ puis ils les font cuire à un feu
doux; c'est ce qui constitue le moule.
Ces moules sont généralement faits de deux pièces,
l'une pour le devant, l'autre pour le derrière du sujet.
Les eaipreintes s'obtiennent en pressant fortement
de l'argile dans l'intérieur des moules ; les deux pièces
sont ensuite réunies, puis ces sujets, qui sont généra-
lement creux, sont mis sur des claies à l'ombre pour
y sécher.
Quand ils sont bien secs, on adoucit avec un couteau
les assemblages ; ensuite on les remet à des ouvriers
décorateurs.
( 208 )
Fabrication des aiguilte.t.
Les Chinois fabriquent eux-mêmes leurs aiguill<
et c'est dans le nord de la Chine, principalement
NJng-po, que j'ai été i'i mftmed'étudier celte intéressai
et minutieuse fabricalion, qui diffère en plusieui
points des procédés employés en Europe.
Les fabricanls d'aiguilles sont nombreux à Ning-pi
on peut compter jusqu'à vingt ateliers dans une môi
rue : ce sont de petits labricanls établis en boutii
et employant de sept à dix ouvriers et quelques oi
vrières.
La première opération consiste à débiter avec ai
cisaille, dont une des branches vst hxée dans un bh
de bois, les fils d'acier qu'elle coupe parune vingtaiiU
à la lois; c'est au coup d'œil que l'ouvrier en règli
longueur.
Un autre ouvrier est chargé de redresser ces mëiui
bouts qui SG sont courbés sous reflort de la cisaille,'
et à cet effet il en saisit une pincée, les place sur une
petite enclume et les dresse au moyen de légers coups
de marteau; ce travail fait, il aplatit un des bouts de
chaque fil à l'endroit où l'œil doit être percé.
Un troisième ouvrier est chargé de lesdégrossir«t de
es apointisser; il en saisit une quinzaine entre l'index
elle pouce de la main droite, et les présente sur une
meute de grés à sec, qu'il met en rotation avec le pied.
Le perçage de l'œil est l'opéralion la ]>]us difficile
pour les Cliinois, et c'e&t celle qui , demandant le pli
de temps , occupe le plus grand nombre d'ouvriera,;
Ce perçage, ai simple chez nous avec le poinçon
{ 209 )
fait au forci; ce foret est surmonté du
Dlenu
qui repose smr un tas d'à
s lourd, et il est mnînlenu pGi'pendiculai
lète di
fort SI
e \ aigui
ntq
e la mèche, nia
sindrc
e secousse, plisse
et sort du irou commonct!!; l'ouTÙer est alors obligé de
la tremper dans l'huile et de la placer de nouveau sur
la lêtc de l'aiguille : de là une grande perle de temps,
et il n'y a que les ouvriers les plus expérimentés qui
puissent percer les numéros iri's fins.
Les aiguilles sont ensuite trempées et sacées. puis
mises par numéros en petits paquets de papier blanc,
avec de la farine qui les préserve parfaitement de la
rouille. Chaque petit paquet contient 50 aiguilles, <?t
pour environ 2 francs on peut avoir un millier d'aî-
guîlles assorties de tous numi^ros.
Les aiguilles fabriquées à Ning-po ont une renommée
dans tout l'empire Chinois, parce que les fabricants
savent leur donner une assez bonne trempe, que l'on
ne saisit dans aucun autre endruil; mais elles sont ù
peine polies, l'oeil coupe souvent le fil et n'est pas
percé au milieu ; les pointes, quoique assez piquantes,
laissent voir les traits de la meule. Néanmoins, le bas
prix da cette fabrication a cnipôclié jusqu'alors d'im-
porter avec succès des aiguilles d'Europe; nos épingles
sont encore moins demandées, mais pour une tout
autre cause, c'est que les dames chinoises n'en
font point usage, leurs vêtements étant fixés avec des
^L boutons.
^^P VIII, OCTOBRE. 2.
I
11
(210)
Analyses, Rapport», extraits d'oà
vragcs, niélangc«(, etc.
NOTE SUn BADYLONE.
PIB U. OFFERT
! 7 JDIUET ieS4) (')
Dabylone formait, d'après mes calculs combinés
aux doiipées fournies parles ancii'os elles inscrîplîonâ,
un carré de ôlâliilom. carrés. La ciléuotossute s'éten-
dait du point aiijoiinriiui nommé Sura (l'emplacement
de la célèbre école judaiqup) jusqu'à la ruine connue
aujourd'hui sous le nom d'Oliejniir. Ls canal an-
tique El Nil en formait la frontière du nord. La ïîlle
était presque orientée vers les points cardinaux, ou
plus exactement du N. 8' 0. au S. 8° E. . et les
côtés de l'est et de l'ouest avaient la direction du
N. 10° E. au S. 10" 0. Celle èlendue immense, qui
ressemblait plutôt à une faste enceinte forliGée, et dont
la plus forle défense élail certainement ses fossés pro-
fonds, comprenait plusieurs villes ou quartiers. Tout
n'était pas habité : au contraire, les données précises
des anciens nous apprennent qu'en dedans de l'en-
ceînle il se trouvait des cliamps cultivés pour garantir
les liabilanis, en cas de siépe, des horreurs d'une fa-
mine. Encore aujourd'hui, les ruines, mal(!;ré la dévas-
tation, nuus indiquent les lieux habités et les distin-
guent des localités consacrées à l'agriculture.
(l) Voy.leplaoïleBabj'laiie isutrédioi le Bulletin de ^aaiiee
ieri654. J
I
(SU )
Le coin nord-est comprenait «ne ville distincte. Les
ruines qui s'y tniuvent indiquent ^u(^sanlnlent leur
ancienne destinalion, par leurs nmns qui ne sauraient
■ dater que d'une épiiqiie reculée. Nuus y trouvons le
Khasneh, le trésor, probnMenienl l'emplacement de
l'ancien trésor, el le Bender, le port, dont la forme
actuel lement esîslaïue nous fait voir l'emboucbure
d'un canal alimenté par les eauX de l'Eujilirate.
A 14 kijomèlrps à l'cuest de cette ville se trouve la
cité royalii, dont l'enceinte forlillée est encore aiijoui'-
d'hui visible. C'est là que s« trouvaient les véritables
forteresses de la fille de Babylone, dont parlent les
anciens. L'espace renfermé dans l'enceinle, s'élendant
sur les deux tôlés du Deuve, comprend à peu près
6 1/2 kilom. carrés. Tout à faii au coin du nord se trouve
le fortdeBabeliù 2kilom.au sud de ce point, le cbàteau
royal, connu aujourd'hui sous le nom de Kusr; à un
peu plus de 1 kilomélro de IS, les jardins suspen-
dus. De l'aulre côté de l'Eu p brute (rive ouest], se Iroa-
vait un autre palais, qu'habitait Alexandre, mais dont
il n'existe guère de traces. Le Hi-uve était canalisi^ ft
la hauteur de la résidence royale, et les resle^du quai
de Nabonide, encore existant, nous l'ont voir que la
direction de lËuphrale cLiabléen était pri'sque la
même que celle du Heuve d'aujourd'hui,
La ville de Hîlbdi, qui se trouve .i 5 kilom. de l'en-
ceinte royale, est b&tie sur les ruines de l'ancienne
cité des Babyloniens. C'est iii que furent la plupart
des temples que bùlit Niibuchodonosor. Celle ville
avait â peu près 3 kilom. ciiirés, et était éj^alei
furliûée par un mur. Un espace de 10 kilom. au moins
la séparait du petit quartier de Boraippu, dont \» .
( 212)
nom s'est perpôlu^ dans le nom du Uir3-Nimroud»"j
ruine de la tour dcPabylonr, qui a\ait un stade da'^
bailleur. Encore aujourd'iiui il en subsiste deux i'tages.
Le premier finit avec une phle-roiine tic 23 1/2 mètres ij
de hauteur, et, en admettant avec Hérodote que la togp'l
entière avait huit étages de hauteur, nous arrivons ifi
celle do 188 mètres, ce qui est exactement la valeur i
de la longueur babylonienne.
Çà et l se trouvent des traces de villes et des quar- Ji
tiers ; en tout, l'espace habile pouvait avoir 18 kilotn. i
carrés, la moitié de Paris.
NOTICE SUR LA VILLE UE NAf^GASAKI.
Les rapports qu'auront inévitaMemenl, daiis'l
temps plus ou moins rnpprocbé, les Eviropôei
d'abord les AnE^lo-Amèrlcains avec le Japon, sous le
point de vue commercial comme sous le point de vue
politique, devant avoir ]ieu par l'inlermédiaire de la
ville importante de Nangasaki [i], j'.ii engagé la Société
de géographie à publier, dans son recueil périodiqoa^
un plan japonais de cette ville et des environs, gravé I
sur bois en l\ feuilles, que M. de Monli^ny lui a com^f
muniqué à son retour de Chine, et dont il a fait pi^
sent à la Bibliothèque impériale ; ce plan {>aralt anté-'
rieur à 1778; on l'a reproduit ici, réduit à moitié, saoB]
(.} eue
(SIS)
BUCUD6 correction , en fac simite, et malgré certaines
bizarreries topographiques, par la raison que ces irré-
gularités ne l'einpêclient aucunement d'être intelli-
gilile : il ressemble assez bien, d'ailleurs, à nos plans
de ïilles, sauf les parlieâ qui sont rendues en perspec-
lite cavalière, et encore, nous en avons beaucoup do
cette espèce dans les anciens plans de villes d'Europe.
L'échelle manque, selon i'uaage des Orientaux; on
peut y suppléer par le plan de la baie de Nangasiiki,
figure dans le bel ouvrage de M. de Siebold sur le
Japon, quoique la ville j soit figurée en pelit. Il ré-
sulte delà comparaison des deus plans que i'éclielle
de la réduction qui est jointe au présent Bu/felia est
d'environ 1 pour 8800.
La ville de Nangasaki, mesurée d'après celle échelle,
a, dans sa plus grande dimension, environ 5 300 met.
de longueur: elle est traversée par plusieurs canaux, et
entourée d'un grand nombre d'édilïces consacrés au
cuite. Du coté du midi est une petite lie en Forme d'arc,
occupée par des magasins: c'est la fuLtoierie hollan-
daise. Personne n'ignore que les Hollandais sont, de-
puis longtemps, les seuls Européens qui aient la faculté
de commercer avec le Japon. Cernés de toutes paris
dansleurrésidencepar les batteries japonaises, comme
on peut le voir dans le plan, ils ne peuvent absolu-
ment rien entreprendre aujourd'hui contre le pays, m
même y songer raisonnablement pour l'avenir; leur
impuissance est complète; les navires à leur arrivée
sont désarmés; les voiles, le gouvernail, les cordages,
les ancres, les canons, les munitions sont enlevés et
portés à terre ; l'inspection assidue et sévère des ofii-
ciers japonais prévient toute tentative indiscrète.
( 2*4 )
Bien plus, les Hollandais n'ont aucun moyen d'ap-
prendre la langue japonaise, et, pour leur en ôter Is^
tentation, les officiers japonais de Nangasaki appreq-
nent la langue hollandaise ; ils récrivent, ils la parlent
et ils communiquent par celle voie avec les étrangers
présents, même avec les Pays-Ras. J*ai vu à Vollenlio-
ven, à quelque distance d'Clrecht, chez le baron Vander
Capellen, ce regrettable ancien gouverneur des Iles
néerlandaises (1), la correspondance annuelle de l'em-
pereur du Japon avec le roi des Pays-Bas ; elle est tout
jçntière en hollandais (2) et écrite d'un style impéra-
tif. Ce qui est plus étonnant, c*est qu'on traduit au
Japon nos plus savants livres d'Europe sur les mathé-
matiques, sur l'astronomie, etc., par exemple, la
Mécanique céleste de Laplace. On sait qu'il se fait des
observations astronomiques à Yedo, la capitale et en
d'aylres villçs, et que les astronomes japonais savent
déterminer mathématiquement la position des lieux (3).
Je reviens h la description dç Nangasaki.
Le plan qui est sous les yegx du lecteur est grav^
sur bois; il n'égale pas en précision nos plans de ville
tçls qu'on les fait aujourd'hui; mais il peut suffire
(i) C'est pendant les journées de février i848 que cet honorable
personnage fut blessé mortellement à la tête, par un projectile lancé
du boulevard des Italiens, ble&sure à laquelle il a succombé. ,
{%) Sans sortir du sujet de cette note, je dirai que chaque année,
en outrfs des armes, des pièces de mousqueterie et d^artitleriç,
Tempereur fait venir, de Hollande, des instruments d'astronomie et
de physique, des encyclopédies avec figures, et toutes sortes de livrés
de sciences et d'ait, qui mettent ses sujets au courant des progrès de
la civilisation européenne.
(3) On a traité ce sujet dans un article succinct du Bulletin sous
le titre de l^ État présent du Japon (année i946, t. VI, 3? 9éri^,p. lo^).
( Si»)
eepenclaqt i celai qui sait lire les inscriptions '^l les
indications chiooises et japonaises dont il est en quel»
que. sorte couvert ; j*ai eu recours au profond savoir
de H. Stanislas Julien pour la traduction des carac-
tères chinois.
Le plan est orienté de la manière suivante ; bien
qu'il puisse être étudié en plusieurs sens opposés,
d'après la direction des arbres et des édiGces, celui
qu'on a admis dans la gravure parait être le sens prin-
cipal; le nord est à droite, le sudk gauche et, par con-
séquent, r^^^en bas et V ouest en haut. Ce qu'il y a de
singulier, c'est que les signes qui indiquent les points
cardinaux sont posés, tous quatre, à Aô degrés (envi-
ron) à gauche de leur véritable place. Il s'ensuit que le
port de Nangasaki est ouvert du côté du sud et du sud-
ouest. On voit, ici figurés, plusieurs navires étrangers,
qui font leur entrée, venant du midi ou du $ud*ouest.
Celui qui est le plus près d'entrer dans le port est un
navire hollandais; il approche de l'Ile appelée Desima^
où est concentrée la factorerie hollandaise; celui qui
suit est un vaisseau chinois, se rendant au port destiné
à cette nation. Ces deux bâtiments sont accompagnés,
sur le plan, des signes n** 2 et 1.
Il existe au département de géographie de la Biblio-
thèque impériale de Paris, un plan presque en tout
semblable, qui provient de Jules Klaproth; M. Julien
y a lu la date du 8* mois de la 7* année de l'empereur
Anye, ce qui correspond à l'année 1778; or, celui
que nous publions (à la moitié de l'original) parait an-
térieur, comme on en peut juger par les additions (1).
(i) 4il qQmt)re àe» pièces caroposanl la collection des certes japO'
naises de la Bibliothèque, se trouve une carte routière» dam le ^eorjl
(216)
Maintenant je vais transcrire toutes les indications
que M. Julien a bien voulu traduire» elles formeront
une explication presque complète du plan de Nan-
gasaki.
ffïuaéroi,
1. Navire chinois venant de Fou-tcheou (i).
a. Navire étranger entrant dans le port (le navire hollandais).
3. Bâtiment chinois, navire de Nan-king.
4* Barque du navire de Nan-king.
5. Bateaux japonais remorquant le navire étranger.
6. Le navire étranger à Tancre.
7. O'-ponto-ouo-poo, comptoir de Desima, maison et magasins
des Hollandais.
8. Grenier de Tempereur pour le riz.
9. Temple du bonheur des Saints, et six autres temples.
10. Port.
1 1 . Chantiers des vaisseaux de l'empereur,
la. Le temple de la Sainte vertu.
i3. Champs nouveaux entourés d'une digue.
14. Grande baie.
i5. Chantier pour les navires chinois.
16. Docks pour les marchandises de Chine.
17. Maisons et magasins des Chinois.
18. Ta-te-sse (temple de la grande vertu).
19. Façade du palais impérial.
20. Volcan (tout en bas à l'angle à droite de la carte\
ai. La montagne à sept faces.
4e la table théodosienne : je puis citer aussi une carte italienne ani-
kOgue du XV* siècle, où les Balkans, le Danube, le Bosphore, etc.,
sont tracés parallèlement, et tout rapprochés; elle fait partie des
monuments de la géographie^ en cours de publication.
(i) C*est un des cinq ports de Chine ouverts aux Anglais par le
«raité de i84^-
(217)
]N* s 2. Tableau des distances, par terre où par mer, de Tchtng-ài
(Nangasaki) aux diffëreutes provinces (i).
NOMBRE DE tlS
Pour aller: * --^ "*| ^ **" ^
par terre, par mer.
A Rin^-tou et Miyako 210 248
A Riang-hou ou Yedo 332 /^jo
A Ta-fan ou Hosaka 197 aSS
A Rouang-Tao,la grande ile dans lapro*
irince de An-i (Aki) i3o ii4 i/a
A Hia-kouan, province de Tchang-mou
ou r)a£;ato 5g i/i 89
A Siao-kouan, province de Bouzen.. . . 5y 86 1 /a
ATchang-tsin, province de Bouzen. . . 56 i3o
A Ji-tien, province de Boungo 4^ l58 l/a
AHion[;-pen, province de Figo 35 4^
A Rhieou-ma, même province 4^ ifi 1I2
A Lou-eul-tao (l'île du Petil-Gerf}, province
de Satsouma 65 i /a 97
A Tso-tou-youen, province de Figo. . . 71 '47
A Rieou-lieou-mi , province de Roung-
heou (Trikougo) 33 61
A Lieoa-tchouen, même province. ... 27 55
A Fou-kang, province de Tsikouzen. . . 5o 1/2 68 1/2
A Tso-kia, province de Fizen 24 59
A Ping-bou, même province 25 27
A Thang-tsin (le gué des Chinois], même
province 25 52
A Yuan, même province t6 35
ATa-thsum (le grand village), même pro-
vince. 10 29
A Oa-tao-chin-kiang , même province. . » 4^
A I-ki, même province • 4^
A Toui' ma (Tsou>sima), même province. ■* 91 l/a
(1) Ce Ubleau d« S9 et le suivant n* 33 occupent, dans rori§ittal, la place qjut
lient, 4ani cette réduction, le titre de U carte.
( 218 )
V* 9.3. Distances de Tchan£;-ki (Nançasaki) à certaioes localité
à partir du port de celte ville.
Pe TchaiiR-ki à Ji-kien 2 lis.
D« Ji-kieii à Chi-c4iang[ • i -»
De Tchang-ki à To-lhsnn (le grand villagp) 3 —
De Trliang-ki à Chin-kio 'la fosse profonde) 3 -•-
De Cliiiikio à Ye-men (la mère sauvage) 4 —
De Tchang-ki à Cbi-isin 3 ^
De Tchujg-ki à Tchang-yu 3 —
De Si chnn kheoii (la gorge de la montagne de l'ouest) à
Tf^haiig-Yu, le chemin le plus proche; c*estun endroit
dangereux 2 l/i
De Tcliang-ki à Ikiriki 5 —
De Tchang-ki à Meou-mo a —
De Meou-mo àThien-tsao et àFizen, on passe en bateau.
Selon M. de Siebold, la latitude du comptoir de
Desima est 32« 45' nord ; la longitude, 129^ 61' est
Greenwich, ou 127" 31' à Tprient de Pari^.
Gomme il est nécessaire d'ajouter à Tintérêt de ce
plan par une description de la ville de Nangasaki, je
vais en emprunter une à la relation de Kaempfer, qui»
après plus d*un siècle, a encore, dit-on, le mérite de
l'exs^ctitude. D'ailleurs l'ancienneté de cette descrip-
tion la mettra mieux en rapport avec notre plan, qui
est aussi du xvui^ siècle. En extrayant la relation de
Kaempfer, je rapprocherai plusieurs passages épars
dans son livre ; elle ne donne pas une haute idée de
la richesse des constructions dans les villes japonaises^
mais Nangasaki, sauf son commerce, n'était rien alors
en comparaison du luxe qui distingue les villes d'Yedo
et de Miako.
( 3i« )
Description de Nangasaki extraite de l'histoire du Japon
par Kœmpfer (!)•
« La situation comipode et sûrp He ce port en fait
le rendez-vous commun des navires étrangers, et de9^
nalions qui ont la ponnission de négocier au Ja^pon ,
d'y apporter les marchandises étrangères, et de les
vendre aux marchands japonais qui s'y rendent de
tous les endroits de l'empire dans certains (eœps dQ
Tannée. Ce privilège et celle faveur singulière sont
accordés seulemenl aux Chinois ou aux Orientaux qui
trafiquent sous leur nom, et aux Hollandais : mais c'est
pour les uns et les aulres sous de grandes restrictions
et sous une inspection rigoureuse.
x^ Le havre commence au nord de la ville ; son çntrée
e$t fort étroite et n'a que peu de hrasseçde profondçyr
avec un fond de sable. La mer reçoit, auprès, quel-
ques rivières qui descendent des montagnes voisinas;
le port s'élargit ensuite et devient plus; profond;
là, il ^ une deml-lieue de largeur, et cinq ou six
braises de profondeur, il tourne au sud-ouest çt court
ainsi la longueur d'une lieu^ le long d'une côte élçvée
et des montagnes, ayant toujours un quart de lieue çle
largeur, plus ou moins, jusqu'à ce qu'il abo^tiçi^je ^
une lie» ou plutôt à une n^ontagne entourée de mer e^t
appelée Taka-Japaa, oii Taka-Boko, comme qui dirait
le pic des Bambous ou la haute montagne des Bamr
bous : les Hollandais la nopament Papenberg. Tous les
navires qui doivent faire voile de Nangasaki à Batavia
jettent l'ancre ordinairement près de cette Ue^ pour
(i) Traduction française* t. II, îq-i s, La Haye, 173a {xt. 71 et fiiivO-
( 220 )
attendre l'occasion de sortii' du havre, ce que l'on feju
rait iiisémcDt dans deux lieurcs, n'était la quantité tj
bancs de sable, de bas-fonds cl de rocbors, qui rendeOJ
le passage de ce détroit également difficile et dango*
reuTt. Pour se tirer d'affaire, les navires doivent g
verner ouest, laissant In terre à droite et gagner t
pleine mer, passant entre de pelitcs Iles.
» Il y a rarement moins de cinquante navires et b&^
teaux dans le port, outre quelques centaines de bateau]
de pôcbeurs et autres petits bateaux. A l'égard des vaÎH
seaux étrangers, si l'on excepte quelques mois de l'hlf
ver, il y en a rarement moins de trente, la plupan
desquels sont des jonques de la Cbine.
« La ville de Nangasaki est au 32" degré 36'de latitacfi
septentrionale, et au i5i° degré de longitude (1) :
bout du port, où il y a le plus de largeur, et où, allani
au nord, il forme un rivage endemi-cercle, elle a la figuré
d'un croissant, tournant un peu sur celle d'un triangle;
elle est bâtie sur le rivage, dans une vallée étroite qui
va du côté de l'est, formée par l'ouverture des mon-
tagnes voisines. Elle a trois quarts de lieue de longueur
et presque autant de largeur, La rue principale, et la
plus large, s'étend sur toute la longueur de la vallée
et va jusqu'à la montagne. Les montagnes qui l'entou-
rent ne sont pas bien hautes, mais roides. d'ailleurs
vertes jusqu'à leur sommet, et formant un point de
vue très agréable. Précisément derrière la ville, sur le
pencbaiit des montagnes sont bâtis plusieurs temples
magnifiques, ornés de beaux jardins el de terrasses à
la manière du pays; plus haut, on trouve une infii
(■) L'er
ir de longitude eit d'ei
n 4 d«grei trop k l'nt. '
I
( 221 )
de s^pullures l'une Herrièro l'autre : un peu plus loin
on voit une plus hauto montagne, forlite et cultivée.
I.a disposition du lout donne à l'œil un nspect déli-
cieux et enclianlé.
» La ville de Nangnsnki est ouverte comme le sont
In plupnrt des villes du Japon, sans cliâlcQu, sans mu-
railles, sans forlilications ni aucune déTcnse. Les rues
n'en sont ni droites, ni liirges : elles vont en montant
vers la colline et finissent près des temples. Trois ri-
vières, dont l'eau est belle, traversent la ville ; elles ont
leur source sur les montagnes voisines. Celle du milieu,
et la plus grande, Iraverse la vallée de l'est ù l'ouest.
Pendant la plus grande partie de l'année, elles ont à
peine assez d'eau pour arroser des champs de riz, et
pour faire aller quelques moulins; mais pendant les
pluies, elles grossissent au poinl qu'elles entraînent
des maisons entières.
» Nagasaki, qu'on prononce quelquefois Nangasakîi
quoiqu'on ne l'écrive jamais ainsi, est divisée en deux
parties: l'une est appelée Ursimals ou ville intérieure,
composée de 26 tsjoo ou rues toutes fort irrégulièreSt
comme ayant été bâties dans les comuiencements
de celte ville. L'antre est appelée Sottomaz, comme
qui dirait la ville extérieure ou autrement les fau-
bourgs. Elle ronticnt 61 rues, de sorte qu'il y en a en
tout 87.
» Les bâtiments les plus i'emarquables qui sont à
Nangasaki eldans le voisinage sont les Janagura comme
on les appelle; ils appartiennent à l'empereur : ce sont
cinq grandes maisons, bâties de bois, au côté septen-
trional de la ville, sur un fond bas auprès du rivage ;
on y garde trots grandes jonques impériales, ou vais-
( 522 )
r
Beaux de guerre, avec tous leurs agrès prêts à être mis
en mer au premier signal.
V Le Tensiogura, ou magasin à poudre, est sur le
rivage vis-à-vis de la ville ; pour plus de sûreté et pour
prévenir les funestes accidents, on a bâti une grande
voûte sur une colline voisine où l'on garde la poudre.
» Les palais des deux gouverneurs qui résident danà
la ville, occupent un terrain considérable, un peu plus
^élevé que le reste des rues. Les maisons sont propres
et belles, toutes uniformes et également extiaussées.
On entre dans la cour par des portes fortiGées et bien
gardées. Le troisième gouverneur loge à Tattejama
dans un temple, jusqu'à ce que son prédécesseur, qui
va à la cour de Jedo, lui fasse place dans le palais de
la ville.
» Les étrangers demei^rent hors de la ville dans des
endroils séparés, où ils sont veillés et gardés avec beau-
coup de rigueur, comme des personnes suspecteà et
qui pourraient tramer quelque conspiration. Les Hol-
landais demeurent dans une petite ile située dans le
port tout contre la ville et nommée De-sima (Dezima),
c'est-à-dire. Vile de De, Les Cliinois et les nations voi-
sines qui professent la même religion, et négocient
80US le même nom, demeurent derrière la ville au
bout méiidional sur une éminence : leurs demeures
sont entourées d'une muraille, et sont nommées Ja-
kuijn ou le Jardin de médecine; on l'appelle aussi
Dsiusensju, nom des observateurs de l'empereur, em-
ployés à observer du haut des collines voisines les na-
vires étrangers qui gouvernent du côté du port et à
donner avis de leur arrivée aux gouverneurs de la ville.
)S II y a environ 62 temples au dedans et au dehors
( !2S )
de In ville, savoir: b temples des Sinsia consacrés aux
Cami, eu ilieuï et idoles, adorés dans le |>ays depuis
un temps immémorial ; 7 temples de Jaminabos ou
prêtres de montagne ; et 50 Tira ou temples en l'hon-
Deur des idoles étranf^ères dont le culte a été porté
d'outie-mer: de ces derniers il y en a 21 dedans, et
S(l hors de ta ville sur le penchant des collines, avec
de beaux esLaliers de pierre |)oiir y monter. Ces tem-
ples sont non-spulemenl consacrés l'i la dévotion et au
culte> ils servent encore au divertissement et à la ré-
création : c'est pourquoi ils sont accompagnés et ornés
de jnrdins agréables, de belles allées ol de beaux ap-
partements. Ce sont assurén^ent les plus beaux édi-
fices de Nangasaki par rapport au bon air, à l'agrément
de la situation et au point de vue qu'ils offrent sur la
ville, sur une bonne partie du bavre, et sur le pays
d'alentour.
- » Entre les édifices publics de Nangasaki. on ne doit
■ pas oublier les ponts : il y en a 35, grands et petits,
20 h&tis en pierre et les autres en buis : leur structure
est fort simple.
t Les rues, pour In plupart, ne sont ni droites ni
Ifirges. mais Irrégulières, mal|>rnpres et étroites; lés
unes montent, les autres descendent, à cause de l'irré-
gularité du terrain sur lequel lu ville est bâtie. On a
mis des marches de pierre k quelques-unes des jilus
roidcs, pour monter et descendre plus commodé-
ment (1). Elles sont peuplées au possible; séparées
(i)Elles n'ont pas plus de 3u ou 4o brasses de long et conlUnaent
nn pareil nombre de maijoniii for. de Tliunbtrg, t. Il, In-^", p. iSj
édition d> Langli*. Pirît, 1796' Ce naturnlisle vojagt^ait au Japoo
en 177S. B. J,
( 224 )
l'une de l'autre pav deux porles de bois, une ùchaqu^fj
boni, que l'on renne totiloa les nuits, cl souvent peïl^
dant le jour lorsqu'il est nécessaire (1). 11 y a, en outre
dans chaque rue, un Quasi Doogu, comme ils l'appelj
lent, c'ost-à-dirc un endroit où l'on tient tout ce qui a
nécessaire en cas d'incmidie, le fcii faisant beaucoqpl
do ravages dans un pays où lotis les bîktimenls sont de
bois : il y a donc en ces endroits nn puits plein d'eau,
un seau ou baquet, un barpon à feu, etc.; l'échelle est
sous la direction de l'ofilicipr qui commande dan? %
rue. cl il la garde chez lui,
» II Taut remarquer que les rues de Nangasaki et d^U
autres villes du Japon ne sont jamais d'une longu^^M
excessive. Elles ne sont pas toutes de la longueur d'uja||1
tsio japonais (mesure de fiO kios ou brasses), dom^l
elles ont emprunté le nom, mais elles sont bâties de^ I
sorte qu'on les puisse fermer commodément toutes lofirj
nuits à chaque bout. Elles sont toutes sous le com*.
mandement d'un oDScîer. A l'égard du nombre deSrfl
maisons, il est rarement de plus de 60, et de moini
de 30 dans une rue.
» Les maisons du commun peuple sont de cbétifin
b&timents : elles sont petites, basses, rarement de plu
d'un étage; s'il y en a deux, le second est si bas, qu'iU
mérite àpeine ce nom. Le toit est couverldc bardeaui
ou coupoaui de bois, arrêtés seulement par d'autread
pièces de bois que l'on pose en crois. Les maisoniM
sont bâties de bois, comme sont tous les autres bâtt^iJ
meiits dans tout l'Empire. Les murailles en dedaasj
(l) Par ce moyen, on inlercaple loule com
«lisinei. (Ko)', de Thunbtrg, i. IJ, p. ig.)
( 226 )
sont lambrissées et tapissées d'un papier enluminé de
diverses couleurs; le plancher est couvert de nattes
dont le tissu est fort épais ; ils ont soin de les tenir
dans une grande propreté: les chambres sont séparées
Tune de l'autre par des fenêtres à châssis et paravents
de papier. Ils n'ont ni chaises ni fauteuils, et fort peu
de meubles, n'ayant que ce qui est absolument néces*
saire pour les besoins journaliers de la cuisine. Der-
rière chaque maison il y a une cour de décharge, qui
est d'ordinaire assez grande pour avoir toujours quel-
ques plantes curieuses et agréables qui réjouissent la
vue et dont ils ont un grand soin. Les maisons des
riches marchands, tant naturels qu'élrangers, et des
autres personnes riches, sont beaucoup mieux bâties ;
elles ont ordinairement deux étages, disposés a la ma*
niëre des Chinois, avec une avant-cour et un jardia
sur Je derrière (1). » Jomabo*
EXTRAIT
d'vnb lettre adressée a m. o'avezac,
VJcfi- président de la Commission centrale,
PAR SIR ROBERT H. SCHOUBVRGK , CONSUL DK S. M. B.
A SANTO-DOMINGO.
31 août 1854.
Le Bulletin de la Société de géographie de Paris
ne parvient guère jusqu'à celle résidence , et mon
(i) Pendant les mois de septembre et d'octobre, Nangasaki et se%
environs sont très malsains : il y règne à cette époque une diarrhée
opiniâtre. {Voy. de Thunberg^ r. II, in-4% P- 23.)
VIII. OCTOBRE. S. 15
• ' • • -(
• • • •
• ••
( 226 )
absence d'Europe depuis dix années iD*a rendu , en
grande partie, (étranger à ce qui se passe dan5 le
monde savant.
Je n*ai pas négligé Tobjel de mes anciens travaux,
autant que mes devoirs consulaires m'ont permis de
m'en occuper. C'est un fait remarquable que Sanlo-
Domingo, étant la première terre dans le nouveau
monde où la colonisation européenne a com mencé, soil
Cependant la moins connue de toutes les Antilles. Nous
avons une connaissance bien meilleure des pays de
nos antipodes que de celte lie, la plus ancienne de nos
colonies d'Amérique.
Quelques articles du JSauticnl Magazine, relatifs à la
position géographique de la ville de Santo-Domingo,
aux courants qui longent les côtes de l'Ile, et surtout
des « Remarques sur les principaux ports et ancrages sur
la côte de la République dominicaine^ » vous auronhniiài
à poiiée de reponnaltie que je me suis beaucoup oc-
cupé dliydrographie. J'ai fait de plus quatre voyages
dans l'inlérieur, afin de déterminer l'aspect physique
du sol et (le recueillir les éléments d'une carie exacte.
J'ai fixé la position de plus de quarante points et
constaté la hauteur des principales montagnes. Ce
travail m'a occupé pendant près de quatre ans, et j'ai
maintenant la satisfaction d'avoir presque terminé ma
carie. Je me propose d'y joindre un mémoire géogra-
phique sur la République dominicaine. L'ouvrage et
la carte seront envoyés au gouvernement de S. M. B.,
qui a fait les frais de ces expéditions. Toutefois, je
prierai lord Clarendon d'en communiquer la substance
à la Société géographique de Londres.
J'ai toujours recommandé à l'éditeur dû Nautical
.■ - *-
^ ^ »• '
(ÎÎ7)
Magazine d^envoyer, en mon nom, au Dépôt, des exem-
plaires de mes articles*
Votre marine marchande me doit quelque recon-
naissance du soin gratuit que je prends depuis six ans
de vérifier et régler les montres des navires qui
viennent faire ici leur chargement; sauf moi-même,
personne ici n'entend rien à la marche des chrono-
mètres.
LETTRE
DB M. B. ht BLoSSBViLLÈ
▲ If. LE PRÉSIDENT OE LA COMMISSION GENTRALB
DB LA SOCIÉTÉ DB GÉOGBAPflIB.
AmfreviUe-la-Campagne (Eure)) 6 août i854«
Monsieur le Président,
Je m'empresse de faire hommage à la Société dé
géographie d*une notice que je viens de publier sur
la vie et les travaux de mon frère, Jules de Biosseville,
G*est pour moi un devoir de reconnaissance d'offrir
ee trop modeste tribut à un corps savant dont rinitia^^
tive a été si généreuse, et Tautorité si puissante, pour
imprimer une direction à la recherche de la iJiloist.
Je ne saurais oublier non plus combien la Société» qui
m'a fait l'honneur de m'admettre au nombre de ses
membres, a montré en toute circonstance de sympa-
thique sollicitude pour le sort funeste de mon frère. Si
le nom de Jules de Blosseville doit survivre, o'est à la
( 228 )
Société de géographie surtout que ma famille en sera
redevable*
Agréez, je vous prie, monsieur le président, l'ex-
pression de mes sentiments dévoués.
E. DB BlOSS£VILLB.
EXTRAIT
DU RAPPORT k l'assemblée DES PROFESSEURS
ADMIlflSTRATEURS DU MUSÉUM d'hISTOIRB NATURELLE,
SUR LES yiotrkvx m: la Californie »
PAR M. DECAISNE, PROFESSEUR DE CULTURE.
Le voyage que M. Bourcier de la Rivière a effectué,
durant deux ans, à ses frais, en Californie, a procuré
au Muséum une série d'objets de botanique des plus
précieux. Il me suffira de rappeler que l'administra-
tion a reçu des échantillons bien conservés des arbres
gigantesques du pays qu'a parcouru ce voyageur; que
l'un de ses derniers envois se composait de 10.000
graines de Pinus sabiniana^ espèce précieuse, pour ainsi
dire inconnue en France , et qui va nous permettre
d'obtenir en échange des objets utiles aux collections
de rËlablissement. Mais, pour apprécier l'intérêt de
ces objets et les avantages que le Muséum retirera du
voyage de M. Bourcier de la Rivière, il suffira de rap-
peler que la longue étendue de pays qu'il a ])arcourue
en véritable forestier, et dans laquelle se rencontrent
les arbres résineux les plus gigantesques qui soient
connus, n'avait encore été visitée par aucun natura-
liste français*
( 229 )
M. Bourcier de la Rivière ne s'est pas borné à par«
courir seul et presque sans ressources les chaînes de
montagnes de cette partie de la Californie; il a porté
son attention sur les parties basses et brûlantes qui
s'étendent vers Tocéan Pacifique, et la plupart des
échantillons d'herbiers qu'il y a recueillis appar-
tiennent à des espèces, sinon neuves pour la science,
du moins complètement nouvelles pour les collections
du Muséum. Les notes qu'il a jointes à ses envois
attestent de son zèle actif et éclairé^ et du tact qu'il
sait apporter dans ses recherches.
NOTE
DE 11. DB LA ROQUETTE SUR DES OUVRAGES OFFERTS
PAR MM* SCHLAGIRTWEIT ET SUR LEUR PROCHAIN VOYAGE
DANS l'inde;
Lue à la séance de la Commission centrale du 20 octobre i854.
M. Adolphe Schlagintweit m'a chargé d'offrir à la
Société, tant en son nom qu'en celui de son frère
Hermann, deux brochures sur la structure orographi-
que et géologique du Mont-Rose et de la Zugspitze,
ainsi que des épreuves de cartes photographiques prises
sur les reliefs de ces deux montagnes des Alpes pen-
nines et des Alpes bavaroises, et quelques feuilles d'un
grand atlas qui accompagnent leur dernier ouvrage,
intitulé : Nouvelles recherches sur la géographie physique
et sur la géologie des Alpes ^ 185A.
En déposant sur le bureau de la Commission centrale
l'hommage de MM. Schlaginlweit, bien connus de la
( 280 )
SociélA par les communications dont ils ont déjà en-
richi son BuUetin^ je crois devoir vous annoncer que
ces savants ont mis les mêmes ouvrages qu*ils vous
offrpnl aujcvurdMmi, et qui se rallachent à leurs pre-
mières « Recherches sur les Alpes a publiées on 1850,
sous les yeux dos membres do TAcadémie des sciences,
qui les ont très favorablement accueillis. Les auteurs
ont fait remarquer à TAcadémie que la particularité
qui dislingue, dans leur atlas, les relif^fs des deux
grou|)es caractéristiques des Alpes de la plupart de
ceux qui ont été faits jusqu*ici, c*est que les hauteurs
ne sont nullement exagérées. L'échelle est absolument
la même pour les dimensions horizontales et verticales,
de sorte que les pentes des cimes et les inclinaisons
des montagnes qui encaissent le^ vallées ont pu con-
server les mêmes angles que dans la nature. M. Adolphç
Schlagintweit a fait observer en même temps, quant
aux épreuves des caries photographiques prises sur
les reliefs, qu'en faisant tomber la lumière sous un
angle de AO à ÔO degrés du nord-ouest sur les modèles
qui se trouvaient dans une position verticale, son frère
Hermann etlui ont obtenu, par la voie photographique,
des caries représentant tous les détails des reliefs, et
ressemblant à des cartes gravées sur acier dans la ma-
nière dite noire et mordante.
Après cet exposé fort incomplet des derniers travaux
de MM. Adolphe et Hermann Schlagintweit, la Société
n'apprendra pas sans un vif intérêt que, sur la recom-
mandation |>ressante de notre ancien et illustre prési-
denl, M. le baron Alexandre de Humboldt, ce patriarche
des sciences géographiques, ces deux savants Alle-
mands viennent d'être chargés, conjointement avec
)
(281)
leur troisième frère Robert, cl*une mission scientifique
aux Indes orientales» et en particulier dans l'Himalaya»
C'est sous les auspices de S. M* le roi de Prusse et de la
Compagnie anglaise des Indes que ce voyage est en-
trepris. Embarqués au port de Soutbampton le 20 sep-
tembre dernier» à bord du navire à vapeur Itulus ,
MU. Scblagintweit se rendent d'abord à Bombay par
la voie de TËgyple. Ils iront en hiver à Madras» d*o^
ils s'embarqueront à la (in de février pour Calcutta.
En été» ils visiteront THimalaya oriental et peut-être
Ie.Népaul ; ils comptent rester trois ou quatre ans dai^
rinde» etj quand on connaît le talent et le j^èle. actif
dont ces habiles explorateurs ont déjà donné tant cle
preuves, on ne saurait douter que leur voyage ne
fût très fructueux pour la géologie» la météorologie
et la géographie, car ils partent dans les conditions les
plus favorables. Ils sont munis d'un grand nombre
d'excellents instruments qu'ils doivent à la générosité
de S. M. le roi de Prusse et de la Compagnie anglaise
des Indes» qui se chargent des frais de leur excursion.
Les directeurs de cette puissante Compagnie, qui, dans
une multitude d'occasions» s'est montrée la protectrice
éclairée des entreprises scientifiques» paraissent atta-
cher une grande importance aux travaux de MM. Scbla-
gintweit» et ils ont fait tout ce qui dépendait d'eux
pour faciliter leurs recherches. Enfin» M. le colonel
William Sykes» en particulier» l'un des directeurs de
la Compagnie» qui s'intéresse vivement aux progrès des
sciences, principalement quand ils ont l'Inde pour
objet, a été on ne peut plus bienveillant pour MM. Schla*
gintweit, et leur a promis son concours empressé. Sous
tous les rapports , peu de personnes sont mieux pla-
( 232 )
cées que Thoiiorable colonel |)our les aider de soû
appui et de SCS conseils; aussi devons-nous fonder un
grand espoir sur le succès de cette entreprise, en voyant
par qui elle sera exéculée et quels en sont les protec*
teurs et les guides.
M. Adolphe Schlagintweil a bien voulu ine promettre,
d'après le désir que je lui ai témoigné, de saisir toutes
les occasions qui se présenteront pour me tenir au
courant des principaux résultats que ses frères et lui
pourront obtenir. J'aurai soin de communiquer im-
médiatement à la Société tous les documents qui me
parviendront, afin qu'elle puisse les porter à la con*
naissance des lecteurs de son journal.
( 233 )
iVoavelleM séosraphlqueaV
DécOUVEBTES AKCllËD LOGIQUES DU ROYAUUE DE NAPLES.
Les fouilles ^irchèologiques continuent avec activité
à Cnnosa (Caiiusiuin) , dans la Pouilie, sous In direction
du cavalier Bonucci. On a transporté au Museo Bor~
bonico beaucoup des objets qu'on a trouvés dans ces
ruines, ainsi que d'autres qia'on vient de découvrir à
Capoue.
t
I
la
L
OÈCOOTBBTBS ABCHÉOLOGtQtBS D&K3 LH DiPABTBHBNT
DE l'eIIKE.
L'arrondissement de Bernay vient d'être le théâtre
d'une grande découverte archéologique communiquée
par M.Charles Lenormant ^il'Académie des inscriptions
etbelles-lettres.dansaaséance du 29 septembre dernier.
C'est à environ âOO mètres au nord de l'ancien prieuré
de Saint-Lambert de Malassis, propriété de M. Lenor-
mant, que ce savant académicien et M. François Lenor-
mant. son (ils, ont fait cette curieuse trouvaille, au bord
delà vallée delà Rille et aumilieu des ruines d'un édiûce
antique, où un villageois pratiquait des fouilles afin
de s'élever une demeure. Quelques débris romains,
médailles, tuiieb à rebord, une grosse colonne imbri-
quée, sortirent d'abord de ces ruines en apparence in-
signifiantes. Bientôt les fragments d'une statue (grande
comme nature, en pierre tendre du pays, et dont
la tète, remarquablement conaerrée, est celle d'uo
( iSà )
Hprciile, se monirèrent, stpc l'inscriplion suirantS
..HEItCVLIMERCVniO ... ERQVINIUS. V. S. L. M.
Ces débris de colonne, de statue et d'inscriptîi
font voir que rédifico faut Ile avait été élevé aus dépei
d'un monuiuent plus iincicu, consistant en une stati
A' Hercule- MeiTure, ou Heniieracle.i, \
lonne liistoiiée, consacrée par Ser(|uiDÎus. Or, Set
quinius n'est point un pursoniiiige éli'an§;er au pajr^^
car c'est sur l'emplacement de sa propriété, explorée par
M. Auguste Le Pre^osl, (|ue s'esi élevé di-puis le village
de Serijuigny.
Quelques jonrs après, MM, Lenonnant observèrent
dea restes d'inscripiions, augmentés de symboles cliré-
liens; le cbrisrae catbolique , la colombe et le vase
eu.cliaristique indiquaient ta consécration d'un édi-
fice chrétien élevé sur l'emplacement du monument
de Serqiiînius. Ces fregments rapprocbés ont donné
les mois: CURISTE SPIRITVS SVSI^IPE ORA-
TIONEM MËAM; FIAT PAX IN VIRTVTE TVA
Puis on trouva une tuile à rebord sur laquelle se li-
saient en caractères culuriés les mots REG... CHbO...
ANNO X..., inscription indiquant on roi tta la pre-
mière race du nom de Chlodoveus ou de Cklotariut-
Une autre épitaphe sur tuile à rebord, portant la men-
tion du rë^ne d'un Childebert; d'autres épitapbes
nïTrant les noms romains de Bai-bara, C/emeai, kin-
centius, Uisus. Léo, Fnimeiilius, de Cohimbn dulcissima
iti p<ii:e, etc., démontrèrent qu'un cimetière cbrétia]
avait dû exister en cet endroit durant les premiepp^j
temps de la monarctiie méroiingienne
Jlais ce qui excîtii surtout l'inlérët, ce fut i'appari-
tion du nom de BAVDVLF écrit sur une pierre, et ds
4
^
( 285 )
celui de TEVDVLF, inscrit sur une tuile à rebord. M
devenait dès lors évident que ce cimetière avait réuni
des chrétiens d'origine franque aussi bien que de race
romaine. Le lendemain, parmi des inscriptions por-
tant d'autres noms latins, se trouvèrent trois inscrip-
tions en caractères runiques. La plus importante se
lit ainsi: In garnir sen Hagen in F ride Konoung Chlou-
doouig Consoul, ce que M. Lcnormant traduit par :
« Ingomir, fils de Hagen, en paix, régnant Chlodowîg
consul. » Or, Clovis 1" ayant élé le seul des • rinces
mérovingiens qui reçut de Conslanlinople les insignes
du consulat, cette inscription a élé écrite entre Tan
608 et Tan 511. Les autres inscriptions portent les
noms de HERMAN, de SIGOBERT, de CREM (sans
doute le commencement (}u noui de firemhilde) , et
de SIGEFRIP.
M. Lenorraant tomba sur une épitaphe portait :
SVR FAMY DE. Or, la formule /«wm/w^ Dei indiqua
invariablement , sur les uionumenls des premiers
chrétiens, une personne vouée à la vie religieuse ; et
précisément on honore encore dans le pays un pieux
solitaire du nom de saint Suron, dont le culte est tout
à fait local. Une autre inscription a présenté, en ca-
ractères runiques, ces mots Croutchild in, dans laquelle
on reconnaît la forme franque du nom de Clotilde.
Le nombre de toutes les inscriptions trouvées en oet
endroit s'élève à plus de 60; nous en signalerons encore
deux d'où il parait résulter que ce lieu fut visité en l'an
8(5 du règiie de Childebert, l'an bhl de notre ère, par
saint Germain, évêquc de Paris et ministre de ce roi,
dont un superbe monogramme a aussi élé découvert
Les noms de Glodoald %X de Nanlechild font présumer
( 236 )
que saint Oloud fut an nombre <le.s visiteurs <
endroit, où M. Lenomiant a docomort les
d'un baptistère qui a servi sansdoute à quelque évèqdîH
des premiers temps pour baptiser par immersion lai
Francs et les Romains du voisinage.
Enfin. l'inscription suivante: « VmiODV SYRUSET
EX VICO GIS AVLERCO I(S PA. m où il est question
du tillage de Gisacitin Auhnornm , déjà mentionné
dans la Vie de saint Taurin cl dans les inscriptions du '
VieilÉvreux, est Fort curieuse pour l'histoire de la vill
d'Lvreui elle-mêmu.
\ DU ■&\l DA53 I
Dans l'exposition des produits de l'industrie, ouvert
à Bordeaux le 15 juillet 185& par les soins de la £
ciélé philomalbiqiie, on a remarqué de beaux échan-'
tîUons de rîz cultivé près de La Teste. L'introductioiifl
du riz dans l'agricullure de la Gironde paraît étrsfl
aujourd'hui, un fuit définitivement acquis.
TÉLÉGRAPHE Él.ECTRIQUE SNTlti; LA «PE^.ZIA ET l'AFBIQDR^
M. Albert de la Marmcra vient de communiquer à
Société de géographie de nouveaux renseignements s
la ligne télégraphique qui doit unir l'Europe à l'Afrique .
et probablement à l'Inde. Dèji'i le câble est posé entcc
laSpezEÏa et le cap Corse; après avoir traversé la Corssi
les Bouches de Bonifacio et la Sardaigne, la lignetl
parlant du cap Spartivento, extrémité sud de la SaM
daigne, se portera sur l'Ile Galita, et de là sur l't]
( 257 )
Tabarca, qui touche à la côte d'Afrique; deux branchés
partiront de ce point : Tune vers La Galle pour des-
servir TAlgérie, l'autre vers le cap Bon, pour gagner
Malte et le Levant. Une vallée de 1 000 mètres de pro-
fondeur, qui sépare le cap Spartivento de la Galita,
offrira quelque difficulté pour la pose du câble dans
cette pajrtie de la Méditerranée ; mais on ne doute pas
du succès.
AFRIQUE.
NOUVELLES DR L'fiXPâDlTION DB l'aFRIQVE CENTRALE (1).
Extraites d'une communication de M. Âugustus Petermann,
datée de Gotha, 3 octobre i854*
Il résulte d'une lettre du consul général anglais
colonel Ilerman, à Tripoli, que le docteur Barth était
encore le 2i mars à Tombouctou. Dans sa dernière
lettre du li décembre, il exprimait Tespérance de
partir dans le courant du mois pour Test; il faut donc
supposer que des obstacles insurmontables Tauront
empêché de réaliser son projet. Un séjour de sept mois
à Tombouctou aura été une rude épreuve pour le hardi
voyageur,
A la date du 25 août, on ne savait rien de nouveau
à Tripoli sur le docteur Vogel, mais chaque jour on
en attendait des communications importantes. D'après
sa dernière lettre datée de Kouka, 20 février 1854, il
avait projeté diverses excursions autour de ce point,
« Dans quatre jours, écrivait-il, je pars pour le fleuve
Schary; je sei'ai absent quatorze jours; je compte re-
(i) J*ai donné une partie de ces nouvelles dans fe numéro de
septembre^ pages 177 et suivantes. E. J.
( 238 )
monter le fleuve l'espace de trois ou quatre journées, b
Pour son grand voyage d'exploration, il avait projeté
ce qui suit : a 1^ Déterminer aslronomiquement les
embouchures des fleuves qui se jettent dans le lac
Tsad, et fixer, au moyen de Venibarcatiou (1), un cer-
tain nombre de points du rivage cl des lies, — 2* Fixer,
sur la route de Yola, la position du confluent des deux
rivières qui forment le cours supérieur de la Tchadda»
à savoir le Benué et le Faro, et descendre le fleuve
autant qu'il sera possible» pour voir s'il est navigable
et s'il s'y trouve des cataractes (2). — 3" Durant la
saison des pluies» explorer Kanem et le Bahr el GhazaI»
et chercher à pénétrer dans le Ouaday, — Si les deux
derniers projets ne pouvaient se réaliser» j'essaierais
de remonter le plus loin possible vers sa source le
fleuve Schary. Après la saison des pluies» je reviendrai
ici » surtout à cause des plantes» qui maintenant sont
presque toutes brûlées. Tous ces voyages» je les ferai
seul, ou accompa;;né d'un de mes sappers, et avec aussi
peu de hagaj^es que possible pour ne point exciter la
cupidité des indigènes. Si cela m'est possible» je
transporterai» vers la fin de cette année» mon quartier
général plus à l'est et au sud. Par la grande caravane
(i) Sorte de chaloupe, qui fut transportée en pièces détachëet
delà Méditerranée au lac Tsad, à dos de chameau; puis, montée
et mise à l'eau par des charpentiers arabes. Cest sur cette barque
que monta Overweg pour explorer les parties inconnues du lac et
les innombrables îles Riddoumas.
(a) Le docieur Vogel ne connaissait pas encore à cette date l'ex-
pédition envoyée par le gouvcrniinient anglais, sous le commandement
de M. Mac Gregor Laird, pour rtmonttr le même fleu\e; Texpéditiun
a quitté rAn(>lcterre au commencement de juin, puur cire de retour
k Noël prochain.
I
( 239J
qui, dans deux mois, partira de Bornou, j'enviirrai loua
lea détails et un eulrail de mon journal. »
On voil, dit U. Augusius Peleimann, que les pro-
chaines nouvelles piooieltenl un haut intérêt pour 1k
science j lea voyageurs ont éprouvé partnul la plus
grande sympathie, effet de rinlluence des consuls
britanniques daus le nord de l'Afrique. J-d.
LETTBR DU COUUAHDART JOHN RAË SUB DES HODVBLLES
DS LUXPiuiTJOn UB lOHN FRANKLIN.
aepulse-Bny, ïg juillet iiS5^.
J'ai l'honneurde déclarer, pourrinslruction des lords
commissaires de l' Amirauté, que. pendant mon voyage
sur la glace et les ueigus, elFeclué cr printemps, dans
le but de compléter l'arijentage de la côte occidentale
de Booibia. )'ui vu les Esquiniaus dans Pelly-Bay. J'ai
appris de l'un d'eux qu'un détachement d'buuimes
blancs [kablaonans) était mort de faim , à quelque dis-
tance à l'ouest, et non loin d'une grande liviére qui
contenait plusieurs chutes et courants.
l'ius lard, j'ai eu d'autres renseignements et acheté
un certain nombre d'articles qui rendent lu sort d'une
partie ou peul-èlre de tous les survivants de rex|iédi-
tion de John Franklin indubitablement aussi texible
que l'imagination le peut concevoir. Voici en au bs tance
les informations que j'ai obtenues û diverses fois et de
différentes sources.
( m )
Il y a quaire liivors ([nliilemp» liu JSSO), un délv
chemenl d'hommes blancs, s'élevant S environ âOhool
mes, a èlé ïh [lar quelques Esquimaux à la rccliercbn
des ¥Gau\ marins près de la rive nord de King Wi^
liani's I.amt, qui est uno grande lie. Il voyageait i
sud sur la glade et lialnuit un bati^au. Personne daul
ce délDcIifiment ne parlait la langue des Esquimaux
d'une manière intelligible; mais les bonimes qui le
ccimposaieut ont fait comprendre par signes aux Es-
quimaux que leur vaisseau ou leurs vaisseaux ataïeiU
élé abîmés par la glaco et qu'ils cliercbaient des daim
et du gibier. Tous les bommes, à l'exception d'un e
cier, élaïenl maigres. On suppose qu'ils étaient à coaH
de vivres. Ils achetèrent un veau marin aux indi
Plus lard, mais avant ki débâcle des glaces, les corpi
de 30 indiùdus furent découverts sur le continent 8
5 dans une tic voisine, à une longue journée au nurd^
ouest d'une large rivière qui n'est autre sans doute qi»
le &ack's river (nommé par les Esquimaux Oot-koh^
ca-lik); la description qu'ils en font et celle qu'ils doo
nent du voisinage de Point Ogie et de l'Ile de Montréal!
■'accordent cxacLcmËnt avec la description de !
George liack.
Quelques corps auraient et:; enterrés (probablement J
ceux des premières victiiiies du la ramincj. Quelques-^*
uns étaient sous une tente ou des tentes, d'aulresd
étaient sous le baleau qui avait élé renversé pour for-i^
mer un abri; plusieurs étaient épnrs dans diverses
directions. Parmi ceux qui furent troutés dans l'Ile, il
y en avait un que l'on suppost; avoir été celui d'ua
oflicier. Il avait son télescope suspendu à l'épaule
son fusil à deux coups était couché auprès de lau
I
l
( 2H )
D'après l'élal de mulilatioti de la plupart des corps
et ce qai se trouvait dans les cliaiidièrcs, il est évident
que nos malheureux compatriotes avaient été réduits à
la dernière extrémité, le cannibalisme, pour prolonger
leur existence. I! paraissait y avoir eu grande abon-
dance de munitions. La poudre avait été vidée en las
sur le sol par les indigènes , et au-dessous du niveau
fie l'eau on a trouvé beaucoup de balles qui étaient
restées probablement sur la glace. Il devait y avoir
aussi beaucoup de malles, bouBsoles, télescopes, fusils
à deux coups. Tous semblent avoir été brisés. J'ni vu
des fragments de ces divers articles entre les mains des
Esquimaux, avec des fourcbetles et des cuillers d'ar-
gent. J'en ai racheté autant que j'ai pu.
Ci-jointo la liste des articles les plus importants avec
les chiffres et initiales sur l'argenterie. Les articles
eux-mêmes seront rerais au secrétaire de l'honorable
compagnie de la Baie d'Hudson , h mon arrivée â
Londres. Aucun des Esquimaux avec qui j'ai conversé
n'avait vu les blancs. Ils n'avaient même pas été aux
endroits où les corps avaient été trouvés; ils tenaient
leurs renseignements de ceux qui avaient été sur les
lieux et qui avaient vu le détachement en voyage. Je
ne m'excuse pas de la liberté que je prends de vous>
écrire; je le fais dans la pensée que Vos Seigneurie»
doivent être désireuses d'être mises aussitôt que pos'
aibte en possession de tous renseignements, quelque'
incomplets qu'ils puissent être, sur ce sDJct pénible-
ment intéressant.
J'ajoute que, grâce à nos fusils et à nos filets, nous^
avons été largement approvisionnés l'automne àuf
nier. Mon petit détachement a passé l'hiver asseK con-
OCTOBim. û. t8
( 242)
1(1 lia b le ment dans des iiiaisoiiG de ueij^
daima que nous avons luôs nous ont servi de vëtccaeiils
et de literie biiio chauds. Mon \oyage du printemps a
manqué, par suite d'une act^umulation d'obstacles qu^
ma précédente expérience des régions arctiques i
m'avait pas cependant l'ait prévoir.
J'ai l'hoQneur.etc. Signé Jobh Rks,
CuinniaDd.int (le reipédilion de
de la FDmjiagiiÎG de la Baie d'Hi
(Exirail ilu journal du commandant John Rae.)
Dans la matinée du 20, nous avons rencontré
Esquimau très intelligent avec un traîneau attelé de
cliieus, portant de la chair de musc. Cet homme a
consenti à nous accompagner pendant deux jours; il a
déposé sa charge sur la neige et il s'est joint à nous. Il
nous a aidés à arranger les traîneaux, et nous avons
voyagé avec plus de lacilité. Nous avons été rejoints
ensuite par un autre indigène qui était à la chasse
dt'puis la veille; après avoir visité notre maison de
neige, cet homme avait suivi nos traces. 11 était
très comniunicalif. Sur la question urdînaire que
nous lui avion» laite, à savoir s'il avait vu des honunea
blancs, ou des vaisseaui ou bateaux, il a répondu que
non; mais il a ilit qu'un détachement de kahloonans
(hommes blancs) était n:iort de laini à une grande dis-
tauce. à l'ouest, au delà d'un grand Ûeuve. U a dé-
claré ne pas savoir positivement l'endroit, n'y ayant
jamais été, et il a ajouté ne pouvoir pas nous accom-
pagner aussi loin.
Voici les renseignements qu'il noua a donnés : parmi
le^ ko hommes dont se composait le détachement de
blancs, il y avait un oiBcier grand, vigoureux et d'un
relie,
édl! ^
> « U Ull j
I
( m )
âge moyen. Tous les Ijouames, à l'exception de l'offi-
cier, étaieul amaigns. Ils tiraient leurs liatneaux avec
des cordes. Quelques-uns de les mallieureux doivent
avoir survécu jusqu'à l'arrivée des oies sauvages (c'est-
à-dire jusqu'à la lin de mai), car on eulendit des
coups de i'usil el l'on a trouvé des os Irais et des plumes
d'oie près du lieu qui fut le tbéàlre de ces tristes évé-
nements. J'ai acheté, entre autres articles, une déco-
ration du Mérite, sous la forme d'une étoile, et une
petite pièce d'argenterie portant gravés ces mots : Sir
John Franklin.
D'après ce que j'ai appris, il a'y a pas lieu de sus-
pecter qu'aucune violence ait été faite par les indi-
gènes à ces mallieureux.
Voici la liste des articles achetés aux Esquimaux, et
que l'on dit avoir été trouvé» à l'endroit où étaient les
corps des individus morts de faim :
Une l'oui'chette d'argent portant une tète d'animal,
avec des ailes étendues; 3 fourchettes d'argent, avec
les initiales F. R. M. C. (capitaine Crojier de la Terror),
et portant un oiseau avec les ailes étendues; une cuil-
ler et une fourchette d'argent, portant un oiseau avec
un rameau de laurier au bec : devise : Spero meiiora;
une cuiller d'argent, une cuiller à thé, une fourchette
de dessert , une tête de poisson, redressée avec des
hrauches de laurier de chaque côté; une fourchette
d'argent avec les initiales H. D.S. G.(HarryD. S. Good-
sir, aide-cliirurgien de r£reA«j), une fourchette d'argent
avec les initiales A. M. U. (Alexandre Mac Donald, aide-
chirurgien de la Terror) , u ne fourchette d'argent avec les
initiales J. A. M. (Jillies-a-Mal beau, commandant en se-
cond delà Tetror]; une fourchette d'argent avec les ini-
C Uh )
iialesJ. T. ;une cuiller d'argent de liesserl, avoc les ini-
tiales J. S. P. (Jolin.S. Peddie, chirurgien de VErebus),
une pi^ce d'argenterie ronde, ovec ces mois gravés : Sir
John Franklin, K. C. B.; une étoile ou décoration
avec ces mots : Nec aspera terrent. G. R. III. MDCCCX'
Il y a encore un certain nombre d'arlicles ai
marque de nature à les faire reconnaître, mais qui
avec ceux ci-dessus, seront remis au secrétaire de l'ho-
norable compagnie de la Baie d'Uudson.
Repulse-Bay, juillet ISbj. John
Sir
lui , i
L
ESPÉDITION un PHŒKIX.
L'Amirauté anglaise a reçu des nouvelles du capilaini
Inglefield, du bateau à vapeur de S. M. le Phœnix,
date, à la pointe des Quatre-Ues, du 9 juillet.
Après avoir visité Skandsen et Ridenbenk, le capi^
laine a voulu voir une forêt pétrifiée dont parlent les
Esquunaux, à 1 OSA pieds au-dessus du niveau de
merj il a trouvé, en eEFet, un grand nombre de débris
d'arbres pétrifiés; quelques-uns des arbres se sont,
convertis en une sorte de chitrbon. Il y a plusieui
essences de bois. Le capitaine a envoyé à l'Amiraùl
des spécimens des pétriljcatlons et du charbon trouvés
en cet endroit, peu éloigné de Ridenbenk-Rullrud.
A bord, on a fait usage du charbon qui avait été
trouvé; il est excellent et il vaudrait 30 sb. la tonne.
Des brouillards et des venls du sud ont empêché le
Phœnix d'approcher de l'Ile des Lièvres. L'intention
du capitaine était de communiquer avec Prooen et
Upernavik, afm de tàcliar d'avoir des chiens et un c
ucteur esquimau. [Morning-Herald.
pis '
lié ^
(246 )
I
BTUDB5 HYDfiOGB&PHIQUES DANS L/L GDTA5B.
Pai' une lellre de M. le capitaine de vaisseau Bon-
nard , datée du 12 juin dernier et adressée à M. le mi-
nistre de la marine, on remarque que les études
hydrographiques dans la Guyane française se pour-
suivent activement : la carie de la rivière de la Comté
est terminée jusqu'à la montagne Cacao; les cartes
des rivières Approuague et Oyapok jusqu'au saut, sont
aussi terminées.
OCÉAN lE.
ANNEXION DES ILBS SANDWICH AUX ÉTATS-UNIS.
On assure que les lies de Sandwich viennent d'être
annexées aux Ëtats-Lnis, par un traité que le gouver-
nement de cet archipel aurait conclu avec celui de
r Union,
HOUVEU-ES DIVERSES.
Le capitaine sir Edward Belcher, commandant
une expédition dans l'océan Arctique, a adressé à
l'Amirauté anglaise un rapport dans lequel il accorde
les plus grands éloges à M. Emile de Bray, oSicier
français qui a pris part à cette expédition sur le vais-
seau anglais the Resolute. Sun Exe. lord Cowley a été
chargé par le gouvernement d« S. M. B. de transmettre
copie de ce rapport à S. Exe. le ministre des affaires
étrangères. En voici la liaduclion :
Après avoir appelé sur les noms de plusieurs officiers
appartenant à la marine de S. M, l'allention des lords
I commissaires de l'Amirauté, je suis infiniment heureux
d'avoir les plus grands éloges à donner A la conduite
do M. Emile de Bray, placé sous le commandement
I : ^
( ua)
plus immédiat de mon brave coopéraleur, le capitaiod
Henry Kellell. du vaisseau do S. M. Resolute. Justice
déjà été rendue, par une lettre du capitaine Kellett
celte conduite qui fait tant d'honneur au corps doi
M. deBrayesl un nohle rpprésenlanl.
Comme Bcliol, rie si rep;rellal)le mémoire, M.
Bray s'est acquis les plus cordiales sympalliies de loi
ceux gui ont eu le plaisir de le connaître.
Je me plais à espérer que les sentiineats qu'ils nouS
a inspirés seront portés à la connaissance de son gou-
vernement, et que son mérite recevra la récompense
dont il est si digne.
Dans la séance du 7 septeralire, la Société géo^a-
pbique de Berlin a entendu la lecture du mémoire de
U. de Kloeden sur les expéditions guerrières des Al-
lemands au Venezuela pendant la première moitié du
seûiëme siècle. Lors de son mariage avec Isabelle de
Portugal, Charles-Quint avait vendu le Venezuela au
riche marchand Welser, à Augsbourg, qui envoya
successivement plusieurs eitpédilions dans ce pays
pour découvrir et conquéiîr l'eldorado espéré. Ces
expéditions guerrières furent commandées par des
chefs mililairea, cumme Âlfinger, George de Spire et
Hiilîppe de Hutten , qui ont accompli des exploits mer-
veilleux, tachés malheureusement par des cruautés
révoltantes.
M. Bahinet vient de (aire, à l'Académie des sciences,
une description des courants dans les trois grands
océans du globe; il a exposé leurs effets sur les climats
des diverses contrées, et a présenté ime théorie neuve
et intéressante de ce phénomène.
*
À
( 247 )
roTAGB DB M. BaUN-IIOU.ET SDB LE NIL BLANC.
M. fin
Nil Blai
L-Rollet, d'orii
igme sarrie, qui voyage sur le
nuées p
I
I
liane depuis dix années pour des opérations com-
merciales, a su mettre à profil toutes les occasions
favorables pour faire des observations sur le pays, te
climat, lus babitants et sur la géograpbie. II vient
d'arriver à Paris avec un mémoire étendu et une carte
qu'il a mise '-ous les yeux de la Société; on y remarque,
pour la première fois, un grand cours d'eau presque
parallèle au Babr-el-Abiad (à 30 ou 80 lieues de dis-
tance à l'ouest, entre les 9' et 10' degrés nord, et qui
se jette dans le Babr-Keilak, rivière appelée aussi Mis-
selad par M, d'Arnaud), L'existence en est affirmée
par les indigènes avec Ipsquels ce voyageur s'est mis en
relation ; on n'en connaît pas la source, mais elle est
fort reculée dans le sud, d'après tous les rapports ;
ses rives sont très peuplées; les habitants sont d'hu-
meur paisible. Toute culte contrée, qui parait destinée
à fournir un nouvel aliment aux relations commer-
ciales> ouvre en mémi' temps on champ entièrement
nouveau et d'une immense étendue aux découvertes
géographiques. M. Brun-Rollct se propose de la par-
courir au moins dans sa partie la plus orientale, c'est-
à-dire qu'après avoir remonté, en barque, le Bahr-
Keilak, il remonterait la branche dont je viens de parler
jusqu'à ce que la rivière cesse d'être navigable; accli-
maté comme il l'esl, habitué par un<' longue expé-
rience aux difficultés que présentent les hommes et
les lieux, il peut espérer de réussir dans cette nouvelle
excursion. Johabd.
( 248 )
Jkeien de la Société.
KXrilAITS DES PROCiiS -VERBAUX DES SÉANCES.
Séance du 20 octobre 185A.
PRESIDENCE DE M. JOMARD.
Le procès-verbal de la dernière séance esl lu et
adopté.
Il est donné lecture de la correspondance :
M. Joseph, Henry, secrétaire de Ilnsiitul smitbso-
nien à Washington, écrit, au nom de cet Institut» pour
accuser réception de plusieurs volumes du Bulletin et
des Mémoires de la Société , et la remercier de cet
envoi ; il adresse en même temps un grand nombre
d'ouvrages qui proviennent soit des publications de
rinstitut smithsonien même , soit de divers auteurs
qui emploient Tintermédiaire de l'Institut pour offrir
leurs travaux à la Société. (Voy. la liste des ouvrages
offerts.)
Le secrétaire de la Société philosophique américaine
de Philadelphie remercie la Société de l'envoi du
tome V de la 4* série du Bulletin.
M. Hecquard, consul de France à Scutari (Albanie),
accuse réception des instructions que la Société lui a
envoyées, et il annonce qu'il fera tous ses efforts pour
arriver à résoudre les questions qui lui ont été soumises.
M. E. de Blosseville écrit à la Société pour lui offrir
une notice sur la vie et les travaux de M. Jules de Bios*
seville» son frère. (Voir page 227.)
I
( 2â9 )
M. Blundel, directeui' du dépôt de la guerre, adresse
un exemplaire de la 17* livraison de la carte de France
au fô^. et un exemplaire d'une brochure intitulée:
Notice sur la grande carte topograpkiqne de la France,
dite Carte de l' État-major,
M. Hippolyle Ferry écrit d'Yssengeaux que, retenu
dans la Haute-Loire, par les oljservalions qu'il pour-
suit sur la déclinaison de Taiguille uimuntée, il ne
pourra, de quelques mois encore, assister aux séances
de la Commission centrale.
M. Cochelet s'excuse de ne pouvoir assister à la
séance.
M. de Saint'Gricq accuse réception des instructions
que la Société lui a adressées, et annonce qu'il s'ap-
pliquera à combler les lacunes signalées dans ces in-
structions; qu'avant même de tetourner en Amérique,
il serait en mesure de résoudre une grande partie des
questions, par la publication des notes et des obser-
vations de son dernier voyage; qu'en ce moment il
met au net le volumineux album qui doit accompagner
son ouvrage et donner une idée des villes, villages,
habitants, scènes d'intérieur e t paysages compris entre
l'océan Pacifique et l'océan Atlantique, depuis le port
d'Islay (Pérou) jusqu'au port de Sainte-Marie-de-Para
(Brésil).
M- Alexis Perrey, professeur à la l'acuité des sciences
de Dijon, accuse réception du numéro du Bulletin où
est insérée sa circulaire relative aux tremblements de
terre : il demande l'autorisation de l'aîre faire un tirage
h pari de celte circulaire : ta Société accède ù cette
demande.
M. le major Cunningliam, du corps des ingénieurs
( S60 )
du Bengale, remercie la Sociétiï do la mention hono^
rab(e qu'elle a faile de ses voyn^es dans l'Himalaya;
il offre V
oluni
ulé happoi
■ I.jadakf oA
sont consîfînéa lew rt^soltats de ses ïoyapes. M. Alberl-
MontÉmont est prié de rendre compte de cet ouvrage.
M. de Barbosa-Canaes, bibtiotljécaîre général de la
grandi- Bibliothèque deLîsl)onTie, accuse réception des
numéros du Biillelin que la Société a adressés à cette
bibliothèque ; il demande qu'elle veuille bien lui en-
voyer, en outre, le recueil de ses Mémoires, en échange
d'ouvrages que la Bibliothèque est prête à lui offrir
sur la désignation de ceux qui lui conviendraient te
plus. La Société accepte cet échange.
Le secrélaire de la Société royale asiatique de Lon-
dres adresse des remerciements pour l'envoi du tome V
de la i" série du Bulletin.
M. d'Avoiac communique une lettre de M. Schota^ |
burgk, par laquelle ce voyageur décrit plusieurs I
des travaux récents auxquels il s'est livré à Sainte ^
Domingo; renvoi k la Comuiission du Bulletin.
M. Jomard offre plusieurs ouvrages à la Société au
nom de différents auteurs: 1°de la pan de M. Augustua
Pelermann, une carte allemande de la France, par
M. Stûlpnagel , remarquable par la beauté de l'exé-
cution ;
2" De la part de M, Baruffi, un voyage intitulé : Ua
Tormo a S. Pietroborgo e Alo.rca;
S" De la part de M. Benedict, citoyen des Ëtats-CnUi
le Bulletin de la Société de géographie et de statistique 1
de New- York.
M. de la Hoquette oITre, de la part de MM. Adolphe
etHermann Schlagintweit : 1° des observations sur la
(261)
hauteur du mont Rose ; 2» des épreuves de cartes
photographiques, d'après les reliefs du mont Rose et
de la Zûgspilze ; 3' le supplémenl aux Recherches géo-
logiques. Il dépose sur le bureau, de la part de M. le
professeur Paul Chaix, la suite de la Bibliothèque
universelle de Geoève. Il offre eusuite un portrait du
lieutenant Bellot, et rappelle que M. Perrotin a eu la
bienveillance d'autoriser la Société à faire le tirage des
exemplaires de ce portrait insérés dans le Bulletin de
juillet IS&â. Des remercienients seront adressés à
U. Perrotin.
Le secrétaire général donne lecture de la Uste des
autres ouvrages ofl'erts en grand nombre dans cette
séance. (Voy. ia liste p. 255.)
M. de Rosny ajoute à ces dons, de la part de
Mgr. Pallepolx, le Dictionnaire de la langue thni ou
siamoise; ud rapport sera fait sur cet ouvrage,
M. le président annonce la mort de M. MiChelot,
membre adjoint de la Gonomission centrale; cette
perte, qui est vivement sentie par l'assemblée, laisse
une place vacante <lanB la liste des membres adjoints,
et, à la prochaine séance, on procédera à la nomina-
tion d'un membre pour la remplir. M. Jomard ajouta
queM.Furloul, ministre de l'instruction publique et pré-
sident de la Société, est disposé à présider la deuxième
assemblée générale annuelle, qui se tiendra prochai-
oement.
M. Brun (Brun-Rollet), voyageur sarde, de retour
de ses voyages dans le bassin du Nil Blanc, est pré-
senté par M. Jumard; il expose de vive voix quelques-
uns des principaux résultats de ses explorations : il a
remonté le Nil Blanc jusque vers le 3° degré de la*
( 252 )
lîlude nurd ; c'est là qu'il avait installé, dans une tuai- |
son construite par ses soins, le missionnaire Angelo
Vinco, mort l'année dernière ; il parle de ses rapports
avec les Barry, les Berry, les Dinka, et autres peuples
voisins du fleuve Blanc; il explique comment le Sau-
bal, affluent de droite de ce (louve , a été pris à tort
pour la branche principale du Nil; une des plus im-
portantes découvertes qu'il peut olFrîr à la géographie,
est celle d'un grand affluent du Babr-Keilak [Mis-
selad)? qui parait venir d'une grande distance au sud;
du reste, M. Brun a exposé ses travaux géographiques
sur le bassin du Nil Blanc dans un mémoire qu'il
se propose de faire imprimer prochainement à son
retour d'Angleterre, et dort la Société pourra prendre
communication; il met ensuite sous les yeux de l'as-
semblée une carte qu'il va faire graver, et il offre à la
Société d'en faire, pour le Bulletin, une réduction qui
comprendra les notions nouvellement acquises. La
Société accepte avec reconnaissance l'oiTre de M. Brun.
Sont présentés par MM. Joniard et Cortambert, pour
être admis dans la Société, trois candidats : M. Brun
(Brun-Kollet), voyageur sarde en Al'rique ; M. de Tou-
reil, chancelier du consulat général de Caracas, et
iM. Ed. Renard , ancien délégué du commerce en
Chine; on votera sur leur admission à la prochaine
sé&Dce.
M. Albert-Montémont fait une analyse de la des-
crJption du royaume de Siam ou Thaï, par Mgr. Palle-
goix. Après quelques observations présentées par
M, le capitaine G. Lafond, on décide que cette analyse
sera insérée au Bulletin.
M. de la Roquette donne des explications sur les cartes
I
( 253 )
et Us nolices adressées à la Société par MM. Scbla-
>. gÎDlweit et sur leur procliain voyage dans l'Inde,
M. Jomard rappelle, au sujet des cartes photogra-
phiques de ces deux nuteurs, la carte exécutée
par MM. Bisson, d'après le relk^f de la France de
M. Kummer.
M. Demersay communique des nouvelles géogra-
phiques sur le Brésil, d'api'ès deux lettres de M. le
docteur Sigaud; il donne particulièrement des détails
sur la nouvelle province du Parana,
M. le capitaine G. Lafond annonce que le brigadier gé-
néral D" Francisco Lopez, fils du président du Paraguay
et ministre plénipotentiaire de celle république, est à
Paris, et que, sur le point de repartir pour l'Amérique,
il emporterait avec plaisir les instructions de la Société
pour éclaircir les points douteux de la géographie du
Paraguay.
M. Cortamberl explique les efTorls qu'il a déjà faits
pour avancer la géographie duParaguay.en consultant
le général Lopez, et il annonce qu'il a rédigé, avec les
matériaux que lui a fournis ce général, une carte qu'il
ne lardera pas à publier. Il s'entendra avec M. Demer-
say, désigné par la Commission centrale, et avec la
section de correspondance sur les instructions qui
pourront être remises à M. le générai Lopez.
M. G. Lafond demande, au nom de la rédaction de la
Gazelle de Cosla-Rica, que la Société veuille bien
échanger son Bulletin contre cette Gazelle, qui renferme
dcsdélails statistiques et géographiques; cette demande
est appuyée et renvoyée à la section de comptabilité.
I, Jomard annonce qu'on vient de célébrer à Berlin
e Sô" anniversaire de la naissance du baron de Hum-
( 264 )
boldt, président honoraire de la Société; il ajoute
que, malgré son grand âge, Tillustre savant travaillé
toujours sans relâche, et jamais il ne se couche ayant
trois heures du matin.
M. Jomard communique ensuite des nouvelles ar»
rivées récemment de l'expédition de l'Afrique centrale,
et qu'il a reçues de M. Petermann. Elles contiennent
particulièrement les derniers projets d'exploration du
docteur Vogel et des nouvelles du docteur Barth.
( 25& )
OUVRAGES OFFERTS
DANS LA SÉANCE DU 20 OCTOBRE 185/i.
EUROPE.
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Da ToriDO a S. Pietroborgo e Mosca passeggiata straordinaria di
G.-F. Baruffi. i vol. in-8'. Torino, i854- M. Baruffi.
JNotice sur la grande carte topographique de la France, dite Carte de
l'État-major^ par M. le directeur du Dépôt de la guerre Blondel»
colonel au corps impérial d*État-m a j or. i vol. in-8^. Paris, i853.
M. le Ministre de la gobrbb.
Sulle carte geometriche dei comuni da servire di base alla statistica
générale, alla costruzione délia carta amministrativa ed al defini-
tivo catasto de reali Dominii continentali del regno deile. Dute
' Sicilie. In-8*. Napoli, 1 854* Le chev» B. Marzolla.
Observations sur la hauteur du mont Rose et des points principaux
de ses environs, par Adolphe et Hermann Schlagiiitweit. Turin,
i 85d, br. in-S"*. MM. A. et U. SoJBOiAOïNTWBiiT.
Nachtrâg zu den geologischen Untersuchungen im zweite» Theile^ —
Gap. XVI. Beobachtungen iiber die geologischen Verhaltnisse der
Bayerischen Alpeu, in den Umgebungen der ZugspitJEe uiid des
Wettersceines ; von Adolph Schlagintweit. firoch*. in-40.
M. A. SoAbàOIHVWBIT.
CARTES ET ATLAS.
Carte de Franoa au 8000&*. r 7*^ livraison. i854*
M. le Ministre de la guerre,
Frankreich bearbeitet von Friedrich v. Stiilpnagel kônigl. Preuss.
Haupimann a D. gestoohen v. G. Poppey. Gotha. Just. Perthes,
1854. I feuille. M.J. Pebthes.
Atlas zu den neuen Untersuchungen ueber die physicalische Géogra-
phie und die Géologie der Aipen; von Adolph und Hermann
Schlagintweit. i** livr. Leipzig, i854- MM. A. et H. Sgblagibtwbit*
( 256 )
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MM. A. et H. SCHLAGINTWBIT.
ASIE.
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rounding uountries. i vol. in-8°. Londou, i854.
Le major Alex. GuRNlcNbHAM.
AMÉRIQUE.
Report of the debates in the convention of Galifornia, by J. Ross
Rrowne. Washington, i85o. i vol. in.8'*. Instit. smithsoeiiçn.
Report on the trade and commerce of the British North American
. colonies and upon the trade of the Great Lakes and ri vers, l^y
L.-W. Andrews. 3 vol. in-8®. Washington, i853. Id.
Abstract of the 7^''. Gensus of the United-States. i vol. in-8*.
Washington, i853. M. J.^G. KBiiqppT,
Report of an expédition down the Zuni and Golorado rivers. i voj.
în-8°. Washington, i853. Le cap. L. Sitgbeaves.
Report of the Red River of Louisiana in the year i85a; by.Ran-
dolph B. Marcy, captain U. S. A. assisted, by G. B. M*Glellao,
U. S. A. I vol. in-8**. Washington, i853. Le cap. R.-B. Mabct.
Personal Narrative of explorations and incidents in Texas, New-
Mexico, Galifornia, honora, and Ghihnahua. 2 voL in-S*^. New-
York, i854* M* John-Russell Bartlktt.
Exploration of the Valley of the Amazon, made under direction of
the Navy Department, by W. Lewis Uerndon and Lardner Gibbon,
lient. (J. S. N. Part i. i vol. in-S*". Washington, i853.
M. W. Lewis Herrdor.
OUVRAGES GÉNÉRAUX.
Dictionarium linguœThai, sive Siamensis, interpretatioiie lathia,
gallica et anglica illustratum, auctore D.-J.-B. Pallegoix, epi8C0]^'a
maillensi, vicàrto apostblico siatnensi. 1 vol. grattd in-4*** Pïîria^
18^54. . ' MrPALt^b^ïx.
( ^-5/ )
Titres Jci ouvrages. Douateurs*
Calcolo decidozziuale dei barone Silvio Ferrari cnv. de' SS. M. E. L.,
fre|viato dell' uniforme militare di quesl*ordine, consi^ilicre d*ap-
pello. Dcdicato alla nazione in(;lose, A qucsto calcolo veiinero
uniii due rami e sei tavole numericlie. i vol. in-4°* Torino, i854*
Le baron FEnnAAi.
Tfie annual Eclipse of may 26*'', i854i published under the aulority
of bon. James C. Dohbin, by the smitbsonian Institution. Brocb.
in-8*. Washington, i854. Instit. smithsokien.
BIOGRAPHIE.
Notice sur la vie et les travaux de Jules de Blosseville. i vol. in-S'*
Évreux, i854- M. E. de Blossevillr.
MÉMOIRES, RECUEILS ET JOURNAUX PÉRIODIQUES.
Smitbsonian contributions to knowledgc, Vol. III, IV, VI. "Wasbinç-
lon, 1 852-1 854. 3 vol. in-4°. — Seventb annual Report of ibe Boarcl
of Régents of tbe smitbsonian Institution for ibe year iSSa. 1 vol.
în-8**. — List of foreign Institutions in correspondence wiib the
smitbsonian Institution. Broch. in-8''. 1854- Inst. SMiTHSOMEn.
Transactions of tbe Philosophical arnerioan Society of Pbiladelphia.
Vol. X, new séries, part III. In-4^ Philadelphie, i853.
Soc. PHIL. DK PlIlLADELPUIR.
Transactions of the american Ethnological gociety of New-York.
Vol. III, part I. I vol. in-S". New-York, i853.
. . SOO. ETIINOL. DE NeW-YoRK.
Proceedings of tbe american Academy of arts and sciences. Vol. III.
I cahier. Acad. amer, des arts et sciekces.
Boston Journal of natural hislory, containing papers and conrmu-
nicalions, readbefore the Boston Society of natural history. Vol. VI,
N<> 3. In-8°. Boston, i853. — Proceedings of the Boston Society of
natural history. Feuilles i5 à 2/^. In- 8*.
Soc. d'hist. nat. de Boston.
Bulletin of tbe American geograpbical and statistical Society. Vol. I.
N" 2. New-York, i853. Soc. géogr. et stat. de New- York,
The Journal of the Royal asiatic Society of Great Britain et Ireland.
Vol. XVI. Part, i. i vol. in-8". i854. Soc. roy. asiatique.
Tbe Report of the British Association for the advancement of science,
VIU. OCTOBRE. 5. 17
( 258 ) .
TiUx's lUs ouvraijes. Donateurs.
Mti al Huil i853. i vol. in-S*'. Londuo, >854.
ASS. DRIT. POUK L*ATASC. DES fC
Froccediiijjs of ilie Royal Soeicfy. Vol. Vil. N"» 5 et 6.
Soc. nOT. DB LOKRVKS.
Address ai the anniversary meeting oftiic Royal geographical Society
of Loudon, ua mui i854* In-8°. Soc. roy. gkogii. de Lokdrb».
Literary and cducational Register, for i854. i toI. ia-i3.
C.-li. NotTOEC.
Tableaux di; pu|)ul;ition, de eultiire et de navigation pour l'année
i85i. I vol. in-8**. Paris, i85/j. — Revue coloniale, août, septembre
et octobre i854* MiNtST. i>e la marine.
Annales du commerce txlciieur. îS*" ^65 à yjô.
MkNIST. DE l'aGR. et du COUM.
Archive^ fies missions bcientiHqucs et littéraires. 4'^vol. i*' et 2* cah.
MlRIST. DE l'IMSTR. FUBLIQUK.
Bibliothèque universelle de Genève e( Archives de« sciences ffhysi-
(pies et naturelles. Juin H jniilet. M. Paul CuArx.
Zeitschrift fiir nligemeine Krdkunde. M»i et Juif). D^ GrMPnLcnr.
The Church Missronary inielligencer, n"* a à 12 de i853; et n" i à 8
de 1854. — Nouvelles Annales des voyages, Juillet et août. -a—
Journal asiatique. 5" série, t. III, iSS.f. — Revue de l'Orient, de
l'Algcrie et des Colonies. Août et septembre. — ihdleiin de la
Société (jéolop^ique i\e Fiance. Mafi et juin. — Bulletin de la So-
ciété zooIor>iqtie d\i(climatatio«]. Août et Septembre. — Annnfes
de la propajjation de la foi. Seplendjre. — Journal des mission:»
évangéliques. 7% 8* et 9* cah. de i854. — Journ.^I dedncatiot»
populaire. Juillet-octobre. — L'Athenaeum français. N^'Si à /[i.
— Mémoires de la Société d'a^,ricaiture, sciences, arts et belles*
Itîttrès de l'Aube, 1*' et a* trrm. i854. — Extrait des travaux de la
Société impériale et centrale d'agricult'Ure -de la S<Hne*Ii]férie(ire^
3 numéros; et Bulletin de cette Société, 1 numéro. Les ËotTHOMs.
IMÉLANGES.
Directions for eoHcctiug, preservaling, and tr^n&porting spécimens
of natural hisiory, second édition. Brorb. in-8°. Washington, »854>
— Registry of periodical IMienomena. i feuille in-4''. — Catalogne
of thp describ^^il coleoptera of thrUnilcd-Statcs, by f.-E. MeUhci*
( 259 )
Titres des ouvrages. Donateurs.
mer, revised by S. S. Haldemao and J.-L. Le Conte. In-8*.
Washington, i853. Ikst. smithsoeusk.
A Descriptive catalogue of tbe kistorical manuscripts in the arabic
and persian laoguages, preserved in ihe library of tke royai ai>iatio
Society, i vol. in-8®. Lofiden, 1*854* ^o^* "^^' a6<atiQDK.
Catalogue oF charts, plans, vicws, and sailing directions, €tr., pu-
blished by order of tbe lords commissioners of the A^Uniraity.
1 vol. in-S". London^ r85a. Le cap. Washikotqn.
Gowniis' Catalogue of american Books.
}^ ogramnies des prix proposés par la Société d'enconragetneiit pou«-
l'indiistrie nationale pour être décernés dans Us aminées i^55,
i856, i86oet i865.
BIBLIOGRAPHIE GÉOGRAPHIQUE.
(Voyez aussi le« ouvrages offerts à la Soci«ié.)
EUROPE.
A Uiilitary Tour in Europeau Turkey,Crimea,etc., by major gênerai
A. -F. Macintosh. 2 vol. in-8°. Londres, 1864.
Publication de l'histoire de Charleville, par Jean Hubert. Plan pano-
ramique de la ville de Charleville. Lithogr. par Bineteau. Paris,
1854.
Carte hydrographique et administrative du département du Rhône,
dressée par M. Rembielinsky. Paris, i854>
Die Stadt Basel, historisch-topographisch beschreiben , von W, T.
Streuber. In- 16. Bàle, i854-
Les ilesd*Aland,parM.Léou3son-Leduc.In-i6,aveccarte. Paris, i854*
Histoire de la ville de Chàlons'sur-Marne et de ses monuments. In-4**
Châlons-sur- Marne, 1864.
ASIE.
Journal of a résidence in northern Persia and the adjacent provinces
of Turkey, by lieut.-col. Stuart, In-8°. Londres, i854.
Punjab Report, wilh niap, from ofBcial Suivtys. In-S". Calcutta, i854'
C;ii«ral Report of the administrations (►f Punjab, for th« year?
i84<)-i85o, 1 85o-i 8/) I. Londres, i854.
( '^00 )
AlTilQL'K.
Cl. Ptulemwui and (lie Nile, hy W. Desb. Cooley. Lonilre^, i853.
AMÉUIQUK.
Le Budget du Brésil, ou Recherches sur les ressources de cet empire
dans leurs rapports avec les intérêts européens du commerce et
de rémigration, par M. le comte Van der Straetcn Ponthoz. 3 vol.
in-8°, avec 3 cartes. Bruxelles, 1854.
Voyages dans PAmcrique du sud, par le docteur Ernest de Bibra.
Manheim, i854<
Histoire de la Guyane anglaise, par Henry G. Dalton. a vol. in-8*.
Londres, i854«
GÉOGRAPHIE ANCIENNE ET HISTORIQUE,
Bohn*s classical Library. Geography of Strabo. Londres, i854.
Dictionnaire de géographie grecque et romaine, par William Smith.
i*' vol, Londres, 1804.
(Dans les numéros d'août et de septembre du Journal (général de
l'instruction publique^ se trouve une suite d'importants articles dn
M. Beulé sur VJchaïe, Olympie, et quelques autres points de la
géographie comparée du Péloponnèse.)
Repertorium iiber die vom Jahre 1800 bis zum Jahre i85o, etc.; vou
D' W. Koner, custos an der K. Univ. Bibl. zu Berlin. {Bibliogra-
phie des mémoires et articles ayant trait à F histoire et à ses sciences
auxiliaires^ et contenus dans les écrits périodiques des académies et
autres Sociétés savantes^ ainsi que dans les journaux scientifiques
qui ont paru de 1800 a i85o, par M. Koner, employé à la Biblio-
thèque royale de Berlin.)
(La seconde partie du deuxième volume est consacrée à \si géogra-
phie^ aux voyages^ à ï ethnographie et à la statistique. Cet ouvrage,
qui vient d'être publié chez Nicolaï, à Berlin, parait être d*une
grande utilité pour tous les géographes et les historiens. )
ERRATA DU NUM^UO d'aOUT ET SEPTEMBRE.
Page 184, au lieu de: par Malte, Usez: et à Malte. — Il paraît au
surplus, d'après les derniers renseignements, que ce n'est pas au cap
Bon, comme il est dit dans cet article, mais à l'ile Tabnrcn, que lei
fils circiriques doivent toucher d'abord l'Afrique.
BULLETIN
DE LA
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE.
NOVEMBRE 185/i.
Mémoires 9
rVotiees, Docamento origpinaiiii, etc.
INSTRUCTIONS
REMISES PAR LA SOCIÉTÉ DR GÉOGRAPHIE
A M. LE BRIGADIER GÉNÉRAL D? FRANCISCO SOLANO LOPEZ,
Ministre de ]a République du Paraguay à Paris.
RÉDIGÉES PAR M. ALFRED DEMBRSAT.
La Société de géographie accepte avec reconnais-
sance le concours que veut bien lui prêter M. le gé-
néral Lopez, et l'en remercie : toutefois, désireuse de
ne pas détourner à son profit des instants dent elle
connaît le prix, elle se borne à demander la commu-
nication de renseignements qu'elle suppose devoir se
trouver déjà entre les mains du gouvernement du
Paraguay .
Après la mort du docteur Francia (1840), une im-
primerie a été fondée à l'Assomption, et la Société
recevrait avec intérêt un exemplaire de toutes les publi-
VIII. NOVEMBRE. 1» 18
( 202 )
calions sorties de ses presses. Au premier rang de ces
publications, figurent deux journaux qui renferment
de précieux documents géographiques.
Le preolier {Et Pàraguayo independiente) a paru
pour la première fois en avril 18^5, et a été remplacé
quelques années plus tard par un recueil qui se pu-
blie régulièrement chaque semaine. La Société trou-
verait dans ces feuilles officielles des renseignements
détaillés sur la question des limites^ question toujours
pendante entre le Paraguay et les États voisins. Bile
pourrait y lire le texte des (railés récemment conclus
entre la républiquedu Paraguay et la Confédération
argentine, après la chute de Rosas, et qui concernent
le territoire si longtemps contesté des Missions de
TEntre-Rios; elle y verrait sans doute les négocia-
tions entreprises sans succès par le dernier ministre
du Rrésil à l'Assomption, pour arriver à la délimi-
tation des frontières du nord et de Test.
El Paraguayo independiente contiëilt, sur l'hydro-
graphie et la navigation fluviale, des aperçus qui , en
l'absence d'observations plus précises, feraient attendre
celles qui ont été recueillies dans plusieurs voyages
de Guyaba à Gorrientes, par M. le capitaine de vais-
seau Leverger, si digne de la mission difficile (|ue lui
avait confiée le gouvernement brésilien.
Ges observations seront d'ailleurs complétées plus
tatd par telles de la commission scientifique des
Élatâ-Unis, qui explore en ce moment les rivières du
Grand Chaco, Iributaires du Rio Paraguay, abord d'un
bateau à vapeur dont la construction doit permettre
d'en remonter le cours jusqu'à de grandes distances
dans l'intérieur de ces plaines inconnues. Aucune
( 2«3 )
reconnaissance n'a élé teniùe de ce côlé, depuis la
mallieureuse expëilitioa de Saria en 1821^.
Le gouverneiiicnl publie, depuis quelque Icmps, un
rel<!vé mensuel du produit dss douanes. Ces états pa-
raissent dans le journal que la Société réclame de
l'obligeance de M. le général Lopez, Ils lui permel-
Ironl il'apprécier dés à présent, en parfaite connais-
finnce de cause, l'imporlance toujours croissante des
relntiouB commerciales du pays, et de suivre le dëve-
luppement de l'agriculture et de l'induslrio.
Nous ne possédons que des notions très imparfaites
sur la nature et l'étendue des divisions adminislralivus
el judiciaires du Paraguay : on comprend la réserve
que les voyageurs doivent s'imposer lorsqu'il s'agît
de pareils sujels de reclierclies. Il y a plus; l'action
pei'sislauLe du gouvernement est seule capable d'ob-
tenir de ses agents des renseigne me uts positifs sur les
limites de leurs juridictions respectives.
Au Paraguay, comme ilans la plupart des colonies
européo-ainéricaines, ou reconnaît facilement, au sein
de la {)OpuIatinn, L'existence simultanée d:: trois races,
séparées par des différences profondes, dans leur orga-
nisation comme dans leur origine. Ces trois races
sont : la race guaranie, aulocbthone ; la race latine,
sortie de l'Espagne; et la race nègre, importée par
celle-ci des rivages de l'Afriquo.
Pour quelle proportion cbacun de ces éléments
eiilro-t-il dans la population lolale? Quel est le cbiffre
de celle même population? Quelques écrivains l'ont
èleié à1 20000Û,cliitfre évidemment exagéré ; d'auli'és
l'ont réduit A quelqtJes centaines de mille. Lu ni>mbrc
vrai se trouve probablement entre ces deux termes
( 26/1 )
exiiômcs. Dans le cas où le gouvernement actuel
aurait ordonné un recensement général, il serait d'un
liant inlérùl d'en connaître le résultat. Le plus récent
date déjà du siècle dernier; et des causes nombreuses
cl puissanles ont dû, nous le savons, en modifier pro-
fondément les données.
Il a élu possible à l'auteur de cette note d'étudier
le régime auquel les jésuites avaient soumis leurs néo-
|)byles dans les Missions; car leur administration et
les règles de leur discipline s'étaient conservées in-
tactes jusqu'au 7 octobre 1848. Ce jour-là, a été rendu
un décret (|ui déclare citoyens de la République les
Indiens de tous les villages (pueblos), les fait rentrer
dans le droit connnun, supprime leur juridiction par-
ticulière en établissant de nouvelles autorités; etc..
Quels ont été les effets de cette mesure ? Les Indiens,
affranchis des travaux de communauté (communidad)
ont-ils su pourvoir à l'entretien de leur famille ? Ont-ils
continué d'eux-mêmes les travaux industriels et agri-
coles auxquels on les avait habitués? Nous applaudis-
sons aux efforts tentés dans ce but par M. le président
Lopez^ mais les Indiens, naturellement indolents, vi-
vant au jour le jour, auront-ils su mettre à profit la
liberté qu'on leur octroyait? A qui les connaît, il est
permis d'en douter.
Le Paraguay possède des gisements très riches de
fer oligiste, à en juger par les échantillons que nous
en avons rapportés. L'un d'eux est exploité depuis
peu de temps. La Société désire, pour l'avenir du pays,
que cette industrie nouvelle prospère , et saura gré
à M. le général Lopez de la tenir au courant de sa
situation»
( 265 )
MEXIQUE ET AMÉRIQUE CENTRALE.
Notes pour le voyage de M. //. de Saussure.
M. Henri de Saussure se propose d'explorer l'Amé-
rique centrale et le Mexique, et demande quels points
doivent attirer principalement son attention. Nous
devons d*abord considérer le Yucalan comme faisant
Tune des principales parties de celte région remar-
quable qui sépare TAmérique du nord de celle du
sud , et diffère de Tune et de l'autre par plusieurs
caractères distincts, c'est-à-dire sous les rapports de
la géographie physique et sous ceux de l'ethnographie.
Que Ton suppose ouverts Tisthme de Panama et
l'isthme de Téhuantepec, comme ils peuvent l'être un
jour l'un et l'autre par un canal navigable (cette hypo-
thèse n'a rien que de très probable), l'Amérique cen-
trale formera une lie longue d'environ onze cents milles
géographiques, plus grande que Sumatra, plus grande
que Madagascar, et par conséquent la plus grande du
globe. Ce long espace occupe, entre le 8* et le 16« de-
gré de latitude nord, à peu près la région moyenne
de la zone tropicale. La Cordillère qui dessine toute
la côte s'abaisse à chacune des extrémités et semble
isoler ce territoire des deux continents américains.
Par sa position tropicale, cette région participe à la
richesse, à la fécondité des pays situés sous les mômes
parallèles, ou plutôt elle les dépasse, pour la plupart,
en fertilité,etles plus magnifiques productions végétales
y abondent dans toute 3pn étendue; il en est de même
( iM )
des aulrc5 règnes de la nature. Des volcans sont par-
semés dans la chaîne des Cordillères.
D'après ce court aperçu, on voit combien de sujets
importants s'offrent au voyageur, qui, habitué à ob-
server et muni d'instruments, voudrait parcourir toute
la ligne de l'Amérique centrale, depuis le méridien de
Panama jusqu'à celui de Tehuantepec, explorant tout
le Yucatan , tout le triangle dont Merida occupe
la base. Mesurer l'altitude de tous les points impor-
tants, relever avec exactitude le cours de la rivière
San-Juan, de TUsumasinla et des autres rjvières qut
se dirigent vers Campêche et Tabasco, dessiner lep^
aspects qui ont un intérêt scientifique , étudier la
langue, les traditions, les mœurs et coutumes des
aborigènes, principalement des Lacandons des envir
rons du lac Peten, qui habitent les montagnes au sud
du Yuc^tan, parlent la langue maya, et conservent
encore aujourd'hui, dit-on, les usages des anciens ha-
bitant$; ces travaux, et d'autres encore dont nous allons
parler, présenteront à l'observateur une multitude
de sujets intéressants à traiter.
Personne n'ignore que toute cette région, et particu-
lièrement la province de Guatemala, celle de Nicaragua
et celle du Yucatan» renferment des ouvrages remar-
quables d'antiquités. Depuis longtemps, et surtout de-
puis le prix offert par la Société de géographie de Paris
en 1826, de nombreux voyageurs ont visité lesdifférçntes
provinces, ont dessiné ou décrit les monumentsd'arcbi-
tecture qu'on admire àPaIenqué(ouCasas dePiedras),
à Ulatlan, à Copan, à Itza, àMani, à Nochacab, à Ghi-
chen, à Izamal, ù Ticul, à Dxmal, etc. Mais il reste encoris
une abondante moisson à recueillir autour du lac de
( 267 )
Nicaragua et en vingt autres endroits. Avant de se
livrer à ces recherches, il convient de consulter les tra-
vaux des voyageurs précédents; en voici les noms à peu
près dans Tordre chronologique de leurs excursiops,
sans parler des plus anciens voyageurs ou écrivains,
comme Antonio del Rio et Qupaix. Après If. Corroy
de Tabasco, viennent l'abbé Baradère et H. Franck,
qui s*est borné è rappocteir des dessins et des objets
d'antiquité; puis M. Waldeck, qui, aprè^ avoir exploré
Palenqué, a dessiné le premier avec exactitude les
monuments du Yucatan, très en grand et avec beau-
coup d-habilelé, comme on pouvait l'attendre d'un
élève de' David. Ensuite est venu le colonel Galindo,
d'origine mexicaine, homme très actif et très intelli-
gent. Plus tard M. Slevens, citoyen de l'Union améri-
caine, a décrit, et l'architecte anglais, son compagnon
de voyage, a dessiné dans un grand détail» avec per-
fection, les plus beaux monuments du Yucatan. Enfin,
M. Squier, de l'Union, a fait un voyage dans ces contrées
et il en a publié des descriptipns pleines d'intérêt.
Tous ces voyageurs ont exploré diverses partiçs de
la contrée, mais il reste encore è faire beaucoup d'ob-
»
sorvalions, beaucoup de déterminations géographiques
des lieux; surtout dans l'intérieur du pays, enfin beau-
coup de vocabulaires à réunir.
Sous le rapport géographique et statistique, on a
besoin de bien connaître les ressources et les circon-
scriptions actuelles des Élals de CiOsta-Rica, San-
Salvador, Honduras, Guatemala,Nicaragua, etc. On sait
que ces différents États, tous indépendants, revendi-
c|ucnt souvent, par la force des armes, la propriété de
territoires étendus.
{ 268 )
Il y a uoe question à la fois politique et ethnogra*
pbique à résoudre sur les Mosquitos. Ils habitent le
pays au nord de remboucliurc de la rivière San- Juan»
et par conséquent non loin de Grey-Town, position
appartenant aux Anglais. La politique anglaise» vou-
lant s'appuyer sur la population des Mosquitos, leur
a créé un roi» un royaume» remontant» dit-on» au
delà de Tépoque de la conquête; la tradition, exislât-
clle» serait impuissante pour établir un titre; mais il
serait curieux d'entendre les naturels» et de savoir» au
\rai» la part qu'ils ont prise aux nouveaux arrange-
ments politiques. J.-d.
M. H. de Saussure rendrait un grand service à la
géograpbie politique» en faisant connaître exactement
les divisions administratives actuelles du Mexique ,
leurs chefs-lieux, et, s'il le peut, leur étendue et leur
population. 11 serait également d'une haute impor-
tance qu'il pût donner un tableau complet des tribus
indiennes qui» dans ce pays» ont encore une existence
indépendante» en même temps qu'il nous apprendrait
quelles sont celles qui se sont fondues dans la popu-
lation européenne et en ont adopté la civilisation.
E. C.
( 26g )
lïnalyiîcsj' IKapporto, Extvetf\
vragies, Mélanges, etc.
DESCRIPTION DU ROYAUME DE THAÏ OU SIAM,
COMPBQHANf LA TOPOGRAPHIE, l'hISTOIOB NATURELLE,
UCCtRS ET COUTUUUS, LÉGISLATION, COMMERCE,
IMIUSTRIK, LANGUE, LlTTÉDATUnE, ItELIGlOIJ,
AHNALES DES thaï ET PsàCIS IIISTOBIQUE DU LA MISSION,
Par MS'' CaLLeGOix, évêque de Mallofi, vicaire apaitolique de ^iain.
Les deux voliiQies dont nous niions otTi-îr uu(! rapide
analyse, au poinl tle vue spécial de la géographie, pré-
sentent des faits curieux el la plupart nouveaux, re-
cueillis par l'auteur durant un séjour de vingt-quatre
ans à Siaiu. Revenu en France pour les intérêts de sa
mission, il les a mis en ordre, et il vient de les publier,
afin de rectifier les erreurs donl fourmillent presque
toutes les relations des voyageurs rjut n'avaient fait
<|u'uDe courte apparition da-ns ces contrées loinlalnes,
et qui n'avaient pas eu le tcnips d'étudier la langue,
tes mœurs et la religion des indigènes. Au moment
de retourner à Siam, le vénérable évêque Pallegoix a
voulu ainsi léguer, dit-il, à ses parents, A ses amis et
à la science un travail qu'il avait médité longtemps et
composé à loisir, travail rf}ui est le fruit d'observations
les plus approfondies.
( 270 )
h? pays aHrÇ 1«? Europé,eps laprflrueDt Sian^ gs^ app^)^
par les naturels Muang-Tliai^ c'est-à-dire le royaume
des libres. Son aticien nom était Sajn'm, c'est-à-dire
race brune : d'où vient le nom de Siam,
La superficie territoriale du royaume de Siam est
d'environ 12,330 milles géographiques carrés. Outre ce
royaume proprement dit qui est au centre, Je pays
comprend encore , au midi , le royaume de Ligor et
quatre petits états malais; à Test, une partie du
royaume de Camboge et plusieurs principautés, et au
nord le Lao et quelques autres états. Ces pays, tribu*
taires de Siam, sont tenus d'oflVir tous les trois ans des
arbres d'or et d'argent, et de fournir un contingent de
troupes.
La population de ce vaste pays s'élève à 6000000
d'âmes, que l'on peut répartir ainsi qu'il suit, savoir :
Siamois ou Thai. 1900000
Chinois 1600000
Malais 1000000
Lao 1000000
Gambogiens 600000
Pégouans 60000
Karieng, Xong, Lava 50000
Total eOOOpOQ
La grande plaine de Siam est bornée à l'est et à l'ouest
par deux chaînes de montagnes qui viennent de la
Chine et sont les ramifications de l'Himalaya. La chaîne
qui jQst à Test s,e termine au Cqmboge, et celle de l'ouest
s'étend jusqu'à l'extrémité de la presqu'île Malaise. Au
n.ord , ces deux chaînes se distribuent en de petites
branches qui font du Lao un pays presque tout m,on-^
( 271 )
tagnGiii, La grande chnlne, qui a lôO lieues de long
sur 50 de lar^c, esl sillonnée el arrosée par l<; Qcuve
iMénam (Mè-Naiii), qui prend sa source en Cliine , el
par plusieurs rivii^res el descanaui innombrables. Les
bords de la mer présentent des sites variés et pitto-
resques.
Sur ses côtes maritimes, le royaume de Siam {lussède
quelques ports. Au Fond du golfeet à l'emboucbure du
fleuve Ménam , une large barre formée du boue et de
sable esige de grandes précnulions pour l'entrée des
navires. Dans une do mi-journée, unvaisscau vient jeter
l'ancre â Bangkok, ville capitale de Siam, etoùse trou-
ventdes boutiques flottantes etde nombreux magasins.
Le golfe de Siam n'est point sujet au\ tempêtes ni
aux typbons dévastateurs . comme la mer de Cliine ,
ce qui fait que les naufrages y sont extrêmement rares.
Ce port esl assez profond. Depuis le mois d'octobre
jusqu'à la fin de mars, il y règne un courant du nord
au sud , el depuis le mois d'avril, le courant vient du
sud au uordj sa vitesse est d'une lieue à l'iieure. La
surface du golfe est unie comme un miroir immense
qui réfléchit l'azur des cieux et les rayons du soleil
dans les mois de mai, juin et juillet.
Le climat de Siam esl plus ou moins chaud, suivant
la latitude; mais, ï^elon le voyageur dont nous analy-
sons l'ouvrage , la chaleur y est supportable. Dans la
grande plaine où le vent souflle comme sur l'Océan.
le climat est salubre; mais dans les montagnes cou-
vertes d'épaisses forêts, î! règne une fièvre des buia
souvent très pernicieuse aux étrangers.
A proprement parler, il n'y a que deux saisons,
I celle des pluies et celle di; la sécheresse. Dès que lii
{ 272 )
uiousson du sud-ouest commence à souffler, les vents
qui ont passé sur les mers amènent chaque jour des
nuages blancs qui se dispersent au bruit du tonnerre
et au milieu d'une pluie abondante. Quand vient la
mousson du nord, le ciel prend une sérénité parfaite.
La saison du froid ou de la sécheresse est très agréable
et propice à la santé. Le temps le plus chaud de Tan-
née est en mars et avril. Il est inutile d'ajouter que les
deux moussons ou vents réguliers soufflent alternati-
vement, chacun pendant six mois.
Chaque année au mois de mars et pendant une
quinzaine de jours, a lieu une rosée assçz singulière.
Au point du jour l'atmosphère se remplit de brouil-
lards épais, et à peine le soleil est-il levé que ces
brouillards se résolvent en une rosée qui, en forme de
pluie, coule des toits des maisons et des feuilles des
arbres.
La presqu'île Malaise n'a guère que de petites ri-
vières; mais la partie orientale du Lao et le Gamboge
sont arrosés par le fleuve Mékong (Më-Kong), dont le
cours a plus de 500 lieues. Le Ménam mot qui signifie
Mère des eaux, a un cours d'environ 300 lieues, et ce
fleuve se décharge dans la mer à 8 lieues au-dessous
de Bangkok. Ce fleuve inonde et submerge la plaine
une fois tous les ans. Le riz croit à mesure que les
eaux montent, et l'inondation contribue à son déve-
loppement. La partie basse de la plaine, à douze lieues
de la mer, n'est jamais inondée, tandis que la partie
supérieure reste submergée pendant plusieurs mois.
C'est là sans doute un effet des marées.
Il n'y a peut-être pas au monde de contrée aussi fer-
tile que Siam; le limon du fleuve Ménam fournit
( 273 )
presque sans culture une prodigieuse quantité d'excel-
lent riz, au delà des besoins de la population. Année
commune , vingt litres de riz qui suffisent pour nour-
rir un homme pendant un mois ne coûtent guère que
soixante-quinze centimes. D'un autre côté le poisson
se multiplie à Tinfini pendant TinondalioD. Le golfe
où débouchent quatre grandes rivières est également
très poissonneux. Une grosse espèce de sardine y
abonde tellementqu'elle formependanl plus de six mois
la principale nourriture du peuple et qu'on en exporte
chaque année douze ou quinze navires en Chine.
La volaille est très commune à Siam, et une poule
ne se vend que quinze centimes. Un cerf ne coûte pas
cinq francs ; le sucre est à quinze ou vingt centimes la
livre; on a pour environ trente-cinq centimes une
charge de bananes. Il ne faudrait pas croire pour cela
que le bon marché provienne de la rareté de l'argent;
car le salaire d'un ouvrier est d'un franc à un franc
cinquante centimes par jour avec la nourriture : le
bon marché n'est dû qu'à la grande abondance des
denrées.
États tributaires.
Nous allons passer en revue les principaux États
tributaires de Siam :
L'État tributaire de Tringanu, situé par le &« degré
de latitude N., est une contrée fertile, peu montagneuse
et couverte de forêts : il compte environ 60000 habi-
tants. La ville de Tringanu , résidence du rajah , est
placée à l'embouchure d'une petite rivière» et proté-
gée par un petit fort bâti sur une colline. Elle ren-
ferme 1500 maisons, y compris le quartier chinois
( 274 )
hàû de briques, tandis que les maisons des Malais sont
faites de bambous et couvertes de feuilles.
L'État de Ka/antan est situé au nord-ouest de Trin-
ganu, dont il est séparé par le petit fleuve Batut, el îl
s'étend jusqu'à un autre fleuve appelé Banara, qui
le sépare de l'état de Patani. Sa population est de
0500 habitants. Le pays produit de l'or, de l'étain et
du poivre.
L'État de Patani ou Tani^ situé au nord-ouest de
Kalantan, est 1res Fertile, et sa population dépasse
100 000 habitants. La ville de Patani est célèbre par
son entrepôt de marchandises.
Près de ce même état de Patani » s'étend celui de
Çuédaà, situé entre le 5' et le 7" degré de latitude. Ce
pays est couvert de vastes forêts et la population est
d'environ 60000 âmes.
L'État de Ligor est situé entre le 7* et le 9"* degré
de latitude; il compte environ 150 000 habitants et
renferme des forêts presque impénétrables. La ville
de Ligor est Située dans une plaine charmante et bien
boisée; elle a de belles pagodes et compte environ
12 000 âmes.
Le Camboge, qui était autrefois un grand royaume,
n'a plus guère aujourd'hui qu'une étendue de quarante
lieues. Ce pays est borné au midi par la mer, au nord
et à Tohest par Siam^ tandis que le fleuve Mékcifag lui
sert de limite, à l'est. Il produit du Hz, de Tivoire, du
bois d'aigle et de la gomme. La population est d'envi-
ron 600 000 âmes. Dans ^a partie nord, le Gambèj|^
a un joli kc appelé Thalesap, qui a vingt lieue» de
circotiférence, et qui est trèé poissonneux.
Lfe petit État de Kàtàt servait autrefois dé Hittite
( 276 )
entre Siam et le Camboge ; il en est toujours le point
culminant et sa population est de 60000 âmes.
Le Lao a plusieurs États où se distingue la race
blanche et d'autres où le peuple est tatoué de noir*
Les naturels sont paisibles, soumis^ crédules, sobres,
superstitieux et naifs. Ils ont le vol en horreur, surtout
depuis qu'un de leurs rois avait fait cuire des voleurs
dans une chaudière d*huile bouillante. Leur musique
est très douce, harmonieuse et sentimentale; il suffit
de trois personnes pour former un concert.
Les Lao sont de la secte de BôUdha comme les Sia-
mois ou Thaï ; ils ont des lalapoins et des pagodes ; ils
croient à plusieurs sortes de génies.
Bangkok.
Bangkok, avons-nous dit, est la capitale du royaume
de Siam; elle compte environ &00 000 habitants; elle
est située entre les deux bords du fleuve Ménam, et,
comme nous Tavons déjà mentionné, à huit lieues de
la mer. La ville proprement dite forme une tle de
deux lieues de tour, entourée de murailles crénelées
et flanquées de bastions de distance en distance. Elle
est assise au milieu d'immenses jardins ornés d'une
verdure perpétuelle, et elle offre un aspect très pit-
toresque. Des navires et une multitude de jonques
pavôisées ornent les deux rives du fleuve. Cette ville a
un grand nombre d'édifices religieux^ avec des dômes
et de hautes pyramides. On remarque deux rangées
de plusieurs milliers de boutiques flottantes sur des
radeaux, qui se déroulent en suivant les. sinuosités du
fleuve, sillonné en tous sens par des milliers de bar-
( 276 )
ques élégantes. On distingue par dessus tout, la forte-
resse, qui est blanche comme la neige, et la flèche
dorée du palais du roi, ainsi que les pagodes. Le palais
est une enceinte de hautes murailles qui a plus do
i kilomètre do tour. Les pagodes royales sont d'une
magnificence inexprimable ; il y en a qui ont coûté
plus de A 000 000 de francs. L'une d'elles forme un
grand monastère où logent quatre ou cinq cents tala-
poins ou prêtres, avec un millier d'enfants pour les
servir, dans le culte qu'ils rendent à l'idole deBoudba.
Les habitations de Bangkok sont, les unes de briques
et fort élégantes, d'autres de planches, et celles du
peuple de bambous. Les incendies sont fréquents et
désastreux ; le feu consume parfois jusqu'à cinq cents
maisons; mais au bout de huit jours tout est recons-
truit à neuf.
Le royaume de Siam proprement dit est divisé en
quarante et une provinces qui portent le nom de leurs
chefs-lieux respectifs.
Minéraux^ végétaux et animaux.
A Siam on consomme beaucoup de salpêtre pour
confectionner la poudre et les feux d'artifice. Il y a
des mines d'or dans plusieurs localités. On n'a pas
encore trouvé l'argent à l'état natif, mais on le ren-
contre combiné avec le cuivre, l'antimoine, le plomb
et l'arsenic. Les mines de cuivre sont très abondantes
ainsi que l'étain. Il y a aussi des mines de fer et des
pierres précieuses.
Les végétaux sont assez différents de ceux qui nais-
sent en Europe. On compte au moins quarante espèces
( 277 )
de riz, ce grain précieux qui constitue la principale
nourriture des habitants. L'afec elle bétel se mâchent
dans la classe aisée. Le bétel est une plante grimpante
qui ressemble au poivre. L'arec est un arbre du genre
des palmiers, gros comme la jambe, droit et élancé,
n'ayant de feuilles qu'au sommet, qui atteint la hau-
teur de soixante pieds et qui produit des grappes char-
gées de deux à trois cents noix. L'usage du bétel noircit
les dents, ce qui, du reste, est une beauté pour le pays.
On joint à l'arec le Curcama ou safran indien, racine
bulbeuse et charnue, d'un jaune d'or et d'une saveur
aromatique.
A Siam on a du mais, dés concombres, des courges,
des raves, des choux, de la moutarde, de la laitue,
des pastèques ou melons d'eau, des melons, du céleri,
du cumin, de l'ognon, des pois, des haricots et beau-
coup d'autres plantes pblagères. Les patates douces
et les ignames abondent. Les montagnes et les forêts
renferment plusieurs espèces de pommes de terre qui
sont d'une grande ressource dans la disette. Dansplu^
sieurs provinces on cultive aussi la pistache, dont les
racines touffues sont garnies d'amandes très bonnes
à manger. Les canaux et les étangs produisent des
plantes précieuses pour les besoins des indigènes,
notamment le Lotus ^ dont les semences fournissent
une farine délicieuse. A Siam le plus commun des
palmiers est le cocotier, dont la noix, grosse comme
la tète, contient, lorsqu'elle est encore tendre, deux
ou trois verres d'eau sucrée très rafraîchissante. Le
durion est regardé comme le roi des fruits; l'odeur en
est très forte et rebutante, mais quand on mange le
fruit, cette odeur se change en parfum délicieux.
VIII. N0V£MBRB. % 19
( 278 )
Le manguier est un gros bel arbre dont le fruit
bienfaisant purifie le sang et n'incommode jamais. Le
jaquier ou arbre à pain est aussi très abondant. 11 y
a une espèce de prunier fort joli dont les prunes
oblongues sont d*un jaune d*or. Le sathon est un des
plus grands arbres des jardins, et ses fruits, gros comme
une pêche, servent à faire d'excellentes conGtures.
Parmi les arbres utiles, le tamarin prête son ombre
bienfaisante aux habitants qui veulent s'y reposer ou
se livrer au jeu. Le fruit le plus commun, le moins
cher et le plus utile, c'est celui du bananier.
Parmi les productions végétales qui servent aux
besoins domestiques, le bambou lient une des pre-
mières places, car c'est avec le bambou qu'on bâtit
la plupart des maisons, qu'on fait des paniers, des
nalies et des vases de tout genre. Cet arbre ou roseau
a la propriété de se fendre en lames très minces. Le
rotin est aussi très employé. La longue tige s'enlace
avec les arbres des forêts, et cette tige, dégagée de ses
feuilles et de ses épines, constitue le rotin; on en fait
de très jolies cannes.
Les productions formant un objet de commerce
sont le bois de tek (bois incorruptible), la cavelle,
l'huile de térébenthine, le sandal, le gingembre, le
benjoin, le cardamome, la gomme-gutte, l'indigo et
l'huile de coco, ainsi que la gutta-percha, qui a la pro-
priété d'être tout-à-fait maniable par le moyen de
l'eau chaude et dont on fait toutes sortes dé vases et
d'instruments.
Parmi les fleurs de Siam, brille le nénuphar et le
lotus. Selon les Siamois, ce n'est pas la rose, niais le
nénuphar ou Nymphœa^ qui est la reine des fleurs; la
( 279 )
grande espèce est, en effet, très belle et exhale un
dpux parfum de ses étamines couleur d'or. C'est peut-
être la plus grande de toutes les fleurs; elle orne les
fêtes, et on l'offre au roi, aux prêtres et à l'idole de
Boudha. Après le Nymphœa vient la fleur mah^ très
estimée à Siam et dont le parfum a la suavité de la rose:
c'est une fleur grosse comme un petit œillet et d*un
blanc éclatant; on l'emploie àfaire.de l'eau de senteur
et à parfumer les potions que Ton donne aux malades.
Quant aux animaux que l'on trouve à Siam, le plus
remarquable et le plus gros est l'éléphant, qui atteint
jusqu'à treize pieds de hauteur. A l'état sauvage il ha-
bite les forêts et quelquefois les plaines couvertes de
joncs et de broussailles. On rencontre les éléphants
presque toujours en troupes, paissant ou errant çà et
là et s'appelant les uns les autres. Ils n'attaquent pas
l'homme, à moins qu'on ne les provoque ou qu'on nç
passe trop près d'eux. Il est défendu de les tuer. On
les apprivoise facilement; et l'éléphant ainsi réduit à
l'état de domesticité devient une monture précieuse
pour les longs voyages. Il fait une lieue et demie à
l'heure. Quand il est fatigué, il frappe la terre avec sa
trompe et entonne un petit chant pour avertir son cor-
nac qu'il est temps de s'arrêter.
Il y a à Siam trois espèces de tigres, dont la prin-
cipale est le tigre royc^l qui est long de six à sept pieds
et qui erre dans les forêts. Sa force est telle qu'il prend
un buffle et le traîne à upe lieue pour le dévorer.
On voit beaucoup de rhinocéros, quadrupèdes mons-
trueux qui se nourrissent des épines de bambous. Il y
a môme des ours, mais ils çont mpins hardis qu'en
Europe et ils fuient l'homme.
( 280 )
Les cliions et les clials sont très multipliés à Siani,
par la raison qu'on n'y tue pas les animaux. Les Sia-
mois ne caressent pas les chiens comme en France, à
cause des émanations fétides que la chaleur du climat
en fait exhaler.
Il y a beaucoup de civettes, et ces petits animaux
ont une poche qui renferme le musc. Ils ont beaucoup
de souplesse dans leurs mouvements.
Le singe appelé orang-outang ou homme des bois
marche aisément sur ses jambes de derrière.
L'écureuil est 1res commun, surtout dans les jardins
où il saute d'un cocotier à l'autre et fait beaucoup de
dégâts. Le lièvre est très multiplié à l'entrée des bois.
Les rats aussi pullulent, et il n'y a pas de maison qui
n'en soit infestée.
 l'égard des oiseaux, on distingue le petit aigle,
grand ravisseur de poulets. Le vautour rend de véri-
tables services en dépeçant les charognes au milieu des
campagnes et au bord des rivières. Siam est riche en
oiseaux aquatiques : le plus grand est le karien , du
genre des échassiers ; il est plus gros qu'un homme et
il plane à une grande élévation.
Après le karien, vient le pélican , deux ou trois fois
gros comme une oie. Il a une grande poche sous la
mâchoire inférieure.
Il y a une espèce d'alcyon, dont le plumage est très
estimé des Chinois. L'ibis blanc est un bel oiseau moi-
tié gros comme la cigogne et qui se nourrit d'écrevisses
et de poissons. La perdrix est rare , mais les pigeons
et les tourterelles abondent, ainsi que les merles.
Dans les reptiles on cite le crocodile, qui a depuis
dix pieds jusqu'à vingt-cinq pieds de long : il se nourrit
( 281 )
de gros poissons, et il abonde dans toutes les rivières
du royaume de Siam. On remarque aussi le caméléon,
qui se tient sur les branches des arbres, attrapant les
mouches avec sa langue longue et gluante. Cet animal
peut rester jusqu'à quatre mois sans manger, ce qui
avait fait dire aux anciens qu'il vivait d'air.
La famille des serpents est très nombreuse à Siam.
Le plus gros de tous est le boa constrictor, qui, dans
les forêts, atteint jusqu'au volume d'une poutre et jus-
qu'à la longueur de vingt-cinq pieds. Il n'a pas de ve-
nin, et les Siamois le mangent sans répugnance. Il y
a une espèce de vipère dont la morsure est mortelle, à
moins qu'on ne la brûle sur-le-champ.
Enfin, des multitudes d'insectes parcourent le pays
de Siam. Il y en a deux qui sont très venimeux, le
mille-pieds et le scorpion. Il y a aussi beaucoup de
fourmis de différentes espèces.
Mœurs et usages^
Les Siamois ont la taillle moyenne , le corps assez
long, le front étroit^ les yeux bien fendus et la cheve-
lure rasée, à l'exception d'une touffe sur le haut de la
tête. Les personnes riches et même les gens du peuple
tiennent à honneur d'avoir les ongles bien longs et les
dents noires , genre de beauté très recherché parmi
eux. Ils vont nu-pieds et nu-tête; ils ont pour tout
habit une pièce d'indienne qui est commune aux deux
sexes. Les jeunes filles et les femmes mettent en outre
une écharpe de soie en sautoir. Les Siamois aiment
les bijoux d'or et d'argent. Les petites filles porlcilt
déjà un ornement de l'un de ces métaux précieux. Les
( 282 )
enfants de Tun et de Tautre sexe restent nus jusqu'au
moment où ils peuvent nouer eux-mêmes leur cein-
ture. Les jeunes filles ne se couvrent la poitrine que
lorsqu'elles sont parvenues h l'âge de puberté, et les
jeunes femmes après le mariage quittent le voile dans
leur intérieur.
Les Thai ou Siamois sont d'un caractère doux, lé-
ger, irréfléchi, timide et gai; ils n'aiment point les
disputes ni rien qui sente la colère ou l'impatience;
ils sont paresseux, inconstants, distraits et surtout
grands demandeurs : quelque chose de curieux les at-
tire-t-il, aussitôt ils désirent le posséder. Ils sont hospi-
taliers et bienveillants envers les étrangers. Ils aiment
la franchise et la sincérité, ce qui ne les empêche pas
quelquefois de mentir. Leur mets favori est le poisson
à demi-pourri qu'ils assaisonnent à leur manière. Après
l'eau, leur boisson favorite est le thé. L*usage du tabac
est général à Siam. Les petits garçons fument dès l'âge
de cinq ou six ans. Les femmes ne fument pas, mais
mâchent le tabac avec l'arec. Enfin, les Siamois pren«
nent des bains deux ou trois fois par jour. Les poux et
les puces sont inconnus chez eux. Dès l'âge de puberté
ils s'épilent la barbe. En un mot, ils sont très pro-
pres dans leurs maisons, dans leurs habits et sur leur
personne.
Tels sont les principaux détails de l'ouvrage de
Mgr. Pallegoix. Nous ne donnons que cette légère es*
quisse des deux volumes, et renvoyons au livre même
ceux de nos lecteurs qui voudront en avoir uno idée
plus complète*
( ^3)
LES COLONIES FRANÇAISES
kV 1" JANYIBR 1851
Notre Bulletin du mois d'août 1852 contient le la-
bleau statistique de la superficie et de la population de
la France au 1" janvier 1852, dressé d'après les docu-
ments oflGcîels du recensement quinquennal de 1851.
M. de la Roquette a fait suivre ce tableau, dont il est
Tauteur, d'un second, relatif à la population de nos
colonies d'Asie, d'Afiixjue et d'Amérique en 1849. Ce
dernier tableau, qui est d'ailleurs accompagné de
notes fort intéressantes, ne s'appliquait qu'à des ren-
seignements de trois ans antérieurs au recensement
quinquennal, car on sait que la publication des^notices
statistiques annuelles sur les colonies est toujours de
trois années en retard sur l'année courante.
Les documents officiels sur l'état de la population,
de la culture, du commerce et de la navigation de nos
colonies d'Asie, d'Afrique et d'Amérique viennent dé
paraître en septembre 1864 ; nous croyons utile de les
rapprocher de la statistique des quatre-vingt-six dépar-
tements donnée au Bulletin d'août 1852, page 104. Ils
compléteront ainsi la statistique de la France et de ses
possessions d'outre-mer â la même époque, c'est-à-dire
au milieu du xix* siècle.
Nous n'avons dans ce tableau mentionné les posses-
sions de rOcéanie que pour mémoire; les unes ne sont
d'ailleurs que des stations navnles, d'autres sont sim«
plement placées sous le protectorat de la France; la
Nouvelle-Calédonie, enfin, est une terre toute récem-
ment française, dont la superficie et la population ne
peuvent figurer dans un ét^t colonial de 1852. En un
( 284 )
mot, CCS colonies sont omises dans les tableaux ofifciels
(lu ministère de la marine.
Nous donnons pour les colonies d'Asie, d'Afrique
et d'Amérique la superficie de chacune d'elles, d'après
les notices statistiques imprimées en 1838-18A0 par
ordre du vice-amiral de Rosamel, alors ministre de la
marine. La population est celle du compte rendu qui
vient d'ôlrc publié par le ministère.
Nous trouvons ainsi que la France possède dans les
trois parties du monde :
1 390 366 hectares habités par 527 752 individus,
ajoutons à ces nombres d'abord la superficie et la
poj)ulation de l'Algérie:
39 000 000 d'hectares ; 2 hlib 885 habitants.
Enfin, la superficie et la population des quatre-vingt-
six départements ainsi qu'il résulte du dernier re-
censement :
52 768 600 hectares , et 35 781. 628 habitants.
Nous aurons pour expression de la superficie et de
la population de la France et de ses colonies en 1851:
93 158 965 hectares
ou . ^ et 38 755 269 habitants.
931 589 kilom. carrés,
Maintenant en tenant compte des omissions qui
peuvent exister dans les recensements partiels , et en
ajoutant les nouvelles acquisitions de la France dans
ces dernières années, en tenant compte enfin des chif-
fres relatifs aux possessions de TOcéanie, on peut, sans
s'éloigner beaucoup de la vérité , dire qu'en 1854 le
pavillon français flotte sur 932000 kilomètres carrés,
et qu'il protège 38800000 individus.
Nous avons voulu dans notre tableau constater l'état
de prospérité de nos colonies en 1851.
(285 )
Dans nos colonies purement agricoles, c'est-à-dire
à la Martinique, l'i la Guadeloupe, à la Réunion ol à la
Guyane, le produit net des cultures représentnil la
valeur de iîSOSi 3â8 francs; le commerce fait par ces
colonies nlleignait, importation et exportation réunies,
13ââ0005S francs, et ce commerce avait nécessité le
mouvement de 2 914 navires tant à l'entrée qu'A U
sortie, Le sucre, les sirops, le tafia, le café, le rocou,
le coton, la casse, le cacao, le girofle et le rix lienoent
le premier rang parmi les objets exportés.
Dans les colonies de Iroqu e et d'échange, où l'on ne
cultive guère que pour la consommation locale, comme
à Saint-Louis au Sénégal et ;» Gorée, le commerce a
atteint 1 5 058 183 francs, imporlalïons et exportations
réunies, et il a nécessité l'emploi de 7/il navires tant
il rentrée qu'à la sortie. La gomme, les arachides, les
])eaus, l'huile de palme, l'indigo tiennent le premier
rang parmi les productions exportées.
Nos établissements français de l'Inde tiennent à la
fois à la colonisation agricole et à la colonisation de
troque, do marclié, d'échange. Le produit net des cul-
tures s'j élève à 14&52899 francs; les cliilTres des iin-
porlalions et des exportations réunies atteignent
15060859 francs, et le mouYeuient de la navigation a
été de 1 263 navires. Les guinécs et autres toiles à car-
reaux , tes graines de sésame , l'indigo , le riz , l'huile
de coco, le poivre, les peaux brutes et sèches sont les
principolesdenrées que ces étahlissenienls exportent (1).
(i) [I est clepu» louglemps (jUEslitjn entre la France el l'Augletertu
rechange lies élablisserDenls Je CKandemagor, Yailaon, Karikal
n-nloire équiraJEnl ipii vientliait t'ajuuter à ci'lui
lodiehéry.
( 286 )
Nos colonies de Saint-Pierre etMiquelon ont un ca-
ractère tout difFérenldes précédentes, et ne sont, à pro-
prement parler, que des pêcheries ; les exportations y
dépassent de beaucoup les importations, ce qui n'arrive
dans aucune des précédentes; cela tient au peu de be-
soins des colons, qui, en dehorsdes vivres et des appareils
nécessaires à la pèche, ne demandent rien à l'étranger ;
le chiffre des importations est de 29187A5 francs,
tandis que celui des exportations est de A780S36fr.
La morue elles divers produits que l'on en tire forment
ici le seul objet de l'exportation ; en 1851 le mouve-
ment de la navigation a été de 703 navires.
Nous ne pouvons encore assigner de place régulière
à Mayotte et Nossi-Bé, non plus qu'à nos colonies
de rOcéanie. Elles ne sont jusqu'à présent que des sta-
tions navales et des points de- relâche pour nos navires
marchands et nos baleiniers. Cependant nous avons
appris que les tentatives faites pour l'établissement de
grandes cultures à Mayotte et à Nossi-Bé paraissaient
devoir réussir, et que le port de Helville, dans la der-
nière de ces lies, semblait destiné à devenir un vaste
comptoir d'échange entre les denrées de l'Afrique aus-
trale et celles de l'Inde.
Nous formons des vœux pour la complète réussite
des travaux de colonisation que le gouvernement en-
courage dans les mers lointaines qui baignent nos co-
lonies de la côte de Madagascar et des lies de l'Océanie,
et nous espérons voir dans un avenir prochain ces
colonies mentionnées comme leurs aînées dans les
tableaux statistiques de nos colonies» véritables arcUivei^
de la richesse çpwm^rciale d^ la France.
V. A. Malts-Brun.
( 287 )
TABLEAU STATISTIQUE DES COLONIES FRANÇAISES EN 1851.
D'après les documents ofHcieU publiés par |^ ministère de la marine
en septembre i854*
NOMS
DES ETABLISSEMENTS.
rTf
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Produit
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des
cultures.
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Commerce.
fr.
o
o
a
es
as
Pondiche'ry. .
Karikal. . . .
Yauaon. . . .
Mahé
Chandernagor.
Asie. — Établissements français dan^ l*lnde,
Jimp. 5^99 948
87 953
96712
17 4071
16184
5987i 76981
529A
6 464
775
583
3 419
510
048
SI 396
»
1113711
584^20
29600
exp. 3625 474
navires.
epti*. 337
sort. 526
Colonies d*AfritfUë»
Sëne'gal et dépendaBces.
Gore'e et dapetidaiifes.
t 1
Réunion
Sainte -Idarie
Mayolte
Nossi-Bë et dépendances
34
11589
>
17
3197
»
234550
1Q826
64379
90975
38000
15000
5839
6886
15178
»
s
»
imp. 5 890 948(eMpr, 63
t^, 3 625 47i(80ft. 83
3623S80(entr. 354
• 409481 sort. IS41
us^aosi
»
imp
exp.
unp. 25803 885
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eutr. 862
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P
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»
Colonies dt Amérique,
Martinique
Guadeloupe et dépend.
Guyane française. . . .
Saial-Fierre
Miquelon
98782
342513
503510
123 701
132810
17625
âm\ ^^
31256
24831
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9000000
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Iles Marquises | 180000
NonreUe-Galédonie. . . 'tOOOOÛO
Colonies â^Océanie.
20000
Iles ûambier*
Ile Tahiti. . .
Iles Wallis.
• . 4 • % •
»
U
1»
50 000?
i
Les Français oocapeat 4flpiila 1842 Nouka
Hiva et Tahouata.
Décrétëa colosia fmyçaisc ppstérieiuwMient
à 1831 (en septembre 1853.)
La France n'exerce ^'uadroU^e ||M»loel#rat
sur ces îles.
Tableau récapitulatif du territoire et de la population des colonies
françaises en
Asie 48 $62 hectares.
Afrique 375 575 —
^mëriqji^» . • . 965 888 —
197 863 habitants
53 5-27 —
876 562 —
1390 565 —
527 758 —
"¥. A; MilTE-BRUM.
( 288 )
LETTRE
DB M. DEMRRSAY
▲ II. LU PRÂBIDENT DB LA COMMISSION GENTBALR
UB LA SOCIÉTÉ DB GÉOGBAPHIB,
SUB LA NOUVELLE PROVINCB BRÉSILIBNNB DU PARANA.
lo novembre i85/{.
Monsieur le Président,
J*ai eu rhonneur de faire connaître, il y a quel-
ques mois, à la Comnf)îssion centrale, la création
au Brésil d'une nouvelle province dite du Pamnà,
formée des plaines immenses et encore inexplorées
que traverse ce grand fleuve, et de cette partie de la
province de Saint-Paul connue sous le nom de champs
de Goritiba (campos de Coritiba).
Pour répondre au désir de mes collègues, je me suis
empressé de demander à mon ami, M. le docteur
Sigaud, médecin de l'empereur Dom Pedro, dos notions
précises et détaillées sur la situation géographique,
les limites, le climat, les productions naturelles et les
indigènes de cette contrée.
Ces renseignements, je ne les ai pas encore reçus :
toutefois, voici un passage d'une lettre de ce savant
compatriote» ayant trait au même sujet, et qui ne vous
paraîtra pas , j'en ai la conviction, dénué de tout
intérêt.
Rio de Janeiro, i3 juin i854*
c( Il me sera facile de vous transmettre
)) des informations sur la province du Paranà. Par le
( 289 )
» premier navire du Havre, je vous expédierai le rap-
» port de son président, avec un travail de major de
)) Beaurepaire-Rohan sur les Indiens du Mato-Grosso.
» Le ministre de Tempire (1) m'a remis la semaine
» dernière une note sur l'exploration que vient d'or-
)) donner le Gouvernement de ses principales rivières;
» je me dispose à vous l'envoyer.
» Dans la nouvelle province se trouve une petite
» colonie fondée par mon confrère et ami le docteur
» Maurice Faivre, et qui date de quatre ans. Formée
» à l'aide de fonds donnés par l'impératrice du Brésil,
» elle en porte le nom, et s'appelle Filla Thereza. Le
» docteur avait amené de son pays, le Jura, une dou-
» zaine de familles pour cultiver le sol fertile des
» champs do Goritiba; ces familles sont restées en
» petit nombre ; la plupart ayant préféré s'établir sur
» les plages du littoral, ou dans les villes maritimes.
» Ge faible noyau s'est augmenté de Brésiliens e^t
» d'Indiens. La colonie n'admet pas d'esclaves : le
» travail y est libre ; on cultive la canne «^ sucre pour
» en faire de l'eau-de-vie, et de grandes plantations
» de riz, de mais et de manioc. Les colons établis sur
» les bords de la rivière Itagy ou Ibagy, laquelle par-
» court près de deux cents lieues avant de se jeter
» dans le Paranà, ont ouvert une route qui les met
» en communication avec la petite ville de Guarapaya,
)) à vingt lieues de là, où ils vont vendre leurs
» denrées, et faire des échanges. L'énorme distance
» qui les sépare du Paranà n'est habitée que par des
» tribus indiennes à l'état sauvage. Vous voyez qu'il
(i) Do Impcrio, de rintérieur.
( 290 )
» y a beaucoup à faire pour peupler celle province
» méridionale de Tempire ; mais le docteur Faivre ne
)) recule devant aucune difficulté ; il trouve dans Télève
» du bétail des encouragements et de précieuses res-
» sources. » Alfred Dembbsay.
STATISTIQUE DES BIBLIOTHÈQUES DE FRANCE.
D'après une statistique des bibliothèques de France,
qui vient d'être dressée par les ordres de M. le ministre
de l'instruction publique, les départements (celui de
la Seine non compris) possèdent SS8 bibliothèques
publiques, offrant par semaine 1 060 séances de lec-
ture, et fréquentées chaque jour, en moyenne, par
8 649 lecteurs. On y trouve 3 733 439 volumes, dont
44 070 manuscrits et 3 689 369 imprimés. (Les détails
concernant chaque bibliothèque se trouvent dans le
Journal général de Vlnstruction publique du 15 no-
vembre 1854.)
NOUVELLE DÉTERMINATION DE LA LONGITUDE
fiNTR£ LES OBSERVATOIRES DE PARIS ET DE 6RBBNWICH ,
t>AR LE TÉLÉGRAPHE ÉLEGTRIQVE.
M, Le Verrier a adressé, le 23 septembre 1854, un
rapport (1) à M. le ministre de Tinstrùction publique
(i) Ce rapport est insère dans le Journal général de C instruction
publique du 8 octobre i854*
( 291 )
sur la détermination de la longitude entre Tobservatoire
de Paris et celui de Greenwich, par rintermédiaire du
télégraphe électrique sous-marin. 11 rappelle que la pre-
mière mesure importante entre ces deux observatoires
date de 1790 : elle fut exécutée par le général Roy, pour
l'Angleterre, et par MM. CaasiDÎ, Mécbain etLegendre,
pour la France. La méthode employée consiste à
relier les points extrêmes par une série de grands
triangles géodésiques passant par-dessus la mer. Cette
mesure donne, pourladifférence de longitude, 2*19'â2''.
La seconde mesure géodésique a été exécutée en 1821,
1822 et 1823, par les capitaines Râler et Golby, pour
TAnglelerre, et, de Calais à Paris, par les astronomes
français; elle a donné 2° 20' 22^ La nouvelle déter-
mination parla télégraphie électrique, opérée pendant
les mois de mai et juin 185A, par MM. Faye et Dunkin,
a conduit les deux observateurs à fixer définitivement
la différence en Jongitude de Içurs instruments à
2o 20' 9", à. Si Ton voulait rapporter la position de
l'observatoire de Greenwich à l'ancienne méridienne
de France, il faudrait retrancher du résultat précédent
la quantité 1^'»8 qui représente la distance entre cette
méridienne et la situation actuelle de la lunette des
passages de l'observatoire de Paris : on aurait ainsi
2* 20' 7\Q.
E.C.
( 292 )
NOTES
SUB QUELQUKS INDUSTUIfiS GHIKOISKS,
PAR If. RENARD»
Ancien délégué du commerce en Chine, membre de la Sociélé de géographie.
Fabrication des lanternes»
Les lanternes, de même que les éventails, sont des
meubles indispensables à tout Chinois : le plus mal-
heureux coulie, n'ayant le soir que quelques pas à faire,
ne sort jamais dans la rue sans sa lanterne ; cette
habitude est tellement invétérée chez eux, qu'on rap-*
porte que, lors de la prise des forts de Boca-Tigris par
les armes anglaises, les soldats, effrayés des projectiles
qui tombaient sur leurs forts, ne les abandonnèrent
qu'après avoir allumé leurs lanternes ; les canonniers
purent alors les ajuster au milieu des étroits sentiers
de la montagne qu'ils gravissaient.
Les lanternes le plus généralement en usage sont
de forme cylindrique; la carcasse est composée de
fines lanières de bambou enlacées en losanges , puis
recouverte d'une légère gaze de soie ou de fin papier
de bambou; les ouvriers appliquent ensuite par-dessus
une couche de colle préparée avec une plante marine
( Girgatina tenax ) que les jonques chinoises vont
charger dans l'archipel Indien ; cette colle a la pro-
priété de ne jamais être entamée par les insectes.
Le décor des lanternes ordinaires est fort simple :
c'est généralement un seul caractère peint en noiç,
indiquant le nom du propriétaire.
( 293 )
Les lanternes fabriquées pour l'exporlalion ont In
forme d'une boulo; elles peuvent se fermer par le
moyen d'un ressort semblable à celui de nos anciens
parapluies. On les décore de dessins très variés: carac-
lères, tigres, lions, buffles, dragons, oiseaux, etc.
Les lanternes qui servent à rornemenl des appar-
tements sont de forme quadrangulaire , hexagone ou
octogone; les montants sont de bois sculpté, teint et
poli; (les glands et ornements de passementerie, des
verroteries mélangées d'ornements de cuivre émaillé
bleu, sont suspendus aux angles et à divers autres en-
droits; ces lanternes sont ornées de riches peintures
sur verre au coloris brillant, rehaussées de feuilles
d'or et d'argent.
Parfois on remplace les verres par des châssis ten-
dus de soie blanche, où sont peints des oiseaux, des
fleurs, des paysages, etc.
Il y a encore une grande variété d'autres genres de
lanternes : à Chang-haî, par exemple, on en voit d'im-
menses en corhe blonde; d'autres sont formées de
verroteries de diverses couleurs ; d'autres , enfin ,
sont de bois découpé et ont la forme de corbeille, de
panier, etc.
La ville d'Amoy a une grande renommée pour la
solidité, la beauté de ses lanternes pliantes; ses nom-
breuses jonques en exportent beaucoup à Singapour,
à Manille, à Batavia et dans tous les autres marchés
de l'archipel Indien.
Fabrication des chandelles»
On fabrique en Chine une immense quantité de
petites chandelles qui servent à l'usage journalier du
« viir« NovBMBnE. 3. 20
s
( 294 )
peuple el qu'on brûle devant les idoles; celte der-
nière consommation est tellement importante qu'on
peut affirmer que la moitié de celte fabrication est
destinée aux temples, aux pagodes, aux petits autels
des rues, aux chapelles de chaque maison, de chaque
bateau.
Les chandelles chinoises ne sont pas fabriquées avec
la graisse des animaux, mais bien avec le fruit d'un
arbre [Stillengia sebifera)^ l'arbre à suif, dont le nom
chinois est con-chu; ce fruit renferme dans une coque
ronde trois petites graines oléagineuses de forme
triangulaire, aux coins arrondis; le suif, qui est blaDC,
est adhérent aux graines; on le recueille en broyaDt
ensemble le tout, ensuite on fait bouillir dans Teau
el Ton écume le suif à mesure qu'il monte d la surface ;
ce qui reste est pressé fortement dans des troncs
d'arbres creusés, et au moyen de coins de bois
enfoncés par le poids d'un bloc de granit ; les mèches
de coton sont remplacées par quelques brins de moelle
de très pelits joncs.
Les Chinois ne moulent pas leurs chandelles : elles
sont toutes faites en cône et par le procédé dit ù la
baguette; elles n'ont généralement que de 1 à 2 cen-
timètres de diamètre, sur une longueur de 10 à 16 :
celles qui se brûlent dans les pagodes sont revêtues
d'une dernière couche de suif rouge; il y en a aussi
de verles, mais en moindre quantité. Toutes ces chan*
délies sont traversées de part en part d'un brin de
bambou, sur lequel on a roulé à la main, jusqu'à en-
viron les 2/3 de la longueur, un fil de coton non tressé ;
le reste du bambou qui dépasse est destiné à entrer
dans une petite douille que porte tout chandelier
[
( 506 )
trliînois; »vgc ce système, les cLiandelles sunt brûléci
enliëietueiil sans le secours de brùle-bout.
Les chandelles fabriquées avec le suif d'arbre soiU
d'un beau blanc, surtout quand les fabricants ont pris
la peine de le bien ûpurer; à cet effet, ils le font fondre
à plusieurs reprises, ils le coupent en petites bri-
quettes, et font sécliei'; le suîf acquiert ainsi plus de
blnncbeur et plus de fermeté.
Pour fabriquer les cliantlellcs, les ouvriers sont
placés devant des baquets dans lesquels le suif a été
»ersé en fusion; ils trempent perpendiculairement la
partie du bambou recouvert de la mèche, le retirent
et laissent figer; ils réitèrent l'opération jusqu'à ce
que les chandelles soient arrivées à la grosseur
Pour teindre les chandelles en rouge, les fabricants
font bouillir, dans une certaine quantité de suif, l'écorce
d'un arbre dont le noin chinois est ste-py, et aussi la
racine d'une plante appelée tseu-ka ; ces substances
ont la propriété de teindre tout corps gras en une belle
Couleur cerise, mais elles ne communiquent à l'eau
aucune couleur; les chandelles sont, par une sim|de
immersion dans ce suif, colorées en beau rouj^e.
On trouve encore quelques chandelles faites à l'usage
des Européens, et dont la dernière couche est de
cirft d'arbre, ce qui les empCcbe de couler; la
cire d'arbre s'appelle clmla , et l'arbre, appelé ke-
la-c/iu, croit dans le Chan-toung, dans le Hou-kouang
«t ailleurs. Celte cire est formée par de petits vers, qui
*é roulent dans les feuilles des arbres et y construisent
des rayons beaucoup plus petits que ceux d'abeilles:
elle est très dure, les Chinois la fondent en pains plats,
( 296 )
la cassure intérieure de ces pains laisse voir de beaux
cristaux.
Fabrication des bâtons odoriférants et des allumettes.
r^sbâlons et allumettes parfumés sont l'objet d'un
commerce fort important en Chine: on en fabrique dans
tout l'empire; les bâtons et les allumettes se brûlent
:*) peu près, comme les chandelles dont nous venons de
parler, dans les mêmes cérémonies, c'est-à-dire dans
les temples, dans les pagodes, dans les maisons^ les
bateaux^ dans les rues, sur le bord des fleuves et des
rades, aux divers changements de lune, et dans mille
aulres circonstances. Le nombre vraiment extraordi-
naire de fumeurs des deux sexes, la petitesse des pipes
qu'il faut recharger i\ chaque instant, toutes ces causes
exigent que les mèches soient constamment allumées,
chez l'artisan aussi bien que chez le mandarin: et il
serait difficile de se former une idée de ce que Ton
en consomme journellement.
r^es Chinois emploient , pour la fabrication des
bâtons pour fumeurs, différentes espèces de bois et des
écorces d'arbres qu'ils font bien sécher; ils les réduisent
en poudre et les tamisent; ensuite ils en forment une
pâte, en y mélangeant une colle de riz très claire, elle
doit être bien pétrie et très compacte.
Au moyen d'un rouleau, cette pâte est disposée en
plaques, les bâtons sont formés ensuite avec un moule
de bois contenant des cannelures intérieures, qui sont
imprimées sur la pâte au moyen d'une forte pression.
Il ne reste plus alors qu'à tamiser sur les plaques un
peu de poussier fin, pour absorber l'humidité, et en-
suite on fait sécher.
( 297 )
La fabrication des allumettes parfumées diffère un
peu de celle-là; ces allumelles sont exclusivement
composées de bois de sandal, pulvérisé et tamisé très
fin ; on y ajoute, pour les parfumer, de l'ambre, de
Tencens et quelquefois d'autres essences. Elles sont
roulées pièce par pièce sur un petit brin de bambou
dont une dés extrémités, peinte en rouge, est destinée
à être fixée dans la cendre des urnes où elles doivent
être consumées.
Ces allumettes sont ensuite réunies en paquets ronds
et carrés; on les enveloppe soigneusement de papier
blanc et de couleur; chaque paquet porte de nombreux
caractères en encre de diverses nuances ; on en col-
porte ainsi beaucoup dans les rues.
Dans rinde, on donne le nom de baty à ces allu-
mettes ; elles servent aux mêmes usages qu'en Chine,
et sont brûlées dans les temples, etc.; elles sont com^
posées de bouse de vache, de sandal et d'encens.
Les bâtons parfumés de Chine s'expédient en grands
quantité aux États-Unis et en Angleterre ; les jonques
d'Amoy portent les allumettes parfumées chez les sec*
tateurs de Bouddhah, à Bangkok et dans tout l'archipel
Indien.
( 298 )
ilouirelles g;éog;raphlqiieAi
EUROPE.
FOUILLES ARCHÉOLOGIQUES D4IIS LR GALYADOS.
La Société des antiquaires de Normandie vient de
terminer lés fouilles archéologiques commencées, il y
a deux ans, au village de Vieux (canton d'Evrecy), l*an-
cienne cité des Fiducasses, è 10 kilom. de Caen. On
a découvert particulièrement un ancien théâtre ou
amphithéâtre, de grandes dimensions.
ASIE.
RÉCEPTION D*UN BATIMENT AIféRIGAIN AU JAPON,
{Nouvelle datée de New-York, lo novembre 1854)
Le bâtiment américain Lady Pierve, capitaine Burr,
propriétaire M. Burrows^ parti de San-Francisco» a
atteint la baie de Yedo, quinze jours après le départ
du Commodore Perry ; il a reçu le meilleur accueil
des ofiBciers japonais. Le bâtiment était garni de meu-
bles riches et élégants qui ont frappé les Japonais;
(les artistes sont venus sur le bâtiment, en ont fait les
dessins, et l'empereur a manifesté son intention d'avoir
deux navires de ce modèle. A bord était un Japonais,
seul survivant d'un équipage de quinze hommes (dont
la jonque avait péri en mer près des lies Sandwich)
et nommé Dee-yee-no-skee. Il a été reçu avec les plus
chaudes démonstrations de joie et de gratitude. Son
récitdesbons traitements qu'il a reçus des Américains»
( 299 )
et des usages de cette nation , sera peut-être plus
efficace que les ambassades pour amener de l'iiitimilé
entre les Japonais et les étrangers.
Aussitôt l'arrivée du bâtiment à Uraga, ordre a éié
donné, de Yecio, de fournir à M. Burrows tout ce qu'il
demanderait et de le traiter açec la même hospitalité
que te commodore Peny» Il avança jusqu'à 10 milles de
Yedo : M. Burrows demanda de jeter Tancro dans le
port , mais on lui dit : ce n*est pas, bon^ le oemmodore
un pas été Jusque-là. Des centaines de visiteurs sont
venus à bord ; ils ont été régalés de toutes sortes de
choses délicates, de boissons recherchées, de vin de
Champagne, etc. Des milliers d'autres étaient autour
du vaisseau ; pas une pièce d'argenterie n'a manqué
après les visites. L'empereur a fait cadeau à M. Bur-
rows de quantités de soieries, de porcelaines, d'objets
de laque, avec prière d'annoncer, dans son pays, que
1( s vais3eaux étrangers ne pourraient point s'arrêter
ailleurs qu'aux ports stipulés dans le traité. A la
demande d'obtenir du charbon d^ terre, il a d'abord
été répondu que le gouvernement n'en accorderait pas;
la réponse de Yedo même a prouvé qu'il serait d'ua
prix trop élevé.
Les Japonais sont inquiets des troubles de la Chine
qu'ils allribuent à l'introduction du commerce étran-
ger. M. Burrows affirme que c'est une nation d'athées;
ils adorent rem|)ereur spirituel à Méaco. Ils étaient
choqués de voir Dee-yee-no-skce rendre grâce à Dieu
de sa délivrance et non k l'empereur spirituel ou
temporel. E.-J.
( 300 )
AMUQlJli.
EXPÉDITION DB M. UUGUETKAU DK CUALIJÉ.
M. le capilaine de vaisseau Huguelcau de Cliaillét
commandant du Newton y est allé croiser sur la côte
du RifiF, pour réprimer certains actes de piraterie, el
il a donné quelques nouveaux renseignements sur les
habitants de cette côte, particulièrement sur les Que-
laia, dont une fraction, les Janazen, les Beni-Chikcr,
les Beni-Bouafia, se livrent à la piraterie.
COLONIK DE TIPAZA.
Un village s'élève, parles soins d*un riche concession-
naire, surremplacementderancienneTipaza(laTfassed
des Arabes), en Algérie. C'est à vingt-cinq lieues ouest
d'Alger, si l'on passe par Blidah etMarengo, mais a dix-
huit seulement, si l'on se dirige par Coléah. La ville an-
cienne étailbien placée, dans l'enfoncement d'une petite
baie abritée des vents d'ouest par la montagne duChé-
noua; le terrain sur lequel elle s*élevait est disposé
en amphithéâtre et fait face à l'est. Le territoire est
couvert d'oliviers sauvages , de lentisques et d'autres
végétaux vigoureux. Le port romain, dont la jetée est
encore reconnaissable près du rivage et se prolonge
sous les eaux, était vaste et sûr. Tipaza était d'origine
berbère ; mais elle a traversé toute l'époque romaine,
comme l'indiquent les restes d'un grand théâtre, de
])iscines et d'aqueducs. Les ruines de plusieurs basi-
liques démontrent qu'elle était florissante durant les
premiers siècles de l'ère chrétienne. Tipaza est le port
naturel du bassin du ChélifF, de Milianah et de toute la
partie occidentale de la plaine de la Mitidja.
( 301 )
AFRIQUE AUSTAALK. — DEPECHES DE M. ANJ)ERSON.
Eh 1852, M. Anderson était avec sir Francis Gallon
à Tounobis, par 21» 55' S., 21» 1' E., à soixanle-dix-
sepl heures (ou 200 milles) du lac N'gami. Il remonta
le Tioughé (Teoge) pendant treize jours au N.-N.-O.;
le cours est très tortueux, il a AO yards (mètres) de
largeur, il est profond, la vitesse est de 2 milles à
l'heure ; les rives sont basses, la végétation luxuriante;
partout de beaux arbres. De nombreux animaux aqua-
tiques (seacows) attaquent les naturels. Le canot de
M. Anderson a été renversé par l'un d'eux.
Libébè, ville chcf-Heu du Bavicko, sur le haut Tiou-
ghé, est le centre d'un grand commerce, où viennent
les Mambari, les Ovapangari et les Ovahanyama. Les
Griquas y rencontrèrent la mouche tsetsé, qui fit périr
leurs chevaux et leurs bœufs; la fièvre emporta la
moitié des Griquas eux-mêmes.
La grande rivière Gunène court à la côte ouest,
mais l'embouchure est problématique ; une branche
importante du Gunène commence là où le Tioughé
tombe au lac. Les habitants voisins du lac sont les
Balvana, tribu Bickuana , qui ont asservi les Bayeya
ou Bakoba , de même race que les Ovampos et les
Ghou-Damup. Le vocabulaire de leur langue est joint
à la dépêche, laquelle renferme aussi beaucoup de
renseignements sur le pays des Namaquas et le désert
Kalahari, les latitudes de soixante lieux différents avec
des itinéraires détaillés. E.-^J.
( 302 )
nOUVBLLBS nu CIPIT&IFJB COLMNSdH.
Les journaux de Saii-Frnncisco
annoiicenl que 1
le navire V£n
r.nter-
/j'ïise, a très lieureusemei)! échappé ans périls de l'océan
Glarial. Celle nouvelle a él6 apportée l'i San-Francîsco,
le 25 gejitembre, par le capitaine Henry Trollopi
commanHant le Ratllesnnhe, qui venait du pnrt Cli
rence, situé à l'entrée du détroit de Behring, sur
côte méridionale du ca^ du Prince de Galles. Le c
pitaino Collinson y élait arrivé, aprèâ sa longue expé-
dition dans les mers arctiques à la recherche de
John Franklin. 'U Enterprise, partie de l'Angleterre en
même temps que V hwestigator, commandé par l
pilaine Mac-Clurn, arriva, il y a environ un an, da;
la partie de l'océan Glacial américain qui regari
l'AthiDtique, après avoir franchi le passage du nord-
ouest; aucune nouvelle de ce bâtiment n'avait ét^
reçue deiiuïa, et l'on était fort inquiet de son soit.
L'£n(e'p«.te avait pénétré dans l'ocèao Glacial (jen-
clanll'élé de 185 ! , et pria le détj'uit du Prince de Galles;
trouvant la glace impraticable, elle passa l'hiver de
1851-1852 parTl^aSMelatit. etllQo Dà'deloug. O.
Elle s'avança un peu, et hiverna en 1852-1853 dans
la baie Cambridge, sur la côte de la terre WoUaston,
par 69° N. et lO?" 50' 0. L'hiver de 1853-1854 la
trouva dans la baie Camden (70" 8' N.. 147° 50' O.).
La glace la laissa libre le 15 juillet 185Â, et elle eETeçt
tua son retour, le 21 août, au port Clarence, pouc
aller chercher de là le PJoi'erâ la pointe Banow; elle
s'est dirigée ensuite sur Hong-kong, et le Plover a
pris la route de Valparaiso.
an
en
( 308 ]
Durant les trois années de son séjour dans les mers
arctiques, V Enterprise n'a pei-du que trois Ijommes.
Tous les autres membres tle l'eipédilion ont conservé
une santé excellt-nle. Ce navire trouva ries traces du
passage de'VIitfenligntor siiv plusieurs points, et ne fut
un instant qu'à 00 milles du Winter Harbour ; mais
la glace l'empêcba il'avancer, et il gagna lo déiroit de
Wollaslon, où il rencontra des traces des reclierchus
du do( teur Rae. Pendant lo printemps de 1852, des
détachements de re][))èdiliun s'avancèrent »ur la glace,
et l'un d'eux ga^na l'Ile Mcivtllr é travers les plus
i;randos difficultt^s. Les indigènes qu'on rencontra
dans le cours du voyage, ont uiontré des dispositions
pacifiques et bienveillantes. Le navire Trincomalee ,
sous la conduite du capitaine Wallace Houstoun, a
aussi visité le port Clarence celte année; quelques
officiers de ce bâtiment oui exploré le voisinage du
jiort, el ont particulièrement remonté en bateau la
rivièrû Af^spuc, ou ils ne sont arrivés qu'après avoir
traversé une suite do lacs ; c'est un pays marécageux,
sans un arbu&te, et où abonilent les lièvres, les canards
sauvages et autre gibier. On a recuuilli sur les bords
de l'A^sepuc des fossiles de mam'noutbs. Lea mous-
tiques sont exlrcmemenl nombreux. Il y a une grande
quantité de saumons el de truites, Les indigènes
raissent doux et intelligents.
LAC pu SOVPltli DANS l'uTIH.
Dans le territoire d'Utab, vers le Corn-Creek, à une
irontaine de milles de Fillmore, M. Caravalbo, atta-
ché i\ une expédilion d'exploration pour le chemin de
( 304 )
fer de rocéan Pacifique, a visHé un lac de soufre ,
d'environ un mille de diainëlre, dont toute la surface
est couverte d'une croûte composée de soufre et d*alun
fortement imprégnés d'acide sulfurique.
EXPEDITION DANS LA 80NORB.
Une compagnie de vingt-cinq hommes, sous la con-
duite d'Edouard £• Dunbar, a quitté Los Angeles pour
se porter jusqu'au cœur de la contrée des Apaches, et
près de la vallée de Santa-Cruz; la chaîne de mon-
tagnes Avisona passe pour contenir les plus riches
mines d'argent du monde ; mais, depuis plus de trente
ans, ce lieu est occupé par les Indiens. Les Sonoriens
ont en vain cherché à rentrer en possession des mines,
riches également en or et en cuivre. Le point où la
compagnie veut s'établir est une bellée vallée, qui
touche au RioGila, à sa jonction avec le Rio Colorado;
ce lieu est destiné à devenir un port important pour
le commerce. La compagnie est composée de gens
énergiques, endurcis à la fatigue et bien armés ; dans
le nombre sont des hommes de talent et d'instruction,
en état de faire une exploration tout à fait scientifique.
DiCOUVBRTË d'une ESPÈCE DE GOMlUi AU TEXAS.
(Nouvelle datée de Washington , 9 novembre 1 854* j
On a découvert la gomme appelée mezquète, en tout
semblable à la gomme arabique, et en immense quan-
tité, aux sources des rivières de Big Wachita et de
Brazos. L'arbre mezquète est semblable à l'acacia d'oi!i
( 305 )
les Arabes tirent leur gomme (sounl). La découverte
en a été faite par le docteur Shumard, on octobre
dernier : chaque arbre en fournil depuis une once
jusqu'à trois livres.
DÈCOUVKnTB D*1)N MiSTODONTB PRËS DB POUGHKBBPSIB. .
• . *
On vient de découvrir dans une fouille les défenses
d'un énorme mastodonte près de la ville de Pouglikeep-
sie, et Ton a pris des mesures pour l'exhumer tout
entier. L'excavation est opérée sous la conduite du
docteur Morse (le même qui a découvert le télégraphe
magnétique) : il est déjà arrivé jusqu'à la tôle et aux
épaules du mammouth. Les os sont pétrifiés on partie,
et Ton espère obtenir le squelette tout entier dans un
état plus parfait que tous ceux qu'on a trouvés jus-
qu'ici. [Albany Register,)
NOUVELLES DIVERSES.
Le prince Paul de Wurtemberg est de retour de
ses voyages dans l'Amérique méridionède.
M. Krapf achève en ce moment à Tubingue l'im-
pression d'un vocabulaire kikouaO et d'un dictionnaire
souâhili; il se propose d'aller passer quelque temps en
Angleterre, et de retourner en Afrique vers la fin de
cette année 18ô/i.
i^a^baa»«Mb
( S06 )
DESTINÉE DE SIR JOHN PR\MKLIN ET DE SES 137 COMPAGNONS;
PAR M. kVO. PBTBimABIIf.
Un voyageur bien connu par ses courses dans les
régions arcliqties» le docteur Rae» nous a (ransmis, il
y a quelques jours, une relation épouvantable sur le
sort de l'expédition du capitaine Franklin. Mais les
faits qu'il raconte sont si complètement inattendus»
si inexplicables, si mystérieux» si incomplets» que nous
avons jugé à propos , pour les entourer de quelque
lumière, de rappeler les circonstances par lesquelles
ils peuvent se rattaclier à des faits antérieurs et déjà
connus» et qui serviront au moins à guider ceux qui
n'ont pas suivi» dans tous les détails» les efforts consi*
dérables tentés jusqu'à ce moment pour la recherche
de cette malheureuse expédition.
Si la relation dont nous parlons est exacte» la ter-
rible catastrophe» la destruction des deux vaisseaux et
de leurs équipages doit avoir eu lieu dans une partie
très rapprochée et très accessible de l'Amérique arc-
tique» et dont les environs immédiats» parfaitement
connus, ont été visités et explorés à diverses reprises.
On sait que Texpédilion du capitaine Franklin» fai-
sant une nouvelle tentative pour découvrir le passage
nord-ouest» quitta les côtes de la Grande-Bretagne a»
mois de mailSAô. Trois hivers s'étant passés sansqo*oti
en reçût aucune nouvelle» on jugea nécessaire d'en-
voyer à sa recherche d'autres expéditions, dont la
première quilta l'Angleterre en janvier 1848, et les
deux suivantes en mars et en juin de la même année*
( 307 )
Ln (leniKTCi cuitiinanOée par le capitaine sir James
C, Ross el le capitaine Bird, avail reçu l'iinlre de suivre
l'expëdiliuu perdue par la roule luèiue que celle-ci
devait suivre, de diriger sa course à iravei's la baie de
BalBo et d'espluroi' atteiitiveiueot les bords du détroit
de Lancaslre et de Barrow jusqu'à la baie Walker,
dans l'ouest, et le rivage occidental depuis North-
SoinersGt et Bootbia jusqu'aux environs du pûle ma-
gnétique décuuvQita par Ross en 1830.
D'après les traces qui en furent découvertes en 1850
et qui jusqu'il présent étnient restées les seules qu'on
pût apercev4Mr, la lualbcureuse expédition a dû passer
l'hiver de l&hb à IS/lO dans l'Ile Beecbey, à l'entrée
du canal ilc Wellinj^ton , et à une distance d'environ
50 milles allemands de la baie d^ Baffin, du cùté de
l'ouest. Si nous en croyons l«s renseignements que te
docteur Rae tient des Esquimaux, sir John Franklin et
sa malheureus» suite no seraient revenus qu'au prin-
temps de 1850 sur ia côte septentrionale de la terre du
Roi Guillaume, où les Ësquitiiaux auraient aperçu en-
viron 40 homme» blancs, venant à travers la glace, du
côté du nurd. C'est une distance d'enviruo 75 milles
allemands, en ligne presque directe au sud du canal
de Wellington, et il faut absolument que lu troupe de
Fianklinait dirigé sa iiiarchs le long des mêmes ctltes
que l'expédition du capitaine Ross avait mission d'ex-
plorer presque dans le même temps, c'est-à-dire pen-
dant lus années 1848 et 184Q. MalUeuroaseDicnt l'ex-
pédition du capitaine Ross c^iploni les côtes do l'ouest
dans la direction du sud. jusqu'à la moitié seulement de
leur étendue, depuis Norlb-Somerset et&oothia, c'est-
à-dire jusqu'à environ 72 degrés ût^ laliliide. Un ne
( 308 )
ti'onvH pns dans cgI espace la moindre Irncc de l'ev
p^dilion pcrdufï, et l'on no fiit j>a» plnsliGurctix sur In
côte opposée, eellc qui potlcle noiinlo Prinee ot'Wnles,
et qui lui explorée en 1861 par le Ueulenant BrnivnL-.
C'est lin fnil exlrêmement regrettable que le capitaine
Ross n'nit pas pu pousser plus loin vers le sud, où il
aurait t\ù. si les derniers renseignements du doclour
Rae sont exacts, se rencontrer infalliblement avec Ips
40 hommes blancs. Mais comme on se laissa entraîner
h croire avec le capitaine Iloss que Franklin ne pouvait^
pas avoir visité cette conirée, les recherches s'écartèrent J
de la bonne voie, et depuis ce moment presque toule^
les expéditions, en quittant le détroit de Qarro
dirigèrent plutôt vers l'ouL'st cl vers le nord. Un trè»"
petit nombre de personnes, ]jarmi lesquelles on ren-
contre lady Franklin, continuèrent d'attacher de l'im-
pui'tance à ce qu'on visitât complètement les régioas
situées aux environs de la teriv du Roi Giùltaume, Deux
nouvelles expéditions, préparées par les ordres et aux
frais de lady Franklin, furent chargées de recommen-
cer les recherches, l'une en 1850. suus le commande-
ment du capitaine Forsyth, l'autre en 1861, sous la
direction de M. Kennedy et du lieutenant Bellol, et
[uus les hommes compétents furent d'avis que toutes
deux étaient parfaitement propres à atteindre le bul.
Mais une puissance supérieure on avait décidé aulre-l
ment. Elles revinrent l'une et l'autre sans aucun
suUat, et ne dépassèrent pas la limite à laquelle avaient.^
atteint précédemment les expéditions de Ross et d6 T
Browne. Ainsi quatre expéditions avaient élé envoyées à
vers cette région l'acilement accessible, et aucune '
d'elles n'atteignit le but. Pendant ce temps on se per* ■
( 300 )
«
suada de plus en plus de rimpossibijité que Franklin
eût pris celte direction, et loisqu'en 1851 le docteur,
Rae, visitant dans l'ouest la tove? rfe Victoria^ située
tout près de là, trouva sur le rivage des restes presque
méconnaissables d'un pavillon appartenant à la marine
royale de la Grande-Bretagne, personne ne voulut
croire que ces débris pussent provenir des vaisseaux
de Franklin. C'est pourtant ce qu'il faudrait admettre
si le rapport du docteur Rae se confirmait.
Quant au degré de confiance que ce document mé^
rite en général, les objets qui ont appartenu à sir
Franklin et à ses compagnons, et que le docteur Rae
a apportés avec lui, nous offrent une preuve malheu-
reusement irréfutable qu*il y a quelque chose de vrai
dans le récit des Esquimaux, ou, pour mieux dire,
c'est le fait qui nous parle lui-même , sans laisser
aucune prise à l'incertitude; car, pour les horriblea
détails que renferme le récit des Esquimaux» il nous
est permis d'affirmer» tout d'abord, d'après ce que
nous savons du caractère de ce peuple» qu'ils sont ab-
solument indignes de foi. Mais lorsqu'on cherche à se
rendre compte, par les lois de la vraisemblance, de la
manière dont la catastrophe est arrivée et des lieux
qui en ont été témoins» on rencontre alors plus d'une,
circonstance inexplicable et mystérieuse.
La première c'est que» même si les deux navires^
au moment où ils se sont perdus» étaient arrivés dans
le sud jusqu'à la terre du Roi Guillaume» les hommesi
des équipages ne s'en soient pas retournés parle nord
vers le détroit de Lancastre^ toujours fréquenté par.
les pêcheurs de baleines» au lieu de marcher vei^ le
sud , dans la direction de la baie d'Hudson ; ce qui
VIII. NOVEMBRE, h. 21
C810 )
âtail le parti le |>his déseS|ièi'é qu'ils
) le
'citeiil très bie
i,i,
Sieilt'S IDE
ni prendra;
nlires de
l'expédition, par leur propre expérience. On se rap-
pelle, en elFet, qu'cD 1&S2, le lapitaine Ross ae sauva
de celle manière, en laissant son vaisseau à 70 def;rés
de latitude nord et en campant dans celto contrée
pendant quatre ans,
La seconde circonstance de celte naluro. c'est qu'on
n'ait Irouvé d'eux aucune trace dans leNorlli-Somerset.
Cependant cela peut s'expliquer par le fait qtn
toucher â cette càte, ils ont traversé heureuseinenl
avec leurs vaisseaux le détroit de Peol, situé entre cette
cunlrée et la terre du Prince ol" Wales, e
plus loin vers le sud qu'ils se sont perdus.
La li'oisième, c'est que réduits, comme on le pré-
tend, il une pénurie par suite de laquelle ils seraient
uioris de faim, ils n'aient pas songé à visiter l'anse
For}, dansle North-Sotnerset, à une distance d'environ
50 milles allemands de la terre du Hoi Guillaume,
pour y recueillir las jnovisions abandonnées en ISSft
par le capitaine Ross, et qoi furent trouvées par Ken-
nedy et Bellot dans le unëme élut où Ross les avairj
laissées vingt ans auparavant, coinpléteineut intact«#i
el purfHitement conservées.
La quatrième, c'est que les ronseignenients fout'illi
par les Esquimaux ne soient parvenus à la connais-^
sance de l'Kurupe que tout récemment, quatre ai
après l'événement, quoique des voyageurs européen^
se soient approchés ù plusieurs reprises, autant que
le docteur Rae, du lliéâlre sur lequel cet événement
s'est accompli.
Lacinquième, c'eslrpi«.[lan8 uneiroiipt'dtil
en!
ré- I
(311)
i (lai
i'élile de la
I
I
anglaise, richement
pourvus d'armes, de munitions, de boussoles et d'au-
tres objets, accoutumés à des voyages Ae long cours
dans les régions arctiques, pas un seul n'ait été ca-
pable de gagner une des colonies les plus voisines de
la baie d'Hudson.
D'un aulre côté, il esi impossible, dans les circon-
stances présenlps, de ne pas attacher une grande im-
portance A ce bâlon de pavillon que le docteur Rae,
au mois d'août 1851, a trouvé sur la terre de Victoria.
située précisément en face de celle du Roi Guillaume
[es- 52' lat. N.. 103» 20' long. Occ. du méridien de
Greenwieh), el de ne pas regarder comme vraisem-
blable, en présence de ce lait, que les vaisseaux de
FrankUn ont été dans ces parages. Cependant nous
devons rappeler en même temps que les Esquimaux
rencontrés à ce moment par le docteur Rae ne purent
lui donner le moindre éclaircissement sur l'origine du
ce débris. Involontairement la pensée se reporte sur
un autre récit, également recueilli de la bouche dos
Esquimanx, mais plus à l'ouest, parle capitaine Mac-
Clure. Ce vojiigcur, arrivant du détroit de Behring, au
mois d'août 1850 (l'année même de la mort des ^uu-
riitite hommes blancs), en se dirigeant vers l'est, le long
de la côte arctique de l'Amérique septentrionale ,
cherchait â prendre terre dans le voisinage de la baie
lalhurst, âl'esl du fleuve Hackenzie, lorsqu'il nperçul
deux niitûrels qui, avec des gestes menaçants, s'effor-
çaient de l'éloigner. Quand on fut parvenu, avec beau-
coup de peine, à les calmer, ils racontèrent qu'à la
vue de son navire toute leur tribu avait pris la fuilc,
à l'exception de leur chef et de son lîls malade, La
(312)
cause pour laquelle ils avaient agi ainsi, c'était la
crainte ({iic le vaisseau ne voulût venger la mort d'un
hlanc qu'ils avaient tué quelque temps auparavant.
Par le moyen d*un interprète qui se trouvait à bord.
Ton apprit d'eux que quelques hommes blancs, em-
barqués dans une clniloupe, avaient pris terre sur leur
rivage et s'y étaient construit une maison où ils vivaient
ensemble ; mais que les naturels ayant mis à mort un
de ces étrangers, les autres s'enfuirent, ils ne sauraient
dire dans quelle direction. La victime de ce meurtre
fut enterrée dans un lieu qu'ils indiquèrent. Le capi-
taine Mac-Clure ajoute que lorsqu'il voulut aller n la
recherche de ce tombeau, il en fut empêché par un
épais brouillard et obligé de retourner a son bord. .
Il est extrêmement regrettable qu*on n'ait pas pu véri-
fier l'exactitude de ce récit; car il est diOicile d'ad-
mettre que les naturels se fussent eux-mêmes accusés,
d'un meurtre, s'ils ne l'avaient pas réellement com-.
mis, surtout lorsqu'on songe que déjà , en 18â8, une
nouvelle semblable avait été rapportée de celte contrée
par les employés de la Compagnie de la baie d'Hudson
et publiée en Angleterre.
Si l'on considère, après cela, que le mensonge, chez,
les Esquimaux, est réputé une vertu, et qu'il est im-.
possible de se fier à leurs rapports, on n'aura pas de
peine à convenir que le voile impénétrable qui nous
a dérobé jusqu'aujourd'hui la destinée de sir John,
Franklin, n'a pas été levé par la relation du docteur
Rae ; mais que ces histoires d'Esquimaux offrent seu*
lement un point de ralliement plus récent et une di-
rection nouvelle à d'autres recherches dont on a lieu
d'attendre un résultat plus satisfaisant. Il est, en effet.
( 313)
hors de doute, que deux vaisseaux et 138 persouucs
doivent avoir laissé d'autres traces à découvrir que les
rares objets qui ont été conservés par les Esquimaux,
et que le docteur Rae a rapportés avec lui.
Le docteur Rae n'a peut-être pas été éloigné de plus
de 50 milles allemands du théâtre de l'horrible catas-
trophe ; mais, probablement pressé d'envoyer en
Angleterre des nouvelles sur le sort de Franklin
peut-être aussi poussé par le désir de provoquer des
recherches plus étendues, il n'a pu se transporter
sur les lieux et vérifier par lui-ipême le récit des
Esquimaux.
La grandeur et la noblesse du caractère anglais nous
offrent l'assurance qu'une nouvelle expédition, peut-
être sous la direction du docteur Rae lui-même, sera
prochainement envoyée pour constater les faits récem-
ment recueillis. Mais, dès à présent, les généreux
efforts qu'a faits la nation anglaise pour retrouver les
traces du capitaine Franklin augmenteront l'éclat de
son nom et ajouteront à sa gloire un titre immortel.
Avec quelle libéralité inépuisable, au prix de quels
sacrifices elle a cherché, sans interruption, pendant
sept ans, à sauver ses compatriotes, c'est ce que nous
avons essayé de mettre en évidence dans le tableau
suivant, dressé avec soin d'après les documents les
plus authentiques.
( M4)
Étal dei àrpenies oui ont été oceationniet par Us dîvtrseï expéditionl
envoyée! A la rtchercU Je iiV Jol.n Franklin jusqu'à l'année 1 8S4-
■OMl.R
.ml'.^'.^Di.
SOUMtS
iNOLCiTiiw i>Ea EXPÉniTioss,
J
^
di-peoiKi
1
l_
.Wrliug.
k.Sxi>éd.qui onteulieutn ,&i6,,&iget l»i«.
I EipWilion au drltoit .]« Behring, sou.
Kelletl, Moore i^l Pullen. . . .
4
91466
cluIS>ird,9nu9ltai-«(Hichiir(I>oii
4
3, — au dtJroit de Barrow, soua lee
capiliiiiea HosaelBiril
4. — à la même dï«liniilioo, sous le
capiiaiDG Saunderi
.-îo 000
5. - BU déiroil de Behring, «ou. Collin-
son,M»c-Uure,MooreelK.^llell.
4
■ SOIKIO
6. - nu déiroir de BaiTow.saiii PeriDj.
iSooo
7. — fib mémedcslinnliuii, lousAïu-
(in.Ommariïy.Obborn et Cater.
4
145 oeo
8. - Mamém<^de<ilin.,>ousJoE>nHo9a
400»
9. — il la même destin., sous Forajlli.
1
4000
B. Expéd. qui ont eu lieu en i65i et i&Si.
1 ri. Eipédiiiou OUÏ léfiiona Bi-otic]ut)i de l'Amé-
i'ïi{uedii nord, toai Sae, . , .
3 00D
II. — à Kegenl IdIbL, aciue le capitaine
Kennedy
'
.5ûoo
11. - .i la Bftir de Baftiu, s'.ut le capi-
taine Inglffield ,
5 000
n. £j:;,A/. ,u.- «ni eu Ueu en j B5ï, . 8.^3 ei 1 854.
i3, Eipédiliun au dêlrciit de Barrow, soub le
5
'iSiXHIO
14. — au détioil de Beliriog/tûuVte
capilainn Maquire
l5. — i^ In m«me di^nmalbn, >«<.» le
capitaine Trollope.
J
5c. 000
16. — k l.n même deslmaliun, i^ous le
capitaine Kennedy
1
4000
[7. - audélraitdeBar.o«, .uusleca-
pilaine looieKeld
-s
60000
18. - à Iani4mc desrination, sou, le
capitaine Ingletield
60 000
.9. - h l'islhmede Bonlhia , gnu. Ie>
'irdiBa de Une
»
4aoo
T.jlaus
3i
"■»"
,c«o466|
( 316 )
Nous montrerons peut-être, dans une autre occasion»
quelle a été l'utilUé pratique de e^ nobles tentatives
et de quelle valeur elles sont pour la science. Tel est
maintenant l'intérêt qu'elles ont appelé sur les régions
arctiques, que, malgré la déplorable destinée de l'ex-
pédition du capitaine Franklin, Ton ne s'arrêtera pas
avant d'avoir traversé et exploré le bassin polaire, de-
meuré jusqu'à présent à Tabri des rechercbes. Dès
aujourd'hui l'on peut attendre d'intéressantes décou-
vertes de l'expédition américaine qui, sous les ordre/s
du docteur Kane, est partie de New-York au mois de
mai de l'année dernière, lavec la mission spéciale de
pousser jusqu'au pôle nord. Nous en dirons autant dp
capitaine Penny qui s'est fait un pom si recommaa-
dable par ses voyages dans les mers arcliqqes. On sait
qu'il n'y a pas longtemps que ce navigateur csjL de
retour d'un voyage extrêmement fructueux dont )e
profit, comme il nous l'affirme dans une de s^s leltriss,
n'est pas évalué à moins dç 20 000 livres. Il nous fait
part, en même temps, de son intenti^p c)'pntrepi*endre
procbai^i^ment pn voyage de 4^c<^uveirt.es , ainsi que
de l'espérance qu'il con$Qrv(^ d'atteiqdris le pôle nord
et de croiser dans le baj^sin polaire. A l'heure qu'il
est, il est déjà parti ppji)^' ips pontr^e^ qui sont deve-
nues son élément, et dont personne jusqu'à présent
n'a su mieux que lui éviter les dangers et les difficultés.
Aug* Pbtbbmann.
Gotha, Institut géographique de Perth, 28 octobre iSSi.
(Tradaii de ralleinand.)
( '>ni )
Jketem de la iicielété.
EXTRAITS DES PROCtS-VEKBAUX DES SÉAINCES.
Séance du 3 noifembre 186A,
PRÉSIDKNCE DB M. JOMARD.
Le procès-verbal de la dernière séance csl lu el
adopté.
On donne lecture de la correspondance:
M. Larabit, sénateur, exprime le regret de n'avoir
pu assister, à cause de son absence de Paris, a Ja
"séance du 20 octobre; il se propose de prendre régu-
lièrement part aux t ravaux de la Société pendant riiiver.
M. Alfred Demersay annonce qu'il enverra prochain
nement les notes qu*on lui a demandées pour servir
aux instructions que la Société doit remettre à M. le
brigadier général docteur Solano Lopez sur la géogra-
phie du Paraguay.
M. Thon)as Brunner écrit de Nelson qu'il a reçu
le diplôme constatant la mention honorable que la
Société lui a décernée en 1852 pour ses travaux géo-
graphiques dans la Nouvelle-Zélande; il exprime toule
sa vive reconnaissance pour cette marque d'estime
qui lui a été offerte, et il met ses services à la dispo*
sition de la Société pour toutes les instructions qu'on
lui adresserait.
M. Encke , secrélaire de l'Académie royale des
sciences de Prusse, adresse à la Société les mémoires
de cette Académie, année 1863, et son Bulletin men-
suel d'août 1853.
( "7 )
Il fsl lionne lecture de la lislo des ouvragcji offerts.
M. de la Ritqiiette annonce le voyafîe que M. Henti
de Saussure so propose de faire au Mexique; il de-
mande que la Société lui donne des instructions pour
les desiderata de la fséograpliie du Mexique, et veuille
bien solliciter, du ministre des affaires étrangères, une
recommandation pour MM. I«s consuls. La section de
correspondance sera convoquée à ce sujet.
M. d'Avezuc fait connaître à 1» Société, d'après une
lettre de M. Thomas Wright, que l'assemblée de l'As-
sociation britannique pour l'aTancement des sciences,
tenue en dernier lieu à Liverpool, a été très brillanle;
que la section de géogiapliie et d'elbnologie à laquelle
il appartient, a été particulièrement nombreuse, ol
qu'il a compté lui-même dans une séance plus de trois
mille auditeurs.
M, d'Avezac ajoute que M. Tbomas Wright lui an-
nonce, sans autre détail, l'envoi d'une nouvelle édition
anglaise des Voyages de Marco Poio , dont un exem-
plaire est destiné à la Société de géographie.
M. le président l'ait remarquer qu'on a omis de
mentionner, parmi les prix proposés par la Société,
et dont la liste ii été insérée au Bidlednàe juillet der-
nier, le prix qui été oFFert par M. d'Abbadie pour la
débit comparatif du Nil Blanc et du Nil Bleu. Celte
omission sera réparée atissitàt que le donateur aura
répondu à la lettre qu'on lui a écrite à ce sujet.
M. Albert de la Marmora, présent à la séance, donne
des détails sur la ligne télégraphique qu'on établit
dans ce moment de In Spe/zia à la Corse, et qui doit
te prolonger par la Sardaigne jusqu'en Afrique (voir
le litillelhh page 236).
(M8)
M. de la Roquette offre, de la part de M. Paul Chi^ix,
la suite de la Bibliothèque niiiverselle de Genève.
La Commission centrale admet comme meipbnM
les trois candidats proposés dans la dernière séance :
MM. Brun, Rkh ibd et de Tourbil.
M. Théroulde est présenté par MM. Garnijsr et Jo-
mard pour faire partie de la Société.
On passe à la nomination d'un membre adjoint de
la Commission centrale, en remplacement de M. Mi-
chelot; M. Alfred Demersny est nommé.
M. le président demande qu'on fixe le jour de la
deuxième Assemblée générale de 186A; le 15 décembre
est choisi pour cette séance.
M. le président prie les membres qui auraient des
lectures à faire ce jour-là de vouloir bien les commu^
niquer au bureau à la séance prochaine. Il invite la
commission spéciale nommée pour l'examen des reliefs
topograpbiqucs de M. Bardin à faire son rapport; il
prie, enfin, MM. les membres qui auraient à prqpo^er
des sujets de prix pour les grands travaux géographi-
ques, de vouloir bien les communiquer à la Com-
mission centrale.
Plusieurs ouvrages nouvellement offerts à la Société
»ont remis à divers rapporteurs, pour qu'ils en rendent
compte : la relation sur le Rio Colorado» par M. Sit-
greaves , est confiée à M. Morel-Fatio ; la relatÎQn sur
le Texas, par M. Bartlett, à M. Albert-Montémont; la
relation sur le Red-River de la Louisiane, par M. Marcy,
à M. Alfred Mau^y; la relation sur l'Amazone, par
M. Herndpn, à M. Isambert; la notice sur M. Julei^ de
Blosseville, à M. d'Avezac.
M. Carmoly met sous les yeux de Tasserabjée une
( M»)
ancienne édition des Voyages de Benjamin dejudèlet
el il donne quelques détails sur le travail qu'il prépare
à ce sujet pour les mémoires de la Société.
M. Gortamberl offre à la Société la carte du Par^v.
guay qu'il vient de Faire d'après les documents que lai
a fournis M, le brigadier général D? Soiano Lope%« fils
du président du Paraguayé
Séance du 17 novembre 186 A.
PRÉSIDENCE DE 11. JOIIARD.
Le procès^ verbal de la dernière séance est lu et
adopté.
M. Lourmand écrit à M. le président pour le prier
d'annoticer éla Société l'ouverture de la 23* année de
son cours normal général.
M. Francis Gallon accuse réception de la lettre par
laquelle le président et le secrétaire de la Société lui
annoncent la médaille qui lui a été conférée pour ses
découvertes dans l'Afrique méridionale.
M. le ministre des affaires étrangères adresse une
lettre de recommandation que M. le président de la
Commission centrale lui avait demandée» au nom de
la Société» en faveur de M. Henri de Saussure, auprJt#
des agents diplomatiques et consulaires de France
dans l'Amérique du nord, et au Mexique en particulier*
M. le ministre de l'instruction publique, président
de la Société de géographie, adresse plusieurs cartes
dressées par S. A. R. le prinee héréditaire de Suède,
le duc de Scanie, et offertes par S. A. R. à la Société
( 3-20 )
tle géi)grapbîe ; M. GefTroy, [ji'ot'i^sseui- à 1» Tacultè des
Ictlres de Boidnaux, qui a litii cliargé d'apporter ces
caries en France, a exprimé à M. le ministre la pensée
que la Société remercierail ilignemfinl le prince héré-
dtlaiie de cet hommage qui tuî esl adressé, en décer-
nant à S. A. R. un diplôme de membre lilulaire. Ce
\œu, auquel s'associe avec empressement M. le mi-
nistre, excite loules les sympathies île l'assemblée.
M. Jomaid présente à la Société M. Gliddon, ancien
consul des Ëlals-Unis au Caire , auteur de plusieurs
bavantes produclions et qui offre son nouvel ouvrage
intitulé Types nf Mankind, M. Alfred Matiry est priA'
faire un rapport sur ce travail.
M, Jomard offre la première livraison de ses M
inents de la géographie, exemplaire colorié ; l'ouvrage
aura sept livraisons. Le même dépose sur le bureau,
de la purt (le M. Squier. l'ouvrage intitulé Honduras
Interoceaiiic Rnihyay, dont M. GlîdJon était porteui'.
M. Jomurd offre à la Société, de la part do M. Mah-
moud, jeune astronome égyptien, élève de la mission
égyptienne en France et directeur de l'observaloirn du
Caire, les Obsetvatioits et Recherches sur l'inlensild.,
l'iiiclinainon magnétiques; l'auteur vient de visiter'
observatoires de Bruxelles, Berlin, Altona et autresi
M. Vivien de Saint-Martin écrit au président di
CoiumissioD centrale, pour j)roposer à la Société la
fusion du Bulletin avec un nouveau journal (géogra-
phique qu'il va pulilier. One Commission choisie dans
chaque section et composée de MM. Garnier, Maury
et Noël des Vergers, se réunira au bureau (:
cuper de cette question.
M. Beuujouaii demande la parule pour déclurf
vragei
"-âge
iras
ah-
lion
! du
s la )
i
l 3-21 )
in oppoailiiJii au conten i lic ClIIb lelli'e, que les
.■Innnies des l'oyagex ne cesseront pas de jiai-allre.
M. THânacLDE, jtrésenlé par MM. Gai'nier etJDmanl,
esl Eidmis mciuliro de la Société,
On communique \a liste des ouvra^^es offerts.
M, de In Roquette entretient de nouveau l'assemblée
du voyage scicn(i(ique que va entreprendre au Mexique
M. Ueni'î de Saussure, présent à la séance, et il invite
les membres qui auraient quelques questions à faire
sur la géographie du Mexique, i\ les remettre h riiono-
ralde voyageur.
M. le vicomte de Santarem jtréscnlo, do la part du
géographe anglais, M. Desborougli-Couley, une cartn
d'Afrique qui donne tout res[Kice depuis l'Equateur
jusqu'au sud du tropique du Capricorne, et qui montre
les roules suivies à travers le cunlincrit, par le lai^
Nyassi.ie Moénomoéxi, IcMuropuè.leCazembe. Il com-
munique des notes rédigées par le même géographe
£ur la publication faite dans le Diario do Governo de
Lisbonne, du 28 juillet 1852, au sujet d'une caravane
qui a traversé l'Afrique de Zaïizlbar a» Benguela.
Le même membre fait liommage à la Société, de la
part de M. James Forrester, de l'ouvrage intitulé the
OiU-eiin Piice, Essay on Porlagal, accompagné d'une
grande carie du territoire qui produit le vin ditde Porto.
M. le vicomte de Santarem présente ensuite à la
Société les sis caries en fac-similé du célèbre Portulan
de Visconti de Gènes , dressé en 1318, conservé à
Venise dans la Bibliothèque du musée Correr, et l'un
des nionumeiils géographiques qui font aujourd'hui
partie de l'atlas de M. de Santarem.
M. Jomard rappelle qu'il a fait graver dans sa col-
lection un autre atlas de Peirus Vesconle , en neuf
(S22)
caries, d'après i'ori^inal île la Bibliothèque iropériaU
de Vienne, dalé de l'an 1318 ^galcmenl.
M. Coriambcrl itonne lecture de deux commuuic**
lions oJrËssées par M. Dciiiersay : l'uno est une notice
siirla [louvelle provincu bn^silieiiiic du Purniia: l'autre
comprend dos inilructions sur la géograpliie du Para-
guay, destinées à M. le (général Lnpei; M. Uemersay^
en adressant ces comiaunicalions au président et an
secrétaire de la Cuuinnissiun centrale, les a chargea
d'expiiiner à celte Coiuiuissîun sa rcconnaisscioco du
litre de membre adjoint qu'elle lui a décerné dans la
dernière séance.
Le secrëlaire général lit des documents fournis par
M. Desborougli-Gooley , géographe anglais , ot qtie
M, de Sanlareni vient de communiquer, sur in route
suivie par des voyageui s entre Zanzibar et le Jienguela.
M. de la Roquette rappelle qu'il a déjà publié dans
le Bitllelin sur ce sujet un travail qui lui avait été
adressé par M. le docteur Norton Slian.
M. Malle-Brun cumiimnique un tableau statistique
I des colonies françaises.
^i. de la hoquette annonce que M. Valticr de Bour-
»il!e, membre de la Société, vient de mourir a Cons-
tantinopie; la Société se montre très sensible A celle
perle d'un membre qui lui a adressé d'utiles commu-
nïcationg, qui s'est distingué pur d'importantes re-
cherches dans )a Cyrénai(|ue, d'oiï il a rapporté une
préciense collection archéologiqui-.
M. Garnier, nu nom de la section de complabîlilé.
consultée sur l'échange du Bulletin contre la Gazette
de Cosla-Rica , déclare t^ue celle section apjirouve l'é-
change. La Commission centrulu ratifie celte décision.
J
( 32S )
OUVRAGES OFFERTS
DANS LBS SftANCBS DBS â ET 17 NOVEMBRE 1854.
EUROPE.
Titres des ouvrages. Donateurs.
The OlÎTeira price, Essay on Portugal, by James Forrester, i vol.
in-8°. avec une carte. Lohdon, i853. M. J. Fôhrestèr.
Karià 6îver Sveriges juridiska indelning. Ar i845, en 3 feuilles réu-
nies. — Rartâ ôfver Sveriçes Jernwerk. Ar 1846, en 3 feuilles
reiitiieé. — 3* exemplaire de la même carte (sans titre).
S. A. R. le duc de Scakie.
AFRIQUE.
Map of Africa, frdm the Bqaatoi' to thë soufhern tropic. Sho\ving
the routes to ldkreI9yas8l^Mo'6homdezt,theMuropue, tlieCâzémbe,
and acrosâ thé continent. With the dîscoveries of the missionna-
ries inEasteriii Afrîca. i feuille. i853. M.W. Desborocgh-CoOley.
AMÉRIQUE.
Honduras tntereeeabiè Raiiway. Preliminary Report. Broch. in-8^.,
avec cartes. Newi-York, 1854. M. E.-6. Sqoibr.
Carta côrograficà del Paraguay segun las Noticiaà eomunicadas por
S. Exe. D. Francisco Solano Lopez, enviado extr. y ministro pie-
nipotenciario de la republica del Paraguay, i feuille. 1 854-
M. CoRTAMBERT.
OUVRAGES GÉNÉRAUX.
Les Monuments de la géographie , ou Recueil d'anciennes cartes
européennes et orientales accompagnées de sphères terrestres et
célestes, de mappemondes et tables cosmographiques, d'astro-
labes et autres instruments d'observation, depuis les temps les
plus reculés jusqu'à l'époque d'Ortelius et de Gérard Mercalor,
publiés en fac simile de la grandeur des originaux, par M. Jomard,
membre de l'Institut de France, conservateur de la collection géo-
graphique à la Bibliothèque impériale, etc., etc. 1" partie. l vol.
format grand atlantique, 1'* livraison. M. Jomard.
( 3-2A )
Titres des ouvrages. Donateurs.
Types of Mankind: or, Kihnolu^^ical rcsearcbes, based upon ibe
anrirnt monuments, paîntaings, sculptures, and crania uf races,
and upon their natnral, geo^^rapbical, philoloçical and biblical
bistory; illuslrated by sélections from tbe inedited papers of
Samuel George Morton, and by additional contributions from
prof. L. Agassiz, W. Ui^her, and prof. Pattersou. By J.-C. Nott,
M. D., and G -R. Gliddon. Sixtb édition, i vol. in-8% avec libres.
Pbiladelpbie, 1854* M. G.-R. Gliddok.
Observations et recbercbes sur Tintensitë magnétique et sur ses
variations pendant une période de a5 ans, de 1829 à i854) par
M. Mabmoud, astronome égyptien, directeur de ^observatoire du
Caire, etc. Brocb. in-8'*. Bruxelles, i854< M. Mahmoud.
MÉMOIRES, KliCUEILS ET JOURNAUX PÉRIODIQUES.
Abhandlungen der kôniglicben Akademie der Wissenscbaften zu
Berlin, aus dem Jahre i853. i vol. in-4°. Berlin, i85{. — Mo-
natsbericbt, etc. Août i853 à juillet i854* I3 cab. in-S".
A CAD. DBS se. DE BerLIK.
Annales du commerce extérieur. N*** 776 à 778.
Ministère du coMaiEncB.
Bulletin de la Société géologique de France. Juin. — Nouvelles An-
nales des voyages. Septembre. — Annales de la propagation de
la foi. Novembre. — Journal des niissious évangéliques. 10' cab.
— Bulletin mensuel de la Société zoologiquc d'acclimatation.
Octobre. — L*Athenaeum français. N* 43. Les Éditeurs.
(La bibliographie géographique au prochain numéro.)
1
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BULLETIN
DH LA
SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE.
DÉCEMBRE 1854.
lléiuolres,
[Votlceii, Dociiinento orlgpInaanL, etc.
ASSEMBLER GÉNÉRALE DU 15 DÉCEMBRE 1854.
PnfesiDJîNCK DK M. GUIGMAUT,
Virc-piésiJent de la Sociot»!.
DISCOURS DE iM. GUIGNIAUT.
Messieurs,
C'est a M. le ministre de Tinstruction publique, pré-
sident de la Société de géographie pour l'année 1854,»
qiTil appartenait d'inaugurer cette seconde assemblée
générale, et d'ouvrir celte séance avec l'autorité que
vous avez voulu imprimer à vos réunions annuelles.
Plus d'une raison me fail regretter que des devoirs
d'un ordre supérieur n'aient pas permis à M. le mi-
nistre de remplir aujourd'hui la mission qu'il avait
spontanément acceptée ; mais ce qui double mes re-
grets, c'est que j'eusse aimé, comme vous, à entendre
parler de notre science celui qui en connaît si bien
tout le prix , celui qui, le premier, lui a assigné, dans
renseignement réformé de nos lycées, une place in-
dépendante, une place digne d'elle et du rôle impor-
tant qu'elle es! appelée à jouor dans la société de-nos
VU!. d/'Ci:mbi\i:. 1. 22
( 326 )
jours. Jamais, en effet, riiomiiie ne fut si foiiemenl
en possession de la nature et de ses forces; jamais il
n'eut tant de moyens de mesurer la Terre, de la par-
courir, de la décrire , de meKre en communication
rapide, instantanée, les régions les plus distantes du
globe, de rattacher les peuples les uns aux autres par
le commerce, par rechange des produits, et, ce qui
vaut mieux encore, par la circulation de la pensée,
prompte comme l'éclair, par le lien doublement élec-
trique de toutes les idées utiles, sympathiques, géné-
reuses. Jamais, par cela même, Thomme n'eut tant
d'intérêt à bien connaître sa demeure, à s'en faire une
image fidèle et complète, à la concentrer pour ainsi
dire tout entière, par avance, sous le regard de son
esprit, en attendant l'heure éloignée encore où il lui
sera donné, dans le progrès de la civilisation et des
lumières, de dissiper les dernières ombres qui en
obscurcissent le tableau, d'abattre les dernières bar-
rières qu'opposent à la diffusion des connaissances
géographiques l'ignorance et la barbarie.
En effet. Messieurs, s'il a été fait beaucoup, depuis
trois ou quatre siècles, depuis les navigations des Por-
tugais et depuis Colomb, pour découvrir les terres
lointaines, pour explorer les mers et reconnaître les
côtes des deux hémisphères ; si, dans la seconde moitié
du dernier siècle surtout, et dans la première moitié
de celui-ci, les voyages dans l'intérieur des continents
se sont multipliés, toujours plus hardis et plus fruc-
tueux, tandis que l'amour de la science et celui de la
gloire poussent à l'envi vers les glaces des deux pôles
une succession d'héroïques marins, qui nous en révè-
lent jieu à peu les austères et quelquefois terribles
( 327 )
secrets, voua savez qu'il ne reste guère moins à faire
pour obtenir la connaissance réelle, positive et scien-
tifique de vastes pays et de peuples nombreux. C'est là
proprement la tâcbe de notre siècle; c'est le but auquel
vous conspirez noblement, vous, Taînée des Sociétés
de géographie de l'Europe et du monde, avec les sœurs
que vous avez partout suscitées ; c'est ce que va bientôt
vous exposer, avec un détail qui ne m'est point permis,
notre zélé secrétaire, en remettant sous vos yeux la
suite de vos travaux, et tout le progrès des sciences
géographiques durant le cours de cette dernière année.
Il vous montrera cette redoutable terre d'Afrique, qui
n'a pas cessé de faire d'illustres victimes, s'ouvrant
pourtant, dans toutes les directions, jusqu'à ses plus
mystérieuses profondeurs, et sur le point, du moins
il le semble, d'êlre, pour ainsi dire, pénétrée de part
en part. Il vous dira que, dans l'Asie centrale, dans
l'intérieur de l'Amérique du Sud, les exemples féconds
de celui que j'aime à nommer ici l'un de nos génie$
tulélaires, d'Alexandre de Humboldt, n'ont pas cessé
de porter leurs fruits ; que toutes les causes réunies,
que les mobiles les plus divers, l'amour de l'or et
l'amour de la science, la propagande industrielle et
le prosélytisme religieux, sans parler de l'esprit de
conquête, concourent à éclairer en même temps qu'à
peupler les plateaux déserts de l'Amérique du Nord
et les solitudes inhospitalières de l'Australie, à faire
entrer dans le cercle sans cesse agrandi du commerce
de l'Europe, à réveiller, au contact de sa civilisation
toujours jeune, les vieilles civilisations si longtemps
endormies de l'Asie orientale, de la Chine et du Japon.
Il vous fera voir» bien plus près de nous, aux confins
( 828 )
mùines de l'Europe cl de l'Asie, une terre qui fui le
borc(»au de nos arls, de nos sciences, qui brilla jadis
(!e tout l'éclat du génie, et que la barbarie, fdle de la
conquête, avait ressaisi au point de la plonger dans
une obscurité plus profonde que celle qui couvre bien
des terres réputées sauvages et cependant mieux con-
nues. Grûce à Tirrésisliblo alliance de la France et de
TAnglelerre, armées pour la cause du droit européen,
la guerre elle-même, une guerre nécessaire et sainte
entre toutes, comptera, n'en douions pas. Messieurs,
parmi ses résultats les plus précieux, la complète ré-
vélation géograpbique de ces belles et fertiles pro-
vinces de la Turquie, qui furent TÉjiire et la Macédoine,
la ïhrace, la Mœsie, l'Asie Mineure, Cbypre, Candie,
qu'une même fortune, longtemps attendue, rendra
bientôt à la civilisation et à la science, sous les aus-
pices d'une gloire d'autant plus pure qu'elle n'aura
eu d'autre principe que l'amour de la justice, d'autre
but que le bien de l'bumanité.
LETTRE
DR M. LE MINISTnE DE l'iNSTRUGTION PUBLIQUB ,
PRESIDENT DE hk SOCIÉTÉ,
A M. JOMARD, PRÉSIDENT DE LA GOUMISSION CENTRALE.
Paris, le ii décembre i85/(.
' Monsieur,
Les travaux de la session actuelle au Conseil impérial
de l'instruction publique ne me permettront pas de
présider, ainsi que je l'aurais désiré, l'assemblée gé-
( 329 )
nérale de la Société de géographie. Jo vous prie de
vouloir bien Ironsmetlrc à nos honorables conlVcres
l'expression de tout mon regret.
J'aurais fort à cœur de seconder, comme membre
de la Société, les utiles travaux auxquels elle se livre,
et d'encourager, comme ministre, les explorations
qu'elle provoque dans l'intérêt de la science, et dont
elle récompense les résultats. Parmi les explorations
de ce genre, qui pourraient être profitables à la géo-
graphie, notamment à la géographie de l'Afrique, il
en est plusieurs qui paraissent devoir appeler en ce
moment l'attention des voyageurs , et qui seraient
dignes de leurs efforts et de leur courage. Elles au-
raient pour objet :
lo De so rendre de la colonie du Sénégal en Algérie,
en passant par Tombouctou, et réciproquement.
2o D'aller du lac Tsad à l'embouchure de la Tchadda
dans le Kouara, en passant par Yola et Yacoba.
3° De se rendre du lac Tsad à Bélénia, vers le
4" degré de latitude nord, sur le fleuve Blanc.
A© D'aller de Mombas, sur la mer des Indes, jusqu'à
Bélénia, en passant près du mont Kénia, couvert de
neiges perpétuelles.
Si la Société jugeait convenable de proposer un prix
pour la réalisation d'un de ces voyages, je réserverais
volontiers sur les fonds du ministère de l'instruction
publique une somme de 2 000 francs pour être ajoutée
à ce prix. Celte allocation serait indépendante de celle
qui est accordée annuellement par mon département
à la Société pour l'aider dans les frais de ses publi-
cations, et donlvous pouvez dès aujourd'hui lui assurer
la continuation pour Tannée 1856.
( 330 )
Agréez, Monsieur, Tassurancc de ma considération
la plus distinguée.
Le Ministre de rinstruction publique et des cultes.
H. FORTOUL.
PRIX OFFERT
PAR LA SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE.
(La note suivante, dont M. Jomard a donné lecture
dans la séance générale du 15 décembre, avait élé
omise dans la liste des prix offerts par la Société, lors
de Tinserlion de celle liste dans le Bulletin^ numéro
de mai 1854.)
La Société de géographie rappelle qu'elle a offert
un prix de 99 piastres fortes (620 francs) pour le voya-
geur qui aura navigué sur le Nil pendant l'espace de
120milles géographiques, comptés dans le lit du fleuve
et en amont du parallèle de 4* 10' de latitude nord.
A défaut de navigation, le j rix serait également donné
au voyageur qui aura reconnu le fleuve dans le même
espace, en cheminant sur Tune ou Taulre de ses rives.
Pour obtenir ce prix, il faut donner une relation, au
moins succincte, du voyage : il faudra aussi en établir
l'étendue par des observations astronomiques qui
seront publiées dans le Bulletin do la Société.
Pour l'édification des voyageurs zélés, accoutumés
aux observations astronomiques, et qui seraient em-
barrassés de faire un choix parmi les méthodes, on
croit bien de rappeler ici qu'ils doivent se munir d'un
chronomètre de poche, d'un horizon artificiel à mer-
(331)
cure muni de son toit et d'un sextant, dont on déter-
min(?ra Terreur de collimalion avant et après chaque
série d'observations. Le voyageur encadrera son ob-
servation de latitude ou de longitude entre deux séries
de 3 à 10 angles horaires simples, ou d'autant de
hauteurs correspondantes du soleil. Dans ces séries
il est bon d'observer alternativement les deux bords
de cet astre. On observera la latitude par les doubles
hau(eurs d'une étoile brillante, à moins qu'on n'ait
le cercle prismatique de Pistor de Berlin, aumoyen
duquel on pourrait observer le soleil même à la grande
hauteur à laquelle il culmine dans ces latitudes.
Pour obtenir la longitude, il est préférable d'obser-
ver une occultation d'étoile par la lune, ce qui four-
nirait cette coordonnée, a 2' ou 3' en arc près. Mais, à
défaut de la lunette nécessaire pour ce genre d'obser-
vation, on observera, on déterminera la longitude par
une méthode très simple, bien qu'elle ait été peu
employée jusqu'ici. Cette méthode, préférable sur
terre aux distances lunaires, et qui donne la longi-
tude à 5' ou 6' en arc près, consiste à observer la hau-
teur d'un des bords de la lune quand elle est près du
premier vertical. En d'autres termes, c'est une obser-
vation d'angles horaires de la lune faile absolument
de la même manière que les angles horaires observés
au soleil. Seulement, il faut qu'en outre la latitude ait
été bien déterminée dans le même lieu, à moins qu'on
ne profite d'un jour où il serait possible d'observer
des hauteurs correspondantes de la lune aux deux
côtés du méridien. Les dislances lunaires ne seraient
admises au concours pour le prix que s'il y en avait
une série de 8 à 10 au moins: ces distances peuvent
( 332 )
servir à clélurminer lu longitude à 10' près dans le cas
où Ton n'aurait pus d'observation de latitude. Il Faudra
d'ailleurs désigner et n>ème décrire soigneusement le
lieu de l'observation, afin qu'on puisse l'identifier plus
tard par des relèvements de montagnes, collines,
rocbcrs ou autres objets permanents.
Une médaille d'argent de 100 francs sera décernée
à l'auteur d'une mesure des débits comparatifs du
fleuve Blanc et du fleuve Bleu à Khartoum^ une autre
de même valeur pour les débits comparés du Saubat
et du Keîlak près de leurs embouchures, et une troi-
sième, enfin^ pour les débits du fleuve ordinairement
suivi en amont du lac Nu , en le comparant au débit
de l'afQucnt qui lui est à peu près parallèle du côté
de l'est.
La condition indispensable pour chacun de ces prix
de 100 francs est de fournir tous les détails des me-
sures, savoir, les diverses profondeurs mesurées dans
la largeur du courant, la dislance de chacun de ces
sondages, la manière dont la vitesse de chaque cours
d'eau aura été mesurée à la surface, la longueur de la
base employée pour vérifier la largeur du courant, la
date précise de chaque mesure, les formes et les sail-
lies des deux rives au-dessus de la surface des eaux,
l'aspect et la nature des bords, enfin, tous les détails
de l'opération, afin qu'on puisse se rendre compte du
degré de confiance qu'elle mérite.
Les fonds et les indications pour ces quatre prix
ont été faits par M. Antoine d'Abbadie, membre de la
Commission centrale de la Société de géographie.
( 333 )
NOTICE
DES TRAVAUX U£ LA SOCIÉTÉ DE GÉOGRAPHIE
KT 0£S
PROGRÈS DES SCIENCES GÉOGRAPHIQUES
PENDANT L*ANNéS 1854.
PAR M. CORTAMBERT,
Secrétaire géoéral de la Société.
Messieurs,
J'ai à retracer devant vous l'histoire de la géogra-
phie pendant l'année qui vient de s'écouler. Une
année I c'est beaucoup dans ce siècle d'activité presque
fébrile, dans un temps où l'homme, excité par le noble
désir de connaître sa demeure tout entière, ou de
fournir des productions nouvelles aux besoins toujours
croissants de la civilisation, s'agite en tous sens pour
parcourir ce globe, l'étudier, le mesurer, et en prendre
une complète possession. C'est à notre époque sur-
tout que peuvent s'appliquer, mais dans un sens favo-
rable, les paroles du poète :
Audax omnia perpeti
Gens hamana
Nil mortalibus arduum est.
Une plume habile pourrait faire de l'année géogra-
phique une peinture animée et attrayante; il y aurait
de la grandeur et de la poésie à mettre sous vos yeux
celle intelligence humaine s'avançant hardiment par-
tout, conquérant sans cesse de nouveaux domaines,
inventant chaque jour de puissants moyens de com^
( SS4 )
municalion, de transport, d'échange. On décrirait avec
de vives couleurs ces régions nouvellementdécouvertes,
ces vénérables ruines dévoilées sur tant de points à
nos regards, ces mœurs curieuses étudiées par les
voyageurs philosophes, et tant de dangers affrontés,
tant de courage, tant de patience, tant de dévouement
inspiré par l'amour de la science ou par la charité
chrétienne! Mais celte plume habile, je ne l'ai pas;
et, l'eussé-je, le temps me manquerait pour donner à
mon résumé la couleur délicate qui en ferait un
agréable tableau; car (et c'est encore là un des carac-
tères principaux de notre temps) celui qui veut, se
tenir au courant de la marche des sciences, entraînées
aujourd'hui dans des progrès si vastes et si prompts,
est absorbé par des faits tellement nombreux, qu'il lui
est difficile de conserver les loisirs suffisants à l'élé-
gance du langage, à la grâce de l'expression.
Pardonnez-moi donc, Messieurs, si mon esquisse
historique de l'année se ressent un peu du mouve-
ment rapide de notre âge, et si , par sa forme, elle
n'est pas digne de la grandeur et de la beauté des tra-
vaux accomplis.
Mon premier devoir, en entrant en matière, est de
rendre un triste hommage aux membres trop nom-
breux que nous avons perdus depuis la séance du
23 décembre 1853.
M. l'amiral Roussin en ouvre la liste funèbre. Ce
grand navigateur, né h Dijon en 1781, débuta dans la
carrière nïilitaire pendant les guerres de la Républi-
que, fil partie, comme simple officier, de 1803 à 1810,
de la petite division navale dont l'Ile de France était
le centre d'opération, et y prit une part distinguée ; il
( 3S5 )
revint dans la mère patrie en 1811. Napoléon lui
confia le commandement de la frégate la Gloire^ qui
devait croiser avec tant de difficulté et d'honneur dans
l'Atlantique pendant Thiver de 1812 à 1813. Il fut
chargé en 1816 de la reconnaissance des côtes occi-
dentales de l'Afrique ; quelques années après, il alla
faire l'hydrographie des côtes du Brésil, dont il publia,
en 1826, un atlas complet; l'Académie des sciences
l'admit en 1880, le Bureau des longitudes en 1832, et
il fut président de notre Société en 1843 et 1844. A
son savoir s'alliaient d'éminents talents diplomatiques,
et il y joignait des sentiments aussi nobles que fermes
et droits.
M. Beautemps-Beaupré a suivi de bien près dans la
tombe son illustre collègue. Je n'essaierai pas de dé-
crire les services immenses que ce grand hydrographe
a rendus à la science, à la pairie, à l'humanité. Entré
de bonne heure dans la carrière, sous les auspices du
célèbre géographe Nicolas Buache, son parent, il fut
employé, presque à son début, par M. de Fleurieu,
dont les enseignements lumineux ne purent qu'avoir
une heureuse influence sur sa remarquable inlelli-
gence, et sous la direction de qui il dressa les cartes
du Neptune de la Baltique; à vingt-cinq ans, il accom*
pagnait, comme ingénieur hydrographe, l'expédition
de d'Entrecasteanx envoyée à la recherche de la
Pérouse, et il fut d'une admirable utilité à la navigation
difficile de cette expédition. Revenu en France en 1796,
il fut attaché au Dépôt des cartes et plans de la marine;
plus tard. Napoléon lui confia l'exploration du cours
de l'Escaut, celle des côtes de l'Illyrie et de la Daliiia-
tie, celle des embouchures dq Weser, de l'Ems et dé
( 336 )
l'Elbe, Après la rosluuratioii , il entreprit le grand
travail de la reconnaissance hydrographique des côtes
de France, depuis Dunkerque jusqu'à Bayonne, et il
s'y livra pendant vingt-deux ans avec une ardeur in-
fatigable : il a fait ainsi le Noiweau Pilote français ^
admirable collection de cartes générales et particu-
lières, qui permettent de voyager avec sécurité sur
toute l'étendue de nos côtes de l'Océan. Nommé
membre de l'Académie des sciences en 1810, et plus
tard du Bureau des longitudes, premier ingénieur-hy-
drographe en chef de la marine, membre de la Com-
mission des phares, il fut un des plus actifs fondateurs
de notre Société, en 1821. Entouré des justes hom-
n)ages et de l'estime profonde que méritaient ses
éminents travaux, il eut le rare honneur de voir son
hustc de marhre placé , en 1852 , par les ordres du
chef de l'État, dans la grande galerie du Dépôt des
cartes et plans de la marine; il s'est éteint dans sa
quatre-vingt-huitième année, laissant, avec sa renom-
mée scientifique, le souvenir d'une âme bienveillante
et dévouée. C'est la Champagne qui se glorifie d'avoir
produit cet éminent géographe : il est né à Neuville-
au-Pont, près de Sainte-Menehouid.
M. Rochet d'Héricourt, enfant de la Franche-Comté,
n'a pas, comme Beautemps-Beaupré, atteint le terme
d'une longue carrière : il a été moissonné dans la
vigueur de Tâge, après plusieurs voyages aussi fruc-
tueux que pénibles, qui ont été sans doute la. princi-
pale cause de sa lin prématurée. Il est né à Héricourt
(Haute-Saône) en 1801 ; élevé au collège de Montbé-
liard, il montra, dès sa plus tendre jeunesse, un carac-
tère hardi et entreprenant, et un goût particulier pour
( 337 )
la lecture des voyages. Des revers subits de fortune
ayant anéanti les ressources de sa famille, qui avait
joui jusqu'alors d'une brillante aisance, Rochet se
voua courageusement à Télat de tanneur, et soutint
de son travail sa mère et ses sœurs ; il fit faire des
progrès remarquables à la maroquinerie, trouva le
moyen d'y appliquer une couleur rouge excellente,
se rendit à Tunis, pour exploiter sa découverte, et en
vendit le secret pour 12 000 francs. Ce fut alors qu'en-
traîné par son amour pour les. voyages, il partit pour
rÉgypte. Là, le pacha, charmé de ses connaissances*
et de la sagacité de son esprit, le nomma directeur
d'une fabrique d'indigo à Mansourah. Après sept an
nées de séjour dans ce pays, il entreprit en 1839 sa
première excursion en Abyssinie : il accomplit ce
voyage à travers mille difficultés, et soutenu par ses
seules ressources. Revenu en France, il reprit la roule
de l'Orient en 1842, et exécuta un second voyage* en
Abyssinie, mais cette fois avec l'encouragement de
l'Académie des sciences et de la Société de géographie,
et muni d'instruments, d'instructions, enfin de tous
les moyens propres à faire avancer la science. Il en
rapportait en 1845 les plus intéressants renseigne-
ments sur les pays des Adels et de Choa ; vous en avez
entendu, en grande partie, l'exposé dans vos séances,
Messieurs, et vous les avez honorés d'un de vos prix
de 1847. Il importait dans sa patrie plusieurs médica-
ments précieux, entre autres le cousso , ce célèbre
vermifuge pour l'introduction duquel vous lui avez
décerné une médaille d'argent. Il est, depuis, allé
encore en Orient, avec le titre de consul de France
( 338 )
en Abyssinie, et il se trouvait à Djeddah» quand il a
terminé ses jours, il y a peu de mois.
Presque en même temps, mourail à Gallipoli le gé-
néral Carhuccia , enlevé aussi dans la fleur de l'âge»
victime de la cruelle épidémie (|ui vient d'étendre ses
ravages sur le monde presque toul enlier. Né àBastia
en 1808, il entra à l'école de Saint-Gyr, fit partie,
comme sous-li(^utenant, de l'expédition d'Alger en
1830, prit part à presque toutes nos eipéditions du
nord de l'Afrique jusqu'en 1851, et s'y distingua bril-
lamment. Nommé colonel du 2« régiment de la légion
étrangère, il avait été investi, en 1848, du commande-
ment supérieur de la subdivision de Bathna. C'est là
que, mettant h profit son instruction et sa sagacité peu
communes, il consacra à des recherches archéologi-
ques toul le temps que lui laissaient ses devoirs mili-
taires; il put reconstituer sur les lieux la géographie
de^ l'époque romaine d'après Y Itinéraire d'Jntonin,
retrouver sous les ruines l'antique cité de Lambessa,
découvrir des bornes miUiaires, des indications de
distances, qu'il a décrites avec une merveilleuse pré-
cision. Il savait aussi relever l'aridité de la science par
une manière pittoresque, vive et originale de dire les
choses: vous vous souvenez, Messieurs, de l'avoir en-
tendu ici même, il y a trois ans, expliquer sur sa carte
de la subdivision de Bathna, les découvertes qu'il ve-
nait de (aire, et vous savez quelle impression pleine
d'intérêt et même de gaieté il fit sur l'auditoire. Les
soldats eux-mêmes qu'il employait à ses savantes re-
cherches, les suivaient avec Mn certain attrait, et il en
faisait presque des archéologues. L'Académie des
( S89 )
inscriptions lui avait accordé le titre de membre cor^
rospondant, €t vous vous étiez empressés de l'admettre
dans vos rangs. Gréé général de l)rigade en 1852,
GarbuGcia devint chef d*état-major général du camp
(lu Midi en mai iSbà; le 11 juin, il reçut le comman-
dement de la brigade de la légion étrangère dans
l'armée d'Orient, et le 17 juillet il n'était plus !
M. Vattier de Bourville vient aussi de succomber
dans ce même Orient qui nous a ravi Garbuccia et
Rochet d'Héricourt, et qui, en ce moment encore, voit
tomber glorieusement des milliers de nos braves en-
fants. Il naquit à Kbio en 1812, devint jeune de langues
et élève drogman, fut nommé drogman chancelier à
Salonique^ puis à Tripoli et à Bagdad, et il était en
dernier lieu second-troisième drogman à Gonstanti-
nople» où il est mort en novembre. Get estimable
membre de notre Société nous a adressé souvent
d'utiles communications , particulièrement sur la
Gyrénaîque.
Nous avons enfin à déplorer le vide cruel qu'a laiâsé
dans nos rangs M. Auguste Michelot, un des membres
adjoints de laGommission centrale. Il serait long de
dire tous les services qu'a rendus à rinstruclion pu-
blique, à l'administration, à la philanthropie, notre
estimable confrère. Né à Strasbourg en 1792 , élève
de l'École polytechnique en 1810, plus lard otHcierdu
génie» il prit part aux campagnes de 1813, 1814 et
1815; il fonda une institution en 1823. Son cœur bien-
veillant, son esprit éclairé» l'appelèrent à être long-
temps l'âme de plusieurs Sociétés vouées à la protec-
tion de l'enfance et des classes pauvres; vous l'aviez
choisi, Messieurs, pour le secrélaire de vos séances
( 340 )
gén<5rales de celte année, et il aurait dû aujourd'hui
siéger à côté de nous à ce bureau ou vous voyez sa
place vide, 11 a public, soit seul, soit en collaboration
avec M. Meissas et quelques autres auteurs, un grand
nombre d'ouvrages, tous fort estimés, et presque tous
destinés à l'éducation de la jeunesse, dont il compre-
nait si bien les besoins et l'esprit : je signalerai par-
ticulièrement la Géographie méthodique et le Diction-
naire de géographie ancienne et moderne. M. Michelot
a été frappé subitement du choléra en septembre der-
nier. Sa fin a élé cependant paisible, et sa figure,
sereine et douce dans la mort> rappelait celle de
M. DroK, son beau-père, ce sage et eicellent homme
avec lequel ses sentiments avaient une grande con-
formité.
Au sujet des tristes souvenirs que je viens de vous
retracer, je rappellerai, Messieurs, qu'on semble avoir
la preuve trop certaine de la mort de John Franklin
et de ses compagnons : les détails circonstanciés don-
nés par le docteur Rae , d'après une narration des
Esquimaux, laissent peu de doute surla fin malheureuse
de noire illustre et cher correspondant (1), qui reçut la
grande médaille de la Société en 1829, pour un autre
voyage aux régions arctiques. Parmi les généreuses
victimes de leurdévouementpour rechercher ses traces,
il m'est impossible de ne pas rappeler notre courageux
Bellot, dont nous avons déjà déploré la mort Tannée
dernière , mais dont la mémoire n*est pas près de
périr : on a publié cette année son journal, qui con-
tient à la fois de nombreux renseignements géogra-
(i) Voyez cependant les observalions de M. Au{». Pe(ermann,c1nns
le Bulletin de novembre, p, 3o6.
( m )
phiques, el des pages délicieuses de senlimenl, de
douce philosophie, de religion , de fines observations
morales : on y voit à nu sa belle âme, tout ce carac-
lère si magnifiquement formé, qui présentait, comme
on Ta dit quelque part, un mélange excellent de la
vivacité du Français, de l'esprit pratique de TAnglais,
et de la puissance méditative de rAllemand. On lui a
érigé à Greenwicb un monument digne de lui et de la
grande nation dans les rangs de laquelle il a sacrifié
sa vie, et la ville de Rochefort voit s'élever pour lui un
autre monument auquel noire Société a eu l'honneur
de contribuer.
TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ.
Je quitte le triste sujet de nos pertes, et je vais rem-
plir un devoir plus doux, Messieurs, en vous parlant
des travaux de la Société.
Au premier rang des belles et bonnes choses qu'on
a dites dans vos séances, vous attachez un prix parti-
culier aux discours qu'a prononcés votre ancien pré-
sident, M. l'amiral La Place, et qui étaient empreints
de tant de bienveillance pour la Société, de tant de
zèle pour la science, de si nobles sentiments pour les
victimes de leur courage scientifique et de leur huma-
nité. Les paroles éloquentes de notre président d'au-
jourd'hui laisseront à leur tour dans voire âme une
profonde impression, une vive reconnaissance, et nous
les inscrirons avec bonheur dans nos annales.
Que dirai-je aussi de notre digne el vénéré président
de la Commission centrale, M. Jomard, dgnt l'aplivilé
est incessante, dont le zèle pour noire compagnie ne
vin. Di'xKMunK. 2, 23
( Si?. )
connaît pas de bornes : il l'aime comme sa famille, il
lui consacre ses veilles les plus laborieuses, ses pen-
sées les plus chaleureuses^ et toute la vigueur d'un
esprit qui défie les années. Que de communications,
que d'analyses et de discussions ne luidoit-on pas sur
tous les sujets géographiques ! Mais c'est vers l'Afrique
surtout que l'entraînent ses prédilections : il nous fait
suivre avec le plus vif intérêt toutes les phases des
explorations dans ce mystérieux pays, dont il a tant
avancé la géographie depuis un demi-siècle. Nous lui
devons un rapport présenté sur le prix annuel pour la
découverlelaplus importante, et en conséquenceduquel
vous avez accordé des médailles à MM. Barth et Galton
pour leurs voyages en Afrique. Vous vous souvenez
aussi, Messieurs, de son rapport sur le prix d'Orléans
pour l'importation la plus utile à l'agriculture, à l'in-
dustrie ou à l'humanité. Il a enrichi votre Bulletin d'un
nombre considérable de notices , entre autres sur la
conférence de Bruxelles pour l'adoption d'un système
uniforme d'observations météorologiques; sur la ville
japonaise de Nagasaki, au sujet du plan communiqué
par M. de Montigny à son retour de Chine. Tout le
monde se rappelle les détails intéressants qu'il nous
a fournis sur les antiquités romaines découvertes ré-
cemment dans la vallée de l'Yvette, au hameau de
Lozerre, retraite paisible où notre vénéré doyen va
prendre quelques rares moments de repos, tout près
de la demeure qu'habita un autre célèbre géographe,
Nicolas Sanson. Parmi les ouvrages qu'il a ofiferts
cette année à votre bibliothèque , je citerai le magni-
fique allas des Monuments de la géographie, fruit de
tant de recherches, de patience et de savoir.
( 343 )
M. d'Avezac nous a entrelenus de la géographie
d'Ethicus, de la relation des voyages de Benjamin de
Tudèle et de l'édition de celle relation que M. Car-
moly se propose de publier dans les mémoires de la
Société; il a présenté un rapport sur le travail que
H. Edwy Norris a consacré à la langue bornou ou
kanouri» et il s'est passé peu de séances sans qu'il
nous ait éclairés de (juelque savante observation, de
quelque lumineuse discussion.
M. de la Roquette, toujours infaiigal)Ie, a donné
des notices biographiques du plus grand intérêt sur
le lieutenant Bellot, le prince Galitzin, le colonel
Poinsett; il a fourni sur les travaux de MM. Schla-
gintweit des renseignements qui viennent d'enrichir
votre journal, et il a fait, dans la plupart des séances,
les plus utiles communications.
M. Malte-Brun, qui s'est chargé avec tant de zèle de
la partie cartographique du Bulletin^ a donné, entre
autres cartes, celle de l'Afrique centrale d'après Pe-
termann, celle du cours de la rivière Sesheké, d'après
Livingston ; mais ses consciencieux travaux graphiques
no l'ont pas empêché de fournir de temps à autre
d'excellents articles, parmi lesquels je rappellerai Is^
Description et l'histoire de la Nouvelle-Calédonie, et
le Tableau statistique des colonies françaises.
La Société doit de vifs remerciments à M. Albert-*
Montémonty qui a présenté d'importantes analyses de
quelques-uns des principaux ouvrages offerts à la
Société; il a i|iis sous vos yeux tantôt la description
(lu royaume de Siam, par Mgr. Pallegoix, tantôt le
livre SMr la Bourse de Lonc^res , par M. Lefebvre-
DuraQé , une autre fois le Journal de Bellot, et Ist
( 3/1/1 )
relation de M. Kane sur rexpédition Grinnell à la
recherclie de sir John Franklin.
Les rapports 1res savants, 1res élondus, et accom-
pagnés d'une carte de la mer de Galilée, que M. Isam-
bert a consacrés aux voyages de MM. de Saulcy et
Lynch dans la Terre Sainte, ont eu un grand retentis-
sement en dehors de la Société : ils ont suscité quelques
orages, et provoqué quelques réponses vives et dévelop-
pées de la part de Tun des deux célèbres voyageurs.
Ni notre honorable collègue, ni la Société, n'ont à se
plaindre de ces nobles luttes de la critique : de leur
choc ne peut jaillir qu'une nouvelle lumière, et n(«us
ne voyons d'ailleurs, des deux côtés, dans toute cette
polémique, que des armes courtoises et de la plus
grande convenance.
M. Poulain de Bossay a fait l'examen du voyage agri-
cole et horticole en Chine de Robert Fortune, traduit
de l'anglais par M. le baron de Lagarde-Montlezun.
Nous avons appris, entre autres nouveautés, dans cette
intéressante analyse, combien nous sommes loin de
prendre du thé pur, et que les amateurs du thé vert
particulièrement sont exposés à absorber, avec l'in-
fusion de leur feuille favorite, un mélange assez con-
sidérable de bleu de Prusse, de plâtre et de kaolin.
Une notice de notre très honoré confrère, M. de
Hammer, sur la coupole d'Arin , a donné lieu à de
savantes observations de M.Sédillot, qui connaît à fond
tout ce qui concerne les Orientaux et qui vient de
publier une remarquable histoire des Arabes.
M. Morel-Fatio, qui revient du fond de la Baltique,
où il est allé partager les hasards de nos vaillantes
flottes, pour représenter sur ses belles toiles leurs
i^
( 345 )
courses hardies et leurs combats aux lies d'Aland, a
fait profiter souvent nos séances de sa connaissance
parfaite de plusieurs langues étrangères, particulière-
ment de l'anglais» et ses traductions improvisées nous
ont été. de la plus grande ulilité.
M. Alfred Maury vous a lu, sur les populations pri-
mitives du nord de THindoustan, une curieuse notice
qui éclaire d'un jour tout nouveau la difficile ethno-
graphie des pays compris entre le Gange et Tempire
Birman.
M. le comte d'Escayrac, qui vient de publier son
bel ouvrage sur le désert et le Soudan, vous envoie,
du fond de TOrient, des communications toujours bien
accueillies de tous ses collègues, qui apprécient son
excellent coup d'œil et ses bonnes observations : les
dernières sont des remarques sur la position de Tom-
bouctou et les pluies estivales de la partie nord de la
zone torride.
Remercions M. de Froberville, qui a enrichi Tun
des derniers numéros du Bulletin d'un tableau slalis-
tique de Tllo Maurice.
M. le vicomte de Santarem , en vous offrant une
carte de l'Afrique australe de la part de M. Cooley, a
discuté quelques-unes des parties les plus ardues de
la géographie de ce continent, et remis une note sur
les caravanes qui se rendent de Zanzibar au Benguela;
il a mis sous les yeux de la Société les dernières
cartes du grand allas àesjac-simile géographiques qu'il
publie avec tant de persévérance et d'habileté.
M.Garniernous montre aussi de temps en temps ses
cartes, si: consciencieusement élaborées, si soigneuse-
ment retouchées et corrigées tant qu'il y voit une
p
( 346 )
tache scientiliquc. Ce n'est pas lui qui dira comme
Verlol : Mon siège est /ait, et il applique parfaitement
à son travail les récomuiancJations de Boileau :
Polisbcz-lc sans cesse et le repoïiaêei; *
Ajoutez quelquefois et souTéfat efFabei.
Un dé nos plus nouveaux membres, et déjà l'un des
plus féconds, est M. Detnersay; qui nous a dotliié ses
intéressantes études sur les Indiens Pt^yaguas, ses con-
sidérations sur Torigine de la population du Paraguay,
et sa notice sur la houvelle province brésilienne dli
Parana.
M. Renard, qui a fait en Chine un voyage dont le
coiiinierce et Tindustrie peuvent retirer tant de fruits,
vous a adressé plUsiëiirs côtiamùnications, entre autres
sur la culture du riz en ChiUe, sur Batavia, sur les
industries chinoises et celles de Java, etc.
Mm. Bazin *^t Cadet travaillent activetiletii à leur
allas de France pout riilslrilclion des lycées, et Vous
en offrent successivement les livraisons, dodt vdiis
appréciez tout le mérite.
Parmi les membres correspondante étrangers qUi
ont le plus souvent entretenu des relatiohà avec la
Société, se présente d'abord M. Augûslus Pelehiiânii,
qui vous a adressé un si beau travail sur rAfrîcJué cèii-
trale, et qui nous envoie avec empressement toutes
les notes que son activité et sa vaste correspondiemce
recueillent de toutes parts.
M. le professeur Paul Chaix a su rajeunir par d m-
éressants aperçus la vieille question du passage des
Alpes par Annibal, dans le mémoire qu'il nous a adressé
(■'
'}
sur ce sujek t il a décrit les vallées de Beaufurl , el en
a fait une carte détaillée.
M. le docloiir Kiepert nous a envoyé aea belles
cartes de l'empit'c OUoman; M. Bâche, ses notes sur
les marées.
Dans l'une de nos dernières séances, nutre autre
correspondant, M. le général Albert de la Mormora,
nous a Fourni les plus nouveaux renseignements sur
lacoiiiniunication électrique entre La SpezziaJaCor&e,
la Sai'daigne et l'Afrique.
La Commission centrale » donné des instructions
à divers voyageurs : elle en a adressé d'abord à
M. Hecquard, pour la géographie de l'Albanie, el elle
a cru devoir y joindre des questions rédigées par
M. Viquesnel, qui a tant avancé déjà la description
physique de la Turquie d'Europe; elle en a remis en-
suite à M. deSainl'Cricq, pour le bassin de l'AmaKone;
à 1V1, Félix Cadet, pour la Corse ; à IM. Faidberhe, pour
la Sénégambie^â M. le général Lopex, pour le Paraguay;
à M. Henri de Saiissure, pour le Mexique et l'Amérique
centrale. Elle a admis dans le Diilletin une ciiculaire
de riioncirable M. Alexis l'errey, de la faculté des
. lettres de Dijon, relative à l'observation des ireuible-
uients de terre ; vous approuverez sans doute la Com-
mission centrale d'ouvrir ainsi avec bienveillance et
courtoisie votre journal à de laborieux investigateurs
qui, bien qu'étrangers à le Société, ont pour but,
comme elle, les progrès de la science.
Parmi les nombreuses lettres de personnages illustres
que vous av^z classée^i clans vos archives cette année,
je rappellerai celle par laquelle M. Fortoul, notre
digne président, vous a remerciés de lui avoir décerné
-23-
( SAS )
lu présidenoo de 185A; belle aussi où il vous a annoncé
la publication, par les soins de son ministère, d'un
Bulletin desSoeiétéê saifantes, t)ii notice compagnie ailfait
naturellement la pltilcë qui lui convient; celle enfin
par laquelle il vous a transmis les cartes de S. A. R«
le prince héréditaire de Suède. Je signaleri^i encore
là lettre tfue, pour vous l'ecommaildëf M. Kohi, auteur
d'une carte historique de TAmérique, vous a adressée
^elui ^ue notre président vient d'appeler un de nos
génies tutélaircs, M. Alexandre de Humboldt» noni si
Cher À tous les géographes, esprit si lumineux, coèur
hi excellent et toujours si plein de chaleur, malgré ses
()Uàtre-vingt-six ans.
Pout* être complet, je dois ajouter que j'ai fftit moi*
tiièteé ausbi quelques travaux t j'ai eu l'honneur d'oBfrif
à ]h âodiété deux cartes des Célébrités de la France et
là Notice qui ks accompagne ; j'ai rendu çoilopte de
la désc^rlption du Japon par M. Fraissinet, et de l'ou-
trdge de M. Mazoillier sur les chevaux arabes s j'ai
l^résétllé dans Vos séances générales le Parallèle de la
géographie et de l'histoire, et la Notice des travaux dd
là Société et des progrès de la géographie pendant les
années 1852 et 1S53$ enfin, j*ai pris un soin assidu de
ce Bulletin, votre œuvre favorite, que notre règlement
éônfio A la direction du secrétaire général.
Au sujet dé cette oeuvre^ j'en rappellerai une qui en
vaut bien une autro^ qui tnème vaut mieux que beau-
coup d'autres : c'est le don de 500 francs que notre
êSlinlhblê et généreux collègue, M. Tàlabot, a ofl^rt
p^bt l'aUléliofàtion de la partie cartographique de ttôs
piibllcatidtlS mensuelles : nous avons tâché de répondre
ft lès nobles intàntions.
m^
I TROPi
J»* ¥ai> exammr. liioirlpinon. Ip? î'>l•licrf»^ Hr Iji eét"
prapiiic aan> cnarnn- (^o^ nnt, Lranrfp> i-lnision> •"*!.
fciob*. penaan. ' anii-- m. > f»rh?v^. l.p- crn*P^ ^^ô'nr
menisqui ^ ajcniiiniissenî f'V. Onon: on. ah»iorholnn«i?^
{Tanae paru* <ie.- efim t- pP05ranhiqnp> •« 'K.n«N>r*;
parmi i*. déius* lii pr(Min,'^îion> oi; i*> on; ti>u «^rlorc.
ae distiusuen: t^1î^ nvantafroiispmenîd» i; tonU In o?>rt(
{Eénerai* at tiit^àiiv rit U'. ^in^rri tic noirr i-^oMi^opr
11. Gariuer. li Geopranln-, ri: 1^ ^non-i ■« Vk. V Wr
Brui: : Ji r-eiaiioi. «u \'î i.i»ii: 'ni?! vïiinhnn. . !f Ithv^j
uaiir ici iJit;: N-.nri . na: \i. i.or:vî»r(. ; »î. hol'r on.'!- .*
la Crimt:* . par Arr«»wsmilL. oolli> lU f^*;ni> o» dr
fiaiidlke : colit dt lu^ln Hopo: (\c If» u«nj"»rrr; ooMi^v rio
la Tiirquit,. pa: it noi'toin Kiopori. I o> hy<k»oirraplrov
irauçai> ei aii^îuif (if I (X|n*dihoii dr Ir. Kf)lti(}nr cl r\r
la me! Noire f»i»: roit*w c* \o;*ihr '0> p04'r>. ^>^ o«pnn\,
ies aiicnijîefi, qui m iroi.vjiionl n»oi"r;ioiino^ ^nr i.^« oartos
rutises. ÂiDsi. :'e criinri maliiour do la truonv pourra
tourner encoiT au profil dp ia soionof ! M. drOhal;RVp a
domoé l'itinéraire d<» Conslantinoplo à Clïoniiilo. Rni\i
par h i.éDf'raiPrim. \.c c<^n<^ral4oohm\is a piS^5<*ni^ lo»
pios iolèr. ssanLs dolaiks 5ur lo» pa^^ag^s du Aalkan ol
5ur Jefi roules quo, dan^ l<*^ l^mpi^ rt«nru^ ^ï mod<»li><^ii^
les armées en\ahis^aiHo« j \\\\\ mû\I»*^. M. Mt^u**M\i»|
Tient de publier ses \\A\^n {v\\\^tv\\^1i MU r«)h^(tlHiplt(iè
de la Turquie.
Duo autre cùlé» Ii>b IruvtutJi palj»lM^h \W TUilIlil
ont conùuut^ Imii innielii* liriltuiKo : ll^ll Istl^ilUUll
( 860 )
de la France, de la Suisse, des États sardes, de l'Aile-
niagne, ont reçu de grands accroissements ; la télégra-
phie y étend de jour en jour davantage ses menreilleux
réseaux. La géodésie de la grande carte topograpbique
de la France est terminée (1). Les ingénieurs de
l'Amirauté anglaise relèvent sans relâche les côtes des
Iles Britanniques, notent les bancs, les courants, les
marées, les modifications que les rivages éprouvent
constamment. La carte topographique des États sardes
se continue activement, de même que la grande carte
de Suisse levée par des officiers placés sous la direction
de M. le général Dufour. Les cartes et les notices de
M. le chevalier Marzolla font faire les plus grands
progrès à la géographie du royaume des Deux-Siciles.
L'archéologie et Tépigraphie, auxquelles la géogra-
phie est si intimement liée, n*ont jamais élé plus
cultivées que de nos jours, et ces savantes recherches *
deviennent presque populaires. La plus célèbre des
découvertes archéologiques faites dans notre Occident
cette année, est sans doute celle qu'on doit à MM. Le-
normant, près de Saint-Lambert de Malassis. Les
fouilles de Ganosa (Ganusium), dans la Fouille, sous
riiabile direction du cavalier Bonucci, ont donné des
merveilles. A Gapoue et sur la voie Appienne, de nou-
velles fouilles ont produit aussi de remarquables ré-
sultats. Enfin, notre confrère, M. Noël des Vergers, a
donné la description d'intéressantes découvertes ar-
chéologiques récentes faites dans le voisinage de Rome.
(i) D'après une notice de M. le colonel filondel, directeur du Dépôt
de la guerre, il restait à faire, au i*' janvier i854* les a millièmes du
travail total pour la géodésie du 3® ordre (durée probable i an), les
94 millièmes pour les levés (durée probable 5 ans), les 356 millièmes
pour la gravure (durée probable lo ans).
( 351 )
(tf. Beulé , à qui Ton doit tant pour rarchéologfe
grecque , a écrit sur la géographie comparée de
TArcàdie une suite d'articles d'une grande valeur. On
ne peut parler de la Grèce, sans rappeler l'école fran-
çaise d'Atbënes, qui poursuit ses doctes travaux, et
sans signaler le savant compte rendu de ces travaux par
M. Guigniaut, notre digne et très honoré vice-président,
qui traité l'archéologie et la géograpliie avec une égale
profondeur, et qui mérite toute notre reconnaissance
pour là manière habile dont il répand le goAt des
études géographiques parmi notre jeunesse, par son
cours si instructif à la faculté des lettres.
ASIE.
Si nous entrons en Asie , l'archéologie nous offre,
dans l'Asie occidentale, biéh d'àiiîrés merveilles qu^en
Europe : ce sont les prodigieux travabx de M. Place à
Rhor^aÏDad, à travers les restes de iVinive; les décou-
vertes extrêmement curieuses dé M. Rawlihson dans
Tandienne terre des Chaldéens ; les études si remar-
quables de M. Oppert sur cette iihmense Babylone,
qui avait 51& kilomètres carrés, mais où les espaces
habités ne paraissent pas avoir occiipé plus de 18 kilo-
mètres carrés, environ là moitié de Paris; il en a
dessiné la carte, qui a été insérée au Bulletin,
Mltf. kieperl, de Vinckë, Fischer et de MoUke, ont
donné des cartes fort développées dé PAsie Mineure,
avec des plans de villes. M. Rittér a publié uiié ièarte
des pays baignés par l*Euphrate et le Tigre. M. Victor
Langlois à fourni des détails ileaf<^ sbr les pôpuialions
arméniennes du Taurus, M. de Tchibatchétf a décrit
( 352 )
les cèdres ei les autres végétaux de cette chaîne» et la
nouvelle édition de sa carte de TAsie Mineure augmente
nos connaissances sur cette péninsule éminemment
historique.
Une foule de publications propres à éclairer le
théâtre de la guerre dans les parties de TAsie qui avoi-
sinent la mer Noire n'ont pas fait avancer beaucoup
la science sérieuse. Mais de véritables services ont été
rendus par le docteur Buist» qui a étudié la géogra-
phie physique de la mer Rouge et indiqué de nouveaux
moyens de mesurer la rapidité et la direction des cou-
rants sous-marins. Pendant ce temps, M. le lieutenant
R. Burton faisait, de Médine à la Mecque, un voyage
qui parait devoir offrir des renseignements nouveaux
et importants.
Un grand ouvrage se publie, qui intéresse vivement
tous les amis de la géographie, mais particulièrement
notre Société, qui en a possédé dans son sein et cou-
ronné l'auteur, enlevé si jeune, hélas! à ses courageuses
explorations : c'est le Voyage en Turquie et en Perse,
exécuté par Hommaire de Hell en 18A6, 18/i7 et 18A8.
Parmi les travaux les plus récents sur THindoustan,
nous pouvons signaler la grande carte géologique de
rinde , par M. Greenough , les deux volumes que
M; Hooker a consacrés au Sikkim, et qui contiennent
des documents excellents sur la géographie, la bota-
nique, l'ethnologie, la géologie et la météorologie.
Nous remarquons aussi au premier rang cette Notice
de M. Maury (jue nous avons déjà citée, et qui fait voir
l'analogie remarquable des peuplades de l'Assam avec
les Malais, d'une part, et les populations polynésiennes,
de l'autre.
( 353 )
Tout près de là est le Tibet, où le zélé missionnaire
M. Krick fait de nouveaux efforts pour pénétrer par
le sud, malgré les difficultés énormes qu'il a éprouvées
dans un premier voyage en 1851 et 1852, et dont il
nous a donné une récente relation. Le nord-ouest de
cette contrée.. est le Ladak ou petit Tibet, dont la des-
cription vient d'être faite dans un important ouvrage
spécial du major Cunningham, si connu de vous déjà
pour ses travaux sur l'Himalaya.
Nous attendons, sur ces majestueuses montagnes,
de nouvelles lumières du voyage qu'y entreprennent
en ce moment MM. Schlagintweit, dans le but surtout
de faire des observations de climatologie et de météo^
rologie.
Mgr. Pallegoix, de son côté, a donné un ouvrage
capital sur le royaume do Siam ou plutôt Thaï, et il
a composé un dictionnaire très détaillé de la langue
de ce pays> comparée au français, à l'anglais et au
latin.
D'autres dignes ecclésiastiques font connaître les
parties les plus inexplorées de l'Asie orientale :
M. Miche, vicaire apostoUque du Camboge, a rendu
compte de son excursion au Laos en 1853 ; M. Hue a
mis au jour la relation de son voyage en Chine.
M. de Sieboldy qui a publié depuis longtemps sur
le Japon un ouvrage dont vous connaissez l'impor-
tance, continue à nous éclairer de temps en temps
sur son pays de prédilection, et il vient de fournir un
mémoire sur l'état des sciences chez les Japonais.
Mais le plus grand événement géographique qui con-
cerne ce mystérieux empire, est l'arrivée des Améri-
cains dans ses ports, leur traité de commerce avec le
( 354 )
Siogoun, le çlro)t qu'ils ont acquis de séjourner dans
deux villes du pays. Ce lointain Orient, fi longteoipt
iminobile, paraît donc se transformer au^si» et entrer
dans le torrent de la civilisation européenne qui em-
porte le monde.
Avant de quitter TAsie, je ferai remarquer que la
Société géographique de Russie a décidé une expédi-
tion scientifique pour Tcxploration de la Sibérie orien-
tale, ot pour Télude complète de ce pays sous les
rapports astronomiques, topograpbiques et géogfa-
phiques. Quoique celte Société appartienne à une
nation si profondément séparée de nous en ce moment,
nous n'en devons pas moins rendre justice à son zèle
et à ses lumières. Nous nous souvenons avec intérêt
des relations suivies que notre compagnie entretenait
avec elle avant que les plus graves événements fussent
venus )es interrompre ; la science, d'ailleurs, ne con-
naît pas d'enneniis, et les savants russes et français ne
peuvent cesser de s'estimer, quelque barrière que les
fléaux de la guerre aient élevée entre eux.
AFRIQUE.
Abordons maintenant l'Afrique, et visitons d'abord
le Nil. Nous avons à signaler les voyages de M. Vaudey,
qui a mplheureusemeut péri chez les Barry dans qne
lutte qu'un malentendu déplorable a fait naître entre
ses compagnons et les indigènes; ceu^^ de M. Brun-
Rollet, q^ii a remonté le Nil Blanc jusqu'au 8' degré
de latitude nord, et qui rapporte des renseignements
nombreux sur ce fleuve, sur les Barry, les Berry, les
Dinka et autres populations, sur le Saubat, sur le Keilak
( 356 )
(qui est peut-èire le Misselad), sur une rivière consi-
dérable venant du sud et affluent de ce même Rellak;
il a mis sous les yeux de la Commission centrale, il y
a peu de jours, une carte curieuse qui contient toutes
ses découvertes géographiques , et il a rédigé, pour
l'accompagner, un mémoire qui ne tardera pas à être
livré au public.
M. Mansfield Parkyns vient de faire paraître, sur
son voyage de six années en Abyssinie , un journal
riche en observations de tout genre.
M. le docteur Guny , depuis longtemps établi en
hgypte, a recueilli de la bouche des négociants du
Darfour, des détails très développés sur ce pays, et il
a pu en composer un mémoire qu'il a offert avec un
aimable empressement à notre Bulletin.
Mais c'est surtout l'expédition de l'Afrique centrale
qui absorbe notre attention : on suit avec une admi-
ration mêlée d'inquiétude ces hardis explorateurs
qui, sur les bords du lac Tchad, comme surleKouara,
aiïrontent les dangers du climat, mille obstacles de la
nature, les intentions souvent hostiles des habitants,
enfin la guerre qui divise presque partout les popu-
lations. La fin déplorable des Richardson et des
Ovorweg n'a pas arrêté les Barth et les Vogel. Mais
serait-il vrai que l'un des deux vient aussi de suc-
comber? A peine pouvons-nous croire à la nouvelle
funeste, et donnée sans aucun détail, qui vient de
se répandre, de la mort du docteur Barth. Au mois
de mars 185i , M. Barth était encore à Tombouc-
tou, entouré d'ennemis, surtout parmi les Foullâh de
la tribu de HanKUAllahi, mais heureusement protégé
( 35t5 )
par le cheykh El Bakaî, frère du gouverneur. Son
voyage de Kouka à Tombouclou, où il est arrivé le
7 septembre 1853, a fourni des détails très nouveaux
sur un grand nombre de lieux: Vourna, Libtako, etc.;
il a déterminé la situation de Tombouctou à IS** ^ 30'
de latitude, réuni une masse énorme d'informations,
et tracé plusieurs caries, qu'il a déjà en partie en-
voyées en Europe. Le docteur Vogel, à la fm du même
mois de mars, se trouvait à Kouka, où il était parvenu
quelques mois auparavant, en passant par Mourzouk,
Tegcrry, Achéhoumma, Bilma; il avait le projet de
remonter le GUary, de fixer la position du Faro et du
Bénoué, etc. Du reste, ce jeune savant, versé à la fois
dans l'astronomie et l'histoire naturelle, a déjà fourni
de précieux renseignements : il a déterminé astrono-
miquement la situation de Kouka; il en a indiqué
l'altitude, il a exploré le lac Tchad; il a communiqué,
sur les productions et les mœurs, des détails pleins
d'intérêt, où règne un agréable mélange de savoir et
de gaieté. A-t-il descendu la Tchadda, comme il
parait en avoir eu le dessein ? A-t-il rejoint l'expé-
dition organisée pour explorer cette rivière? Nous
Tignorons. Nous savons seulement que cette expédi-
tion , en remontant le Kouara, a malheureusement
perdu son chef , le capitaine Becroft ; mais que
M. Macgregor Laird veille à la bonne direction de l'en-
treprise; peut-être est-elle en ce moment dans la
Tchadda. Nous attendons de ses nouvelles avec une
vive impatience.
Ces régions intérieures qui s'étendent entre Zanzi-
bar et la côte de la Guinée inférieure commencent à
■ ( 357 )
^B se dévoiler peu à peu aux regards des {géographes :
des caravanes de marcbauds musulmans paraissent
traverser de temps en temps le continent, comme on
l'a raconlé de quelques Maures et de leur suite en 1852,
On sait enfin qu'un Hongrois, M. Ladistas Magyar,
partit du Benguela pour l'intérieur en lSAd> épousa la
Glle d'un chef de Bihé, obtint là une troupe nom-
breuse et bardie de cbasseurs d'éléphants, s'avança
dans l'est, suivit longtemps la Coanza, arriva à des
montagnes qui donnent naissance à de grands fleuves,
entre autres le Kaszabi, et pénétra clans le royaume
du Kalounda, jusqu'à 4» â1' de latitude et 21' 2S' de
longitude ; mais nous ne savons ce qu'il est devenu
^^ depuis.
^K M. Desboi'Dugh Cooley a tracé sur sa carte des routes
^H curieuses qui éclairent un peu nos connaissances sur
les régions si obscures de la partie sud de la zone
torride africaine.
Nous avons reçu avec bien de l'intérêt des leth-es
de MM, Krapf et Rebraann, datées de la fin de l'an-
née 1853, qui donnent quelques nouveaux éclaircisse-
ments sur la découverte du Kilimandjaro, sur la
terrasse du plateau de l'Afrique orientale, sur les
Ouakouaii, sur quelques attaques enfin dont ces deux
estimables missionnaires ont été l'objet en Angleterre.
M. Krapf est, depuis, rentré tn Europe, où sa santé,
ébranlée par tant de fatigues, l'a forcé do revenir, et
il s'occupe de la rédaction des vocabulaires de plu-
sieurs langues africaines, entre autres du kikouali.
IUn outre missionnaire célèbre par de merveilleuses
découvertes en Afrique, c'est M. Livingaton, qui nous
a adressé une relation et une carte si intéressantes de
Uérissé du t'oscaux, mais aussi,
piUuresqtie, délicieux, parscn
pai'iui lesquelles nutie voyagm
vil' plaisiv une aorle de vigne qu
blemeot l'Europe. 11 a coDiiiiué ses couiSf
[ 35S )
lis lies l'iviùies Cliobë et SésUéki
a l'ail coiinallre l'aspect exlraor-
ndé au loin à cerlaines époques,
, de leinps en temps,
lé de belles plantes,
I' a lencoiiti'é avec uQ
i lui a rappelé agréa-
irdios vers
le nord-ouest, et a gagné l'Angola, où il est eOtin
arrivé à Sainl-Paul tle Luanda, le 31 luai 186Û. M. Li-
\ing3toD ii'efit pas qa'ua courageux voyageur ; c'est un
homme savHiit et un bon observateur; il a déterminé
des positions géograjibiquea, dunt les calculs, soumis
à M. Muclear, de l'obseivaloire du Cap, et à sir John
llersebal, ont été trouvas fort exacts.
Le jeune voyageur suédois, M. CUarles Andersolf^l
qui avait accompagné M. Francis Gulton dans son et-
pédition si fructueuse de l'Alrique australe, a continué
à explorer celle coniiée avec un zèle, un courage, qui
ides privations inouïes, Les
ue nous avons reçues de lui nous
de la côte occidentale uu lac
I bravé des s
■ uH'ri
dernières nouvelles q
le montrent parvei
Ngami, remonlant la rivière Téoge, qui se jette dans
ce lac, et découvrant sur ses bords un pays très sain,
exempt de la redoutable mouche tsetsé.
Dans le même temps, te lieutenautDayman releri
avec soin la côte de la colonie du Cap, depuis le cif^
Hangiip jusqu'à celui des Aiguilles.
Portons mainlenaul nos regards à l'extrémité occi-
denlale de l'Afrique : nous y trouvons un Français
plein d'ardeur et de sagacité , M. Faidherhe, qui a
étudié profondément les langues sénégalaises. Il nous
aous I
J
I
I
( S5fl )
a envoyé un mémoire eicellent sur les Berbères el les
Arabesdes bords du Sénégal, avec un l'ëcit curieux de la
bataille d'Islj, recueilli cbeï les iiiciigëues el (jui allri-
bue très j'iaisammenl loule la gloire de ceLte journée
aux musulmans, tuule lu liéfaite aux Français. M. Fai-
dberbe, qui est un brillaol ctliciei', a puissamuieiit
coDliibué H la soumiasioo toute récente de plusieurs
populations bosliles ù la France; il a adressé, sur l'ex-
pédilion dirigée contre la ville de Dialiualli, un rapport
qui intéresse aussi bien la géograpliie que l'bisloire
militaire; son mérite vient de i'élever au ranjjde gou-
verneur du Sénégal. M. le lieutenant de vaisseau Protêt,
l'aucieu gouverneur, a lait un rapport, l'ortinlércssant
aussi, sur l'expèdilion qui a eu pour but lu rétulilis^ie-
juent de Podur, el sur le cbàlimeut sévère des pojiula-
lions du Dimar, proviuce du Fouta, inleruiédiaiie
entre Podiir et Dagana.
IJ serait diliicUe de mentionner loua les documents
qu'on donne chaque jour sur noire Algérie, où des
communes nouvelles se forment, où la colonisation
prend un accroissement si favorable ; je me conteute-
l'ai de nommer le principaLde tous : le rapport de
M. le marécbal Vaillant à l'eiiipereur. sur la situation
de cette colonie en 1853.
Nous sonimea, au contraire, bien pauvres en ren-
seignements sur la régence de Tunis. Ou doit dune
beaucoup de reconnaissance à M. Dans, qui a rapporté
des travaux topograpbiques très complets sur le terri-
ritoire de la capitale de cette contrée.
Sortons de l'Afrique par cette belle mer qui est le
lien des trois parties de l'aucieu monde et qui fut
comme le berceau de la civilisalioa aolique : admi-
( 3(Î0 }
mille bassin siii' lc<qticl se pressent tant de sotivei
que silloDiienl tant de vaisseaux, et où s'agitent plus
que jamais He grands intérêts : M. le contre-amiral
Henry Smytli lui a consacré un superbe ouvrage, sous
le simple litre de la Méiiilennnée ; la Société géogra-
phique de Londres a décerné à ce IraTail sa grande
médaille d'o
e: suffrage.
t tout le monde géographique ratifiera
AuiRlQtK.
J'aborde maintenant l'Amérique; et le premier be-
soin que j'éprouve en y arrivant, c'tst de jeter un coup
d'ceil sur ces régions arctiques, tUéâtre de tant de dé-
vaûmetit, de tant de hardiesse et de si grandes infor-
tunes. On paraît donc avoir enfin découvert les traces
de John Franklin, et, par les renseignements que le
docteur John Rae a reçus des Eskimaux, nous avons à
peu près la triste certitude que l'illustre et malheureux
navigateur a péri avec ses compagnons en 1850, au
milieu des plus affreuses circonstances dudénameat^i
dans le voisinage du Back's River.
Le lieutenant américain Kane, parti de New-York
en 1853, à la tète d'une expédition équipée par les
soins généreux de MM. Grinnell et Peabody, est encore
sans doute en en moment dans les glaces du nord : on
n'a pas reçu de ses nouvelles depuis juillet 1853, et
son sort commence à inspirer de l'anxiété. On était
inquiet aussi du capitaine Collinson, commandant
V Enterprise : parti d'Angleterre, en même temps que
le capitaine Mac-CUire, dont vous connaissez tes éton-
nantes explorations, il était parvenu, en 1853, à travers
lepaxsage noret-onestf dans la par"lie orientale de l'océan
^
Dcéan I
J
(361 )
Glacial aiuéncaiii; mais depuis un an, on n'avait pas
de ses uouvellcs, lorsqu'au mois d'août 185â il arriva
au port Clarcnce, situé, comme vous savez, sur la côte
méridionale du cap du Prince de Galles, à l'entrée du
détroit de Behring.
Le capitaine IngleGeld , commandant du Phœiiù:,
était en juillet dernier sur les côtes du Groenland, et
y 3 visité une grande forêt pétrifiée.
Sir Edward Belcher est toujours à la lête d'une
expédition qui était allée à la recherctie de sir John
Franklin : un de ses navires, \&Resolute, est commandé
par IV1. Henry Kellett, et c'est sur ce vaisseau que sert
notre compatriote M. Emile de Bray, à la conduite
honorable duquel sir Edward Belcher s'est plu à rendre,
dans un rapport à l'Amirauté, une éclatante justice :
il a su, comme Bellot, s'acquérir les plus cordiales
sympathies de tous. Le capitaine Penny, déjà connu
par ses voyages arctiques dans les années précédentes,
vient de repartir pour l'océan Glacial, avec l'espérance
d'atteindre le pôle nord.
Des expéditions qui ont moins de retentissement,
mais qui offrent une haute utilité, sont celles du com-
mandant Shortiand et du capitaine BayOeld, qui étu-
dient, noient et dessinent sur leurs caries les dente-
lures innombrables et les dangers des côtes de la
Nouvelle-Ecosse, comme M. Parsons le fait pour les
Antilles anglaises et les côtes du golfe du Mexique,
De leur côté , l'infatigahle professeur Bâche et ses
collaborateurs continuent le relevé des côles des États-
Unis, tandis que les admirables instructions du lieu-
tenant Maury se répandent de plus en plus et
d'avoir leur sixième édition. L'activité géograpbi
viennent ^^|
rapbique ^^|
( KM)
n'^st pas moins grande dans l'intérieur de cf^tte graoi
république. Voypï, par exemple, ces enlrcpi
menées et hardies pour ritgblisaement de chemi
de Ter qui doivent couper les monts Rocheux et joîndi
les deux océans ! Cinq principales directions ont
suivies pour ce grnnii objet : la plus septeatrionale est
celle qu'a prise M. Stevens ; il a remonté le Mississipi
jusqu'aux chutes de Saint-Antoine, s'est avancé à
l'ouest, a traversé le Missouri au fort Dnion, passé par
les territoires des Indiens Upsaroka et Pieds-Noirs,
coupé les monts Rocheux âla passe de Lewis etClarke,
par une altitude médiocre, qui parait favorable à no
chemin de fer, et a pénétré enfm dans le bassin de la
Columhia par la rivière Clarkr.
Une expédition dirif^ée par MM. Gunnison et Keras,
après avoir traversé le territoire Indien, était entrée
dans les gorfçes des monls Rocheux vers âS degrés, et
avait parcouru le territoire montagneux de l'Utah avec
des résultats satisfaisants, quand, parvenue au voisinage
du Grand Lac Salé, elle fut assassinée par les Indiens
L'expédition de M. Nollis a fait connaître une com-
munication praticable pour un chemin de fer, de la
vallée du Rio Sacramento au fort Laramie, sur la rivière
Nebraslca , en traversant les motUs Kocheuz vers le
ht" degré.
M. le colonel Fréniont, déjà si connu par ses voyages
de 18i4 et ifiiô, a exécuté en 1853 et 185Û une nou-
velle exploration, en se rendant Je Saint-Louis ft.San-
Francisco par le fort Bent, par la passe de Cochetope,
qui se trouve vers la source du Rio-Gran'!e, à 38 degrés
environ de latLlude, enfin par un passage de la Sierra
J
(IftS)
Nevada situé vers ^7 àej^vés; le célèbre voyageur et
ses compagnoos ont eu de grandes fatigues et des
froids rigoureux à souffrir; cependant la praticabilité
de voyage en toute saison par cette route a été dé-
montrée par cette expédition.
Une cinquième iigoe, la plus méridionale, a été ex-
plorée ausisi en 1<8Ô3 et i&5i, par un corps no»ibre«ix
de voyageurs qjue command^kioi MM. fieale et Heap.
JDe Saint -ïLoui^ il a gagné Je Kitnsas, puisi*Arkansas, le
Red Hiver, emfin la vallée du fiio-Graode; il traversa
ce fleuve à Albuquerque, dans le AIouveau-Mexique,
vers -35** 50% s'avança à J ouest, au milieu d*«iiine i^égiotn
infestée d'Indiens malveillant, tels que les Apackes,
et atteignit le Rio- Colorado, puis la Sierra Nevaiila,
Pueblo de los Angeles, et Sap-*Pedro, sur l'océan JPa-
ci/ique, oùJ'on s'embarqua pour San-Franciseo. Aans
une grande pai^tâe du ixajet, on a rencontré des dér
seria, des rocs volcaniques, et en général un payis
pauvre et sans ressources. De cette expédition faisaient
partie M. Jules Marcou, jeune géologue français, dont
VOU9 avez vu la relation dans le Bulletin^ eX U. Mollbau-
.«en, peintre allemand, qui se prépare à publier des
dessin^ nombreux reoueillis par lui dan^ ce long et
difficile voyage.
Jl serait long de citer toutes 1^ explorations in^
téressantes, toutes les publications instructives, dont
ce grand Far JV^$t américain « élé l'objet daj»is ces
derniers .temps. Je signalerai seulement, entre tant
d'autres, les travaux de M. Je capitaine Marcy dans le
cours supérieur du Red River» la relation de M. Uuasell
Bartleit sur le Xexas, le Nouveau-Mexique ellaCali*
i'ornie; c^l^ de M. jiiitgreaves, sur le Rio-<!lolorado et
leZi
iuni; le
oyage
en Californie de M. Itourcier deli
Rivi^i'(
qui a procuré à notre Muséum cl'hîsloi
turelle une collection botanique 1res précieuse.
Un aiilre voyaf^eur naturaliste et physicien, M. Henri
de Saussure, notre collègue, qui vient de partir pour
le Mexique, en emportant les instructions de la Société,
nous fait espérer pour les années prochaines une am-
ple moisson de renseignements neufs.
Si, des Etals-Unis et du Mexique, nous passons aux
Antilles, nous retrouvons sirRohert Schombuigk con-
tinuant fructueusement des travaux que nous avons
eu occasion de signaler souvent déjà : il est consul
d'Angleterre à Santo-Domingo, d'où il fait des excur-
sions pleines d'intérêt dans l'intérieur de l'Ile d'Haïti;
il a déterminé l'aspect physique du sol, recueilli les
éléments d'une cartu exacte, fixé les positions d'un
grand nombre de points, constaté la hauteur des prin-
cipales montagnes, et fait des recherches hydrogra-
phiques que la marine ret^ueîllera avec le plus grand
profit.
D'autres études hydrographiques, celles de la Guyane
française, se poursuivent activement sous la direction
de M. le capitaina de vaisseau Bonard, et l'on prépare
les cartes des rivières de la Comté , de l'Appiouague
el de rOyapok. Signalons, dans l'Amérique centrale,
le voyage de M. Wagner à Costa-Rica, les études de
M. Squier sur le chemin de fer ioterocéanien de Hon-
duras; — dans la Bolivie, les explorations du colonel
Lloyd ; — dans le bassin de l'Amazone, celles du lieu-
tenant Herndon, qui viennent d'être publiées : cet
explorateur, un des brillants élèves sortis de la belle
école de West-Point, avait traversé la Cordillère du
1
( 365 )
Pérou on face de Lima, suivi la Huallaga.lnbuliiii'e de
l'Amazone, et, après s'être séparé de son compagnon
le lieutenant Gibbon, envoyé par lui dans une autre
direction, il poursuivît sa course sur le ^rand Qeuve,
jusqu'à Para, en bulle à des privations de tout genre,
au supplice des muusiiques, à mille dangers, Pendant
ce temps, M. Wallace , naturaliste anglais, remontait
de l'emboucbure de l'Amaïone jusqu'au Rio-Negro.
Une expédition de la marine américaine vient de
parcourir le Parana et le Paraguay , ainsi que les prin-
cipaux affluents de celle dernière rivière : de la pu-
blication de ses travaux naîtront saDS doute de grandes
rectifications dans les cartes de cette république, long-
temps isolée du resie du monde par le soupçonneux
Francia, mais qui aujourd'hui recberclie ardemment
le progrès et le contact des nations civilisées. M. De-
mersay est un de ceux gui. dans ces derniers temps,
ont le plus contribué à la faire connaître : on attend
avec impatience la publication du grand ouvrage qu'il
a préparé sur ce beau pays. Je viens raoi-mérae de
donner une carte, ou plutôt une esquisse très impar-
faite, où j'ai cherché à faire faire un pas à la géogra-
phie du Paraguay, en plaçant quelques notions neuves
d'après M. le général Solano Lopez.
C'est non loin de celte région , dans la province
brésilienne des Missions, qu'habite toujours, à San-
Borja, notre vénérable compatriote M. Aimé Bonpland;
du fond de sa relraite, il a. adressé récemment des
communications pleines d'intérêt, concernant surtout
le mais d'eau et le thé du Paraguay.
Je ne puis quilter l'Amérique sans mentionner la
curieuse carie qu'a mise sous vos yeux, il y a peu d«
*
( m )
mois» un jeune savant allemand, M. Kohi, et sur la-
quelle il montre, par des traits et des couleurs ingé-
nieuse ment ménagés, toutes les découvertes successives
faites dans cette partie du monde.
OaÂAJÎi£.
Je termine mon voyaee autour du mqnde par
rOcéanie, où de jeunes colonies de la France attirent
d'abord nos regards; la dernière acquise est la Nou-
velle-Calédonie, qui vient d'être njo,utée à pps posses-
sions en septembre 1853, lorsque déjà nos mission-
nairjCS dévoués avaient heureusement préparé Tesprit
de la population indigène à celte cession , par leurs
couraeeux travaux apostoliques à Tile des Pins.
Jojiis les grands peuples maritimes veulent avoir
une part dans ces belles lies du Grand océan : avec
.la Nouvelle-Calédonie, noiis avons les Marquises, nous
exerçons une protection surTaïti; l'Angleterre domine
dans TAuslralie et la Nouvelle-Zélande; la Hollande
et TEspagne, dans la Malaisie; les Etats-Unis, dit-on,
viennent d'annexer les lies Sandyvich à leur confé-
dération.
Un des plus beaux travaux géographiques accompjis
récemment dans cette partie du monde, c'est la re-
connaissance du fleuve Murray par un bâtiment à
vapeur spus la (j|irection du capitaine Cadell et du
lieutenant gouverneur Young; il en est résulté qu'on
peut regarder le Murray proprement dit comme navi-
gable depuis Goolwa, où il se jette dans la mer," jusqu'à
Albury, c'est-à-dire sur une étendue de 1900 mi^es;
d'un autre côté , le Morumbidgee, à partir de sa jonc-
( S67)
tion avec le MiirrRy, a un cours navigable de 700 inities,
)iisqu'à Guadagai. Ainsi cette terre, dont l'intérieur est
jusqu'ici la partie <Ui p;labe la plus rebelle aux décoa-
vei'tcs, se dévoile elle-même peu it peu aux yeux des
Européens. On commence aussi à en connaître mieux
les indigènes: Mgr. Rudesindo Salvadn a fait voir, dans
ses Mémoires historiques sur T Auslralie^(\QQ ces peuples,
décrits souvent comme les êtres les plus dégradés du
genre humain au physique et au moral, sout, au con-
Iraire, une belle race d'hommes, hospitaliers, capables
de senlimenls généreux et bienveiDanIs. Ajoutons ce-
pendant avec tristesse que Leicbbardt, qui en a Tait
l'éloge comme Mgr. Salvado, eal tombé leur victime
avec ses compagnons, et que c'est là, dans tous les cas,
une ladie bien ineffaçable imprégnée à ce peuple.
Parmi les services hydrographiques dont l'Océaaie
a été le théâtre dans l'année qui vient de s'écouler,
signalons le relevé complet de U grande tie Palaouan
par le commandant liate ; cel ut de la Nouvelle-Zélande,
par le commandant Byron Djrury ; celui des mers qui
baignent les lies Vili et l'archipel des Amis, par le
capiEaiiie Deuham et le lieutenant Cbimmo.
TRAVAUX DIVERS.
Il ine serait impossible, dans cette brève exposition.
de vous présenter. Messieurs, la liste des ouvrages qu'on
vous a offerts. Toutes Jes principales Sociétés savantes
du momie, fous les auteurs <-le travaux géographiques
d'un ordre élevé, s'empressent d'enrichir de leurs pu-
blications votre belle bibli«tt>èque , où beaucoup de
^^rtâlleurs demîindent Jautons^tiop de puiser, cpais
( i
1)
que votre Règlement réserve rigoureiiaement, vuus le
savez, aux seuls membres de In Soci<Jlé; la lîsle com-
plète de ces publicallooa ao trouve dans votre Bnllelin;
pour remercier dignement tant d'honorables dona-
teurs, les membres de la Société ont cru que le meil-
leur moyen était de se partager la lâclie de faire des
comptes rendus des Iravauï dans les séances de la
Commission centrale. Les rapports sur les ouvrages
ofTerts remplissent donc souvent, et très utilement,
une grande partie de nos réunions particulières ; ils
vont ensuite éclairer les lecteurs du Bulletin sur la
valeur et l'importance de ces ouvrages.
La géographie, vous le savez, Messieurs, n'a pas seu-
lement pour but la description des lieux de la surface
du globe : elle embrasse les productions diverses, leur
patrie, leur acclimatation ; vous suivez avec intérêt la
naturalisation, dans notre pays, de tous ces êtres étran-
gers qui peuvent devenir une richesse nationale. Parmi
ces importations, vous avez surtout remarqué plusieurs
plantes de Chine et les ^aks introduits par notre col^
lègue M. de Montigny.
Vous ne vous intéressez pas moins aux progris dé^
ces arts tout nouveaux et admirables (]ue le génie de
notre siècle met au service de la géographie, comme
de la plupart des sciences et des besoins de l'humanité.
Ainsi , la télégraphie électrique est employée à la dé-
termination de la longitude, et elle a permis de trou-
ver la différence des méridiens de Paris etdeGreenwich
avec une précision à laquelle on n'avait pas atteint
jusqu'ici: déjà elle vient de lancer sa communication
merveilleuse entre La Spezzia et la Corse ; elle ne tar-
dera pas à franchir la Sardaigne et à toucher l'Aftii
y
( S69 )
olli'.-mêmc. M. le licTilonant Maury croil même à In
possiliitité de lui faire Iraïerser l'Atlantique entre
Terre-Neuve et l'Irlande. — La photographie a rangé
les carlos parmi ses produits les plus délicieux :
MM. Bisson ont donné des cartes photugraphiciues très
curieuses, et vous avez pu tout récemment admirer
celles de MM. Schiagintweit ; M, Salzmann a rapporté
une très riche coUectioQ de vues photographiques des
monuments de tous les âges qui se trouvent en Judée.
— Les reliefs topographiques acquièrent 'une perfec-
tion remarquable : vous connaisseK depuis longtemps
ceux de M. Bauerkeller; M. Bardin en a préparé une
cnlieclion qui parait devoir mériter tous les suffrages
des amis de la géographie; M. Maillard vous a offert
son joli plan île l'tie de la Réunion; M. Dickert, de
Bonn, a représenté avec une pittoresque vérité plu-
sieurs parties de la Prusse Rhénane et même le disque
de la Lune.
La cosmographie, sœur de la géographie, voit naître
aussi des progrès dont nous partageons les avantages:
on a inventé des appareils ingénieux pour expliquer
è la jeunesse les mouvements de la Terre et des astres ;
parmi ces appareils, nous avons sui;tout distingué ceux
de M. Henri Robert, véritables petits chefs-d'œuvre de
mécanique, qui ont été soumis à la Commission cen-
trale et expliqués ^vec clarté parleur habile auteur (1).
Ainsi, dans tous les genres, les progrès se réalisent,
toutes les sciences se préteat un mutuel appui. Mais
1 géographie est peut-être celle qui, par sa nature.
{ 870 )
touche le plus à toutes les autres connaissances hu-
mainesi et profite le plus généralement des progrès
accomplis partout. Au reste, si elle s'appuie sur beau-
coup d'autres branches , elle lès éclaire vivement à
son tour : on a souvent, il est vrai, méconnu ses ser-
vices et le rang qu'elle doit occuper dans Téducation
publique; on a même témoigné pour elle, pendant long-
temps, plus que de Tindifférence. Cependant on com-
mence à lui rendre plus de justicf ; le ministre éclairé
que nous avons l'honneur de voir à notre tête lui a
attribué un programme digne d'elle, il a monlré com-
bien il appréciait les avantages de celle noble étude;
et le public prend tous les jours un goût plus vif pour
les connaissances géographiques.
Soyez doue pleins d'espoir. Messieurs ; votre science
favorite est dans une bonne voie, vous la verrez triom-
pher des préjugés, des barbares dédains de l'ignorancOy
et la muse de la géographie, dont j'ai eu l'honneur de
vous faire un jour la peinture, se montrera enfin dans
toute sa suave beauté.
VOYAGE DE M. BRUN-ROLLET A13 NIL BLANC.
MOTB Pr£l1MIMA1R£.
DepuislemémorablevoyagedeM. d'Arnaud, en 18ii0
et l'année suivante, (jui nous a, pour ainsi dire, révélé
le Nil Blanc et qui a ajouté cinq cents lieues à la partie
connue de son cours, les yeux de l'Europe savante n'ont
cessé de se tourner du côté des sources de ce grand
fleuve, le plus grand peut-èlre du globe, si ce n'est
( 371 )
pour le volume de ses eaux, du moins pour la longueur
de Tespace qu'il parcourt. Plusieurs voyageurs se sont
pressés sur les traces de M. d'Arnaud ; les uns par le
désir de pousser les découvertes pluis loin que le
â* degré 1/2 de latitude nord ; les autres, pour chercher
à arracher les paisibles et nombreuses populations
éthiopiennes aux horreurs de Tesclavàgé, et pour pro-
pager en imên^e temps la religion chrétienYie là où le
mahométîsme n'a pas encore pénétré; d'antres enfïn,
pour profiter de la voie nouvelle qu'avait ouverte aii
comn^'erce l'expéditiori égyptienne de 1840, ordonnée
par le vîcé-roi Mohammed- Aly. On sait, en efFet, que
les bords du fleuve Blanc sont peuplés d'éléphants en
nombre immense, et qu'une quantité incalculable
d'ivoire peut y être recueillie en échange de marchan-
dises européennes d*one faible valeur. L'appât d'uii
gain sûr devait donc attirer sur ces rives plus d'un
voyageur depuis le temps de la première découverte :
c'est ee qui est arrivé.
Mais il ne faut pas croire que ces mobiles soient léÉ
seuls qui doivent y conduire les explorateurs. L'his-
toire n'y est pas moins intéressée que la géographie et
que l'ethnographie, c'est-à-dire, que l'étude des races,dè
leurs idiomes et de leurs mœurs. En efFet, on sait biéii
peu sur l'ancien empire de Méroé, dont les historiens,
tout en nous en vaiiltant la richesse et l'ancienneté, ne
nous racontent ni les annales; ni l'origine, ni fés
phases successives de son existence. On a bien trouvé
les restes de la capitale, tout au moins les derniers
édifices qui ont survécu à la ruine de Méroé; mais
son étendue et ses limites, la durée de l'Empire et ses
révolutions, qui pourrait les assigner dans l'état actu6l
( 372)
lies connaissances ? Cependant, on ne peut douter qui
les deux grandes vallées dit NU, depuis ses sourci
jusqu'aux cataractes nubiennes, ne lui aient apparteni
on doit donc aussi, en explorant, en étudiant les riri
du fleuve, chercher à soulever le voile qui couvre
encore ces origines mystérieuses. Interroger les tradi-
tions, après avoir étudié les idiomes et les dialectes,
est donc une sorte de dcToir, pour les voyageurs qui
prendront part à des explorations scientifiques pro-
prement dites.
En attendant, plusieurs remarques ae présentent
l'esprit, quand on étudie les objets rapportés pat^
M. d'Arnaud, les armes, les armures, les ustensiles,
les costumes, les vases, etc., dont font aujourd'hui
usage les habilanls des rives du Ml Blanc supérieur.
On reconnaît qu'ils sont les mômes que ceux qu'ont
figurés les Égyptiens dans la peinture des scènes mi-
litaires d'Ebsamhoul et de Thèbes ; les ûgi
aussi la inème physionouiie. Il est donc constant C|<
les années égyptiennes ont pénétré aussi loin que
10' degré de latitude, ou m&ine plus loin. Une autre
réflexion vient encore ;'« l'esprit de celui qui médite
sur l'état de ces arts, deiueuiiïs slationnaires pendant
trente siècles et plus. Quand on songe à la nombreuse
population du pays, telle que l'ont constatée et décril
M. d'Arnaud et ceux qui lui ont succédé, et quand o^
réfléchit à la fécondité du sol, à la richesse de ses prt
ductions, on se deuiando comment il se lait que ces
hommes, réunis en société pendant un si long laps
de temps, n'aient pas fait plus de progrès dans les
arts. Serait-ce à cause de l'infériorité de la race noire,
comparée à la race caucasienne, laquelle a peuplé le;
11
M
S)
ji
r.
>nt
se
:ea I
J
( 378)
rives du NU inférieur, c*est-à-dire, TÉgypte? Serait-ce
parce qu'aucune nation civilisée ne serait venue mo-
difier l'existence des Éthiopiens, et que celte condition
serait indispensable au progrès? Serait-ce enfin à
cause d'une certaine influence du climat équatorial?
Ces questions peuvent être résolues un jour par des
voyageurs instruits, par des observateurs philosophes,
et elles sont tout-à-fait dignes d'une époque où l'on
recherche curieusement toutes les origines.
Ces courtes réflexions m'ont paru devoir précéder
la lecture d'un extrait de la relation de M. Brun-Rollet»
comme propres à ajouter un intérêt de plus aux dé-
couvertes qui se font dans l'Afrique centrale, et à
mieux faire apprécier le dévouement, les efforts et le
courage des voyageurs qui explorent ces régions loin*
laines» Jomabd.
EXTRAIT
DE LÎ relation bu VOYAGE DE M. BBU^'-R0IXËT
AU NIL BLANC.
Les Berry sont les nègres les plus intelligents et les
plus hardis voyageurs que nous ayons connus. Leurs
marchands allaient autrefois chez les Niagués acheter
des conteries de fadasse dont j'ai vu sur eux plusieurs
échantillons ; j'ai également acheté d'eux quelques
galettes d'un tabac très estimé, qu'ils vont chercher
aux montagnes d'Imadan. Ils pénètrent au sud, chez
lesChiaccô et jusque chez les Kuenda sous Téquati^ur,
où ils rencontrent des marchands étrangers rouges et
VIII. DECEMBRE, /i. 25
(«74 )
hltincs, aux cheTcux longs et lisses, qui y fiennent
(probablement de la côte de Zanguebar) acheter Ô9
rivoirc avec des conteries et des brasselets de laiton
ou de cuivre. Deux de ces Berry que nous avions en*
f oyés avec des présents au roi des Kuenda, ckee lequel
Dom Angelo se proposait de se rendre, sont reveDiu
troi» jotira avant mon départ de Mardjou, avec plusieurs
Ats leurs et un cadeau de sept dents d'ôlé|>liaDt, Ils
nous ont assuré que le roi nous attendait avec impa^
tience, que nous trouverions chez lui Taccneil le plus
bienveillant et tous les services qu'il pourrait nous
rendre; que S. M. seulement nous priait de lui ap*
porter un babillement (une chemise bleue et un fez)
et quelques chapelets de Mardjou.
«MflMSa
DireclÎM
—
—
I
sud.
I
id.
â
id.
1
1
1
Itinéraire des deux Berry appelés Lakiné^ etc»
Des bords du Saubat à Cacciari, dont le roi s'appelle
Larouéh ,
De Cacciari à Obô, autre village
D'Obô à Chiacco, capitale de îa tribu de ce nom. . .
Pendant ces trois jours, ils ont rencontre quelques
petits villages. Cette tribu est à trois jours de la rive
orientale du Mil.
De Chiaeco à Loaban-bo. . . .
De Louban-ho à Fadjoulabj autre tribu féroce, ▼ivant
. de fruits sauvages, de chasse et de brigandages. .
De Fadjoulab à Atbiak
D'Athiak à Laica, sur le bord du Nil, chez les Bido. .
De cette ville ifs se sont embarqués dans un canot
fait d*«n tronc d*arbre et sont arrivés en un jour à
; Robenga, chez Tbirobambi, roi des Kuenda. . . .
''Total de« journées de marche des bords du Saubat
à Bobvnga, «apitale des Kuenda. . . ^ . . .
id.
8iKl-«a&
id.
id.
sad.
!•-
( »6-)
Dom Angelo ^l alû d^ BéienU au Saubat cU<$i& lôf
Berry eu deux jours et demi (direclion est-sud-e&l), Id
H trouvé cbex eux une propreté, une aisance et uoe
bospUallté qu'il serait difficile de rencontrer ailleurs»
.Utt de leurs deux rois lui a fait l'accueil le plus amical
possible; il e^^ venu à sa rencontre avec unç foule de
.se».iiuî^ts, jusque sur les bords du SçhoU Cette m«r-
jesté s'esl montrée en cette occasion aussi adroite que
j^lie. Après les souhaits et les compliments de sa bien-
venue, elle a prié Dom, Angelo d'accepter less dew
bceuift qu'elle lui montrait d'assez loin, lui témoigif^airt
^a RièoiQ temps le désir de les voir tuer avec son U^]9|-
nerrei, c'est le pom qu'on donne à nos fusUs*. Conv-
preig^tnt q\kQ son b6te était bi^a aise de vérifier si nQ9
arme^ ^f^iT étaient çiussi terribles qu'^n ie disait. Don»
Angela se retourna vers 1q plu^ adroit cU^seui^: de 9à
suil9 et lui dit : « Notr^ si^reté dépend d^ O^lr^ pve*-
jcuÂer coup^ ajuste bien 1q bœ^{ à. la t^te^, je me cltiirge
de r^trCii tt Quand U fogle qi|i les ob^evvait eut vm
ce^ 8^^i.maqx s'affaisser sous une doubla détonation,
tous s'accroupirent à la fois^ en poussant des cric
d'exclfonaiion et eu se tenant la tète entre leurs maii^»
Leur iangue est un mélange de celle» de^ Çheloug&,
des DimVa et des Bary* Au lieu de s'arracher les deqts
ioaisives de la in^choire inférieure comme les me-
raifiâ dti Nil» ils se percent la lèvre e^u-dessv»?" dp
menkoû pour y mettre un morceau de cristal cylii^r
drique > long d'on poiftCQ et demi; U\xv% (^«iha^I se
percent encore le bord de» oreilles, qu'elles g^nisseiit
de grains de verroteries. Leia Berry portant wo «^te-
meni qui est composa d$ deu* lisières en l^v^e de T.
La lisière irani^erftaie « \^\%i^ de €'mq pauce^i, \^\kf
{ 37ti )
couvre la lêle et descend :
large de liois à quatre poi
es lempes. La rjueue^
est tissue avec letira
clie\cuxde derrière et descend jusqu'aux jarrets. Celle
élofl'e faite avec leurs theveux est garnie de verroteries,
lit qui les dig-
Les Berry sont si fiers de cet ^i
tingue des autres races, que, pour en avoir un, il m'
fallu m'adresser à leur roi , qui me l'a envoyé accoi
pngné d'un cadeau do sept dents d'éléphant,
Les ennemis les plus redoutables des riverains
Saubat sont les Gallali ou Kalakra, A l'est, et les
Nouers, au nord-ouest. Les premiers ont conservé leur
férocité primitive : ils vont à la guerre comme les Huns
avec leurs bagages, et avec leurs femmes et leurs en-
fants, qui 30 mêlent aux comballanta pendant l'iiclion,
et deviennent dans la défaite la proie du vainqueur;
oe demandant jamais merci pour eux, ils ne font aussi
aucun quartier ; ou ils restent étendus sur le champ
de bataille, ou ils logent dans le village ennemi. Vain-
queurs, ils tuent tout ce qu'ils ne veulent pas pour
esclaves et brûlent tout ce qu'ils dédaignent. Armés
d'une longue lance dont la bampe n'a pas moins de
dix à douze pieds, et d'un long bouclier sur lequel ils,
reçoiveul les tlèclies et les traits qu'on leur jette
distance, ils s'avancent toujours eu poussant d'hoi
ribles cris de guerre, jusqu'à ce qu'ils puissent com-
battre corps à corps, c'est-à-dire percer leur ennemi
avec leur lance, dont ils ne se dessaisissent jamais.
Le Misselad ou K.eiiak se joint au Nil vers le 10" de-
gré de latitude nord, à deus jours ouest-sud-ouest de
l'embouchure du Saubat. M. d'Arnaud, qui dirigeait
les premières expéditions turques, a remonté cet
aOluent pendant Uuit jours > et pendant ces huit jours
m'a J
de
n- I
jours y
( 377 )
il n'a trouvé qu'un vaste lac peu profond , parsemé
d'Iles et souvent couvert de nénuphars et autres plantes
aquaitiques à travers lesquelles ses barques d*evaient
se frayer un passage. Les fièvres que la mauvaise
qualité de l'eau et l'humidité des brouillards avaient
semées dans ses équipages le firent revenir sur ses
pas. C'est d'autant plus à regretter que la navigation
de cette branche intéresse encore plus le commerce
de l'Egypte que celle du sud. Après un ou deux jours
de persévérance, il aurait vu succéder à ces marais
pestilentiels un fleuve coulant entre deux rives boi-
sées, dont la droite est habitée par les nègres Dyaks et
Guiguis» et la gauche par les Baccara Amour, chez
lesquels il aurait pu se ravitailler et établir des rela-
tions d'un grand intérêt. Ses voiles avaient été aper-
çues par les Arabes qui se trouvaient alors campés^
avec leurs bestiaux entre ces plaines que le fleuve
couvre de gazon en se retirant, et les hautes terres
boisées et sillonnées par les torrents qui descendent
du versant du sud des montagnes Noba.
Après lesOmours, les Prisekats s'étendent jusqu'au
Darfour, dont ils ont secoué le joug, il y a quelques
années, par trois victoires successives. La moindre des
armées envoyées contre eux était de 3 600 cavaliers.
Le Misselad fait ensuite un coude au sud, où, au
dire d'autres Arabes Aouazma , il reçoit deux canaux
probablement alimentés par les eaux pluviales des
marais supérieurs. Selon eux, le fleuve revient ensuite
à l'ouest, traverse une cataracte et laisse à sa gauche
les frontières sud du Darfour, où des nègres pêcheurs,
appelés Riha, vont vendre des poissons séchés au soleil
et parfumés à leurs foyers. De là il passç à quatre ou
( 3'S )
inq 'jouriiéea Hts derniers villages sud flti OimdOy e
ïît du lac Fitlry vei's le 13* degié do latitude norAj^i
sur les conltns «a
royi
ime de Botiri
. De!
Fellaliih. Imliilniil les rives de ce I»c, m'ont &
que.
le Babr-elGlinEal iHail tin autre Eiffluent considt^rabie
qui, du sud, venait se joindre au Misaelad, ii trois jour-
nées est du tac Fîltry. Sur les rives de ce tli
ses itflluents on pourrait i5tablir un grand commerei
d'ivoire et dcï mëtaux précieux. Les montagnes nluées
an sud du Dnrfour onl de riches miiits de cuivre. Des
marchands darrouriens el bournouais, que l'envie de
s'enrichir porle i\ lnul braver, peines, Taligues et dan-
gers, ti'ouvenl vers le suri, après une rouie de qtiaraiile-
cinq jours, à travers des peuplades ennemies, des
forôla et des montagnes qu'ils son! obligés de traver-
ser ^ pied, d'autres n^onlagnes aurifères, dont les
bahilants échangent presque au poids de l'or les ver-
roteries qu'on leur apporte. Pour faire ce voyage dan-
gereux, ces marchands se réunissent en nombre, tous
déterminés à sortir de la misère on à mourir. Le joJÈt
*le leur départ, ils prennent congé de leurs parentsj
de leurs Eunis, et font leurs ablutions, comme s'Hs
étaient à leur dernière heure ; puis ils s'en vont pous-
sant devant eux les baudets qui portent quelques pro-
visions, leurs conlerîes, leurs verroteries et le linceul
dont les survivants doivent les envelopper. C'est, du
reste, l'usage de tout bon musulman de porter son
suaire avec loi dans un voyage un peu long.
Pour se faire une idée de l'importance que le com-
merce de l'ivoire acquerrait en peu d'années, il sufGt
de savoir que Chekif, roi du Ouadfty, a envoyé, il y
a qua*i'e nns, ii iîcogbaïï, 240 quiniaus de dents d'élé-
jr- I
ses --^
sd'élé- I
( 379 )
pbEHit, presque toutes prises sim- les bords du Misse-
lad. Les marchands du Darfour, du Outiclily, du Bour-
noa et du Ba^^rmi, ne tarderaient pas à porter à n»i
barques, ou à nos comptoirs, les richesses qu'ils vont
échanger au delà du Sahara coiilrfl nos oLjcls matiu-
lacturés. Les prix auxquels nous puunions donner
nos articles, nous feraient avoir la préÉérence sur tes
marchands des rôles barliaresqiies.
Depuis sa jonction avec le MisMiad jusqu'au 7* degrt
de laiilude nord, la branche sud serpenie à travers
des marais couverts de joncs et de forêts de minsôsa.
Les coudes ou zi^ags qu'elle fait Botit si nombrcui
que le même vent est ïaïorsblo et contraire, de chaque
demi-heure à chaque deux heures au plus. Lci plupart
Àt ces coudes sont au iiord et nord-est ; souvent ott
Tok derrière soi les barques qui nous ont devancés.
GomiDieon ne peut prendre pied sur ces bords bém-
sés de jiincs ilotlant dans i'citu , un est obligé, malgi<é
le courant qui est très fort, de le remonter à force
de rame», ce qui rend la navigniion tiès dilTicile et
très faligaole pendant dix à quinze jours. Il arrive
quelqucluis, quand les vents sciu£Dei>l du uord-est, que
lequipage a mis toute uae journée poar £a^ une
^mi.4ieurc de chcioin.
A quatre ou cinq heures au nord de Dim, pa-emier
tiiilnge des Kjks, vers le 7° degré de latitude nord, se
U>ouve rembouclMiTedmi canal qui descend des mon-
I tegnes dti K«<mbii-at, vers l'ét^uateur, et coaie parai-
I lèlejiieol avec le fleuve, â trois ou quatre journées de
la rive occidentale. Les premières tribus qui linhilent
ses rives en nionianl, sont les Loots, chei lesquels les
&yks toot acheter la plut grand« p«i-tie 4e l'iTSirc
( 380 )
(ju'ils nous vendent. Les villages les plus importanfl
de ces Lools sont Gon , près de Dîm, puis Bak i
Kio-Molou, plus au sud. Viennent ensuite les Madai^
les Fadjuli, entre le 6« et le û* degré 1/2 de latitude
nord, et les Ougara, vers le S' degré. Il est difficile
d'élablit' des relalions commerciales avec ces dernières
tribus, tant à cause de leurs continuelles hostilités
avec les riverains du fleuve que parce que ce canal,
appelé Modj par les Kyks el Louri par les Bary, cesse
d'être navigable depuis le mois de janvier.
Fayal, dit Balo (forêt), Clianibtl par les marins, est
le premier endroit où l'on puisse prendre terre chei
les Kjks ; c'est aussi un des postes les plus importants
pour le commerce de l'ivoire. L'expédition turque y
a ramassé l'année précédente quarante-quatre dents
d'élépbanl, c'est-à-dire le tiers de son produit. Les gen:
que j'y ui laissés l'an passé m'en ont acheté une ceoi
taine de quintaux.
J'ai observé que les terrains marécageux qui se troi
vent entre les frontières sud desCUelougs el le 6* degré
de latitude nord tendent à s'eshausser. Le lac Non,
qui, en 18/iâ> avait une lieue carrée, a presque disparu
en 1851. J'ai vu une lie couverte de hambaidj là où
nous avions jeté l'ancre en IShk- Le marais que j'ai
traversé à Bonîga pour me rendre à Outeb au mois
de janvier i&hà, était presque entièrement sec au
20 décembre 185L S'il est vrai que la crue du Nil
n'est pas toujours égale, il n'en est pas moins certain
que les joncs et autres plantes dont ces marais sont
couverts, joints au limon que le fleuve entratoe, doi-
vent avec le temps élever les rives et créer, comme en
Kgypte, des barrières au iNil. De Bonign à Aderak,
Aderak^ j
( 381 )
on rencontre de temps en temps des villages assis
sur des terrains élevés et entourés de marais; ces
villages sont ceux des Kyks, desTuits et des Eliales.
Vers le 6° degré de latitude nord, commencent le
pays el la langue desChîrs, cliez lesquels nous prenons
des drogmans. Ce peuple est un des plus favorisés
que nous ayons vus sous le rapport du sol qu'il oc-
cupe. Il est renfermé dans un groupe d'îles de huit à
neuf lieues de largeur et de trente lieues environ do
longueur. Plusieurs de ces lies sont couvertes de bons
pâturages; d'autres, de dourah,de sésame, de pois, de
haricots, de couines, etc. Le fleuve semble s'être
multiplié pour les rendre les plus fertiles du monde;
il ne faudrait que quelques travaux d'irrigation pour
les rendre tout à fait productives.
Au deU dos Cliirs est la grande tribu des Berryi
jusque vers le 3' degré de latitude nord; Bélénia,
situé à cinq ou six Iieures au nord de l'Ile Jonfu, vers
le 4° degré de latitude ( terme de l'expédition de
M. d'Arnaud], est la capitale d'un des principaux dis-
tricts de cette tribu.
Celte ville est située à quatre ou cinq heures de la
rive droite, sur laquelle sont espacés les villages de la
fraction Mardjou, voisins de peuplades riches en ivoire.
Cet endroit est devenu le centre d'un
:e qui
s'agrandit chaque année, grâce à l'active assistance
d'un ami influent que j'y ai fait dans mon premier
voyage en iSàh.
Voyant que le peu de durée de la saison sèche ne
nous permettait pas un assez long séjour pour établir
des relations avec les tribus plus ou moins rappro-
chées d'où les Bnry tiraient l'ivoire qu'ils nous ven-
( m )
daient, j'ei cherché ù nie procurer chez ces demie
d«s amis influents, acûrs et iuléressés qui puisseol
Qous fieriir ou d'inlerniédiaircs ou de courtiers atee
les peuplailtîfl ilo l'intérieur, ou de protecteurs iiléfi
pour les gens que je pourrais laisser continuer
achats jusqu'au retour de mes harques,
Niguello, le frère du loi do Kélénia, me parut avoir
les qualités que je désirais pour mes projets; il deviol
nios coramenâal et mon cicérone. Notre TaiiûliarU]
devint si intime, il piil-lutil de plaisir à nés f^oi
«ions, qu'au lieu de m'ofTiirlhospilulilé ilmedei
la mieane. Après s'èlie assuré que lua barqui
jKHiit une maison déLacliÉe <te la rive par l'inoadalion
«i entraînée par le fleuve, mais bien un bâtiment de
hois auquel nous avions donné des ailes pour le tairc
aller où noitâ voulions, il vint s'y étalitir avec deui de
ses femmes, quelques domes^ques et ne voulut ^i
ie quiuer. u Je me fie i'i voua, me disbiit-U, je 'f«ax
1« pa}'s qui produit les Truits et kg boissons que foi
ui'ovez fuit coûter, Its ètotFes et les objets que j'ai
mirés chez vous et qui prouvent que vous êtes -des
geiis bii'o Hipé<'ieui-& à inous, qui ne savons rien pro-
duire de pareil; vous ine duonerez de tovt, et je
retiendrai dans luoa pays ricLe et puissant, avec vous
si vous voulei, ou uvec leti gens que vous me Jounerec,
^uiacUelerde l'ivoire. «Ces propositions élaieot trop
l'avoraJjJeii à mesdesseins poiir les ret'ustr. J'emmeaû
Niguello clans l'espérance qu'd me jendrait bieni
l'hospitalité que je lui donnais.
C'est à ce voyage de Niguello que nous àe\i
d'avoir pu faire l'essai du premier établissement de
cwuuierce et d'établir ujie uiâsion calUoUque à Guaor
iToir J
I de
M
lai-^^
4es
wo-
t je
rous
re*,
trop
iaû. 1
de
1
<Mu>r9« Aaéua autre que Nîgue^lo a'e^imiilû jpfegim^V.
ea ftS&l« Bqia Àogçlo, à cau&è <i0s préjugé^ ffoe toei^
SMVïigeft'ûOt contre les blanCs» qu'iris vegaiHieaicoijQqAe^
ées vsarcters« Goihlouk, chef de Ferkliat» Im reffurâ
ytiospHaliié sous'prélexte qae la graine que les Torca
Im avaient donnée avait tué la semenoe indâgène avec
laquelle il avait été semé : de là ils attribiKnent leur
mwxfSÀM récolte à nos inaléfices*
Bélèmia a été presque toujours le terme des •elspé**
dkioas turques jusqu'en 18&0. M. d*Jiir«aiKl, dont jm
sum la oarte, n'aguèce dépassé 4'tle de Jsarfu'OuGAibai
A°&0' delatitude, àcinq ousixheures au suddeBéiénia*
Dom Ignalio Knoblecher, qui» en 18i!ï8, a fait avec ma
barque un voyage qui a élé publié, a été jusqu'à la
montagne deXoaouak, qu iQpIaoe sous le Â* degré de
latitude nord. Au delà de cette montagne, on ren-
contre de nou-velles cataractes. Le fleuve s'élargit àur
un plateau parsemé d'écneils, et l'eau manque souvent
aux barques les plus légères, qui touchent à chaque
instant. Il fait ensuite un coude de dôme beurres à
l'ouest-sud-ouest. Sur la rive droite, sont les derniers
villages des Bary , et sur la gauche ceux des Ouanguarah.
M. Ulivi a fait one partie de cette route sur un bateau
portant huit rameurjs. Arrivé au village Crarho^ dont
les maisons simt bâties déterre ettxmvertesde chaunàe,
il a été arrêté par une cataracte qu^il n'a pu franchir.
Cette cataracte e5t fotmëe par une lisière dérochera
entre lesquels le Nil s'échappe en écumant. Quelques-
uns de ces rochers forment des Ilots -couverts de joncs.
Ils sont dominés par une haute montagne boisée d'où
l'œil peut suivre les sinuosités que fait le Nil à travers
le pays accidenté et souvent {ôtHàueBique que présente
( 38A )
rhorizon. Tantôt on le voit disparaître derrière une
montagne, dont il semble même la base , tantôt il se
dessine comme un ruban bleu entre les villages et les
forêts échelonnées sur ses rives. Cette cataracte» que
je suppose sous le 3' degré de latitude nord» ne pour-
rait être passée qu'à l'époque des crues; mais on
serait alors obligé, à cause des vents du sud, de re-
morquer les barques, et l'on serait sans cesse exposé
aux flèches des riverains et aux ouragans qui régnent
dans cette saison. De cette cataracte, le Nil cbule au
8ud*est. Sur ses deux rives sont les nombreux villages
des Makedo.
Itinéraire.
Sur les deux rives sont les nombreux villages des
Makedo , pendant deux jours
La plupart de leurs maisons sont bâties de terre,
ou de briques crues, comme celles du Seiinâr. Cette
tribu, que je suppose Gaila, n'a plus Tusage de s'ar-
racher les dents incisives de la mâchoire inférieure
comme les riverains du nord.
Viennent ensuite les Merouli^sur la rive droite, et les
Coucans, sur la rive gauche t • .
Après les Merouli, sontles Lougoufi, sur la rive droite,
et les Modi, sur la gauche
Chez ce peuple, le fleuve est tellement resserré entre
les montagnes, qu'on le traverse sur un tronc d'arbre
jeté sur les deux rives
Plus au sud, sont les Bido; à Test de cette tribu,
sont les sauvages Fadjelou et les Chiocco, chez les-
quels les Ruenda et les Bary se rencontrent pour
acheter de l'ivoire, les premiers pour les marchands
étrangers qui viennent chez eux des côtes de l'Océan,
et les seconds pour nous.
De Laka, un des derniers villages Bido, à Robenga,
capitale des Kuenda
De Robenga aux montagnes Kombirat
Total des Makedo aux montagnes du
Kombirat »
jMTiJet.
3
DirtctioD.
8ud*est.
sud.
I sud-esC.
sud.
la
ri
I
( S85 )
Ainsi, le voyage des Makedo aux moiiEagnes du Koin-
âral est de douze journées, en comptant dix heures ou
lues par jour avec les contours que fait le fleuve. Le
pays situé à l'est du fleuve est coupé et traversé par des
montagnes dont la plupart portent le nom Acs tribus
qui les habitenl, comme les Lynia, les Kayac, wîsins
des Bary, les Fadklou, les Laourdi, plus au sud. De
Robenga on voit se dessiner au sud, dans un horizon de
deux jours, les hautes montagnes de Kombirat, que je
■appose au moins sous J'équaleur.De leur flanc oriental
llescendent deux torrenla qui viennent se réunir à Lo-
Itaya, situé à une journée sud de Rohenga. Au delà de
celle jonction, la troisième branche n'est plus qu'une
petite rivière, un btas qui, au dire de ces Bary, vien-
drait d'autres montagnes très élevées existant au delà
des Fadongo, autre peuple que j'ai rencontré pendant
quelques journées au sud de Kombirat. Ces Fadongo
sont olivâtres comme les Kuenda, parlent la môme
langue et se vêtent comme eux de peaux de mou-
ton et d'animauK qu'ils chassent. A l'ouest de Fadongo,
se trouve, au dire des Kuenda, un grand lac d'où sort
un fleuve dont ils ne connaissent pas le cours. Des
découvertes éloignées nous apprendront peut-être que
ce fleuve est celui qui se joint au Misselad, à trois jour-
nées est du lac Fittry. Plus loin encore, disent-ils, sont
des blancs ayant des maisons de pierre et paraissant
avoir une civilisation plus avancée que les autres na-
ins de l'Alrique centrale...
Nota, J'avais envoyé ce rapport en Europe, lorsque
M. Tburburn eut la bonté de me communiquer la
carte d'un missionnaire anglais établi à Zanzibar.
{ î8e )
Co voyageur. M, Rebmant), d'après i«s ren seigoema
(liinnÉs ))ar les naturels, il a placé le) sources du Rï)
aux monts Renia, situés à peu près sous la même
latitude que les inonlagnes au delà de Failun^o, où,
d'oprès lesKucndj, je suppose les sources du Nil. Ces
ronseignemenls me furonl donnés par dotix Banry
entre autres, (]ue nous avionsenvoyés avec dos présents
au roi des Kuenda, chez lequel don Aogelo devait se
readre. _
I usages des peuples du. fleuve Blanc.
- La religion de ces peuples se compose de croyances
et de superstitions lea plus ridicules, au milieu des-
quelles ou retrouve des vestiges de traditiuo 6tliio-
pieaoe, tels qu'il en existe encore cliei divers peuplades
du Sennâi-. Je ne doule pas que les liaules rives du
ileuvcfibiic n'aient été connues des habitants de Méroé,
alors que cette capitale flurissait et que son commerce
et son influence s'éLcod aient au loin jusque vers le bas-
sin du Niger. Plusieurs faguîs du Sennâr, comme les
jongleurs ou kodjours du Nil, ne sont autres que des
imposteurs accrédités, qui s'attribuent le pouvoir de
donner ou d'ôter les maléfices, d'empôclier ou de faire
tomber la pluie. Seliui-cl-Assounti racontait auxiu'sijh
cle que les gens d'Aloa n'avaient qu'à semer et réL'olter,
etque les esprits cnvoy<is par lea Iiiéropbantes faisaienl
le reste du travail |)endijiil la nuit, pourvu qu'on eût
la précaution de laii^ser dans les cliampa quelques
vases de merisae (bière).
Ë» lâÂÔ, il ji eut au pays de tiouleli, appartaoMrf
J
( »»')
à Cherk-Syris-Adian, une é|itd6ii:>ie qui liia en queU
ques jours plus ite 3 000 personnes. Le fiiguî le plus
renonioié par sou inRueiice el sos rapports avec les
esprits, les démons, fut d'abord prié et payé pour les
conjurer el chasser ceux qui tuaient lanl de inonde;
puis menacé e( enfin mis à mort; après quoi tous les
homiBes serlirent n*ec l<?urs lances qu'ils jetaient à
tort et k liavers diins le vide poui- atteindre les mauvais
esprits extermina tours.
Le pays de Gouieh est habité par les anciens éthio-
piens. La reIig;ion mahométano y est Ir^s peu prati-
quée. Leur chef est 11- pelil-hls de ce fameux Moiiammed-
Abou-el-Keili, qui l'ut le maire <lu palais, le Capet des
derniers rois fainéants du Sennâr. Les kod jours et 1(^1
roitelets du fleuve Blanc n'ont de l'inQuence qu'autant
qu'ils sont crus sorciers, et en pouvoir de relonir ou de
-lettre tomber les pluies. Quand elles retardent, que lei
Aturagcs commencent à manquer, chaque chef da
loît lui amener un bœuf on une vache pour
;nir l'eau du ciel. Si, après cela, le temps reste
!, on s'assemble pour réclamer de nouveau la pluie;
■près quni, on leur Fend le ventre, qui, comme l'outre
Ëole, est cerné contenir les orages. C'est ce qui est
ivè en 1850 ou roi d'Hyapour,- pays situé entre
Béiénia et Férichat. Chaba, roi des Itary. fut, en 18â£>.
obligé de se cacher pour éviter le même soit.
Dom Angelo fut un jour invilé par les babilanta de
Bëlénia à les accompat-ner chez leur roi Choba pour
demander la pluie. Comme saint l'aul, il se mèlu h
celte assemblée pour prêcher le Dieu inconnu, le
Iritable auteur des eaux du ciel. Tous convinrent
Bs«a raisons, mêoie Cboba comme les autres; si
( 388 )
après soD sermon lu pluie TûL tombée, les con'
les
a auraient paa iiiant|ué ; mais le temps resta
Bary.qui n'avaient plus de lait à donner à leurs enfants,
retournèrent à leur roi quelques jours après. Celui-ri
Diit de l'eau diins une cloclielle, que lui atait donnée
Selîm capitan, le cUei des premières expéditions tur-
ques, et, la répandant en présence de l'assemblée, il
prédit l'orage pour le lendemain. Le hasard ayant
justifié celte prédicttun, doin Angelo perdit sa logique.
Ainsi, les approches des |)luie3 sont un temps de re-
cettes et de dangers pour les majestés du fleuve Blanr.
Les troujieaux sont si nombreux qu'en moins dfr
deux mois tout est broulé ou foulé aux pieds des vncbi
D'ailleurs ces berbes, que le soleil brûle en moins dtt'
quinr.u jours, appartiennent en général à la famille
des j<incs et sont peu nourrissantes. Au mois de mars,
les bestiaux dépérissent et ne donnent plus le lait dont
ces pasteurs font leur principale nourriture. Les LœuTs
sont leur unique richesse; celui qui n'a pas assez de
vaches pour nourrir une famille, ne peut se marier,
ni prendre la parole dans les assemblées: c'est un
paria. Nos conleries mêmes sont très estimées, moins
comme ornement, que comme moyen d'acquérir ces
précieux animaux.
Les jongleurs ou kodjours annoncent encore l'avenii
au moyen de cinq jetons qu'ils jettent
manière dont ceux-ci tombent décide du sort du con-
sultant, qui doit toujours donner une oETrande propor
tionoée à l'importance de sa consultation. Un de ces
kodjours était parvenu à faire croire aux Éliabs qu'il
était moitié de fer, conséquemment invulnérable
ce moyen il s'était fait un grand parti. Les bœufs
( 389 )
lea coQSullanU lui arrivaient de quatre à cinq journées
à la ronde. Malbeur à celui qui aurait paru douter de
ses prédictionsl Comme il commençait à être redou-
table aux expéditions turques, contre lesquelles il prê-
chait et ameutait son peuple, des cLefs turcs le Tirent
tuer par surprise. Oo avait beau montrer sa léte aux
Ëliabs assemblés, ils ne revinrent de leur stupidité
que lorsqu'ils furent infectés par son cadavre, qu'ils
s'attendaient à voir ressusciter d'un moment à l'autre.
On a évalué à plus de deux mille les bœufs que cet
imposteur avait extorqués et qui furent repris par ses
dupes. Maintenant, il y a à Dim un autre de ces jon-
gleurs, qui se tient éloigné de nos barques, et prêche à
ses compatriotes qu'ils deviendront nos esclaves s'ils
continuent de nous apporter de l'ivoire.
Les fiary et les autres peuplades du fleuve Blanc,
croient simplement à un être supérieur invisible, dont
I ils font descendre les esprits intermédiaires qui inspi-
* renl leurs jongleurs. Dans les premières années de
notre apparition, ils nous donnaient la même origine.
Lorsque dom Angelo leur faisait connaître leurs
erreurs, et les prêchait, ils l'écoutaient avec beaucoup
d'attention et d'intérêt. Ils semblaient désireux d'ap-
prendre des choses dont on ne leur avait jamais parlé.
Je crois qu'il est plus faciLe de convertir, quant aux
dogmes, les enfants de la nature qui n'ont aucune
croyance établie, que d'autres dont les erreurs sont
étayées sur des apparences de raison. La plus grande
difficulté serait de leur faire changer de mœurs.
Ils croient à la mélcmpsy chose et à la résurrection,
non pour une autre vie, mais pour reparaître dans ce
monde aux mêmes conditions qu'auparavant. Laoulos,
L
vni. DÉCKUBAE. El.
26
< MtO )
fr*r\t An mi I.Rjiotin , que M. d'ArriaiHl b (?onna,
o<U'l« (l« Cbaba, m'a rnconlé que In vue des premiera
bliincs no les avait tant effrayés que parce qu'ils le^
nvaitnt pris pour les geii» de celle coruvane Hu Zan-
xibar on )ps Adels. nni i
. par
lai^nl. Ions Iph deuK oti Irois
■ lerie. acbeicr He l'ivitire cliei eus, l'( qu'ils
aynienl masancrés pendant la nuit, il j avait environ
«oixnnle-dts ans. Ils s'éiaient imaginé qae ees reve-
nants 110 manqueraient png dp se ven(»er. Qnsnd ils
tuent quelque lion qui « dévoré l'un d'entre enx, ih
rninsif^sent du bois pour )e brûfer jusqu'à ce <jn'il aoit
j'èdail en cendre; ils jettent celle cendre du Teni, alin,
disent-ils, que la victViBe ne resauscile pas avec les
reriBM tin monstre autpnel il a servi de proie.
Après les tueries que les premières espédiliuns Mil
faites, on Tenait souvent prier les hhiniîs 'ïe reB<usrilei'
les morts el de guérir les blessés.
Les délibérations, les jugeinenls, se («nt ordinaire-
ment défont leurs villages à l'ombre d'un arbre. Tout
le monde peut y assister el lionner lia voii; mais le*
cliel's et le» ritbcs dits montés, que l'on recoiuMit à
leur bâton foDn.'bu , peuvent seuls pérorer. Comme
to»l se ilécide à la ptumlilé des voix, les înlluenii sort
ceiiii qui parlent le mieux ou liisposent de plus 6e
partisans. Les rois ou chefs eux-mêmes sont obligés
de se soumettre ù ces fiécisions. S'ils l'emportent
queiquefois, ce n'est que lorsqu'ils peuveol faire crain-
dre d'arrêter la pluie.
lin habitant de Uélénia vînt un jour se réfugier
(kns ma barque au moment où s'y trouvaient Niguello
et Chobo. Il était accusé por les Mardjous, près des-
quels noua nous trouvions, d« leur avoir volé
oes I
(9M)
Miches^ et î)t Youhrîeut sa mmu Le conseil s'essMiblâ
fHwàê Botre cemp; 1 accusé était libre au miKea d«
«es-eoneom ci de ses juges. J'observai se» impresiionê
de cmifle ei d'espérance, selon que lee nmrmorei ou
4'e8senlîi|ieiil des assistants couvraient la parole de ses
iÉconsaleora oa celles de Niguello et de €lioba tfui le
tééSandaieiil^ Malgré Tabeence des preuves et Télo**
4|iienoe de «es avocats, ses ennemis lemporlèi'ent^ Ce
4ûi à -la tin âmb to/ie crucifige général» auquel Niguello
viposta, poisr dernière ressource, par la menace de
^sire brûler leurs villages par mee barques Vils esé*
^cidaîenA leur sentence. A ee ^m ego l'asseutblée m
tdispe/sa en murmurant. L'atrciisé re?tnl dans ma bar-
i)ae aà il fut respecté tout le temps qu'il y den>eura;
mm èyaot voulu se rendre dans son village quelques
|oofs après^ pendant la. nuit, îl fut tué sur la route;
U avofti été 4pié, et la sentence devait svoif son eié*-
dilution» Ces nègrra ne tuent jamais dans leurs villagesi,
4 couse de leur croyance que le saug i^paudu rendt^U
stériles les femmes qui le verraient et qu'il porterait
malbeur é leurs enfants. Les exécutions ou les asâas-
Mlals se font ordinairement sur la route ou dans la
forêt. Pour celte raison, je conseillerai aui eopécltticms
de faire aulunt que ipoSsible leurs éciionges dans les
villogesy et de se méfier de ceus qui veulent foire
amèter les barques sur les rives désertes.
Les Bi^ry prennent autant de femmes qu'ils es pou-
vent acheter; elles coûtent de dix é cinquante vaebes,
selon leur beauté et ieur rang. EUcs deviennent une
propriété do^i^t ks iits bérilent et ipeUvent jouir à 'k
mort 'de leur përe. Leurs 4»ères seules i^^^t oxcepiées.
Plus on en a, plus on est respecté ^o« ^e ^)eut 4ire
( 392)
iiioniè (bourgeois) ù imiîns li'en avoir deux ou tn
Elles sont un moyen de puissance, car les jtarents
viennent ordinairemenl les clicnls un partisans
leurs é]J0ux. Elles restent jusqu'à leurs premières coi
ches dans la maison paternelle, qui est obligée de les
nourrir, uinsî que le mari, chaque fois qu'il lui plaît
(le les visiter. Loin d'être jalouses, ces femmes peuvent
vivre sous le même toil on parfaite harmonie; mais,
en revanche, elles sont peu fidèles. Malgré cela, les
Bary les maltraitent rarement, pour ne pas indisposer
les parents. Klles font le service de la maison et des
cbaiiips ; les hommes sèment seulement, et leur aban-
-donnent le travail du sarclage et de la récolte. Quand
une fille est enceinte, ou la force à dénoncer son sé-
ducteur, qui est obligé de l'épouser, s'il veut échapper
à la vengeance des parents. Les accords faits, les céré-
monies du mariage consistent k sacrifier quelques
bœufs dont les assistants se régalent. Une partie de la
dot que fait le mari est distribuée aux parents de
l'épousée.
Dernièrement on a tué à Bélénia un séducteur qui
s'était trouvé dans l'impossibilité de fournir les vaches
exigées pour la dot de son amante.
Lorsque quelqu'un meurt, on l'enterre
dans un trou creusé devant la porte de sa demeure. ~
Après cela ses parents et ses amis viennent fouler et
durcir de leurs pieds la terre qui le recouvre, en di-
sant dio, (lia, SUC un ton lamentable. Quand celte lerce
est bien durcie, on tue quelques bœufs dont on se
régale et tout le monde se retire. Les pêcheurs
et kyks enveloppent leurs morts dans une natte
jettent au tleuve.
is vacbes
( 393 )
Tous ces peuples aiment la danse, roîsîvclé, les
amusements et la merisse , espèce de bière faite du
dourah fermenté. Leurs danses ne sont autres que
des sauts et des gambades qu'ils font la nuit devant
de grands feux, au son des tambours. Outre les danses
journalières, ils ont des fêtes générales appelées Am,
où se réunissent quelquefois sept à huit mille per-
sonnes. On les fait annoncer plusieurs jours à l'avance,
afin de donner aux habitants des villages éloignés le
temps de s'y rendre. Elles durent trois jours; ce sont
de véritables saturnales, pendant lesquelles les deux
sexes jouissent d'une entière liberté. Un jaloux, du
reste, perdrait sa peine au milieu de cette foule où
tout saute, se croise, s'évite, se cherche et va se cacher
dans les champs voisins. Ces fêtes se renouvellent plu-
sieurs fois dans l'année, aux premières pluies, alors
que les vaches reviennent au village après avoir con-
sommé les pâturages des forêts. On les fait annoncer
quelquefois aussi pour rappeler les hommes à la guerre
qui se décide le dernier jour. Ces fêtes ou plutôt ces
danses commencent vers le coucher du soleil et finis-
sent à son lever.
Les Bary, comme la plupart des riverains que j'ai
connus, sont en général faux, haineux et querelleurs;
esclaves de leurs appétits, sans frein, sans lois, ils se
laissent aller à tous les excès. La moindre querelle se
termine souvent par des coups de lance qui amènent
quelquefois des guerres. Dom Angelo a observé qu'il
en mourait plus de mort violente que de maladies.
Mais avec ces défauts ils ont une bonne qualité qui
donne à espérer d'eux : ils sont aussi prompts à se
rendre aux bonnes raisons qu'à se mettre en colère;
( »»» )
de Curieux qu'ils élaient, je les ni «us devenir douxTj
coinma de» D^n«Dus, après ({uel'iuon iinroles d« dom
Aiigelo : a C'est vrai, vous uïpï ruison. » disoienl-ils, et
loul i^luit fini. Penilnnt &011 si'juur ù Béléiûit, ii a eni-
pèclié beaucou|iiHe meuilie» ehfti Ruerres; ils n'avaient
jamais éliî ausi.i tranquilles qu'alors, Apri>s son départ,
li^» Bnry, les Lyria et les Luknia *e sont lue S2 per-
sonnes cl lirûlé plusieurs calianes. ()e inîssioanai
s'esl lail patnii eux phiMeurs discijiles qui i'ai:cD
pagoaienl pai'laul, servaient & lui rondre pro|))ces
pupulatinns qu'il visitait, el faisBient connaître li) difTj
rence qu'il y a entre nos itoctiinesetlcui'ssuporsliliaMT
Tous ces peuples vont nus, à l'esijeplton desTenioius
mariées qui couvrcnl leur pudeur avL-c des jieaui de
moulDn. Les filles des CLirs el des Bary seules por-
tent d'élé^anls pannes lissus avec des lils d'ik:oi'CO et
larges de quatre dutgls. Ils ne cuunaisseut que deux
disons, celle des pluies et l'été. Celui-ci correspond
à nuire liiver ; c'est aussi le temps des plus fortes cba-
Ifiurs, quelqtiel'uis tcmpi-Vées par les lirises du iKTd,
qui rt^gnent dans cette snisan. Les nuits y sont lialuhes
n cnusc de l'élévation du terrain, et le sommeil peut
réparer los pertes qu'on a faites le joui'. I^cs pluies
coniuicncentàlaGn de mars et finissenttv oovejnbre.
Pcndunl celte saison, l'air est ral'ralcbî par des veots
fiais et humides et par les nuages qui voilenL souvent
le soleil. Les premiers orales surtout soQl accumpa^
gncs de tonnerres effrayants; ils duruQt suuveot
jours de suile. Lbumidiié qui régne â cette ép
cause quelques fièvres liitermittenLcs, mais peu
gereuses. J'ai trouvé tous mes ^en^ rétaliUs et
poEtaots.
tire
I M» )
Lesbydi'UBèleSi.lQtlrH^iuieatt. les plaies aux jamijes,
s'y moiilreat awi&ii uihis ces ataJuiii'^a sout daes à
rijabitudc des naturels lI« jUMcher nue dams les ItT-
reine mnri.V'agei]|^ Leur viinieur, Il beouté de leat*
feiuEii^E, le grand nombre de leurs vieilliu-ds, sont hiw
{ireuve d« la aaiubrilé dti pays, Mirtoul au deià du
(■•degré d« Ulitdde aoié-
Ces gens ne imiDgent oi^diiiaireiNeiu qu'uae l'oia ie
iour. versJe coucber du soleil; leur i>i-ii>atp»le ntmr-
rilurc est le laU et ia inertsae (bière) ; puis l« dourah.
qu'ils m&ngetit ea l/ouillie, ou en forains cuîu i l'eBu.
La viande c»t pour eus un ri^^jil qu'ils ne reiicofUranl
^d [latis les Xéles, les »itcivCces, H <|uiind il meust
quelque animal. Ils (inl aussi des barieots. des poison
Riiâaiiie, des eourg''» et du laJjac qu'ils ttiUivoiU tuv
les b(u<ds du iVil ou dans les lies. Lei ïvt'étt, letir Cumi*
QÎsMiit auibi quelques supplèuieata, couiiiie des ta-
rions, dvs rr«ile gauvaf;eA. de& ebaiii|Mgnoiis et du uû«l
en quantité.
Ils uBldea lui-^rous esaez babîlea, qui t'ubriquâut
des lances, de^ llécbes, div«rB ustensiles du sac-
cJ«^e, ete. Leius niennisiiei-s l'ont de pelilee cbajs«s «{
éen alatuetiaft gias&ières. Ces artisans sonit {le.ii «ali-
més. CoBimc Jes liveruns qui se nouinssrnt de pois-
sons, ils portent te nom de ianiHouU, qu'un vacber ou
propriétaire regardciait comme nue insulte, PItis Ha-
voriâéis que lc«iaulre3|ieuf»ladei du nurd,l«s Barjr oui
lia l'esoeiéent Bel dont ils Re ouiuiaiasent (UU iwte
i'alililé.
Le« pays am delà d» 7* ile^È de latiluiJe nord «ont
aondeslés et couverts de tbrfets de lama ri nie rs, d'i^^liks,
d'ébènier« et d«s plus Ix^Ues varlélés d'acacia». Cm
( 396 )
arbres, toujours verts , sont entremêlés de laurierî
roses portant des grappes de fleurs les plus variées et
les plus agréables à voir. Ils forment des jardins na-
turels, qui ri'panclenl une ombre Tralche sur un sol
que la nature s'<:st plu n embellir. Les lauriers roses
ont ici les dimensions de nos |ilus beaus cerisiers. Les
villages des Barj' et des OuanguaraJi sont tantôt étagé^i
sur le flanc des montagnes qui leur servent de retraite
contre l'ennemi, et tantôt groupés ou dispersés au
milieu des riches forêts qui les ombragent.
Les montagnes du sud des Bary donnent du crislal,
du fer en abondance et un peu de cuivre; ellea
fourniraient h un minéralogiste un champ d'études
aussi intéressantes qu'utiles.
Les Nouers ne reconnaissent qu'un seul Dieu, qu'ils
appellent Nav. Leur prêtre, appelé Doua, est une
espèce de Dalai-Lama, pour lequel ils ont une vénéra-
tion voisine du culte. Ils le croient immortel et exempt
des servitudes inhérentes à la nature humaine, comme
du besoin de manger. Sa mort est soigneusement
cachée par ses disciples, duntle plus âgé le remplace.
Sa demeure est entourée de palissades, et inaccessible
il tout autre qu'à ses disciples et aux Djink, rois ou
chefs guerriers. En voyage, on le transporte sur un
brancard de feuillages. Rîen ne se fait dans la tribu
sans qu'il soit consulté. II passe, disent-ils, sa vie en
communication avec les esprits qui dominent ce monde,
et enseigne à ses disciples l'art de la divination et la
médecine au moyen des simples. Quand la guerre est
résolue, il envoie quelques disciples maudire les en-
nemis. Ces Balaom jettent ensuite trois dards au delA
des frontières où ils veulent porter la guerre.
J
(8»7)
^ Ils jeûnent pendant le mois d'ouicb, qui correspond
au solstice d*hiver ; ils ne mangent rien alors depuis
le lever dusoleil jusqu'à son coucher» mais ils boivent
pendant ce carême. Ils s'abstiennent aussi de la viande,
du lait, et ne mangent que du poisson et des fruits
sauvages. Les premiers jours du mois qui suit ce jeûne,
ik ont des fêtes et des réjouissances générales.
Quand leur chef meurt, c'est le dernier de seà
enfants qui lui succède.
On coupe le cou aux voleurs. L'assassin est à la
merci des parents du mort. Us ont le droit d'exiger
de lui autant de vaches qu'il a de doigts aux pieds et
aux mains. Les vieilles femmes et les vierges suivent
les hommes à la guerre pour les encourager. Le roi
et les siens restent ordinairement derrière les rangs
pourles exciteret pour tuer» dit-on, ceux qui lâcheraient
pied. Le roi prélève une part du butin fait sur l'en-
nemi ; le reste est partagé entre les combattants. Quand
une fille est enceinte, on la relègue hors du camp ou
du village avec les prostituées, mais les parents adoptent
les enfants pour garder les bestiaux.
(m )
^nMyit^9 Rapportfi, Cik truite d'on-
irrageH^ Mélanges ^ etc.
V ' n m m^fWT'^'^i''
CANALISATION DE I/ISTHME DE SOTZ.
EXTRAIT v'pm hwiTw m^ m^^v^M^ 4 m, Àfmmf-
'»■<*■
Le Caire ^ le 3Q novembre i85^., .
*ifrès honoré Monsîeuir Joîiiard ,
. Je. ne veux |)as laisser parlir le courrier 4'auiourd*hui
^^ns v^us écrire,, quoique le temps presse, Il yient d^
%ç jpî^ss^j: qn.^ chose, trop imporlanjte pour le mo^qde
^U^kKU irw ipiéfie^s^nt^. pour vous oui affeclipnnez
ImtJ'EgîP*^ ^^ pour nj.pi sidésirée^ î^e je regarde-
r^is. oqiDijp.e iinje fauled^ nç pa$ ypvis en. infoji^aver lé
pj:ewiçr. ^ "^^^
• M. F<erdinand de Lesseps^ ai^cien consul en Ègvpi^
et ministre de France en Eî|pa^ne^ vient d'êlrç autoris^
par S. A. le vice-roi à former une compagnie euro-
péenne pour la canalisation de l'isthme de Suez...
Signé : Linant-Bey.
Une noie sur la détermination précédente est arrivée
fi Paris en même temps que la lettre de Linant-Bey ;
en voici un extrait :
La grande œuvre qui depuis des milliers d'années
a été le rêve des souverains de TÉgypte, et plus tard
de toute TEurope, ce rêve, qui, à quelques époques,
a eu de faibles réalités, va enGn , nous pouvons Tes-
Son AUe^e le vice-^roi il*ÉgypU| cWchauJt A ir^dr^
som règae remarquable par la prospérité qu.'U fwt(
denaer aux belles conlré^s qu'il gouvera^v a peu^
qiia le percement de Tislboie de Suej^» e]t une oQqunil-
nicalioa établie pour le^ gr^vidi nau'ires oatri^ la in^.
Rouge et la MéditeiTaaée, pouvait, Uh^ en pj^^^uraiMi
à i'Éfi^pte de grande avenlages pécuuoîr^a, 1^ WfiU^f^
2ivuu», envejw l'Europe et le monde ei^tii^» d^v^ viaf»
ptfljkmi oi loutes les pn^issanoes si^foot i»liivej^9^. k,
Ift conserver dans son éèat le plus parEait de U^anqi^iU,
liihé : eile a peinsé au^i que eeite grande couvre serait
d'un résultat immense pour les puissances earo.?
péeanes, pvîeqae cette cooiMàiunicaJLÂon abrégerait de>
plusÂtuiv milbers àe milles les distances pi^rcaurueft.
a^ijourd'hui. Persuadé qu.'ià œiie époque jl^ rivalit^^
mesquines et déplorabkîs qi4 0^ ejti^té .autrefoÎ4i f^
qui etijoiird'bMÎ «disparaisseni par TaJUiaoce fpeJl^be;
e«isiM»â entre l'AngUlerre et JLa France* dioot îles intéK
rMs coiQmuiii dmieiBiaieni furetque identiques^ pe»^)
sua4é» dis«>îe«. de ces prîneipis^ le vîce^roi Said»P%$^
vieni àe donDer & 11. Feodîaan^ <de Lesaeps, soa mm^
d«fMftis de k»guefl fuiaèes et asa héte aeiuetb^ dm^
pleins pouimra peur eensWoer une eoe^pt^^ie «usi-i
etf^eilevCyMif) posée deecapâlaUsies<de toutes les iMOftiNMv'
à laquelle sera concédée la eooiiBUii^îciMlÉQro des ^^mft
mers et au moyen d'un canal direct avec tous les tra-
vaux qui en dépendent.
Cette grande œuvre à laquelle, depuis soixante an-
nées surtout, on a tant travaillé, va donc immédiate-
ment avoir un commencement d'exécution.
< ftM )
M. (leLesseps voulant pouvoir, Bavnmmeiit et
connaissance de cause, faire discuter tout ce qaî-
rapport â cette immense entreprise, va partir pi
l'isthme avec Linnnl-Bey, diiecteur général
travaux publics et des ponts et chaussées en Égypl
l.inant-Bey, depuis trente années, étudi
f^randc question; ses mémoires, ses projets, tous ses
travaux sont connus et ont été même la base de la For-
mation de plusieurs sociétés ayant rapport à l'isthme
de Suez et aux communications à y établir. En 1B63,
il a encore fait dans celle porlie d'importants travaux,
et nous pouvons dire que, plus que tout autre, il est
fi même, par les travaux qu'il a entrepris et exécutés,
par les études sérieuses qu'il a faites sur l'isthme, et
enfin par les documents que personne autre ne p<
sédo, de diriger celte grande entreprise; aussi M.
Lesseps l'a-t-il choisi pour la conduite de cette ceuvi
en Egypte, et S. A. Saîd-Pacha l'a nommé son com-
missaire ingénieur pour celte immense entreprise.
MM. de Lesseps et Linant, agissant avec la loyauté de
caractère qu'on leur connaît, désirant autant que pos-
sible s'entourer des personnes dont les lumières peu-
vent aider à la grande œuvre dont ils sont chargés,
ont prié S. A. de vouloir bien leur adjoindre pour
l'excursion prochaine dans l'isthme, Mougel-Bey ,
directeur des barrages du Nil, et dont ta capacité est
UDiversellement reconnue.
(401 )
EXTRAIT
ft'vMB LKTTRK ADRESSÉE OU CAIRE A M. JOIIARB
»AR M. LE COMTE d'eSGAYRAG DE LAUTURR, MEMBRE Ï>A
LA SOGlàTé.
26 novembre 1854.
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de
in'écrire dernièrement au sujet de la latitude de Tom*
boctou» devinée depuis longtemps par vous, et sou-*
tenue récemment par moi , en me basant sur des
indications climatériques. Vous me faites l'honneur
de me demander les nouvelles géographiques qui nous
parviennent ici. Je m'empresse de vous satisfaire» bien
que l'en aie, pour le moment, peu à vous signaler.
J'ai obtenu des renseignements exacts sur la mort
de Vaudey. En voici le récit d'après les témoins ocu-
laires.
Yaudey était parvenu au lieu nommé Olibo» latitude
à peu près 5 degrés , et s'y était arrêté pour attendre
une de ses barques qui devait le rejoindre dans la
journée et qui était montée par le nommé Moham-
med-Effendiy son associé. Cette barque n'était plus
qu'à une faible distance de celle de Yaudey, quand
elle aperçut celle de la mission autrichienne présidée
par dom Ign. Knoblecher; Mohammcd-Effendi
voulut faire lé salul d'usage et commanda le feu ; mal-
heureusement une des armes se trouva chargée à balle
et un indigène fut tué. sur le rivage. Les indigènes,
réunis en grand nombre sur ce point, firent pleuvoir
sur la barque de Mohammed-Effendi une grêle de
(Mt )
flèches; Mohammed y répondit par un feulasses nourri;
quelques hommes furenl tués de part et d'autre.
Vêrlidey, ^o^ant la mission attaquée > êeseertàii à
4erre avec quelques hommes el marcha hafjdio»eiiV A
l'ennemi. Malheureusement, les indigènes étaient en
trop grand nombre pour être repoussés facilement, et
Vaudey ne songea à la retraite que lorsque déjà la
plupart de ses hommes étaient hors de combat el que
lui-'hième était atteint t)e plusieurs flèches 1 1*^\ «tors
qti*ën voulant rejoindre sa barque, il fot atteint 4é
Coup de la mof t.
11 me semble que le pocha d'Égypic devrait étabHi*
sur le Nil quelques postes militaires pour Ift polii^e «t
la protedton des tiégociants; le soin de sa dignité
f*exigerai(. Les missionnaires y ont» à Gotkdokoro, M
établissement; jusqu'à présent ils n'obtiennent tiefi
des indigènes, qui se jettent sur leurs v^rfot^^'ics >dès
qu'ils les voient arriver, el les renvoieiYl à edopfe de
bois de lance quand ils n'en attendent plus rieH^
La feioft de Vftudey est regrettable pour la Science;
^«0iqu'il tte fût pas è mèôie de faire des observations
%st)ronomiques, Vaudey pouvaift rendre de grands ier-
Tlces à la géograplue. Je le définirais en disaivt qe^
«'était uft homme plus intelligent qu'instruit, pittê
btava que sage.
J*ai ni M. Mouchelet, qui était chargé de ta cettstrwo-
fitrù du palais d'Abbas sur le Sinai; il a détermilifé,
dafts celte péninsule, quelques altitude^ qui nerataient
pas encore été, et m'a promis de faire une esquisse
<m 'Une petite carte, qui, accompagnée d'une notice
isxplicativiâ, serait une heureuse acquisition pour notre
( m )
m. Aîras, ingénieur français, ijtii a srtritî M. Ihu«
diekt iàu Sînal, a pris part & cb tra?aiK
H. le docteur Cnny, qui est de nouveau earoyé
à Sfoot» ise propose (te publier quelques irensei--'
gttCttiehls sur (e Dfli-fôur. Je Tai engagé également à
^dfitet* êa Bàttefê/t, t)tii ne peut que gagner à cea^ CQm*'
ftttittfealîdtts.
M. Vayssiëre, négociant français, qui va fepd'rfir
ttteea^tfthilf^^nt pourle Souda», a e«i Ift cotnpfeisaoeede
ÎÊ0& ï-eftiellre Utte carie^ dressée pa^ Wh d'une poHHOt^
du ftei^ve Blanô. D'après cette cai^te, doiM M. Mariette
est chargé de vous remettre une tfopte', le fleuve Blatte
ffr C eU fait 8nr s» rive gauche tfn «ffiuent considémble,
l^t ir*^ Jetterait par quiaireboucliè», à travers de vaste»
marécages; la laiilude moyenne est à peu prte 7^ i/3
(ètinre Antop et Tabac, 6 distai^e ëfçale de ces deux
p^nts); r«fihient pcnitilt venir du sud.
II. Vayssière, ain#i ^m tous eeux qui t^monteftl te
lletiYé Blanc, pl^^ent ks sources de ce fleuve au «ud
de Téquateur^ J'a4 vu euisî M. le docteur ea philoiou
phitiletigliin,fkai|^A jMkr S. M. l'empereur d'Autriche,
d'une mission politique et scientifique dans le Soudan;
il l'a heureusement accomplie, et rentrera bientôt en
Europe avec ppe collection con^dérable» de nom-
breux dessins et un grand nombre d'animaux vivants.
Il tD*a prtymis d^^nte iMoioMai^ucr iâeiatèl^4A^€irte
faite par lui des régions occidentales de l'Abyssinie et
orientales du Sennâr, peu connues et inexactement
refivéseiilèes josqu^à préseolk
Il me reste à voua douner uisierdouveUe.pltt^impor^
tante que toutes les arulre^s : ii «'s^il d'iMa lait qui dpi^
avoir sa page dans rhistoire d« oaoosk^. qui^r^ ^
( àOA )
mise en action de cette devise : aperiam terrain gentibtui
M. Ferdinand de Lcsseps, arrivé lécemmeat en Egypte,
a suivi, d'Alexandrie au Caire, le vice-roi, qui a fait
atanl-hier son entrée dans celle dernière ville. Pen-
dant ce voyage, M. de Lcsseps a entretenu le vice-roi
du projet l'urmé par lui d'entreprendre, au nom et
aux Trais d'une compagnie, la canalisation de l'isthme
de Suez.
Hier dans la matinée , le vice-roi a reçu le corps
consulaire, et en présence de tous les agents de l'Europe
(moins le nôtre qui n'est pas encore arrivé, et vient de
se marier) a prononcé ces paroles ;
« Je concède le privilège de canalisation de l'islhme
de Suez à mon ami M. de Lesseps et à mon ingéniei
Linant-Bey. »
Le cLvis de M. Linant est à lui seul une garani
de succès; depuis de longues années il s'occupe sans
lelÂcUe de celle grande question : c'est à lui qu'il
iipparlient d'ouvrir au commerce du monde et aux
triomphes de l'Europe celte voie nouvelle...
C"' d'Escaybuc de Ladtdrb.
INTRODUCTION ET ACCLIMATATION
D'BSPàCBS tITILBS A L'iGBlCULTUftB ET A l'iHDUI
Le consul général de France à Chang-hai et Mtng-
po, noire collègue M. de Monligny, a rendu un émï-
nent service à son pays en nous adressant, il
quelques années, pour Us répandre sur le territoii
I
( A05 )
îiand nombre
plante
is, les graines (
qu'il est possible d'acclimater en France, et, lotit ré-
cemment, en intioduisant ici doii7.e yoks de la Chine.
Voiri les preiiiifrs résultats constatés de ces prëciensea
importations. Le sorgho sucré de la Chine, Ihlcus
sacrkaratus, a parfaitement réussi aux Iles d'Hyères.
Semées sur 1 liectare de terrain, et cultivées à la ma-
nière du mais, les graines ont Tourni 30 000 kilogram-
mes de cannes, qui, passées aux cylindres, ont donné
16 000 litres de jus, et par la distillation 800 litres
d'alcool de la meilleure qualité : l'alcool ainsi obtenu
marquait de 10 â 12 degrés A Taréomètre; depuis, le
sirop a cristallisé.
Dans un autre département, celui du Nord, un fa-
bricant a obtenu du sucre parfait, qui sera, dit-on ,
incessamment présenté à l'Empereur. Ce précieux
végétal pourrait donc suppléer la betterave, aujour-
d'hui frappée de celte sorte d'épidémie qui a attaqué
la vigne et la pomme de terre. Ce sorgho a encore
d'autres propriétés : les feuilles séchées donneraient
un bon fourrage; les racines, ainsi que les bagasses
(après l 'opération), un bon aliment pour les animaux
de basse-cour et aussi un bon engrais. Enfin, comme
céréale, les épis de cette plante fournissent aux Chinois
une nourriture nbondante. Ain^i, comme s'exprimait
le maire dos lies d'Hyèrea, le comte de Beaoregard [1),
président du comice agricole de Toulon , VHolcus
.incchtiratits peut abreuver et nourrir largement les
hommes, les animaux et la terre. Te! est le végétal
^^ dont M. de Montigny a doté la France.
^^^L ^i) Rapport au comice agricole de Touloa du nioii de navemliru
^^H^Ur: cette pièce est dépiHPe «ur le bureau,
^^B Vill. nfiCEMBIlR. 6. 27
( AOti )
. (.I(
Lpai
ule. II u «uv
i/ri des Cliin
.>^.
nFnm
ilei
U graille d'un igniime, la ivi/" dos i^iliinoiï.
fournit une abuniUme nouriituie. Celle planl?, qui
(itiut cuiiiLlei' la (ii^licit 4u'ëpi'iiiiïe uujoui-ti'liui Ih paf^
lueiitiùie-, a rouitM ici mèuiu à c« poinL qua, l'anuie
p^uctitine, on pourra «'«n |n.'ucui'oi- ciiiquaDli^ «uiU«
pieds. L<i» f^iBiue^ de huit aulrâtt Boiles de plantes.
Irais (fbpâceK de l'iï, Itoîsdel^giiiues, un niiâs^éant, etc.,
out égulaïutinl été mivoyéi^ piii* liûU« lioDocabU cul-
lùgue, et uut élë expériiiieutiïes daikS une diMuoioe de
nus di'i^at'teiiieiitË. Le vïz eec a léiissi eompléleiueut.
Le uaiUïs'eigiievé àliuit ou neuf pieds, et adoDué jus-
qu'à liuil épis, cbaciin Iruiu ou quatre fuis plus gros
qu<; ct-lui de nuire mais. P^cuii \ti légumes, il na csl
UQ il'uléagiueux, c'csl ud f/t»s qui pruiiuit plus d'buiU
^U« la aav«no d le culiia d u'eïige paB une aussi buuae
twre.
Quelque utiles bt iiiipUrtUQlc^ que Koieot ces iiupor-
Mtiuus. elles le uèdeul peut-éiie à celle de» duuïe
jaks : luul ce cju'uu peut cbercher àcoiiualtie uir cet
MUiMiHux est Ctiiigignédansuii vuIumedeM. Is. Geutfruy
Saiut-Uilaii'G, don t ou li aille lèli^MusïiiirdeuLqu'éclûirâ
poui raccUiuaialiuD des tspèi:ea utiles: je me burne-
vaï à dite que les jaks unt êlé distribués en diUéi-entâs
luca^tés propices à leur mulliplicutioii ; deus soM pUi-
eàsùBarceiufiueUe, aux soins du comice agricuie; iroi»
pi'ès de PtiUlarlier; deux autres à CbainpuguolJe, daas
le Juiai les animaux sont devenus inagniliquest ua
jeune yak est né dans le Jura : c'est ie p/eiuierne en
Eurofje. L'jak pourrait servir au traniiport et aussi d«
monture. Le lail de l'animal est de 1res bonue qualité.
Ce n'est pas loul: la laine de l'jak a été tissée à Mul-
J
( 407 )
hmsQ ; elle ««l très fine,* «Ue y a été jugée^ par les
meilleurs connaisseurs, comme à la fois raoelleme*
résistante et brillante. La société d acclimatation <que
préside M. Is« Geoffroy» son fondateur, commue d^en-
tourer«e(ie importation de toute sa soilicîliiâe.
Veîlà les services qu'a cherché à rendre et qu'a déjà
rendue ^ scn pays , Tbonorable consul de France à
CI^Ang-li^l et Ning-po, en nous associant é son «Buvre
d'^mélioFation. C'est un noble rôle qu'a accepté la
Société de géographie quand elle a consacré un prix à
la décoiiverte la plus utile à l'agriculture et aux artsk
Notre collègue continue à nous rendre intermédiaires
pour ces utiles travaux; c'est par là que la Société,
sans jamais perdre de vue la voie scientifique, objet
de son institution, se reeoti^Htiandera de plus en plus
à Tattenlion publique, toujours portée de préférence
vers les applications d'économie sociale.
15 décembre 185A. - Jomaiid.
P^ S. Nous apprenons que déjà plus de cent mille
plants du Dioscorea japonica ou Igname-patate existent
eu ce o^oment à Paris et dans les eiâcvirons; ce seront
dpiic plusieurs millions qui pourront être livrés à la
grande culture. Tannée prochaine.
M. PajUetv horliculteur , rue d'Austerltix-Sainl*
Alarce), en possède à lui seul environ cinquante miUe
plants.
Indépendamment des végétaux ci-dessus looieAlto»-
néft, nous apprenons que M. Hardy , directeur d«s
jardins d'acclimatation de l'Algérie « a parfaitement
acclimaté et cultivé déjà en grand les bambous, cao^
phriers ^t d'autres arbres du nord de la Gbiae> dus
( 408 )
aux envois de M. de Montigny, notre consul dans cette
contrée.
11 résulte des essais faits par M. Decaisne, membre
derinstitut,que les ignamf^s, plantés en avril et rames,
ont produit, les uns, des tubercules pesant 300 gram.
en moyenne, d'autres, le poids énorme de 1 kil. |;
en proportion, 1 hectare produirait 60 000 kilogfam.
Les tubercules des ignames contiennent plus de prin-
cipes nutritifs que la pomme de terre ; ils se cuisent
deux fois plus vite ; enfin ils se conservent mieux; ces
tubercules se maintiennent intacts toute une année,
sans s'altérer.
EXTRAIT
P^UNE LETTRB DU DOGTBPR »fiRR0N A M. iOMARD.
Alexandrif*, 3 décembre i854«
J'ai envoyé à Paris des échantillons de moucennah;
ce nouvel anthelminthique est bien supérieur au kousso.
Ces échantillons m'avaient été donnés au Caire, il y a
un an, par le père Sapeto, que vous connaissez. En
même temps, M. Gastinel, pharmacien du Caire, et
mon ancien élève préparateur de mes cours à recelé
de médecine, me donnait quelques échantillons d'anc
écorce anière qu'on nomme ici quinquina du Faz-
Oglou j celte dernière écorce a une apparence qui
rappelle tout de suite l'écorce de quinquina jaune ou
Calisaya^ fourni par le Cinchona cordifolia; seulement la
( 409 )
cassure du Calisaya esl plus ijbreuse, ce qui porte à
croire que Técorce du quinquina du Faz-Oglou n*est
pas d'un véritable quinquina. La décoction cependant
en est très amère» et, à ce litre, peut remplacer dans
nombre de circonstances le quinquina thérapeutique,
ou quinquina rouge. Cette substance n'a encore été
envoyée en Europe qu'en très petite quantité.
- Le moucennah est Técorce d'une légumineuse ap«
pelée aussi en Abyssinie moucennah: c'est le Besennah
anihehninthica d'Achille Richard [Flora abyssiruca,yoh I,
p. 263). Le nom de besennah est fautif, on a voulu
dire et il faut dire moucennah, ce qui signifie dentelé;
c'est le caractère des feuilles de l'arbre. « Cet arbre»
m'a dit le père Sapeto, dans une note de sa main,
croit en Abyssinie dans des endroits élevés, et même
dans les vallées très chaudes, dans les terrains sablon-
neux et pierreux. La grosseur ordinaire de l'arbre est
celle d'un cerisier, avec un tronc droit, une écorce
très grasse, qui, lorsqu'on la coupe, laisse couler un
liquide abondant. La feuille de l'arbre est longue ,
dentelée et épaisse; la fleur est allongée et blanche. )>
Selon les renseignements que j'ai reçus directement
du père Sapeto, l'écorce du moucennah , réduite en
poudre, même grossière, est un téniafuge héroïque,
et est toujours préféré au kousso dans tous les pays
où les deux substances se trouvent réunies. L'emploi
de la poudre, du moucennah esl beaucoup plus bénin,
plus facile, d'effet plus rapide et plus sûr, moins ré-
pugnant et moins désagréable pour les malades.
En Abyssinie, on administre la poudre du moucen-
nah, même avec les aliments, sans aucun régime pré-
paratoire, et elle n'occasionne aucun dérangement.
( 44a )
pa» même de gène dans la digestion des aliments aux-
quels elle a été mêlée. ^
Deux h quatre joui*s après que cette poudre a été
avalée, on sent comme une sorte de poids léger qui
se déplace; c'est le ténia ou ver solitaire qui se trouve
aaïassé en une petite pelote , tué qu'il a été par la
poudre de moueennah; le père Sapeto a eu â (^ire
1-expérience su^r lui-même ; car le ténia se développe
chez un 1res grand nombre d'individus, étrangers ou
indigènes, dans tout le Soudan central, depuis la mer
Rouge jusqu'à l'océan Atlantique.
La poudre de moueennah s'administre en Âbyssinie
à la dt)se d'iàne feind/oû, sorte de coquetier, ayant
la contenance d'environ 12 grammes de la poudre
dont nous parlons, ù l'état de dessiccation. Le përe
Sapeto av&Tt ap|^orté au Caire, il y a un an, deux t}Qt'n-
taux d'écorce de moueennah.
Un extrait alcoolique préparé au Cfeire par M. €fas-
tinel; a été donné à la dose d'tm grain pendtmt-cinq
jour» de suite; quatre ou cinq jours après, le ténîà, qui
avait résisté h toute médication, fut expulsé.
Le moueennah me paraît destiné à i*emplacer com-
plélenrwnt le kousso.
Signé Vvmqm,
m
NOUVELLES DR l'aFRIQUE GBRTRÀLK.
ANNONJCE DE LA MORT DU Df RARTd-
Le docteur Vogel a écrit du'lS juillet de Kooka; ses
lettre» sontarrivéeftvevsle&décembreàLeipftigj Le doit<t
teur Bavtb a l>eaueou]) souffei^ à tombaueioji>; il étM|
( »i« )
malade par suite du traitement qu*il avait éprou?é,
et très inquiet de sa situation. Son état de captifilé
Tavait entièreo^nt découragé. La lettre du 28 février
et les suivantes font connatlre sa triste position ; le
8 mars, il écrivait encore à Hambourg : « J'espère
enGn» disait-il, partir demain ou après, » On allait
jusqu'à lui (jlwe qii^'il n'y avait pl«f»d& k^nnt chance
à espérer de son voyage, et que ce qu'il avait de mieux
à faire était de se pendre ! ! !
Dans une des dernières lettres du 13 mars, écrite à
un ami, le docteur Barlh raconte son anxiété, les toi^r^
ments qu'il éprouve; il se laisserait, dit-i]« aller au
découragement sans sa confiance dans la miséricorde
divine^ — Plus loin, il annonce qu'il a été aux tentesy
que là on Ta fait assister à une fête qui a duré trois
jours. — Il ajoute qu'en ce pays on ne peut se fier à
personne ; les promesses qu'on lui fait sont illusoires ;
les protestations sont autant de mensonges. La ville de
Tombouctou est, dit-il, comme un tohu-bohu, et livrée
à l'ànarcUie, personne n'y commande. Il espérait at-
teindre Bornou en juin. — Il ne pouvait se procurer
du lait et il essuyait toutes sortes de privations. L'épo*
que des pluies était arrivée. Il dit qu'à son procbaia.
départ le bagage de ses cbameaux sera très léger.. •
Une .escorte procurée par El-Bakai devait l'accompa-
gner à Sakkatou. Le 23 mars, il est retourné aux tentes,
d'où il devait enfin partir pour Sakkatou. Là, s'arrêtent
les renseignements tirés de ses lettres: M. Petermann,
dans une publication récente, conclut que la mauvaise
saison, la saison des pluies, l'a trouvé affaibli; c'est
peut-être la cause qui aurait fait succomber Barlh peu
après son départ de Sakkatou.
( 412 )
Le docteur Vogel se proposait d'aller à la Tchadda
vers le 20 juillel, revenir à Kouka et envoyer à Tripoli
SCS colleclioDS, puis se rendre au Ouadày» au Darfour
et revenir en Europe par TÉgyple.
JOMARD.
AUTRES NOUVELLES DU IK BARTH.
(Société royale géographique de Londres, i3 décembre 1854.)
On a lu les lettres adressées par le docteur Barth au
chevalier Bunsen» de Tombouclou, 28 novembre 1863
et 23 mars 185& » annonçant son départ de cette
ville, et des dépêches du consul d'Angleterre à Tripoli
au con]tte de Glarendon, des 3 et 2& octobre» et du
6 novembre 185A» annonçant que la mission n'était
pas encore revenue du sud (à Kouka) (1).
C'est le 2A octobre que le consul à Tripoli a annoncé,
d'après une lettre du docteur Vogel du 18 juillet (de
Kouka), la mort du docteur Barth à Meroda, à 100 milles
est-nord-est de Sakkatou. La date de la dernière lettre
de Barth est du 28 mars, datée d'un lieu à h milles de
Tombouctou, adressée au consul. Il se portait vers
Zinder, où il comptait trouver des secours, attendus
depuis très longtemps.
Le docteur Yogel, hors d'état de se rendre àMeroda,
en personne, y a envoyé un homme sûr, pour consta-
ter le fait de la triste nouvelle, et recueillir les papiers
et les effets du défunt. Le docteur Vogel avait souffert
(1) On a va plus haut que le docteur Vogel se proposait strs le
20 juillet d'aller vers la Tchadda,
( 41» )
I d'un violent accès de (lèvre, mais il avait jm accom-
tpagner le gouverneur de Bornou à Musgau, d'où il
ï. revint en juin. Son intention était, après la saison des
[ pluies, d'aller au Ouadày, pénétrer au Darfour et au
■■ Rordoran, et revenir en Europe par la voie d'Egypte;
' mais il n'était pas sûr de pouvoir réaliser ce projet.
La caravane nù était le porteur des dépêclies remises
à M. H. Warringlon, devait quitter Kouka quinze jours
après la date de sa lettre (2 août).
I Le consul a écrit à un négociant arabe de Bengliazi,
f agent du sultan de Ouadày, pour procurer au docteur
aide et assistance.
Le 6 novembre, le consul écrit pour annoncer aussi
la mort de M. Henry Warringlon; il csl mort aux puits
du Diable, à environ 100 milles au sud de Bilma, Cette
triste nouvelle est venue par une lettre de son domes-
tique à M. GagliuQi, qui a apporté à Morzouk les dé-
pêches dontM.Warrington était le porteur. Le docteur
Vogel était parti de Kouka pour le pays d'Adamawa.
DES COLONIES PENITENTIAIRES DE LA GUYANE
ET vu LEDR IHFI.UBnCE
suit LA ciOGRAPHlS DE CE PIÏS.
Depuis les infructueuses tentatives de colonisation
du Kouruu et de la Mana, la Guyane, dont on avait
exagéré l'insalubrité, languissait oubliée de la métro-
pole, surlaquelle elle faisait peser dos cbarges que ses
I productions et son commerce étaient bien loin d'allé-
Igcr. Elle existait bien comme colonie française, mais
1 que i
( m )
l»m semblait l'^banHoiiTier pen l'i pem le inouveitn
l'espril de (mlonisalidn clîsparitissHii?n(, les étnblisse-
ments de l'iiUéripiir s'elFaçaipnl i»roRressiveinenl. et la
nntiirfi renlrait en ]>osBes8Înn des terres qui^ l'Iiomme
y avait tléfi'icliées ; les côtes, remboucliiire des rivères
consenaîeni setiles lesrart^s cetili-esdepoptilalion que
la Frnnre y aMit établis atilrefon,
Le décret du 20 ninrs 1852, tjui ordonnait l'étal
arment d'une colonie pénitenlitiire à la 6iiynne,dt
apporlernn heureux chnn|;ement au triste état de celle
colonie. On peut aujourd'hui affirmer sans liésilatian.
i:juela réaiisaliun elledt;velo[>|>emeutdecetteco[onîsa-
lîon pi^nilentiaîreont déjàeu pourrésultatdf faire pro-
gi'esser la péogrRpbie de ce pays, par une éhide plus
approlondie du sol, du clîmal, des productions que
l'on en pouvait tirer, cl par la furmalion de piusipurs
ceniri'fl nouveaux de population européenne rfani
l'intérieur même, cfi qui jusqu'alors avait paru itnpoj
sible à cause ds l'iusaiubrilé du cKmaL pour les blam
Nous ne pouvons mifux justilier ce que nou;
d'avancer qu'en Faisant connallre la situation géogra-
phique et l'élat actuel He« difFérçntft p&ints ftSeeién au-
jourd'hui à ce genre d't^tabljsscttifi^b colonial.
C'est aux l'/es du Saluf que fut d'abord tentée la col^
nisQtion pénitentiaire ; ces iles sont au nombre d^
trois: Yile Royale, de i â 5 milles de longueur; Vile
Marthanile et Vile au Dial>le<, qui ont chacune à peu
près 3 uiilles de longueur; elles étaient autrefois con-
nues sous le nom <\'ites au Dfable et sont situées l'i
27 milles au nord-nord-ouesl de Cayenne, près de
l'embouchure du Kouroii ; un étroit chenal les sépare,
elles soai boisées et leur climat est fort sain. Le piin-
ions \
a-
d^^
"■ "^ i""i- .
(415)
cipal établissement pénitentiaire a été établi dkns fHè
Royale; les condamnés y sont distribués par catégorie»
et pelotons. L'une des premières comprend les con-
damnes politiques ; tous sont astreints à un travail
régulier et, outre les travaux de culture, il y a dans,
la colonie des ateliers de tailleurs, de cordonniers, dés
fabriques de hamacs et autres objets de campement;-
Ui/et de la Mère, dépendant du groupe des Hte
liémire, situé à quelques kilomètres au sud-est de
Cayenne, et qui a 556 mètres do long sur 303 de large,
reçut aussi un dépôt de condamnés. C'est auji)urdllur
de tous les pénitenciers le plus salubre. Il y exisie des
ateliers de tailleurs, de cordonniers, d'elFbts d'habil-
lement et de couchage.
On avait établi aussi, dès l'origine, à Cayenne même,
un atelier de condamnés composé de ceux qui doit--
naient des garanties de repentir; en attendant un éta-
blissement plus complet, ils furent casernes dans ane
frégate désarmée amarrée en rade. Les heureux résul-
tats que l'on obtenait dès la fin de 1852 enhardirent
les essais de colonisation, on songea à former des èta-^
blissements en terre ferme ; le premier fut tenté à la
I^àntagne-d* Argent, sur la rive gauche de l'Oyapok et
non loin de son embouchure. H est aujourd'hui en
pleine, prospérité, une grande colonie agricole y a été
étàbjie ; les bâtiments y sont dé brique et de pierre,
énorme avantage sous un climat humide et pluvieux;
il compte déjà plus de 500 condamnés, qui sont par-
tagés en plusieurs pelotons et qui ont à leur tète des
chefs de culture. Le riz, le manioc, le colon, les épices,
sont les principaux produits que l'on y petit récolter
Aux environs s'élendéùt d'immenses forêts qui pféfci-
( 116 )
venl fournir des bois de construction et d't^ijénisterî
pour le commerce.
Lorsque l'on remonleJ'Oyapok.cfs forêts tlevieanent
encore plus épaisses, et c'est tiu milieu d'une clatriëi
produite par un ancien défrichement que se lirour^
a ensiron 250 kilumèlres au sud-est de Cay
pttite colonii; de Saint-Georges. Llle l'sl spécialement
affectée aux forçais noirs et aux Jibérés de cette cou-
leur. Purement agricole, elle est en bonne voie de
prospérité: les constructions y sont de briques. Quel-
ques noirs s'y livrent, comme A la Montagne-d 'Argent,
à l'exploitation des forêts.
A environ la kilomètres au sud de Cayenne,
arrive en remontantle Mahury, au conQuent des deui
rivières de la Comté et de l'Orapu, qui, par leur réunioD,
forment ce petit fleuve. Ces deux rivières de l'Orapu
et de la Comté laissent entre elles un plateau qui va ea
augmeulant d'clévaiiun de|)uis l'ancienne habitatioi
Power jusqu'à la montagne Cacao.
Les plaines de ce plateau ont été jadis défiichées,
mais elles sont aujourd'hui couvertes d'herbes de para
et de quelques arbustes ; elles peuvent être facilement
déboisées et donneront ainsi de superbes pâturages
sans marécages. Le gouvernement a compris le parti
qu'il pouvait (irer de cet emplacement pour la colo-
nisation, et deux centres nouveaux viennent d'y être
établis récemment (septembre 185A);l'un, situé à l'an-
cienne habitation Power elle-même, prendra désormais
le nom de Saint-jlugustcn ; l'autre, situé à quelques
kilomètres au-dessus el à 86 kilomètres de Cayenne,
recevra le nom de Sainle-AJarie ; on y enverra 600 con-
damnés ou libérés, et à ces derniers on fera des coii'
nt 1
1 oes cou- ■
(M7)
Cessions partielles et provisoires de terrain^ où ils pour-
ront cultiver le giroflier, les vivres du pays, et se livrer
à l'éjducation du bétail, ce qui sera d'une immense
l'essQurcepour Gayenne et nos navires, qui sont obligés
d'aller demander aux Antilles leurs approvisionne-
ments en viande fraîche.
La rivière de la Comté, sur laquelle sont ces deux
nouveaux établissements de Saint-Augustin et de Sainte-
Marie, communique directement, par le Mahury et celle
du Tour-de-rile, avec la rade et la ville de Cayenne;
sauf quelques coudes moins fréquents et moins diflli-
ciles que dans celle du Kourou, elle est navigable jus-
qu'à Saint-Augustin; elle assure donc, par conséquent,
à l'aide d'un petit bateau à vapeur, une prompte com-
munication entre les deux établissements et la capitale
de la Guyane.
La colonisation, en voie..dje progrès, comme on vient
de le voir, ne s'arrêtera pas là. Le gouverneur de la
Guyane, M. le capitaine de vaisseau Bonard, vient de
faire, dans l'intérieur du pays et vers les hautes terres,
un voyage d'exploration dont nous pouvons espérer
d'heureux résultats, tandis qu'à la même époque un
commerçant de Gayenne entreprenait une excursion
jusque vers les sources de TOyapok, à la recherche
des arbres à caoutchouc. Il est même entré en rela-
tions avec quelques tribus de la haute Guyane, qui,
apprenant de lui que l'abolition de l'esclavage avait été
depuis longtemps proclamée par les blancs, se sont
bien promis de surmonter leurs craintes et leurs vieilles
antipathies pour venir visiter nos marchés ; une con-
naissance plus intime du pays doit naturellement
ressortir de ces nouveaux rapports. Le défrichement
( A18 )
remontera le cours des rmères.et achèvera (rassainir
rintérieur de la (Gruyane, des relations commerciales
pourront s^établir avec des peuples dont on connaît
aujourdliui à peine les noms, et peut-être celte con-
trée où l'on ne compte pas moins de 259 espèces de
bois utiles produites par ses forêts vierges, suflGra-l-elle
seule cA l'approvisionnement de nos arsenaux, tribu-
taires sous ce rapport de l'étranger, et à celui de la
Guadeloupe et de la Martinique, qui tirent leurs bois
de construclion maritime et civile de l'Ile de Porto-ÎBUco.
y. A. Maltb-Bbum.
NOtE
&DR LB PÈJElGËlMLËlifT DE L^ISTHMÉ DE SCEZ,
PAR M. TRÉMACX,
Membre de la Socie'té de géographie.
On sait qu'il est question de percer prochainement
Tisthine de Suez par un canal d'une mer à l'autre.
L*important projet qui se rattache à cette localité lui
donne d^autant plus d'intérêt que peu de personnes
Tonl visitée. Les quelques voyageurs qui traversent
ce désert suivent Tun des chemins qui conduit d'Egypte
eïi iPalestine , et noti la direction transversale qui ne
lùène nuHe part.
Le sot bas, qui Forme l'isthme de Suez , s'étend à
Tôrient juisiqu'aux pieds des plateaul sur lesquels sont
Jérusalem et Nazareth; et vers l'occident, sauf quel-
ques petites montagnes, on peut dire qu'il s'étend à
Ifav^ers la basse Egypte jusque dans le Sahara; mais
si ôè àol esl peu accidenté, il est, au contraire, très
1 »1B )
varié daiis sa nature. D'abord, dans la PaitiaUne, il
Guiiaùtue une riche plaine oik croissent en abundance
les oliviers, les oraagei-s. tes palmiers, les figuiers de
Barbarie, etc., jusqu'à Gaïa. et mèiue ju!>(]u'à Caniou-
oîs. A partir de ce dernier point, le sol comiuence à
pré:ieiitat' des monticules et des parties sabloDueuses
jusqu'auprès d'EI-Aricbe; lit, le pays est un mélange
de collines et de plaines entrecoupées Je dunes, et oe
produit qu'une luaîgre végétation. Le cbeiuin disparaît
«puveul sous les lUOuTementa du sable. Depuis El>
Anche, q'Ui forme la limite tfnlre l'Asie et l'Atrique,
jusqu'au Delta, on ne trouve plus de terre cultivable;
le sol ËSl couveit de sable: de tous câtês s'étend ub
horizon plim ou moins acctdealéde dunes kI de brous-
saille^. Si l'on parcourt ce désert, on reucoutre de loin
en loin des bas-fonds qui paraissent quelquefois plu«
lias que le niveau de la mer ; l'eau y arrive par înliU
iralion el peut-être aussi par capillarité, si leur niveau
est supérieur a celui de lauier; elle s'évapore sous
l'ardeur du soleil et laisse sur le sol d'épaisses croûtes
salines qui élincellenl au soleil, et de loin rassemblent
à des nappes encore liquides. D'autres bas-fonds soot
entourés de talus de sable très rapides, au bas desquels
croissent de hauts palmiers dans un sol moins sablon-
neux el humidi: ; ou ne les aperçoit que quand on
arrive sur les bords; car ils n'atleigueiit géiiéralemenE
pas la hauteurdes talus qui leur permettent de croître
eu les protégeant contre les veuts. £n approcbant du
lac Ëallah, qui n'est pour ainsi dire qu'uu enfonce-
meul de la mer Méditerranée prolongé jusqu'à un tiers
de la largeur de l'isthme, en face de Suez, les dunes
defieoaeal très accideatées ; âouveot apua étions oUU-
( »!!«)
gés Je faire de grands circuits pour trouver un etidroî
(]ue tes chameaux pussent rranchir ; et parfois, quand
nous avions gravi obliquement une partie des lalus,
les chameaux rebutés [lar l'affaissement des sables
sous leurs pteds, se rejetaient en arrière, et nous obli-
geaient à chercher ailleurs notre route. Entre le lac
Ballah et Suex, dans la plus courte traversée de l'isthme,
on rencontre une dépression de terrain entrecoupée
de dunes et de bas-fonds, couverte de croûtes salines
du genre de celles dont nous venons de parler. Ces
bas-fonds, assez étendus sur ce point, sont nommés
lacs Amers, C'est dans celle dépression que serait éta-
bli le canal de communication des deux mers, Elle
aboutit au port de Sueï. La profondeur de ce port
n'étant pas suffisante puur les grands bâtîmenis, on
serait obligé de creuser un chenal jusqu'à la rade où
mouillent les navires. Si l'un continue la traversée du
désert, en arrivant vers le Delta, le sable et les dunes
disparaissent presque sans transition pour faire pli
i) la plaine la plus fertile du monde,
Plusieurs nivellements ont été faits en vue du pei
ment de l'iathmc de Suez. Le premier, par les in|
nieurs attachés à l'expédition d'Egypte, accuse, pour
la Méditerranée, une profondeur de 10 mètres en
contre-bas de la mer Bouge. Le nivellement opéré
plus récemment par les ingénieurs français chargés
des travaux publics en Egj-pte aixuse une différence
très minime, ou plutôt démontre le niveau de ces deux
mers. En présence de cette contradiction, il est naturel
de chercher à se rendre compte de quel cflté existe
l'erreur. D'après le rapport publié sur cet ohjet par
l'ingénieur Le Père, dans la description de l'Egypte.
M
1 de I Bgypie. i
la penlo, pcndanl l*inonflation entre le Caire el la
Méditerranée, est de 40 pieds (39 P. 7 p. 3 1.). En sup-
posant cette pente régulière» la liauteur de l'inonda-
lion, au Hou où elle s'introduit dans l'ancien canal, à
Abbâceh, serait à 20 pieds plus bas qu'au Caire, ce
point étant à demi-distance environ de la Méditerranée
ou du lac Menzaleb, qui conserve à peu près le mémo
niveau ; mais Tinclinaison du sol entre le Caire et
Abbâceh n'est pas seulement de 20 pieds, elle est de
25 pieds; et, en effet, celte plus forte pente, dans la
partie supérieure du Delta, est rationnelle, car l'eau,
de même que le sol qu'elle a formé en sortant de la
vallée étroite du Nil, doit s'affaisser plus rapidement
au moment où son débouché s'élargit subitement el
où les canaux perdent leur action.
D'après le rapport cité plus haut, la hauteur de la
mer, à Suez, serait de ih pieds 7 p. inférieure à l'inon-
dation au Caire; elle serait donc d'au moins 6 à 8 p«
supérieuf-e à celle même inondation^ à Ventrée du canal
à Abbdceh.
Cependant, voyons toujours, d'après le rapport
cité, ce que le résultat de l'inondation a démontré.
« La digue de Ras-EI-Ouad ayant été rompue, l'eau
» se porta avec rapidité jusqu'au Santon Clieykh Henâdy
» (ou EInédi), qui n'est distant que de onze à douze
» lieues du fond du golfe Arabique.» Toutefois, d'après
le nivellement, ce point serait au même niveau que
la haute mer à Suez, c'est-à-dire supérieure à l'inon-
dation au point où elle s'introduit dans l'Ouady. II
ajoute : « Nous remarquâmes la grande vitesse des eaux
» et la profondeur du lit qu'elles avaient creusé entre
» Salxih Byar et Cheykh Henàdy, Nous voulûmes juger
VIII. DKCRMIIRH. 7. 28
( 422 )
» de V effet de leur courant^ dont la vitesse extrême, qui
» datait résulter d'une pente considérable^ nous fit sup-
D poser qu'elle pouvait se porter vers Ras-EUMoyed
» ou dans les lacs Amers, et, comme elle devait s'élever
» encore, nous restâmes persuadés qu'elles auront dû
» se porter dans le bassin des lacs, d
Voici une autre observation qui accuse une pente
vers Suez. « Il est très probable que Taffluence pério-
» dique des crues du Nil dans le bassin des lacs Amers
» par rOuady, a dû former et entretenir un courant
» suivant la direction du canal, et celle assertion plau»
)) sibie explique les petites inflexions, dont on ne voit
» pas d'ailleurs de motif suffisant, ni dans l'état géo«
» logique du sol , ni dans l'intention de diminuer les
» déblais. »
Donc, si l'expérience montre sur toute la longueur
un courant ayant parfois une vitesse extrême résultant
d'une pente considérable depuis Tembouchure de
rOuady vers Suez, il est évident , eu égard k la hau-
teur de l'inondation sur le premier point, qu'il ne
peut y avoir une contrepente de 20 pieds entre ces deux
points, comme l'indique le nivellement. D'un autre
côté, il semble très plausible que le développement
de cette pente depuis l'entrée de l'Ouady vers Suez,
avec des couranls très rapides, doit porter les eaux à
un point au moins aussi bas que vers la Méditerranée,
où le développement est moins long et n'a que la
pente douce d'un grand fleuve, tel que le Nil.
L'erreur parait donc exister dans le premier nivel-
lement, erreur d'ailleurs bien concevable dans les
circonslances difliciieg où ce travail a été fait.
Pour l'eiLécution du percement de l'isthme, eu sui-
( i23 )
vant Jes lacs Ballah^ Timsa et Amers, en aboutissant
à la Méditerranée au lieu d'aboutir au Nil^ près de Bu-
baste, comme Tancien canal, on n*aurait presque qu'un
phenal à pratiquer. Dans la traversée des lacs Amers,
il De s'agirait guère que d'y mettre les eaux d'une
manière permanente, et, entre ces lacs, les plus torts
déblais ne présentent qu'une hauteur de 10 mètres
au-dessus du niveau des mers.
Jetons maintenant un coOp d'œil sur les faits histo«
rîqaes qui se rapportent à l'ancien canc'd. On attribua
rexécutiou de ce canal à Totis ou à Nécos. Sti^aboi)
croit que ce qanal a été fait sous Sésostris ou Sésac,
suivant l'écriture ; mais M. Huet, évéque d* Avranches,
p^ose avec plus de raison que ce dernier ne fit que
le réparer et le creuser davantage. D'autres attribuent
ce travail à son fils ou à son petit-fils (probablement
tous ont raison, car ce canal a dû avoir besoin de
fréquentes réparations). Suiva*nt une tradition arabe,
ce canal paraîtrait remonter au temps d'Abraham.
Quoi qu'il en soit, ce fut par là que dut passer la Qolte
de Salomon pour se rendre de la mer Rouge à la
Méditerranée, ainsi queMénélas, après la destruction
de Troie, pour se rendre en Ethiopie. Cependant»
le canal se trouvant intercepté de nouveau, Cléopàtre
fpt obligée de faire construire à grands frais des ma^
chines pour transporter sa flotte par terre. Dans lA
suite, l'empereur Trajan fit aussi réparer ce canal,
et lui donna son nom, comme Ptolémée avait fait avant
lui. Le calife Omar, vers la fin du règne d'Héraclius,
donna mission àAmrou, fils d'Asius, de rouvrir le
canal, comblé par les sables. Le calife Hake, ainsi que
plusieurs autres, le firent encore réparer.
( A2A )
Or, si l'on remarque ces inlermittenees de naviga^-
lion du canal dans les temps les plus reculés, si Ton
réfléchit à ces réparations successives mentionnées
comme des faits importants, et enfin à Tabandon
complet de ce canal ; si, d'autre part» on se reporte à
la nature sablonneuse du désert de l'isthme de Suez,
à ses dunes changeantes au gré des vents, dont la
puissance est parfaitement justifiée par la position de
Tisthme entre des mers, des déserts brûlants et des
terres alteniativement chaudes ou humides; si enfin
on remarque que les eaux du canal antique avaient
cependant un courant favorable au dégorgement, que
n'aurait pas le canal des deux mers, ne semble-t-il
pas évident que la principale difficulté du percement
de Tisthme de Suez ne viendra ni de la différence de
niveau, ni de la masse des déblais à faire , mais bien
de l'entretien de ce canal au milieu d'une telle con-
trée, contrée où, suivant plusieurs géologues, les vents
impétueux de Test paraissent avoir formé Tisthme lui*
même en accumulant les sables de l'Arabie dans le bras
de mer préexistant? Néanmoins, sur certains points,
tels que les lacs Amers, cet ensablement parait ne se
produire que lentement, et, avec les moyens puissants
dont dispose la science aujourd'hui, tels que dragues,
écluses de chasse, etc., il pourra être entretenu plus
facilement qu'autrefois.
( 426 )
Actes de la Soelété*
EXTRAITS DES PROCÈS -VERBAUX DES SÉANCES.
Séance du 1*' décembre 186A.
PRàsiDBNCB DE II. DE LA ROQUETTE.
SI. Joniard» relenu par une indisposition, ne pouvant
assister à la séance, M. de la Roquette, vice -président,
est chargé de la présidence.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et
adopté.
Il est donné lecture de la correspondance :
M. Ferdinand de Luca, secrétaire perpétuel de
l'Académie royale des Deux-Siciles, écrit au secrétaire
général , pour annoncer l'envoi de plusieurs de ses
ouvrages à la Société, entre autres, de ses Mémoires
sur les ports de la côte italienne de {^Adriatique, et sur
le caractère de la géographie du iix* siècle,
M. le vicomte de Santarem écrit à M. de la Roquetti^
pour le prier de présenter à la Société M. Uricocliea,
de Bogota, qui a fait de profondes études à Gœttingue,
et est auteur d'un mémoire sur les antiquités néo'-
grenadines.
M. Gortambert communique une lettre de M. Bou-
vier, docteur-médecin àHéricourt (Haute-Saône), qui
adresse des notes biographiques sur M. Rochet d'Héri-
court, son oncle.
Le secrétaire général donne lecture de la lettre que
M. Fortoul, ministre de instruction publique, a
adressée à M. Jomard , président de la Commission
( Aâ6 ]
centrale , en faisant parvenir à Ja Société les caries
otTertes par S. A. R. le duc de Scanie. Il communique
également la lettre écrite à M. it ministre par M. Gef-
froy, professeur à la faculté des lettres de Bordeaux,
au sujet de ces cartes, que le prince héréditaire de
Suède lui a remises pour les offrir A la Société. Ces
cartes sont renvoyées à M. Alfred Maury, qui est prié
d'en rendre compte. M. d'Eichlhal se charge de faire
l'examen des Types qf Mankind offerts par M. Gliddon,
et dont l'analyse avait été précédemment confiée à
M. Alfred Maury.
M. d'Avezac présente , de la part de M. Thomas
Wright, une nouvelle édition de la traduction des
Voyages de Marco-Polo, par Marsden.
M. Gortambert fait un rapport verbal sur les
deux propositions de MM. Vivien de Saint-Martin et
Arthus Bertrand , relatives à la fusion du Bulletin de
la Société, soit dans un nou>eau journal géographique
projeté par M. Vivien de Saint-Martin , soit dans les
Nouvelles Annales des voyages: une Commission spé-
ciale, composée de M VI. Garnier, Alfred Maury et Noël
Desvergers, s'est réunie le 24 novembre, pour discuter
cette affaire avec le bureau, et a conclu que, par des
considérations tirées de la dignité de la Société, de son
intérêt et de son Règlement, la Commission centrale
ne devait pas consentir à la fusion du Bulletin dans
une entreprise privée. La Commission centrale adopte
cette conclusion.
M. Henri Robert met sous les yeux de rassemblée
plusieurs nouveaux appareils cosmographiques de son
invention : deu^ sont destinés à faire comprendre lA
|)récession des équinoxes; un autre eiÉplique la durée
( 427)
▼ftriable des saisons, et un quatrième Tait voir que la
chote parabolique d'un corps est aussi rapide que la
ehote verticale. Les membres présents donnent de
grands éloges à la disposition ingénieuse de ces ap-
pareils.
M. de la Roquette annonce le départ de M. de Saus-
sure pour le Mexique.
Assemblée générale du 15 décembre 186A.
PBÉSIDENGR DK M. GUIGNIAUT.
Le procès -verbal de la dernière séance générale,
tenue le 7 avril 18ÔA, est lu et adopté.
M. Guigniaut, Vice -président de la Société, préside
la séance, en l'absence de M. le ministre de l'instruc-
tion publique. Il prononce un discours où il exprime
le regret de ne pas voir l'assemblée présidée par
M.Fortoul, son président, et où il rappelle l'impulsion
que M. le ministre n donnée aux études géographiques,
les progrès que fait la géographie sur tous les points
du. globe et auxquels la Société contribue puissam-
ment» les explorations d'une foule de voyageurs cou-
rageux, et les résultats géographiques qu'on devra à
la guerre elle-même où se.trouvent engagées les grandes
puissances de l'Europe.
M. le ministre de l'instruction publique écrit à M. le
président de la Commission centrale que , privé d'as-^
sister à la séance par les travaux du Conseil impérial
de l'instruction publique, il le prie de transmettre A
ses confrères l'expression de son regret, et que, dé-
sireux d'encourager les explorations provoquées par
( &28 )
la Société dans Tintérèt de la science, il oti're d'ajouier,
sur les fonds rie son ministère, unesoiuùiede 2000 fr.
à un prix que proposerait la Société pour la réalisa-
tion d'un des voyages suivants: du Sénégal en Algérie
et réciproquement, en passant par Tombouctou ; du
lac Tsad au confluent de la Tchadda et du Rouara;
du lac Tsad à Bélénia , sur le Nil Blanc; de Mombas
à Bélénia, en passant vers le mont Kénia.
r/asscnibléc accueille colle communication avec les
marques d'une vive reconnaissance.
M. Jomard donne lecturo d'une noie de M. Anl.
d'Abbadic, relalive à Tofire faîte par ce dernier d'un
prix (le 99piastrosfortespour un voyage sur le Nil Blanc
en amont de h'* 10' de lalitude, et do trois médailles de
100 francs chacune: l*" pour la mesure des débits com*
paralifs du fleuve Blanc et du fleuve Bleu àKbartoum;
2 " pour les débits du Saubat et du Keilak près de leurs
embouchures, et S** pour ceux du fleuve Blanc en amont
du lac Nou, et de Tafiluent qui lui est à peu près pa-
rallèle du côté de l'est.
M. Jomard communique une lettre de Linant-Bey,
relative au percement de l'isthme de Suez par un canal
de navigation dont la construction vient d'être ordon-
née par le vice-roi d'Egypte.
M. Morol-Fatio, remplissant les fonctions de secré-
taire de la Société, à la place de M. Auguste Michelol,
décédé, donne lecture des autres pièces de la corres-
pondance.
M. Vattemare, directeur de l'agence centrale des
échanges internationaux, écrit à la Société pour lui
oQ'rir plusieurs ouvrages publiés en Amérique.
M. le docteur Adolphe SchmidI, professeur de géo-
( 429 )
graphie àrËcole polytechnique de Vienne, chancelier
de TAcadémie des sciences de cette ville, adresse plu-
sieurs ouvrages sur la géographie de TAutriche.
M. Gaillard de Ferry, consul général de France à
La Havane, fait hommage à la Société, de la part de
H. Esteban Picbardo, de la première et de la deuxième
partie d'une géographie de l'tlc de Cuba.
Il est donné lecture de la liste des autres ouvrsiges
-ofl'erts à la Société.
M. Alfred Demersay offre un porlrait de M. Aimé
Bonpland, qu'il vient de faire graver.
M. le président donne communicalioii de la liste
des membres admis dans la Société depuis la dernière
assemblée générale, cl il rappelle que récemment le
titre de membre honoraire n été conféré à S. A. R. le
duc de Scanie, prince héréditaire de Suède. Il fait
connaître les candidats proposés pour être admis ,
savoir, MM. Bonneau et Morin, présentés par MM. Jo-
mard et Garnier; M. Théodore Lévi Alvarès, présenté
par MM. Jomard et Albeil-Monlémont; et M. Froidefond
des Farges, présenté par MM. Guigniaut et Jomard.
M. Gortambert, secrétaire général , lit la notice des
travaux de la Société et des progrès des sciences géo-
graphiques pondant Tannée 18ôA. Il commence cette
notice par l'esquisse biographique des membres que
la Société a perdus dans le courant de Tannée; il ex-
pose ensuite les principaux travaux des membres de
la Société , puis les progrès de la géographie dans
chaque partie du monde; il termine par un examen
rapide des services que cette science tire des autres
connaissances humaines et qu'elle leur rend à son
tour.
( A80 )
M. Jomard^préseate des considérations sur la géo*-
graphie du Nil Blanc , comme préambule d'un frag*
ment du Mémoire de M. Brun-Rollet, dont il donne
ensuite lecture. Ce fragment, relatif à la géographie du
pays, ainsi qu'aill mœurs des Berry et autres popu-
lations des bords du Nil Blanc, intéresse vivement
l'auditoire.
L'heure avancée ne permet pas la lecture de diverses
autres communications qui devaient être faites à l'as-
semblée, entre autres, d'un article de M. Jomàrd, sur
l'acclimatation de plusieurs espèces de la Chine in-
troduites en France par les soins de M. de Montigny;
d'une lettre de Linant-Bey à M. Jomard sur le perce-
ment de l'isthme de Suez; d'une lettre de M. d'Escayrae
sur divers sujets de géographie africaine ; et d'une
lettre du docteur Perron sur un vermifuge puisaant
d'Abyssinie, recueilli par le P. Sapeto.
On procède au dépouillement du scrutin pour la
nomination d'un membre de la Commission centrale:
M. Alfred Demersay est élu.
«
( Ml )
OUVRAGES OFFERTS
QANS LES SiàNCIS DES 1" ET 15 D^CEURRE 1854*
OUVRAGE S«
EUROPE.
Titres des ouvrages. Donateurs.
Wien's Urogebunfjen auf zwanzig Stunden ioi Umkreise. 3 vol. in- 1 a.
Vienne, 1 835- 1839. — Wien und seine iiachsten UmgebuDgen, mit
besonderer Beriicksiehtigfunç wissenschaftiicher Anstalten und
Sammlangen. i vol. in-isi. Vienne, i854* — Oeslerreichische Vater-
landskunde. 3 vol. in-8*. Vienne, i853. — Kunst und Âlterthum in
beaterreich. 1^ livr., in-f*. Vienne, 1846. — Die Grotten und
HShlen vun Adelsberg, Lue(T, Planina und Lnas. 1 vol. in-8% avec
atlas. Vienne, iSS^. — Guide du voyageur dans la grotte d'Adels-
bfrjg et les cavernes voisines du Rarst, d^iprcs les recherches les
plus récentes de i85o à i853, par M. A. Schmidl. Traduit de Ttil-
lemand par P.-E.Obermayer, avec 3 tableaux, i vol. in-33. Vienne,
1854. — Relse-Nolizen zn Kunst und Alterthum. — UeberBenen-
nung und Kintheilung der Alpen in ihrem Zuge durch die ôster-
reirhischen Lander. — U^ber don unterirdischen Lauf der Recca.
— Ueber l)e(vnffsbestimniung[en iu der Géographie. — Ueber die
Abfassung einer Chronik der Erdbeben in der ôsterreichischen
Monarchie. 5 broch. in-S**. M. le D' Adolphe Schmidl.
ASIE.
The traveU of Marco Polo, ihe Venitian. The translation ofMarsden
revised, wiiJi a sélection of his notes. Edited by Thomas Wright,
esq. I vol. in- 13. Londres, i854> M. Thomas Wright.
AMÉRIQUE.
Geogratia de la Isla de Cuba. Publicase bajo los auspicios de la real
Junta de Fomento por don Esteban Pichardo. 2 vol. in-8*. La
fiaTane, 1864. Don Ësteban PichaïKdo.
( 432 )
MÉLANGhlS.
Titres des ouvrages. Donateurs.
ludule delta Geogrs^fia del secolo XIX compara tivamen te a quella
del secolo précédente. — Belazioue fra la Oreografia e la ldro«
graHa di iina regione. — Meccssità délie descriziuni oreograficbe e
idrografiche. — MonograBa del Sele. Rroch. in-4°. — Considéra-
zioni generali sulla costruttura de* Porti. — De* porti sulla costa
italiana delF Adriatico : c particolarniente dei porti di Brindizi e
di Gallipoli. Broch. in-4** M. Ferdirand ub Luca.
MÉMOIBES, BECUEILS ET JOUUNAUX PÉRIODIQUES.
Aiiiiales du comiuerce extérieur. N" 779 à 78.5, Octobre 1854* —
Nouvelles Annales des voyages. Octobre. — Zeitschrîft fiir altge-
uieine Erdkunde. De juillet à octobre. — Bulletin de la Socuéte
zoologique d'acclimatation. Novembre. *- llevue de l'Orient. No-
vembre. — Journal des missions évangéliques. Novembre. — -
Journal d'éducation populaire. Novembre. — L'Atbenaeum fran*
cais. N*" 49 et 5o. Les Éditeurs.
CARTES, ATLAS, ETC.
Esquisse d'une carte des pays compris dans la région du Nil Blanc,
dessinée d'après la carte de M. d'Arnaud et autres cartes récentes,
les informations des indigènes et les dernières relations, par
M. Brun-Rollet. i feuille. Paris, 1 854* M. Brun-Rollet.
Carte générale de l'Afrique, d'après les dernières découvertes, i feuille.
Paris, i854« M. Asdriveau-Goujon.
Collection des cartes liydrograpbiques pubiie'es par le Dépôt général
de la marine pendant l'année ]854: n** i438, plan de la baie et
du mouillage de Tourane; n**' i439 et 1449? p'*^" *^^ '^ tSiAe de
Cherbourg, a feuilles; n** i44') carte de la partie septentrionale
de Madagascar, de la baie d'Antongil au cap Saint-André; n** 144^9
carte de la partie occidentale de Madagascar, du cap Saint-Vincent
au cap Saint-André; n" 144^9 P^^i^ ^^ ^'>le et du mouillage de Cod-
Roy (côte sud-ouest de Terre-Neuve'; n" i4l4ï P^^n du bavre des
Roches situé à l'entrée de Bonne- Baie (côte ouest de Terre-Neuve);
n*' 144^9 pl^" ^^^ havres de Kirpon et de la baie aux Mauves,
situés au nord de i'ile de Terre-Neuve; n*" i44^» carte des côtes
( Aâ3 )
tleTile de Terre-Neuve, partie orientale, du o.ip Sainl-Jean nu t:ap
Bunavista; n** i447> carte particulière des côtes d'Italie (grand-
ducbé de Toscane), partie comprenant les iles Pianosa et Monte-
Ghristo; n^ i44^9 P'*'*'^ ^^ ^'^^^ Pianosa (arcliipel toscan); n** i449i
plan de Tile Monte-Christo (archipel toscan); u** i45o, plan du
port de Leven (côte N.-E. de Madagascar); n** i4^i) plan de la
baie de Passandava (côte ouest de Madagascar); n** i45a, plan du
mouillage de Bararata, situé dans la baie de Passandava; n* i453,
carte particulière de la côte nord de Terre-Neuve, comprise entre
le cap d^Oignon et les iles Blanches; n** i454, carte particulière
des côtes d'Italie (grand-duché de Toscane), partie comprenant le
mont Argentaro et les îles Giglio et Oiannutri; n" i455, carte par-
ticulière des côtes d*ltalie (grand-duché de Toscane), partie occi-
dentale de Tiic d'Elbe et lie Pianusa; n" i456, carte de la partie
septentrionale de l'Archipel; n" i4^7« carte de la partie méridio-
nale de l'Archipel ; n^ t458, carte particulière des côtes d'Italie
(grand'duché de Toscane), canal de Piombino, partie comprise
entre Popolonia et le cap Troja; n° i4^9) carte particulière des
côtes d'Italie (grand-duché de Toscauej, comprenant le mont
Argentario, l'ile de Giannuiri et In partie occidentale des États
romains; n** 1460, carte particulière des côtes d'Italie (États ro*
niains^, partie comprise entre Montalto et la tour Linaro ; n° 146I9
plan de l'île Oapraja (archipel toscan); n° 1462, plan de l'île de
Giglio (archipel toscan); n** i463, plan de l'île Giannutri (archipel
toscan); n" i464» carte de l'océan Atlantique arctique; n** i465,
carte de l'océan Atlanti(|ue septentrional; n° §466, carte de l'océan
Atlantique méridional ; n** i4^7) reconnaissance hydrographique
de la côte orientale de Corée et d'une partie de la Tartarie chi-
noise; n** 1468, plan du golfe d'Anville (côte de Tartarie).
Ministère de la marirb.
( kU )
BIBLIOGRAPHIE GÉOGRAPHIQUE.
(Voyei aussi les ouvrages offerts à la Société.)
OUVRAGES GÉNÉRAUX.
Méthode facile et courte pour déterminer la position de l'obserTiitAiU'
parles hauteurs; par Louis Pagei. In-8*. Paris, i8S4*
EUROPE.
Eure-et-Loir pittoresque. — Vues et monumenU da dëparteineni,
par MM. Lefèvre, A. Déroj et Beanjoint. Chartres, i854.
Géologie et minéralogie de la Côte-d*Or, accompagnées d*atie dM-
cription sur la constitution physique de ce département, par les.
Carlet. Dijon, i854.
Les ports militaires de la France, par J.-L. Neuville. Paris, i854.
(Bibliothèqtte des chemins de fer.)
Carte des environs de Sébastopol, par Godefroy de Viltiers. Paris,
1854.
Le Danube, la mer Noire et la mer Baltique. — La Russie ancienne
et moderne. Histoire, description, mœurs, par J.-H. Schnitzler.
ln-4°. Paris, i854.
Paltic, Black sea, and Crimea, by C.-H. Scott. In-8*». Londres, 1854.
Force et faiblesse de la Russie au point de vue militaire. Ktudes
géographiques et statistiques, par L. Dussieux. Paris, i854.
Carte de la télégraphie éiectricjue de l'Europe, dressée par ordre' de
M. le vicomte de Vougy, par Sagansan. Paris, i854'
Statistica del Gran Ducato di Toscana, raccolia e ordinata da Attilio
Zuccagni Orlandini. In-4°. Florence.
ASIE.
Voyage en Turquie et en Perse, exécuté par ordre du gouvernement
français, pendant les années 1846, 1847 et 1848, par Uommaire
de Uell. 4 vol. in-8*, avec un atlas de loo planches et cartes.
Mittheilungen aus dem Tagebuche zu den ethnographischen Reise-
bildern. Gesammelt auf sechzehnjahriger W^anderung bei den
( hU )
Volkersttimtnen Schwedens, Russiands, uncl den asiatischen No-
madeo,der Kâlmucken, Kirgiseii, sowiedenTataren, den indischen
Feueranbf tem, den Bewohnern der Krimm, Arméniens, Persiens, etc.
Von Kiesewetter. Berlin, i854<
Mémoires d'histoire orientale, suivis de mélanges de critique, de
philologie et de géographie, par G. Defrémery. Paris, i854>
Journal of a cavalry officer, including the mémorable Sick Cam-
paign of 1845-1846; by capt. W. Uumbley. Londres, i854.
AFRIQUE.
L*AlgérM en i854* Itinéraire général de Tunis à Tanger, par Joseph
Bard. Pari^:, i854.
AMÉRIQUE.
Histoire de la Guyane anglaise, comprenant une description générale
de la colonie, avec carte et planches, par Ûenry Dalton. a toI.
in-S". Londres, i854-
Voyage médical en Californie, par Garnier. Paris, l854*
OCÉANIE.
lUpports sur la Nouvelle-Calédonie, par M. le capitaine de vaissimi
Tardy de Montra vel, commandant la corvette la Constantine. Daiifi
les journaux d*aoùt et d'octobre i854>
GÉOGRAPHIE ANCIENNE ET HISTORIQUE.
Relation de Tétat présent de la ville d'Athènes, ancienne capitale de
la Grèce. Lyon, chez Louis Pascal, MDCLXXIV. In-8*. -^ Repro-
duction de la relation du père Jacquvs-Paul Rabin. Anttotée «f
publiée par M. le comte de Laborde. l'aris, i854>
■Mi
( Aâtf )
i:_-a=
TABLE DES MATIERES
COXTBMCES
DANS LE TOME VIll DE LA V SÉRIE.
(Juillet à décembre i854*)
MÉMOIRES, NOTICES, DOCUMENTS ORIGINAUX, RTC.
Sur le pa89a(;e des Alpes par Annibal; par M. le profeA<teur Paul
Chaix 5
Populntion de VWe Maurice et de ses dépendances. (Commu-
niqué par M. Eugène de FrobtMville.) a5
r^otire sur le Dar-Four, et sur les caravanes qui se rendent
de ce pays en E{;ypte et vice versn^ par le docteur Ch. Cuny,
ancien chirurgien des hôpitaux militaires de TAIgéiie, ex-
medenin snnitnire en chef des provinces de la HautC'Kgypte. 8i
Diverses industries rhinoise«, par M. Renard, ancien drlé{>[ué
du commerce en Chine 193
fnsiructions remises par la Société de géographie à M. le bri-
{^ailier général D. Francisco Solano Lopez, ministre de la
république du Paraguay à Paris. Rédigées par M. Alfred
Demersay. . . 26 1
Notes pour le voyage de M. H. de Saussure au Mexique et dans
l'Amérique cenirale, par M. Jomnrd 265
Assemblée générale du i5 décembre i854. — Discours de
M, Guigniaut, vice-président de la Société 325
Lettre de M. le ministre de l'instruction publique, président de
la Société, à M. Jomard, président de la Commission centrale. 3^8
Prix offerts par la Société de géographie (et en particulier par
M. d'Abbadie) 33o
Notice des travaux de la Société de géographie et des progrés
des sciences géographiques pendant l'année 18&4. Par
M^ Gortambert, secrétaire général de la Société 333
Voyage de M. Brun-Roilet au Nil Blanc. — Note préliminaire,
par M. Jomard 3ro
(487)
Extrait de la r«l:uiuii du Toyage de M. Bruii-Rollet aa Nil
Blanc 373
AMALYSRS, RAPPOnTS, EXTRAITS D'OUVRAGES,
MÉLANGES, ETC.
Rapport présenh' a l'Empereur sur la situation de l'Algérie
en 1853, par M. le maréchal Vaillant. .^Analyse par M. Albert-
Montémont.) ay
Lettre de M. le comte d'Kscayrac à M. le président de la Com-
mission centrale, sur la latitude de Tomboucton 3a
Éducation publique en An(^leterre. D*après un rapport adressé,
le i3 juillet 1854, ^ ^^- ^^ ministre de Tinstruction publique
et des cultes, par M. Milne Edwards 3^
Extrait d*un rapport à l'Empereur, adressé, le 16 juin 18547
par M. le maréchal Vaillant, au sujet de la création de
plusieurs communes de plein exercice dans TAlgérie. ... 3?
Extrait d'une lettre de M, Angelo Tedesco, menibn» de la So-
ciété de géographie, à M. le président de la Commission cen-
trale, sur l'état agricole et commercial de la Turquie., . . 49
Traité conclu entre les États-Unis d'Amérique et l'empire du
Japon 5i
Traité entre les États-Unis et le Mexique, au sujet de la limite
des deux États et de la communication par Tisthme de
Téhuantcpec 5;j
Lettre du docteur Vo{»eI, sur rhisioiie naturelle de fAfrique
centrale. (Traduit d«^ l'anglais par M. Coriambert.) 58
Extrait d'une lettre adre<(sép, le 1 2 avril 1 854, P»»' ^1. J. Marcou,
à M. Delesse^ ingénieur des mines, sur un voyage depuis Its
montagnes Rocheuses jusqu'à San-Francisco 61
The Grinnell expédition in searclt of sir John Franklin; h per-
sonal narrative by Elisha Kent Kane. New- York, i853.
(Expédition de Grinnell à la recherche du capitaine Fran-
klin ; récit personnel d'Elisha Kent Rane, ducteur-médeciii
aux Etats-Unis.) — Journal d'un voyage aux mers polaires,
exécuté à la recherche de sir John Franklin, en i85i et
i85a; par J.-R. Bellot, lieutenant de vaisseau de la mfurioe
française. (Analyse de M. Albert-Montémont , memlire de
la Commission centrale.) ..•.......,, isi
VIII, DjkCEMBRE, 8. 29
( 438 )
Les rhevaux arabes «le Syrie, par M. Mazoillier, vice-coimil
de. France à Tarsous. (Compte rendu par M. Cortamhert.). i4i
Nouveau voyage du docteur Krapf dans rOnsambara; d*après
son journal publié par te Church Missionary inteltîgencer. 14^
La Bourse de Londres, par John Francis; traduit de Tanglais
par M. Lefebvre-Duruflé, sénateur, ancien ministre des tra-
vaux publics. (Analyse sommaire par M. Âlbert-Montémont,
membre de la Commission centrale.) l4B
Le Zéitbun du Taurus i5a
Instruction publique de la France. Circonscriptions académi-
ques établies par le décret impérial du ai août i854- . • • i54
État des sciences chez les Japonais 1 56
Naturalisation de Tigname-patale de la Chine 1 58
Expédition de l'Afrique centrale, publiée par M. Petermann;
analyse par M. Jomard; avec une carte i59
Noie sur Babylone, par M. Oppert 210
Notice sur la ville de Nangasaki, par M. Jomard 21a
Extrait d'une lettre adressée à M. d'Avezac , vice- président
de In Commission centrale, par sir Robert H. Schomburgk,
consul de S. M. B. a Santo-Domingo 22S
Lettre de M. E. de Blosseville à M. le président de la Commis-
sion centrale de la Sociolé de géographie 227
Extrait du rapport à l'assemblée des professeurs administrateurs
du Muséum d'histoire naturelle, sur les végétaux de la
Californie, par M. Decaisne, professeur de culture a 28
Note de M. de la Roquette sur des ouvrages offerts par -
MM. Schlagintweit et sur leur prochain voyage dans l'Inde. 339
Description du royaume de Thai ou Siani, comprenant la topo-
graphie, rhistoire naturelle, mœurs et coutumes, lé(rislation^
commerce, industrie» langue, littérature, religion, annales
des Thai et précis historique de la mission, avec carte et
gravures, par Mgr. Pallegoix, évéque de Mallos, vicaire apos-
tolique de Siam. (Analyse de M. Albert-Montémont, membre
de la Commission centrale] 269
Les colonies françaises au i"janvier iSSa, par M. V. -A. Malte-
Brun a83
Tableau statistique des colonies françaises en i85i,par M,V.'A.
Malte-Brun 287
Lettre de M. Demerfiay k M. le président de la Commission
( ik89 )
rentraie de la Société <le géo{vraphie, sur la nouvelle )>rovinre
Lrésiliennr da Parana a88
Sfalistique des Bihiiothèqiiri; de France 390
Nouvelle détermination de la longitude entre les observatoires
de Paris et de Greenwich , par le télégraphe électrique. . . 290
Notes sur quelques industries chinoises, par >J. Renard, ancien
délégué du commerce en Chine 292
Canalisation de l'isthme de Suez. — Extrait d'une lettre de
Linant-Rey à M. Jomard 398
Extrait d'une lettre adressée du Caire à M. Jomard par le comte
d'Escayrac de Lanture, membre de la Société 4^1
Introduction et acclimatation d'espèces utiles à Tagriculture et
à l'industrie, par M. Jomard 4^4
Extrait d'une lettre du docteur Perron à M. Jomard 4^^
Nouvelles de l'Afrique centrale. — Mort du docteur Rarth . 4'^
Autres nouvelles du docteur Rarth 4'^
Des colonies pénitentiaires de la Guyane et de leur influence
sur la géographie de ce pays, par M. V.-A. Malte-Bnm. . . 4*^
Note sur le percement de l'isthme de Suez, par M. Trémaux,
membre de la Société (le géographie 4^^
NOUVELLES GÉOGHAPHIQUES.
Kur.opR. — Découvertes archéologiques signalées par M. Noitl
des Vergers 66
— Voyage de MM. Rlan et Schlottmann dans les iles du
nord de l'Archipel 66
«- Canalisation de l'Huripo 1^6
— Aqueduc de Syracuse 176
— Dccouveries archéologiques du royaume de Naples. . a33
— Découvertes archéologiques dans le département de
l'Eure a33
— Culture du riz dans la Gironde a36 .
— Télégraphe électrique entre La Spezzia et l'Afrique. . . a36
' — Fouilles archéologiques dans le Calvados 298
Asie. -— Voyage de M. Rurton en Arabie 177
— - Réception d'un bâtiment américain au Japon. .... 998
Afbiqub.— -Création des villages de Chébli et d'Aïnsmara. . . 67
^ — Nouvelles de M. Livingston 67
( 440 )
ArniQCV. — Nouvelles de MM. Aiider8on,AV ahiber|$ cl Victorin. 68
— Nouvelles récentes de rexpédilioii de TAfriquc centrale,
par M. Jomard 177
— Nouvelles du docteur David Livingston 181
— Nouvelles de rexpéditioii de TAfrique centrale, par
M. Jomard a^7
— Expédition de M. Huguetean de Chaillé 3oo
• — Colonie de Tipaza 3ri<i
— > Afrique australe. — Dépêches de M. Andcrson 3oi
— Voyage de M. Brun-Hollet sur le Nil Blanc, par ^I. Jomard. ^47
AMiniQCK. — Lettre du commandant John Rae sur des nou-
velles de Pexpédition de John Franklin ^39
— Expédition du Phœnix ^44
•» Etudes hydrographiques dans la Guyane française. . . ^45
— Nouvelles du capitaine Collinson 3o2
-— Lac de soufre dans TUtah 3o3
— Expédition dans la Sonore 3o4
— Découverte d'une espèce de {^omme au Texas 3o4
— Découverte d'un mastodonte près de Poughkeepsie. . 3o5
— Destinée de sir John Franklin et de ses compagnons;
par M. Aug. Petermann 3o6
OcÉAMiE. — Annexion des iles Sandv^ich aux États-Unis. . . . 24^
NoovELLES DIVERSES, par M. Cortamberi, etc. . . 68, 182, 2^5^ 3o5
ACTES DE L\ SOCIÉTÉ.
Extraits des procès«verbaux des séances de la Commission
centrale. 71, 186, 24^9 3i6, 4^5
Ouvrages offerts à la Société 77, 189, a55, 3a3, 43i
Bibliographie géographique 79, 189, 269, 434
Errata 260
Table générale des matières du tome VIII 436
PLANCHES.
f Portrait du lieutenant Bellot.
^•.Carte d'une partie de la Haute-Savoie pour rintelligence d'une
notice de M. Paul Chaix sur le passage des Alpes par Annibal.
-^ Carte de l'Afrique centrale, d'après celle de M. Aug. Petermann,
par M. Malte-Brun.
^Plan de Nangasaki.
^Esquisse d'une carte des pays compris dans la région du Nil
Blanc, par M. Brun-Bollet.
Fin DE LA TABLR DV flll* VOLVMft.
• •
LISTB DBS NEHRHES DE LA SUCIËTE UË Gi;0(iRAPIiIK
AV 31 DiCSMBac 1894 (1;.
S. M. ^ÂPOLÉON III, ËQipereur des Français, pratecteur.
S. Â. LE Prince Charles- Lucien Bonaparte.
S. A. R. le Prince Royal de Suède et de Norvège, dac de
Scanie.
MAI, ^Abbadie (Antoine d*), correspondant de TAca-
démie des sciences, rue du Bac, 110.
**Abbadie (Arnaud d'), rue de Grenelle, 1J2.
Agasse, rue Jacob, 23.
Albert-Montémont, r. Croîx-d.-Pelits-Chaiiaps,27.
Alcoçr, consul général d'Angleterre à Chang-hai.
Andriveaii-Goujon, rue du Bac, 21.
Aksart, professeur d'histoire et de géographie an
collège de Saumur.
Argout (le comte d'), gouv. de la Banque, sénateur.
Arthus Bertrand, libraire, rue Haulereuille, 21.
Aspjkwall, président des directeurs du chemin
de fer de Panama.
AvpiCK (le général), sénateur, rue du Cherche-
Midi, 91.
AuvRAY (le général), rue Chabannais, 2.
*AvEZAc (d'), chef au ministère de la marine,
rue du Bac, h^.
Ayrton (Fréd.), à Londres.
Barbie du Bocage (Amédée), rue de la Cliausséc-
d'Antin, 58 his.
Barrot (Adolphe), ministre plénipotentiaire de
France on Belgique.
(i) Les noms îles Membres donateurs sont précédés d'un asie'-
ri8(jue * el ceux des Membres honoraires de deux **.
a
( 2 )
MM. Bartholony (Fiançois), r. de Larocliefoucault, 12.
Baubrreller, rue de Vendôiiae, 12.
Bazin, |)rof<»sseur au collège de Soissons.
Beaujouan, Hbt*aire, rue Haulefeuille, 21.
BENbisT D*AzY (le iiconile), rue de Grenelle, 86.
Blosseyille (Ernest de), à Amfreville (Eure).
^Bbisbane (le lieutenant général baron Thomas),
au château do Kelso, en Ecosse.
Bruant (Alfred), consul de France, à Dantzig.
Brvn-Rollbt, voyageur en Afrique.
Cadet, professeur au collège de Soissons.
**Callier (le général) , rue Casliglione, 7.
Chassant, graveur géographe, rue du Vieux-Co-
lombier, 15.
Chauteau, avocat, rue du Cherche-Midi, 21.
Clermont-Tonnerre (le marquis de), rue Bou-
dreau, 1.
CocHELET (Adrien), conseiller d'État, rue de la
Victoire, iO.
CocHELET (Charles), rue Blanche, 65.
CoLOMBARi (le colonel), rue N.-D.-des-Champs, 41.
CoRTAMBERT, ruG (Je Saintongc, 64.
CosTAz (Anthelmo), rue Jouberl, 23.
Daussy, ancien ingénieur hydrographe en chef de
la marine, rue de Vaugirard, 57.
Daussy fils, employé au Dépôt delà marine, rue
de Vaugirard, 57.
David (Etienne), à Bièvro (Seine-el-ÔiseJ.
Dblessert (Benjamin), rue Montmartre, 176.
Delessert (François), rue Montmartre, 176.
Demersay (Alfred), rue de TUniversilé, 32.
DàiiiDOFF (le prince), à Florence.
MM' pJBJ^fBLPKN Dk Ui^pB«STBii« (le baron d^], àUtireri^.
DâsAUGiERS, rue Saint-Honoré, 383.
DÉMONSTiERS-MÀBipiLf.B (|a co^tesse ^e); ai| châ-
teau du Fraiss^ (Haute-rVjenp^).
DiuBLOT (Octave), capitaine de y^isfeau.
DiDioK (Charles), rue de la Madeleipe, 2Pt-
DiNOMi (Fabbé), à Qrléans.
Drouyn de Lhuys, ministre des afTaires étrangères.
*DuBuc, nie Lafayette, 13.
DucHANoY (Hip.), ancien inspecteur des fin^ncest
rue d'Anjou-Saint-Honoré, 22.
Dtjghanoy (Charles), itigénieur des inioes, ru«
d'Anjou-Saînt-Honoré, 22.
*Dbflot de Mofras, rue de la Paix, 26.
DuMON (Sylvain), r. de laFermerdes-Mqthprjps. 15.
EiçHTn AL (Gustave d'), r.Neuve-des-Malhurîf^s, 84.
EsGAYRAG DE Lauturr ( Ic coDite d'), placc Ven-
dôme , 15.
EspiNA, vipe-coDsul de France, à Sfax (Tunif).
Fabrk (Amédée), consul de France, à Christiania.
Fabrk, eniployé au ministère fies fir|ances, àPassy.
Ferry (Hippolyte), rue de Beaune, 3'|.
Flrutelot, professeur au lycée de Vorsi|il|es.
Flury (Hippolyte), consul de Franco, à Nnples.
Flury-Hérard, rue Saint-I^oporé, 371.
FoNTANÇT (Edmqnd)* rue des Petit§-H^lçl§, 34,
FoRTouL(Hipp.), ministre de rinstpclion puljlirjue
et des cultes.
*Frapolu (le colonel), à Lugf){i() (Suisse),
Frobeuville (Eug^nç (Je), place de I9 Madpleine, 21.
Ga^in^er, j^ncieî^ négociant, rqe dç Prpv^pce, 65.
*Gay (Claude), boulevarl Bonne-r^opyelle, 25.
(4)
MM. GiORDANo (le major )y directeur du bureau topo-
graphique , à Nâpies.
GnossKLiN, rue Serpente, 26.
GuiGMAUT, membre de l'Institut, r. de l'Odéon, 1 5.
Hammer (le baron de), à Vienne (Autriche).
Hecquard, consul de France à Scutari (Albanie).
Herculais (le comte d'], rue Saint-Dominique, 38.
Hkrran, négociant, rue Olivier, â.
HuET, consul de France.
Ih'DE DE Neuville (le baron), rue de Lille, 5A.
hiBKnT des Mottellettes, boulev. des Italiens, 26,
Isambket, conseiller à la Cour de cassation , rue
Thérèse, 10.
Jacobs, graveur-géographe, rue de Condé, !•
JoiiNSTON (A. K.), esq. à Edimbourg.
Jomard, membre de Tlnstilut, rue Neuve-des-
Petits-Champs, 1/i.
Jordan, rue des Jeûneurs, 18.
Kerr (madame Alexandre), à Londre^.
Labarte, rue Drouot, 2.
Lafond (Gabriel), place de la Bourse, &.
La GuiGiiE (le comte Philibert de), r. Matignon, 12.
La Place (le vice-amiral), rue de la Ferme-des-
Malluirins, 52.
Lakabit, sénateur, rue de TUniversité, 8.
La Roquette (de), rue Mazarine, 19.
Lavallée (Francis), rue de l'Oseille, 7,
Lebas (Philippe), uiembre de l'Institut, impasse
des Feuillantines, 7.
Leclerg (Stéphane), rue du Yertbois, 17.
Lecocq, graveur géographe, r. Pavée-Sain t-André-
des-Arts, 6.
( 5)
MM. LRFEBVRK-DuRUFLé, sénateiir, rue Pérou, 6.
LÉvi-ÂLVARks, rue de Lille, 17.
LouBMAND, rue Saint-Louis, 26, au Marais.
LowBNSTBBN (Isidore de) , 13 bis^ avenue de Saint-
Cloud, à Sèvres.
MAHyouD, élève astronome de l'école égyptienne,
rue de l'Ouest, 8.
M altb-Bbun (Victor- Adolphe), rue Jacob, 1(5.
Mabzolla (le chevalier Benedetto), à Naples.
Mathieu [le conirc-amiral), directeur du dépôt de
la marine, rue Gaumartin, AA.
Mauger, rue du Cherche-Midi, hh.
Mauboy, rue de Sèvres, 111.
Mavbt (Alfred), sous-bibliothécaire de Tinstilul,
rue de Seine, 1.
Mkignen, notaire, rue Sainl-Honoré, 370.
Mbissas, rue de Condé, lA.
Melvill DE Carnbee (le baron), adminislralcur
du Bureau géographique, à Batavia.
MoNTBSQUiou (legén. coralede), r. de Varennes.ÔO.
Montigny (de), consul de France à Chang-hai.
Mouel-Fatio, conservateur du Musée de marine,
au Louvre.
MuTEAu, enseigne de vaisseau.
Negri (le chevalier Cristoforo), chel' de division
au ministère des affaires étrangères, à Turin.
NoBL DES Vergers, rue Jacob, 5A.
Novsbbt-Effendi (le colonel), à Gonstantinople.
**Orbigny (Alcide d*), rue Saint- Victor, 7.
Passaua (J. de), capitaine de frégate, à Toulon.
Pauthomnier (Selim Beyj, directeur de la mission
égyptienne, à Vincennes.
(a )
MM. Pblbt (le général baroii), s^i|9kQur» rp^ d^ ''^^j'
versité, 80.
Ploxeb^ boulevard Poissonnière^ 2^.
PoNGERviLLB (de), ipembre dç€llqstitL)t, pue de
Bellefonds, 20.
P011L41M OB BossAY, ruQ de Madame, 1.
Prévost (Gonstanl), membre de rinstitul, à la
Sorbonne.
Protêt, ancien gouverneur du Sénégal.
Prugn£4ux, boulevart Montmartre, 5.
Renard (Ed.), négociant, boulevart Bonne-Nou-
velle, JO.
Revknaz (Amédée), rue du Sentier, 45.
8alm-Dyk ( le prince de ) , au château (Je Dyk-
Neuss (Prusse).
Salzbachkr (le docteur), à Vienne (AM(riche).
Santarem (le vicomte de), rue Blapche, &7.
Saussure (Henri de), rue de Bussy, S.
*Saxe-Weimar (le ducBernbardl de), gouverneur
des possessions néerlandaises, à Batavia.
Sédillot, professeur d*histoire, rue Mpnçieur-le-
Prince, &.
Monseigneur Sibour, archevêque de Pariç.
SiMONs, rue Saint-Honoré, 374,
Smith (Ashbel) , à Galveston , Texas (Amérique).
SouLiN (le colonel), rue de Provence, 33.
Sparre (le comte Gustave de), au châtQgu de la
Brunetle (Vaucluse).
Stanhope (Spencer), à Londres.
Talabot (Paulin), rue de Rivoli, 30.
Tassin, rue d'Anjou-Sainl-Honoré, 27.
Tedesco, rue des Martyrs, 23.
(7)
MM. Tkisserenc I Edmond), rue Gasimir-Périerj 6.
Tkrnaux-Compans, rue Neuve- des-Mathurins, 39.
Théaodldb, négociant armateur, à Granville.
Thomassy, rue de TUniversilé, 14.
TouRfiiLLB (de), chancelier du consulat de France,
à Caracas.
'Trémauz (Pierre), rue Saint-Doininique^ 81.
Vandeumaelen, directeur de l'Établissement géo-
graphique à Bruielles.
VA<2uàz (Anatole), rue du Four-Sàint-Germain, 25.
Vauvilliers, r. de la Ferme-des-Maihurins; 34 bis.
ViLLEMAiN, secrétaire perpétuel de TAcadémie
française, à Tlnslitul.
West (Gérard), rue Bergère, 29.
Yel de Castelnault, rue Saint-Dohninique, 21.
Zarco DEL Valle (le général), ingénieur général,
à Madrid.
XJSTX DES CORRESFONDAJXrrS tTBANGX&S
DANS L^ORORE DE LEUR nOMlNA.TlOM.
MM. H. S. Tanner, à Philadelphie.
W; W6oi)BRiDGE, à Boston:
Le colonel Edward Sabine, à Londres.
Le docteur Reinganvm, à Berlin.
Le docteur Righardson, à Ldiidres.
Le professeur Rafn, à Copenhague.
AiNSWORTH (William), à Edimbourg.
Le colonel Long, à Louisville, Rentiiûkf .
Le capitaine MacoNoghie, à Sj^ddë^.
Le conseiller de Macbdo, à Lisbonne.
Le professeur Karl RitteK, à Berlin.
(8)
MM. Le capîlaioe John Wasuinctoh, » [Aindres.
P. DR Angrlis, à Buenos-Âyres.
Le docteur Kbiegk , à Francfort.
Ermah (Adolphe), à Berlin.
Le docteur Wappaûs, à Goetlingue.
LucA (Ferdinand de) , à Naples.
Le docteur Baboffi, à Turin.
Le colonel Fb. Cokllo, à Madrid,
Le professeur Mungh, à Christiania.
Le général Albert de la Mabmoba , à Turin.
FvLGEHce Frbskel» à Mossoul.
ScHEFFER (Ch.), à Conslantînople.
Le professeur Paul Cbaix, à Genève.
J. S. Abrrt, colonel des ingénieurs
aux États-Unis.
Le professeur Alex. Bâche, surintendant du Coast
Surrej-y aux Étals-Unis.
Lepsius (Richard), à Berlin.
De Martivs, à Munich.
KiEPKRT (Henri), à Berlin.
Petermann (Augustus), à Gothn.
UftVB DX8 OOBBSSPOHBAinrS ÉTHAMOSHS
QCI DUT OBTEtli: LA GRAUDE médaille de la SOGIRTil.
MM. Le capitaine sir John Franklin, ù Londres.
Le capitaine Graah, à Copenhague.
Le capitaine sir John Ross, à Londres.
Le capitaine G. Bagk, h Londres.
Le capitaine James Clark Ross, à Londres.
Paiii. ^ Imp. de !.. Martinkt, rue Mignon, 2.
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